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ISBN : 2867465176
Éditeur : Liana Lévi (03/09/2009)

Note moyenne : 3.14/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Retour en Irak après quinze ans d'absence. Des retrouvailles ? Oui, mais amères. Comment serrer dans ses bras sa grand-mère irakienne quand on est affublée de l'uniforme de l'occupant ? Comment ne pas sentir les regards haineux en traversant les villages dans des véhicules blindés ? Comment se limiter à son rôle d'interprète quand on assiste à des interrogatoires brutaux ? Zeina est pourtant convaincue de participer à une juste cause : déboulonner le tyran. Mais pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Missbouquin
  14 mai 2013
Pour mon premier roman irakien, Si je t'oublie Bagdad fut une bonne lecture. Pourquoi celui-ci en particulier ? J'ai rencontré l'auteur il y a quelques années au Festival du Livre de Mouans-Sartoux (dans le Sud-Est) qui attire quelques grands auteurs chaque année. du haut de mes 18 ans, j'étais tombée sous le charme de cette Irakienne passionnée, écrivain et journaliste qui vit en France depuis 1979. Je m'étais donc dit que j'attendrai la sortie poche de son roman. Et puis, comme il arrive souvent, j'ai oublié. le mois dernier, je suis tombée dessus par hasard à la bibliothèque et je n'ai pas hésité !
La narratrice, Zeina, est d'origine irakienne mais sa famille a émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d'années. Elle et son frère sont devenus Américains. Et puis la guerre en Irak éclate, et Zeina décide de s'engager comme interprète pour faciliter la communication entre son peuple d'origine et son peuple d'adoption. Mais il n'est pas si facile de revenir dans un pays où elle retrouve sa grand-mère qui ne comprend pas sa décision de se battre contre son propre peuple et tente de la marier avec un combattant extrémiste.
Zeina découvre aussi la guerre, et la vie dans un pays détruit.
Ce roman, plus qu'un texte historique sur la guerre irakienne, est un texte sur la quête d'identité des émigrés du monde entier. Zeina est placée face à une situation impossible, la plaçant entre les Américains qui la considèrent comme appartenant à leur peuple et les Irakiens qui ne voient que leur uniforme d'occupants.
"Etais-je une hypocrite, une Américaine à double visage ? Ou bien une Irakienne temporairement en sommeil, comme ces espions dormants qu'on infiltre des années à l'avance en territoire ennemi ?"
J'ai été très sensible à la manière dont Inaam Kachachi parle de son pays, qu'elle a pourtant quitté il y a longtemps. Elle a rendu cette guerre plus réelle pour moi, l'ancrant dans une réalité quotidienne que les médias ne rendent pas toujours, et moi qui n'avais alors que 15 ans, je n'allais pas chercher plus loin …
"La télévision ne cessait de jouer avec nos émotions. L'écran nous envoyait des décharges d'adrénaline en retransmettant le bruit des canons qui tonnaient, des bombes qui explosaient, des hommes qui couraient pour échapper à la mort, et les images d'embrasement, de fumée et de jeunes gens terrorisés qui, le visage blême, esquissaient malgré tout le signe de la victoire à l'intention des photographes."
Ce fut donc un choc d'entrer dans le quotidien à la fois des soldats américains, qui pensent agir pour la bonne cause, mais également de celui des Irakiens qui ne les voient plus comme des libérateurs mais comme des occupants. "La vérité c'est que les Irakiens considèrent mes camarades comme des occupants, des soldats qui accomplissent leur service militaire et exécutent les ordres – bref qui ne sont pour rien dans la décision de lancer cette guerre. [...] Tandis que moi, ils me considèrent comme une collabo."
Plus intéressant encore, la narratrice subit un dédoublement de personnalité : d'un côté la soldate qui défend son pays; de l'autre la romancière qui capte chaque image, chaque souvenir de sa grand-mère pour un potentiel roman quand elle rentrera aux États-Unis … "J'essaye d'échapper à cette sangsue de romancière, mais elle ne me lâche pas, son ombre derrière moi recouvre la mienne au point que je n'arrive plus à faire la part entre elle et moi. Même Rama (la grand-mère) la redoute quand elle lui arrache les mots de la bouche pour les coucher sur le papier. Or celui-ci ne saurait transmettre les cassures de la voix ni la chaleur des sentiments. Alors ma grand-mère cherche à établir un lien direct entre sa mémoire et ma conscience, afin de court-circuiter la romancière." Des souvenirs que Zeina aime apprendre, même si elle sait que c'est une stratégie de sa grand-mère pour la ramener parmi les vrais Irakiens …
Il y a tellement de choses dans ce roman que j'en oublie sûrement … Ce n'est pas un grand texte littéraire mais il rend très bien le conflit double identité de Zeina et la crise d'un pays en guerre …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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BVIALLET
  21 novembre 2012
De 2003 à 2008, Zeina se retrouve en Irak (à Tikrit puis à Bagdad dans la zone verte) interprète pour l'armée américaine. Son père, journaliste et présentateur de télévision arrêté et torturé par la police secrète de Saddam Hussein, s'est réfugié au Etats-Unis avec toute sa famille. Arrivée toute jeune, Zeina se sent autant américaine qu'irakienne de confession chrétienne chaldéenne. Elle accepte de s'engager dans l'armée à la fois pour le salaire mirobolant et par reconnaissance vis à vis de son pays d'adoption. Mais le retour au pays d'origine se révèle aussi amer que décevant. Sa grand-mère la reçoit très mal et lui fait bien sentir qu'elle est devenue une collabo. Les autochtones se montrent plus qu'hostiles et ses propres convictions s'effritent face à la réalité d'une guerre particulièrement sale. (Attentats suicides, enlèvements, égorgements, interrogatoires brutaux et humiliants).
