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Henri Plard (Traducteur)
EAN : 9782253048428
379 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (31/12/2002)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 326 notes)
Résumé :
Le grand moment était venu. Le barrage roulant s'approchait des premières tranchées. Nous nous mîmes en marche... Ma main droite étreignait la crosse de mon pistolet et la main gauche une badine de bambou. Je portais encore, bien que j'eusse très chaud, ma longue capote et, comme le prescrivait le règlement, des gants. Quand nous avançâmes, une fureur guerrière s'empara de nous, comme si, de très loin, se déversait en nous la force de l'assaut. Elle arrivait avec ta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Moan
  24 février 2015
Ernst Jünger jeune allemand quitte les bancs de l'école pour s'engager volontaire brûlant d'enthousiasme au début de la première guerre mondiale. Comme simple soldat d'abord, et sur les conseils de son père suivra une formation pour devenir rapidement officier.
Chaque jour, il écrit tout ce qui se passe sur le front. le premier jour où à peine installé, après une série de grondements sourds et proches, il suit les soldats sans trop savoir pourquoi. Au début la guerre montre ses griffes sans montrer l'ennemi, ce qui le guérit rapidement de ses illusions premières. Il consigne le travail effectué dans les tranchées pour les maintenir en état, la routine qui s'installe au début dans une guerre pas encore très offensive, où des échanges se font parfois avec l'ennemi ( souvent anglais). Les dernières années, il connaîtra une guerre beaucoup plus offensive avec ses orages d'acier. Il sera blessé une douzaine de fois pas trop gravement et reviendra toujours au front.
En fin de guerre, il reçoit la Croix du Mérite jamais donnée à quelqu'un de si jeune que lui.
Ernst Jünger est quelqu'un de cultivé qui a consigné consciencieusement toute sa guerre dans un journal pour en faire un témoignage exceptionnel dans Orages d'acier.
Ce livre témoigne d'une grande intelligence dans ses analyses de situations et de très bonnes relations avec ses hommes.
"Dans l'obscurité , j'entendis la voix d'un bleu, encore peu au courant de nos coutumes:"Le lieutenant ne se planque jamais.
-Il sait ce qu'il fait, lui rétorqua un ancien de ma troupe de choc. Quand l'obus est pour nous, il est le premier par terre". C'était exact. Nous ne nous planquions plus au sol qu'en cas de nécessité, mais alors sans traîner."
Un livre à lire et à garder comme témoignage exceptionnel.
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BrunoA
  20 octobre 2013
Le lieutenant Ernst Jünger a été blessé 14 fois au cours de la guerre, échappant chaque fois miraculeusement à la mort.
Ces sursis nous permettent aujourd'hui de mieux comprendre, à travers ce récit brut d'évènements vécus, toute l'horreur de cette guerre qui fit dix millions de victimes. Elle n'a malheureusement pas servi de leçon puisque celle qui succéda à la "der des ders" fit six fois plus de morts..
Ernst Jünger nous invite à le suivre, de la Lorraine à la Flandre en passant par la Somme, jusqu'au fond des tranchées et des chemins creux pour nous faire vivre de manière très réaliste l'âpreté et l'horreur de combats au résultat incertain, de tous ces assauts inutiles pour reprendre quelques mètres de terrain aussitôt reperdus.
De quoi faire réfléchir, mais aussi un hommage à tous ceux qui ont combattu, de part et d'autre et dont le souvenir nous permet de faire en sorte que leur sacrifice n'ait pas été tout-à-fait vain.
