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Paul Kessler (Autre)Josette Rigal (Autre)Rainer Rochlitz (Autre)Antoine Faivre (Éditeur scientifique)Frédérick Tristan (Éditeur scientifique)
EAN : 9782226021113
304 pages
Éditeur : Albin Michel (10/01/1985)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :

On sait l'intérêt de Jung pour les traditions orientales. Le public français a déjà pu en mesurer l'importance à travers les oeuvres déjà traduites, et nous avons consacré le premier volume de cette collection aux réflexions que le Mystère de la Fleur d'Or a inspirées au psychologue de Zurich. Il nous a paru utile de rassembler, dans ce cinquième volume, la quasi-totalité des textes con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  18 juillet 2017
Jung a visité les Indes à une époque où traverser l’autre côté de la vallée s’envisageait encore comme le voyage d’une vie (l’ambition pouvait encore être à échelle humaine). Que Jung en ait été influencé au point d’envisager des théories sur l’esprit oriental, dans ses différences et ses complémentarités avec l’esprit occidental, ne peut donc pas légitimer les reproches qu’on pourrait lui adresser aujourd’hui, avec notre gueule à avoir tout vu et à ne plus s’étonner de rien.
Jung se fera un peu de pub bien nécessaire. Il reprend sa théorie des types psychologiques et suggère donc que l’esprit occidental (chrétien) est de type extraverti (culte de l’action - l’homme ne vaut rien, seul le macrocosme a une quelconque valeur et c’est vers la figure extérieure et comme projetée de Dieu que l’homme cherchera à croître) tandis que l’esprit oriental (hindou et bouddhiste) est de type introverti (culte de la contemplation - le monde extérieur n’a aucune valeur, c’est en son âme que chacun devra devenir Dieu et le faire ainsi naître au monde).
Ces deux attitudes critiquées pour leur unilatéralité sont toutefois rapprochées pour suggérer une vision de ce que pourrait être la totalité. Quand il vire démoniaco-paranoïde, Jung se met même à spéculer sur la signification du concept de l’Esprit-Saint et le projette sur une étape de notre développement spirituel en tant que chrétiens : « L’évolution future, menant de l’éon chrétien à celui du Saint-Esprit, a été appelée Evangelium Aeternum par Joachim de Flore […] ». Ainsi, c’est pas la peine de se foutre de la gueule du Christ sous prétexte que le baratin de la lumière et de l’amour, on en a assez bouffé - certes, le symbole est incomplet, mais il doit nous conduire vers quelque chose d’autre, de plus grand, de plus total.
C’est que Jung, on l’a beaucoup critiqué pour avoir parlé de Dieu soit comme un croyant, soit comme un gnostique, soit comme un agnostique - ce qui sont toutes choses différentes, vous l’admettrez sans peine. En vérité, Jung n’est pas un théologien. Dans sa psychologie, il utilise les concepts religieux pour désigner des processus de la vie psychique qui ne sauraient être nommés autrement parce qu’ils sont numineux -effrayants, merveilleux, indescriptibles. L’éthique se situe par-delà le bien et le mal, comme on le sait, parce que la réalisation du Soi c’est la réalisation de la totalité. L’humain ne peut évidemment pas la réaliser, mais il peut faire parfois comme s’il était autre chose qu’humain.
Entre autres trucs dont je n’aurais pas encore glosé la face ci-dessus, citons la fameuse comparaison effectuée par Jung entre les dessins de certains de ses malades psychotiques et les mandalas utilisés dans l’hindouisme. Il repère une structure de centrage et un symbolisme suggérant l’idée d’un dépassement du moi vers le Soi. Cette convergence symbolique impliquerait selon lui une dimension psychoïde de l’homme, des genres de constitutions biologiques qui engendrent une certaine forme de psychisme, engendrant des interprétations symboliques universelles et inconscientes – ce qu’on appelle parfois plus simplement l’inconscient collectif. Quoi d’autre ? Une critique bien racée de la pratique du yoga chez les gogos-occidentaux (il diffère là de l’opinion de René Guénon selon laquelle l’Occident n’aurait plus d’autre choix que de se tourner vers les traditions orientales pour espérer s’extirper de la décadence), une lecture du Bardo-Thodol suggérant le sens de ce que devrait être la pratique psychanalytique… etc. voyez par vous-même. Ce qu’il y a de bien avec Jung, c’est que vous lui donnez quelque chose et il vous surprendra toujours, que vous l’approuviez ou non.