Présenté sous la forme d'un témoignage très crédible, ce roman nous présente le portrait d'une jeune femme immigrée tiraillée entre ses deux « niches » : le pays natal qui la rejette et le pays d'adoption dont elle ne comprend pas bien les motivations. L'ambiance de l'Irak en guerre est très bien rendue avec sa chaleur de fournaise, ses menaces permanentes et à travers les drames d'une guerre sale et sans grand panache. Au départ, Zeina est convaincue de prêter la main à une juste cause : déboulonner le tyran responsable du malheur de sa famille. A la fin, elle n'est plus sûre de rien et se demande même si l'on n'a pas remplacé une dictature par une autre, une torture par une autre et une oppression par une autre. Un livre qui donne à réfléchir sur les horreurs de la guerre, sur l'identité, les racines, le patriotisme et sur la définition même de la résistance. le terroriste des uns étant toujours le résistant des autres. L'écriture est fluide et agréable à lire et le lecteur peut aisément s'identifier au personnage tiraillé de la sympathique Zeina.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Chabe37
  20 janvier 2019
Un beau récit montrant toute la difficulté de se construire suite à l'émigration de ces parents, une quête d'identité perpétuelle, jamais vraiment "chez soi"
Qui plus est dans la situation particulière de Zeina, une irakienne qui est devenue américaine et qui va retourner dans son pays d'origine en tant que "soldate américaine" pendant la guerre en Irak.
Le récit du quotidien et des atrocités est extrêmement juste, la quête d'identité de la protagoniste est intéressante, cependant je n'ai pas réussi à m'attacher à elle.
Je n'ai pas ressenti les émotions que l'auteure a voulu transmettre, cela reste tout de même une belle découverte.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   25 avril 2017
Au fond je l'aime, ce chagrin qui me transperce, j'apprécie la douceur de ses galets quand je plonge de toute mon âme nue dans son torrent, et pour rien au monde je ne voudrais libérer mes épaules de ce fardeau. Mon chagrin magnifique qui me persuade que je ne suis plus une Américaine ordinaire, mais une femme aux racines différentes, aux origines profondément ancrées dans l'Histoire. Comme quelqu'un qui tiendrait enfermé dans sa main le charbon ardent d'une vie à nulle autre pareille. […] De ce jour-là, j'ai accepté de vivre avec l'idée que je souffrais de cette maladie qu'on appelle le chagrin et de m'en accommoder sans lui chercher de remède.
Du reste, comment pourrais-je
Combattre la maladie
Qui m'a fait renaître,
Qui m'a bercée,
Qui m'a fait grandir,
Qui m'a élevée,
Et m'a inculqué, en fait de valeurs,
Les plus belles qu'on puisse imaginer ?
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BVIALLETBVIALLET   21 novembre 2012
Mais « Abou Ghraïb » n'avait rien à voir avec le Pont de la rivière Kwaï. Et le manquement à l'honneur militaire, en l'occurence, n'était plus seulement l'affaire des hommes, mais aussi celle des femmes. Ces images m'ont plongée dans une rage folle et ont laissé en moi une blessure purulente. D'où sortait cette salope capable de tirer un prisonnier en laisse comme on traîne un chien ? Qui l'avait recrutée dans notre armée ? 
(…) Mais les amis, cette torture-là, c'est de la petite bière par rapport à celle qui se pratiquait dans les prisons baassistes.
_ Eh, Chikho... ferme ta gueule, ça vaut mieux !
_ Mais quoi ? Pourquoi z'êtes contrariée, M'ame Zeina ?
_ Parce que notre job en venant ici, c'était pas de remplacer une torture par une autre.
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MissbouquinMissbouquin   14 mai 2013
Etais-je une hypocrite, une Américaine à double visage ? Ou bien une Irakienne temporairement en sommeil, comme ces espions dormants qu’on infiltre des années à l’avance en territoire ennemi ?"
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MissbouquinMissbouquin   14 mai 2013
"La vérité c’est que les Irakiens considèrent mes camarades comme des occupants, des soldats qui accomplissent leur service militaire et exécutent les ordres – bref qui ne sont pour rien dans la décision de lancer cette guerre. [...] Tandis que moi, ils me considèrent comme une collabo."
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BVIALLETBVIALLET   21 novembre 2012
De son côté, il n'avait rien à cacher. L'armée du Mahdi n'est pas différente des armées classiques, des factions, des milices populaires d'autrefois. La foi ou l'idéologie, c'est pareil, et le mollah n'est pas différent du chef militaire. Chacun s'abrite derrière une collectivité. 
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Videos de Inaam Kachachi (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Inaam Kachachi

Inaam Kachachi
Interview de la romancière d'origine irakienne Inaam Kachachi pour son roman "Si je t'oublie Bagdad", paru aux éditions Liana Levi, avec sa traductrice Ola Mehanna.
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