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oran
  07 février 2021
Ernst Jünger, tout jeune engagé volontaire lors de la Première guerre mondiale, tint des carnets pendant toute la durée du conflit. Plus tard, il reprit ses notes et les mit en forme, les compléta de façon scrupuleuse pour livrer un récit autobiographique où il raconte avec force détails et lucidité, l'atroce banalité journalière des soldats c'est à dire l'enfer permanent le froid, la pluie, la vermine, la faim, le vacarme du front , la promiscuité, la peur, la souffrance, la mort, mais aussi la fraternité, l'amitié, la compassion, l'empathie , les gestes d'humanité envers l'ennemi…
C'est un des livres de référence de ce conflit , celui qui décrit sans ostentation, mais avec lucidité et objectivité, celui qui témoigne du vrai. Je suppose que bon nombre de réalisateurs se sont référés à cet ouvrage pour certaines de leurs mises en scène au cinéma.
J'ai lu aussi ce livre pour retrouver des lieux connus, pour savoir comment certains habitants de villes et villages, notamment dans le Pas-de-Calais, que je connais , ( et cela pour retrouver traces de la vie de mes aïeux à cette époque) avaient vécu durant ces années, alors qu'ils côtoyaient , bien malgré eux, l'ennemi (Arleux, Henin -Lietard, Monchy, Croisilles, Berles, Ecoust Saint Mein…)
Jünger fut un soldat qui faisait « son métier », par amour de sa patrie, en tuant, mais en conservant une certaine humanité , n'hésitant pas à laisser la vie sauve à un blessé, à ordonner de donner une sépulture aux corps ennemis, à respecter les civils.
Il échappera à la mort mais sera blessé à plusieurs reprises (14) , Son attitude pendant la seconde guerre mondiale sera profondément marquée par ces années sur le front , dénonçant, combattant la barbarie nazie. A lire pour mieux le connaître ses Journaux Parisiens, c'est ce que je ferai prochainement.
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Fortuna
  30 juin 2014
Ernst Jünger nous fait revivre la grande tuerie de 14/18 sous la plume du jeune officier volontaire qu'il fut à cette époque.
Bien que ce soit le point de vue d'un Allemand, on est frappé par la similitude du vécu, des situations, d'avec les récits des écrivains français : mêmes villages, mêmes batailles dont la célèbre bataille de la Somme -, mêmes tranchées, mêmes gaz, mêmes obus, mêmes morts atroces. Sauf que l'ennemi n'est pas le même...
Le texte est très descriptif, très détaillé, intéressant d'un point de vue historique, mais un peu indigeste au fil des pages.
Jünger est blessé à de nombreuses reprises, retourne chaque fois déterminé au combat mais la lassitude finira par s'emparer de lui à la fin, au moment où la victoire allemande perd de son évidence.
On ressent d'ailleurs une certaine admiration voir sympathie pour les Anglais.
Ses conditions de vie - bien que le risque de mort soit identique - sont meilleures que celles d'un simple soldat. Mais l'horreur de la guerre, des corps mutilés, le vacarme des bombardements - malgré quelques éclaircies - sont omniprésents.
Cependant il ne s'en plaint pas. le courage et le sens de l'honneur ne sont pas de vains mots. La guerre appartient aux combattants de l'avant. Une volonté de dépassement de soi l'anime. Il a reçu la Croix pour le Mérite.
Un beau texte, qui malgré un certain enthousiasme, nous renvoie finalement une fois encore à l'absurdité fondamentale de cette destruction programmée que constitue la guerre.
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Apikrus
  29 janvier 2021
Les jeunes élèves français apprennent que leurs compatriotes mobilisés en août 1914 sont partis au front 'la fleur au fusil', persuadés de revenir rapidement en vainqueurs. Dans ce 'journal de guerre' Ernst Jünger témoigne que les jeunes Allemands partirent dans le même état d'esprit.
Tous déchantèrent vite, en voyant leurs camarades tués à leurs côtés.
Le titre de ce récit autobiographique résume parfaitement son propos.
Balles, grenades, schrapnels (obus à balles inventé par Henry Shrapnel), et obus, firent partie de la vie des soldats affectés en première ligne.
