AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Boucq François (Autre)
EAN : 9782808203630
144 pages
Le Lombard (27/08/2021)
3.94/5   45 notes
Résumé :
Mai 1958. Alger s'embrase contre un nouveau gouvernement qui, à Paris, semble prêt à dialoguer avec les indépendantistes. Des milliers de colons se soulèvent, obligeant l'armée et ses généraux à choisir leur camp : rester loyaux à l'état ou à l'Algérie française, dernier vestige du grand empire colonial Français. Dépassés et galvanisés par la situation, les généraux s'embarquent dans un coup d'état qui devient rapidement incontrôlable... Et si seul un vieil homme à ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
3,94

sur 45 notes
5
5 avis
4
7 avis
3
0 avis
2
1 avis
1
0 avis

Christophe_bj
  04 mars 2022
En mai 1958, à Alger, c'est le soulèvement des colons qui s'indignent que le gouvernement français s'apprête à dialoguer avec les tenants de l'indépendance algérienne. Pendant ce temps, le général De Gaulle passe une retraite paisible chez lui à Colombey-les-Deux-Églises. L'album nous raconte comment, dans le contexte d'une IVe République complètement dépassée, il est de nouveau arrivé au pouvoir. ● Les dessins sont formidables et la ressemblance des personnages historiques frappante, ils sont caricaturés juste ce qu'il faut. Malgré la gravité de ce qui est raconté, il y a aussi beaucoup d'humour, quasiment dans chaque case. le récit est rythmé, les dessins dynamiques, la gestuelle des personnages très bien rendue, les dialogues savoureux. ● On en apprend beaucoup sur cette période – si toutefois on fait à côté les recherches complémentaires nécessaires. Cela signifie que l'album est beaucoup trop allusif pour qui ne connaît pas bien cette partie de l'Histoire : c'est le principal reproche que je ferais à cet ouvrage. J'ai eu du mal à identifier certains personnages dont seul le prénom est cité pendant la majeure partie du récit (René Coty par exemple). La situation politique est complexe et insuffisamment expliquée, surtout pour qui ne connaît que la Ve République. Les auteurs auraient dû penser à rendre plus accessible leur album.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50-2
Francinemv
  13 avril 2022
Un général, des généraux ? Un album paru en ce début d'année aux Éditions Le Lombard qui moi m'a bien éclatée. le sujet est pourtant tout ce qu'il y a de plus sérieux. Il éclaire un moment clé de notre histoire en relatant les évènements liés à l'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle et à l'avènement de la 5ème république en 1958. Mais ce qui est nettement moins sérieux, c'est la façon dont il a été traité par, non pas un quarteron, mais par deux artistes, duettistes talentueux du 9ème art.
Ajoutez à un scénariste à la verve corrosive, Nicolas Juncker, un dessinateur, François Boucq, qui avec l'énergie de son trait, son sens du mouvement et son incroyable facilité à croquer des trognes plus vraies que nature vient encore amplifier le côté grand-guignolesque de la situation et nous voilà plongés au coeur même d'un inénarrable vaudeville aux rebondissements plus incroyables les uns que les autres. On se croirait chez Feydau, Courteline ou les tontons flingueurs. Et pourtant … tout est véridique !
À Alger, « les carottes sont cuites ».
Mai 1958, tentative de putsch à Alger. Conséquences ? Fin de la IVème république et avec le retour du Général de Gaulle au pouvoir, avènement de la Vème. Mais comment en est-on arrivé là ? le général, retiré des affaires, menait alors une paisible retraite à Colombey. Oui mais voilà, à Alger, un élément parisien va mettre le feu aux poudres. Situation politique instable, constitution d'un énième gouvernement dont le nouveau président du conseil, Pierre Pflimlin serait prêt à dialoguer avec les indépendantistes. C'en est trop pour les colons partisans de l'Algérie française qui se vont se soulever. Et les généraux dans tout cela ? Eh bien quelque peu dépassés par les évènements, c'est un doux euphémisme, ils vont peu à peu se ranger du côté des Algérois. Alger versus Paris, on est au bord de la guerre civile.
L'album fait le récit de ce mois de mai où ça cafouille de tous les côtés. À Alger, où les généraux vont dans l'urgence et la précipitation, prendre mauvaise décision sur mauvaise décision mais aussi à Paris où Pflimlin donne les pleins pouvoirs au général Salan alors commandant en chef en Algérie avant de les lui retirer ce qui précipitera Salan dans le giron des insurgés qui entre-temps avaient créé ni plus ni moins qu'un comité de salut public de l'Algérie française, comité qu'avait déjà rejoint le général Massu, populaire auprès des colons pour avoir gagné la bataille d'Alger l'année précédente.
Alors, « appelé par la nation », surgira l'homme providentiel, le général …
Le marionnettiste impertinent
Nicolas Juncker, auteur complet ou scénariste, c'est selon, je l'ai découvert en 2020 à la parution aux Éditions Casterman de« Seules à Berlin » un album absolument bouleversant qui nous raconte le destin croisé de 2 femmes, l'une allemande, l'autre russe lors de la chute de Berlin. Nicolas Juncker a fait des études d'histoire et ça se sent dans les thèmes abordés et dans sa rigueur, même quand il traite son sujet avec humour.
Et là, de l'humour, il y en a à revendre tant dans le traitement scénaristique que graphique de cette (non) épopée politico-militaire. Une longue première partie est consacrée aux péripéties des généraux croulant sous leurs médailles : Salan, Massu et les autres. Ce qui est particulièrement savoureux, c'est le contraste entre la frénésie des différents protagonistes et le calme olympien pour ne pas dire jupitérien de De Gaulle retiré à Colombey qui promène son chien, beurre ses tartines, lit le journal, ne dit rien. Il ne sortira du silence et de sa retraite qu'à la page 94 lors d'une allocution télévisée. La dernière partie marquera le grand retour du Général sur le devant de la scène avec entre les deux, le rocambolesque épisode du parachutage en Corse, point de bascule psychologique en métropole. Les dialogues aux petits oignons, les situations cocasses s'enchaînant à un rythme effréné nous offrent une bonne bouffée de protoxyde d'azote.
