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Critique de PtitVincent


PtitVincent
  16 mai 2020
Au départ de ce livre, deux témoignages sur la Seconde guerre mondiale : « Une femme à Berlin » (anonyme) qui raconte le quotidien d'une femme lors de la libération de la ville par l'Armée rouge : une totale misère pour la population (composée alors principalement d'enfants, de vieux et de femmes), à quoi s'ajoutent exactions en tous genre, violences et viols à répétition de la part du nouvel occupant. Et « Carnets de l'interprète de guerre » (Elena Rjevskaïa) qui raconte la recherche (souvent ubuesque) du cadavre d'Hitler, entre luttes intestines et décisions venant directement du Kremlin (je laisse ici les babéliennes et babéliens lire les critiques de ces ouvrages).
L'auteur imagine que ces deux femmes, qui ont réellement existé, se sont rencontrées l'espace de quelques jours. D'un côté nous avons donc Ingrid, jeune femme allemande mariée à un soldat absent, qui est obligée d'accepter les viols à répétition pour obtenir sa maigre pitance. Elle établira une stratégie : devenir la maîtresse d'un officier pour n'avoir plus à partager sa couche avec tous les soldats qui passent par là. Evgeniya de son côté est une jeune fille soviétique, traductrice dans l'Armée rouge, qui découvre une ville qui n'est plus que ruine. En lien direct avec son officier supérieur, elle est chargée des relations avec les citoyens de la ville pour retrouver le cadavre du Führer, l'homme ayant disparu et les rumeurs arguant le suicide. Les soldats russes sont alors prêts à fournir n'importe quel cadavre, si cela peut faire plaisir au moustachu du Kremlin, peu importe la vérité historique.
Mais la bd est principalement axée sur la relation entre les deux femmes : l'une anéantie par la guerre refuse dans un premier temps l'aide de la seconde, l'autre encore naïve par son jeune âge ne se considère pas comme l'ennemie de la population allemande et souhaite des confidences d'Ingrid pour ses projets littéraires. Mais après des années de guerre, la suspicion et l'appréhension dominent. Au final, un récit original fort, servi par un dessin terriblement efficace. Des trognes caricaturales qui expriment des sentiments exacerbés. Un style graphique original qui apporte un plus à cet ouvrage. Nicolas Juncker, en dressant le portrait de deux femmes de la guerre, signe ici sans doute son ouvrage le plus personnel.
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