Certains furent tués sur le coup ; les soldats grièvement blessés s'en sortaient rarement ; ceux qui furent plus légèrement touchés avaient une chance de survie s'ils ne restaient pas du mauvais côté de la ligne de front et échappaient aux complications médicales (gangrène) ; certains sombrèrent dans la folie.
L'auteur eut souvent de la chance, il fut blessé plusieurs fois mais n'en garda pas de séquelles majeures, et semble avoir conservé les idées claires, même si ses prises de risques répétées semblent a priori moins compréhensibles que la terreur qui s'emparait de beaucoup.
Jünger évoque peu sa peur, non qu'il veuille se montrer en héros, plutôt parce qu'elle semble s'être effacée dans le feu de l'action, sous le poids de la fatigue physique, ou derrière son engagement patriotique.
Ce témoignage est intéressant même si les nombreux récits de combats deviennent lassants à lire.
Il permet d'appréhender ce conflit autrement qu'à travers les chiffres de ses victimes. Il y eut durant la 'Grande guerre' plus de 9 millions de militaires tués (dont 2 millions d'Allemands représentant 15 % des mobilisé de ce pays, 1.8 millions de Russes, et 1.4 millions de Français - soit 18 % de ceux mobilisés), et plus de 8 millions de civils morts (hors les victimes de la grippe espagnole). Et les blessés, bien sûr...
Il montre aussi le conflit tel qu'il put être perçu du côté allemand.
Les français connaissent bien la bataille de Verdun, avec 53 millions d'obus tirés (plusieurs par mètre carré, mais près d' ¼ était défectueux), une "cote 304" rabotée à 297 mètres d'altitude, environ 135 000 soldats français et 140 000 allemands tués !
Ici, Jünger décrit des combats auxquels il a participé lors de la bataille de la Somme. En quelques mois, 200 000 soldats britanniques, 135 000 français, et 170 000 allemands y furent tués, et une portion de la ligne de front déplacée d'une dizaine de kilomètres vers l'est. Les historiens ne résument cependant pas le bilan de la bataille de la Somme à ces nombres de victimes et à cette faible conquête territoriale. En effet, cette bataille amena le commandement allemand à limiter son engagement à Verdun et à déclarer un blocus maritime qui s'avéra finalement contre-productif puisqu'il incita les américains à entrer dans le conflit.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
SelketSelket   28 avril 2021
Nous avions quitté les salles de cours, les bancs de l'école, les établis, et les brèves semaine d'instruction nous avaient fondus en un grand corps brûlant d'enthousiasme. Elevés dans une ère de sécurité, nous avions tous la nostalgie de l'inhabituel, des grands périls. La guerre nous avait dons saisis comme une ivresse. C'est sous une pluie de fleurs que nous étions partis, grisés de roses et de sang.
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SelketSelket   28 avril 2021
Je fis connaissance à cette occasion d'un type nouveau de combattant, le volontaire de 1918... Ces jeunes casse-cou aux tignasses farouches, en bandes molletières, se prirent violemment de querelle à vingt mètres de l'ennemi parce que l'un d'entre eux en avait traité un autre de dégonflé...
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hupomnematahupomnemata   11 avril 2014
La grande bataille marqua aussi un tournant dans ma vie intérieure, et non pas seulement parce que désormais je tins notre défaite pour possible.
La formidable concentration des forces, à l'heure du destin où s'engageait la lutte pour un lointain avenir, et le déchaînement qui la suivait de façon si surprenante, si écrasante, m'avaient conduit pour la première fois jusqu'aux abîmes de forces étrangères, supérieures à l'individu. C'était autre chose que mes expériences précédentes ; c'était une initiation, qui n'ouvrait pas seulement les repaires brûlants de l'épouvante. Là, comme du haut d'un char qui laboure le sol de ses roues, on voyait aussi monter de la terre des énergies spirituelles.
J'y vis longtemps une manifestation secondaire de la volonté de puissance, à une heure décisive pour l'histoire du monde. Pourtant, le bénéfice m'en resta, même après que j'y eus discerné plus encore. Il semblait qu'on se frayât ici un passage en faisant fondre une paroi de verre - passage qui menait le long de terribles gardiens.