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   23 février 2018
Dans la mesure où le protestantisme dirigeait l’essentiel de ses attaques contre l’autorité de l’Eglise, il ébranlait avant tout la foi dans l’Eglise, médiatrice indispensable du Salut divin. Par voie de conséquence, le poids de l’autorité retomba naturellement sur l’individu, et avec ce poids, une responsabilité religieuse sans précédent. Le déclin de la pratique de la confession et de l’absolution aggrava le conflit moral de l’individu et lui fit supporter des problèmes dont jusqu’alors l’Eglise s’était chargée à sa place […].
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colimassoncolimasson   25 septembre 2017
En Orient, l’esprit est un principe cosmique, l’essence même de l’être, tandis que nous autres Occidentaux avons découvert que l’esprit est la condition indispensable de la connaissance et donc aussi du monde en tant que représentation. En Orient, il n’y a pas de conflit entre religion et science, parce qu’aucune science n’a été fondée sur la passion des faits, et aucune religion sur la seule foi ; il y a une connaissance religieuse et une religion connaissante. Chez nous l’homme est infiniment petit, et la grâce divine est tout ; en Orient, l’homme est Dieu et se délivre lui-même.
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colimassoncolimasson   24 août 2017
Habituellement en effet, le mandala apparaît dans des états de dissociation ou de désorientation psychiques, par exemple chez des enfants entre huit et onze ans dont les parents divorcent, ou chez des adultes qui, par suite de leur névrose et de son traitement, sont confrontés aux problèmes des contradictions de la nature humaine et, de ce fait, désorientés, ou chez des schizophrènes dont l’image du monde a été bouleversée par l’irruption de contenus incompréhensibles provenant de l’inconscient. De tels cas montrent clairement comment l’ordre rigoureux d’une forme circulaire comme celle-ci vient compenser le désordre et la confusion de l’état psychique, et précisément par la mise en place d’un centre autour duquel tout s’ordonne […].
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colimassoncolimasson   03 novembre 2017
En Orient, l’intériorité de l’homme a toujours eu un tel ascendant sur l’homme extérieur que le monde n’a jamais eu la possibilité d’arracher celui-ci à ses racines intérieures ; en Occident, au contraire, l’homme extérieur a pris une telle importance qu’il s’est aliéné à son essence la plus intime. L’esprit unique, l’unité, […] étaient réservés au Dieu unique. L’homme devint petit, insignifiant et était par principe dans son tort.
[…] L’un et l’autre [de ces modes de fonctionnement] sont unilatéraux, car ils négligent de voir et de considérer les facteurs incompatibles avec leur attitude caractéristique. L’un sous-estime le monde de la conscience, l’autre celui de l’Esprit Unique. De ce fait, l’un et l’autre perdent par leur attitude extrême la moitié de l’univers ; leur vie est coupée de la réalité totale et risque toujours de devenir artificielle et inhumaine. En Occident, nous avons la manie de « l’objectivité », l’attitude ascétique de l’homme de science ou l’attitude de l’agent de change qui rejette la beauté et l’universalité de la vie pour un but plus ou moins idéal. En Orient, c’est la sagesse, la paix, le détachement et l’immobilité d’une psyché revenue à ses origines obscures et qui a dépassé tout chagrin et toute joie de la vie telle qu’elle est et telle que probablement elle doit être.
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colimassoncolimasson   18 janvier 2018
[La schizophrénie] consiste pour l’essentiel dans un « abaissement du niveau mental » caractérisé qui, d’une part, supprime l’inhibition normale exercée par la conscience et par là, d’autre part, déclenche le libre jeu des dominantes inconscientes.
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Videos de Carl Gustav Jung (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carl Gustav Jung
{Lecture par Anna Mouglalis} Gradiva, fantaisie pompéienne, nouvelle publiée en 1903 par l'écrivain allemand Wilhelm Jensen, a eu une aura importante dans la culture occidentale du XXe siècle. C'est l'histoire de Norbert Hanold, jeune archéologue envoûté par un bas-relief antique d'une "femme qui marche". Cette jeune fille de pierre à la démarche inimitable a fasciné Carl Jung, puis Sigmund Freud qui lui consacre un essai en 1906 (Dérives et rêves dans la Gradiva de W. Jensen). André Breton, Dali et les surréalistes en firent leur effigie. Lecture enregistrée le 11 octobre 2020 à la BnF I François-Mitterrand
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>Religion>Religion comparée. Autres religions>Religions d'origine hindoue (318)
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