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Josette Rigal (Traducteur)
EAN : 9782226115690
384 pages
Éditeur : Albin Michel (14/02/2001)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Avant de rencontrer Freud et la psychanalyse, Carl Gustav Jung travaillait déjà sur la schizophrénie aux côtés d'Eugen Bleuler et Auguste Forel. La qualité, le niveau et l'originalité de ses recherches lui valurent une notoriété certaine et la réputation d'un psychiatre prometteur.

Son essai sur "La psychologie de la démence précoce" attira l'attention de Freud au moment où Jung lui-même découvrait son "interprétation des rêves". A la psy... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  29 juin 2016
Comme je n'en suis plus à ma première lecture de Jung, vénéré en mon cartel, je dois bien reconnaître que cet ouvrage me parut assez plat. C'est qu'ici, la majorité des textes datent de la période au cours de laquelle Jung n'était encore que le petit disciple de Bleuler. On sait ce que provoque ce genre de situation : timidité, prudence, soumission au dogme en vigueur. Si bien que Jung, dans ce premier recueil d'essais, émet d'abord l'hypothèse d'une origine physiologique à la schizophrénie, ce qui plaît bien à son éducateur.

Les essais, classés par ordre de parution chronologique, nous montrent l'évolution de ce point de vue. Contre l'idéologie dominante, Jung affirme qu'on ne peut étudier la schizophrénie sans prendre en compte à la fois son origine physiologique et à la fois son origine psychologique (cf. le psychoïde). Il remarque en effet que les conditions environnementales du psychotique influent beaucoup sur l'évolution de sa maladie et si les psychiatres considèrent que leurs malades forment un bloc monolithique de symptômes, c'est parce qu'ils ne fréquentent que les cas les plus graves, reclus dans leurs asiles. Jung, à ses heures psychanalyste de ville, rencontre quant à lui des cas plus modérés et reconnaît que le tableau clinique montre une variété foisonnante de profils. Les états-limites ne sont pas encore désignés comme tels, mais nous en voyons ici une claire description.

Ne crachons pas dans la bonne soupe : même si Jung se montre ici moins spectaculaire que dans nombre de ses autres publications, il n'en reste pas moins d'une lucidité et d'une intelligence rares dans le milieu. Il évoque la nécessité pour le thérapeute de connaître les origines psychologiques de l'humanité –ce qui implique de ne pas céder à la mode athéiste moderne- et de chercher à comprendre son malade en pénétrant avec lui dans son univers –non en essayant de lui imposer celui du moment.

Enfin, c'est dans ces essais que Jung jette les bases de sa pensée constructive, à l'opposée de la pensée causaliste. Respectant l'oeuvre de Freud, il prend toutefois ses distances et opère contre sa manie à rejeter vers le passé tous les contenus de l'inconscient d'un individu.

« L'esprit scientifique, dans la mesure où il a une pensée déterministe, est incapable de compréhension prospective, il ne comprend que rétrospectivement. […]
Comprendre l'âme selon le principe de causalité signifie n'en comprendre qu'une moitié. […] Dans la mesure où la vie réelle et actuelle est quelque chose de nouveau qui triomphe de tut ce qui est du passé, on ne doit pas voir la valeur principale d'une oeuvre d'art dans son développement causal mais dans son action vivante. […]
L'âme n'est que d'un côté une réalité devenue, qui est, comme telle, soumise au point de vue causal, mais d'un autre côté, l'âme est en devenir, et cet autre côté de l'âme ne peut être saisi que de façon synthétique et constructive. le point de vue causal se borne à se demander comment cette âme actuelle est devenue ce qu'elle est aujourd'hui. A l'opposé, la perspective constructive se demande comment jeter un point entre cette âme ainsi devenue et son avenir ? »