L'homme qui dessine plus vite que son ombre
François Boucq, ce dessinateur virtuose, grand prix d'Angoulême 1998, n'est pas en reste avec son talent de caricaturiste qui lui permet de capter le langage corporel et la personnalité de chacun. Je pense notamment à Massu ou encore Salan croqué à la de Funès. Il a déclaré, je le cite, « J'ai respecté le scénario à la lettre, ce qui m'arrive très peu souvent. » Après lecture du synopsis dialogué d'une quarantaine de pages du scénariste, avec son énergie, son sens aigu du découpage et du cadrage, il s'est attaqué à la mise en scène et la direction d'acteurs, ce qu'il affectionne tout particulièrement.
Outre le dessin proprement dit, l'encrage, la colorisation réalisée avec le fiston Alexandre sont, comme c'est toujours le cas avec François Boucq, d'une grande profondeur et de toute beauté.
Au final, vous m'avez compris, on tient entre les mains un album d'une drôlerie féroce qui fleure bon la jubilation très communicative des auteurs. La symbiose entre l'écriture de Nicolas Juncker et le dessin de François Boucq fonctionne à merveille pour le plus grand plaisir du lecteur. A quand le prochain album ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
tchouk-tchouk-nougat
  24 mars 2022
En 1958, la guerre en Algerie s'est enlisée mais la colonie française a de nombreux défenseurs et l'armée sur place décide de se lancer dans un putch tandis qu'au parlement on s'apprête à désigner un certain Pfimlin qui est pro indépendance.
Ce passage de la guerre d'Algérie est traité de façon caricaturale et plutôt comique malgré que l'on sache le sujet douloureux. Les généraux de l'armée et les différents politiciens n'apparaissent vraiment pas sous leur meilleur jour. J'ai bien aimé ce ton léger qui donne à de nombreuses situations un côté cocasse.
J'ai eu quand même quelques problèmes à me situer au niveau politique. La IV république et ses hommes politiques ne sont pas ma tasse de thé. Je ne connais pas non plus très bien la période de la guerre d'Algérie et j'ai donc appris ces événements qui ont précédés le retour de De Gaulle avec plaisir.
Habituellement, j'ai du mal avec le dessin de Boucq mais je dois avouer que ce côté caricatural lui va bien. Il est expressif comme il faut, les couleurs sont fraîches, les détails ne sont pas oubliés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
PtitVincent
  17 mars 2022
Drôlissime
En 1958, la France est embourbée dans une guerre qui ne dit pas son nom. Les gouvernements se succèdent, l'instabilité politique laissant le champ libre aux militaires qui n'en demandaient pas tant. Résultat, lorsqu'un futur président du conseil évoque des négociations avec les dirigeants du FLN, les rues de certains quartiers d'Alger s'embrasent. Salan, qui dirige alors de fait l'Algérie française, ou du moins son armée, est débordé et commencent alors quelques jours particulièrement agités, le putsch d'Alger.
Tout en respectant rigoureusement les faits historiques, le scénariste Nicolas Juncker montre comment cet événement fut avant tout un beau foutoir improvisé où la plupart des intervenants ont pour point commun d'avoir pris la mauvaise décision au mauvais moment, tant les militaires que les politiques. Tous invoquent LE général, soit pour le maudire, soit pour espérer son retour, sans que quiconque n'ait l'idée de lui demander son opinion. Et pendant ce temps, De Gaulle se fait tailler un costume (au sens propre du terme) ou promène son chien tout en consultant un agenda désespérément vide.
Et que dire du dessin de François Boucq ? Là, ce qui pourrait être tragique devient une bouffonnerie militaire et politique, ici, les tristes protagonistes de l'affaire deviennent des pantins ridicules (ah, Guy Mollet dans la cour de Matignon dans une scène hilarante… et que dire du général Massu ?). le dessinateur s'éclate visiblement et tout le monde en prend pour son grade (ce qui est le cas de le dire).
Une façon de réviser l'histoire de France tout en s'amusant ! Bien sûr, certains y verront un manque de respect envers des événements tragiques ou des personnages historiques, mais c'est justement là la force du livre : le putsch fut le déclencheur d'une crise qui ramena De Gaulle au pouvoir et la création de la Ve république, une constitution avec laquelle nous vivons encore aujourd'hui. Or il est bon de se souvenir de ses origines et des quiproquos qui ont amené à cette situation, l'humour nous permettant de prendre du recul.
Un bd furieusement drôle du début à la fin et indispensable à tout amateur d'histoire ou de bande dessinée qui se respecte. Une réussite totale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Framboize12
  28 mars 2022
Il y a eu la Grèce des Colonels...
Nous avons failli avoir la France des Généraux..
60 ans après, les regards acérés de Juncker et Boucq
nous rapportent les mics-macs politico-militaires
autour de l'indépendance de l'Algérie.
A cette époque, le rouge effrayait
plus les militaires que les bêtes à cornes..
Les colons entendaient bien rester sur
cette terre de privilèges.
Les dessins de Boucq sont admirables
plus vrais que nature sans appuyer la caricature.
On assiste à des empoignades furieuses
entre les deux camps...
Un théâtre de boulevard pour clore
enfin, ce conflit meurtier sans nom..
Les Généraux, jurent comme des charretiers,
s'agitent dans des pas de tango, à droite, à gauche,
puis, en avant et ...en arrière..
Une sorte de farce macabre
dont l'enjeu est la dignité longtemps bafouée
des Algériens...
Les discours officiels d'Alger
relèvent souvent de l'improvisation..
Les coulisses de ces événements
sont à rire et à pleurer...
Belle reconstitution !