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PalimpsestePalimpseste   21 juin 2014
[...] Haletant, je bondis avec le sergent autour d'un gros chêne, comme un écureuil qu'on poursuit à coups de pierres. Machinalement, sans cesse fouetté par de nouvelles explosions, je courais derrière le gradé qui se retournait de temps à autre, me fixait d'yeux hagards et braillait : " Mais qu'est-ce qui se passe, bon Dieu, qu'est-ce qui se passe ?" Soudain, un éclair sauta des racines largement étalées, et un coup sur la cuisse gauche me projeta contre le sol. Je me crus atteint par une motte de terre, mais la chaleur du sang ruisselant ne tarda pas à m'apprendre que j'étais blessé. On découvrit plus tard qu'un éclat coupant comme un fer de lance m'avait blessé au gros de la jambe et que mon porte-monnaie avait atténué la violence du choc. Cette mince coupure qui, avant de trancher dans le muscle, n'avait pas transpercé moins de neuf feuilles de cuir épais, semblait faite au rasoir [...]
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oranoran   07 février 2021
Dans la première semaine le général Sontag vint inspecter le régiment, le louer pour sa belle conduite lors de l'assaut contre le bois de Saint-Pierre-Vaast et y distribuer de nombreuses décorations. Tandis que je défilais au pas de parade, en tête de la deuxième , je crus remarquer que le colonel von Oppen parlait de moi au général. Quelques heures après, je fus appelé au quartier du général, où il me remit la Croix de fer de première classe. J'en fus d'autant plus heureux que je m'attendais à part moi, quand j'avais suivi l'ordre de recevoir une trempe pour raison quelconque. "Vous aimez vous faire blesser de temps à autre, me dit le général quand je me présentai à lui, et c'est pourquoi j'ai pensé à mettre et emplâtre sur vos blessures".
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Videos de Ernst Jünger (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ernst Jünger
Diffusée sur France Culture tous les samedis de 17h à 18h, l'émission de Matthieu Garrigou-Lagrange intitulée "Une vie, une oeuvre", se consacrait le 15/02/2014 à dresser un portrait de l'écrivain allemand, Ernst Jünger. Par Matthieu Garrigou-Lagrange. Réalisation : Lionel Quantin. Ernst Jünger semblait indestructible. Blessé sept fois, combattant en première ligne dans les tranchées allemandes durant quatre longues années, il a survécu à la plupart de ses contemporains, en vivant jusqu’à l’âge de 103 ans. Jusqu’à la fin de sa vie, il demeurera un personnage très controversé en Allemagne, où on lui reproche son idéologie d’extrême droite. Car il fut proche du parti Nazi jusqu’en 1933, date de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Insaisissable, il refuse les avances de Goebbels qui veut en faire un député NSDAP. Dans le même temps, il rédige "Le Travailleur", un livre aux idées anti-démocratiques. Durant la guerre, il sera au courant du complot contre le Führer sans jamais dénoncer personne. Qui était donc Ernst Jünger ? Il se définissait comme anarque, c’est-à-dire en retrait. En exil intérieur.
Invités : François Sureau, avocat Julien Hervier, professeur de littérature comparée, traducteur de Nietzsche, il a publié des Entretiens avec Ernst Jünger (Gallimard, 1986) et, en Allemagne, un livre de souvenirs et de correspondance avec lui ; devenu depuis près de trente ans son principal traducteur Gilbert Merlio Georges-Arthur Goldschmidt, professeur d'allemand, écrivain, essayiste et traducteur. Danièle Beltran-Vidal, ancien professeur de littérature à l’université Louis Lumière, Lyon 2
Thèmes : Arts & Spectacles| 20e siècle| Histoire| Littérature Etrangère| Ernst Jünger
Source : France Culture
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