Que sait l'âme de notre avenir ? Ses troubles, ses désirs et ses terreurs ne renvoient pas seulement au passé. Sa principale nourriture reste l'espoir et en ceci, lui demander dans quelle direction elle veut s'orienter peut permettre de résoudre ses principaux tourments.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   21 juin 2019
Quiconque s’observe lui-même avec attention et sans concession sait qu’en lui habite un être qui aimerait bien voiler et dissimuler tout ce que la vie comporte de pénible et de problématique pour s’ouvrir une voie facile et libre. La maladie mentale permet à cet être de triompher. […] Nous, les gens sains d’esprit, qui vivons totalement dans la réalité, nous ne voyons dans ce monde [de la maladie] que la destruction, mais pas la richesse de ce côté de l’âme qui s’est détourné de nous.
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colimassoncolimasson   19 juillet 2019
L’esprit scientifique, dans la mesure où il a une pensée déterministe, est incapable de compréhension prospective, il ne comprend que rétrospectivement. […]
Comprendre l’âme selon le principe de causalité signifie n’en comprendre qu’une moitié. […] Dans la mesure où la vie réelle et actuelle est quelque chose de nouveau qui triomphe de tout ce qui est du passé, on ne doit pas voir la valeur principale d’une œuvre d’art dans son développement causal mais dans son action vivante. […]
L’âme n’est que d’un côté une réalité devenue, qui est, comme telle, soumise au point de vue causal, mais d’un autre côté, l’âme est en devenir, et cet autre côté de l’âme ne peut être saisi que de façon synthétique et constructive. Le point de vue causal se borne à se demander comment cette âme actuelle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. A l’opposé, la perspective constructive se demande comment jeter un point entre cette âme ainsi devenue et son avenir ?
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colimassoncolimasson   05 juillet 2016
Il aurait été vraiment très intéressant d’apprendre dans quelle mesure […] certains néologismes ou une « salade de mots » […] constituent des associations liées au complexe de la personnalité.
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colimassoncolimasson   27 octobre 2019
Les contenus psychotiques, spécialement dans les cas paranoïdes, présentent une analogie étroite avec cette sorte de rêves que le primitif qualifie excellemment de « grands rêves ». […] Un rêve de ce type est à un haut degré impressionnant, « numineux », et son monde d’image utilise fréquemment ces motifs qui sont analogues, voire identiques, à ceux des mythes. Je qualifie de telles structures d’archétypes, car elles fonctionnent de la même manière que les comportements instinctifs. […]
Il s’agit là d’un type de contenus de l’inconscient universellement présents, qui en représentent la strate collective profonde, à la différence des contenus provenant d’acquisitions personnelles présents dans les strates superficielles, et que l’on peut aussi qualifier d’inconscient personnel. Je considère ces formations archétypiques comme la matrice de tous les récits mythologiques. Elles n’apparaissent pas seulement dans des conditions de très forte émotion, elles semblent aussi très souvent être la cause même de l’émotion. […] Elles sont uniquement les conditions nécessaires à la formation des représentations, tout comme les instincts sont les conditions dynamiques des modes de comportement les plus divers.
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colimassoncolimasson   04 novembre 2019
L’importance vitale ou menaçante de la psychose est évidente, c’est pourquoi l’apparition de contenus à détermination instinctive dans la situation schizophrénique n’a en soi rien de surprenant. Ce qui est étrange, c’est seulement que cette manifestation ne se produise pas systématiquement dans l’aire de la conscience […] et donne […] une bien meilleure chance à l’intégration. […] La compensation schizophrénique reste presque régulièrement enlisée dans les formes collectives archaïques, se fermant ainsi dans une bien plus large mesure à la compréhension et à l’intégration.
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Videos de Carl Gustav Jung (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carl Gustav Jung
{Lecture par Anna Mouglalis} Gradiva, fantaisie pompéienne, nouvelle publiée en 1903 par l'écrivain allemand Wilhelm Jensen, a eu une aura importante dans la culture occidentale du XXe siècle. C'est l'histoire de Norbert Hanold, jeune archéologue envoûté par un bas-relief antique d'une "femme qui marche". Cette jeune fille de pierre à la démarche inimitable a fasciné Carl Jung, puis Sigmund Freud qui lui consacre un essai en 1906 (Dérives et rêves dans la Gradiva de W. Jensen). André Breton, Dali et les surréalistes en firent leur effigie. Lecture enregistrée le 11 octobre 2020 à la BnF I François-Mitterrand
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Dans la catégorie : Troubles psychiatriquesVoir plus
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