Commenter  J’apprécie          100


critiques presse (9)
LeFigaro   05 mai 2022
Entre Alger et Paris, un récit haut en couleur, drôle et intelligent sur le coup de force de mai 1958.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
RadioFranceInternationale   04 mai 2022
Le scénariste Nicolas Juncker et le dessinateur François Boucq unissent leurs talents et racontent en bande dessinée les évènements qui se sont passés autour du putsch d'Alger du 13 mai 1958. Une comédie politico-militaire vaudevillesque, à l'humour percutant, sur un épisode majeur de l'histoire de la IVème République.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
LeMonde   03 mai 2022
Dans un album hilarant, Nicolas Juncker et François Boucq revisitent les événements de mai 1958, ces trois semaines qui virent la France à deux doigts de la guerre civile et se conclurent par la naissance de la Ve République.
Lire la critique sur le site : LeMonde
BDGest   30 avril 2022
Dessin et écriture à l’unisson, Un général, des généraux est une réussite à tous les points de vue et se pose d’ores et déjà comme étant une des meilleures lectures de l’année. À découvrir d’urgence.
Lire la critique sur le site : BDGest
LigneClaire   16 février 2022
Un album qui va faire date, inclassable, génial, improbable, et qui pour la première fois apporte un certain sourire au cœur du drame algérien dont les conséquences sont toujours actuelles, sources de manipulations nombreuses, d’incompréhensions et de récupérations.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
BDZoom   07 février 2022
Un album au long cours [...] de Boucq n’est pas à négliger, c’est toujours un plaisir ; celui-ci est distrayant et sort de l’ordinaire. La rencontre entre Boucq et de Gaulle via un livre était logique : les deux grands hommes sont nés à Lille.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Culturebox   07 février 2022
Salan, vite dépassé, n’en finit pas de piquer colère sur colère. Massu, avec ses oreilles en feuilles de chou, est impayable. Quant à de Gaulle, ses silences le rendent encore plus impressionnant.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LigneClaire   31 janvier 2022
Un coup de maître dans un jeu d’échec où Juncker sur le dessin de Boucq dit tout, a potassé son sujet, montre les pions et qui tire les ficelles de l’avenir d’une France en pleine guerre d’Algérie, les Trente Glorieuses.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
Sceneario   31 janvier 2022
L’Histoire de France a trouvé un formidable duo pour la faire revivre ! Foncez sans attendre sur Un général, des généraux, assurément un ouvrage essentiel de ce début d'année [...] !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
FrancinemvFrancinemv   04 février 2022
- Mais ... mais je l'ai pourtant bien traité de "général fallacieux" à la tribune de l'Assemblée ...
- Vous donnez les pleins pouvoirs à un général fallacieux, Monsieur le Président?
Commenter  J’apprécie          10

Lire un extrait
Videos de Nicolas Juncker (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Juncker
Interview de François Boucq et Nicolas Juncker - Furet du Nord
autres livres classés : guerre d'algérieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
17860 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre