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Claude Demanuelli (Traducteur)Jean Demanuelli (Traducteur)
EAN : 9782266318013
960 pages
Éditeur : Pocket (19/08/2021)
3.65/5   50 notes
Résumé :
2017, Londres. Professeur d'université proche de la retraite, Helen Watt est contactée par un ancien élève afin de venir étudier des documents en hébreu récemment découverts dans une maison du XVIIe siècle. Très vite, elle est intriguée par l'auteur de ces manuscrits, un certain « Aleph », dont elle va vouloir déterminer l'identité.
1660, Amsterdam. Ester Velasquez est une femme d'une intelligence et d'une culture exceptionnelles. Secrétaire bien-aimée d'un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
3,65

sur 50 notes

ODP31
  27 septembre 2020
Trop d'encre et pas assez de de sang. Masse Critique, ma bien nommée, une bien belle indigestion tu m‘as donnée.
Pourtant, la quatrième de couverture était alléchante, mais l'assiette ne fut pas au niveau du menu. Pas d'addition grâce à Babelio, mais je vais dire deux ou trois mots au cuistot. le client n'a pas toujours raison mais puisqu'on lui demande son avis, autant ne pas se priver.
La découverte de lettres et parchemins dans une maison en rénovation, permet à Helen Watt, professeur d'université à l'aube de sa retraite et à un thésard à perpétuité de se lancer dans la traduction de ces documents anciens d'une grande valeur historique. Ils découvrent très rapidement que le scribe est une jeune femme juive du 17ème siècle, très cultivée, qui interroge de sa plume volatile, le monde, la religion, les moeurs, la nature, en cachant son sexe sous des pseudonymes pour communiquer avec certains grands esprits plus ou moins étroits de son temps. Elle se sent notamment étroitement liée à Spinoza qui fut frappé par un herem de la communauté juive, excommunication liée à ses gestes barrières face à la pratique religieuse. La jeune femme vit auprès d'un sage rabbin aveugle et bienveillant qui a abandonné ses yeux à l'Inquisition Espagnole et s'est réfugié à Londres après un passage à Amsterdam. Belle trame pour un roman historique, j'en conviens.
Hélas, le récit fait la navette entre les deux époques sans escales, trajet en trop long courrier, vol de nuit d'insomnie, et lecteur vite ankylosé par l'absence de turbulences. La commandante de bord ne parvient jamais à faire décoller l'appareil, la soute plombée par des cartons de livres étudiés et l'obsession du détail inutile. Quand la documentation afflige d'obésité la narration, quand l'érudition tient en joue le romanesque pendant 500 pages, quand l'intellectualisation anesthésie l'action, les plus histoires se crashent sur la piste d'envol.
L'auteure cherche à instaurer un dialogue entre Esther et l'universitaire, à près de 350 ans de distance, la correspondance de l'une réveillant les passions de l'autre. Il est bien sur question d'émancipation, de liberté et de sacrifice mais si le récit interroge bien la place de la femme dans l'histoire, c'est l'histoire qui ne trouve pas sa place dans le roman. le Londres du 17ème siècle est survolé par un drone plus intéressé par les idées que par la visite guidée et la compétition entre universitaires pour obtenir la primeur de la découverte est aussi passionnante que la retransmission d'une compétition de fléchettes en Slovénie.
Ma curiosité pour une période que je méconnais et le destin de ces réfugiés portugais de l'Inquisition établis à Amsterdam, puis à Londres ont suscité néanmoins mon intérêt et quelques passages un peu plus relevés, quand Esther sort un peu la tête de ses pensées pour s'encanailler où lorsque l'universitaire se souvient d'une passion passée, ont su donner un peu de chair au roman. Je dois aussi reconnaître que les personnages sont bien construits et ne manquent pas de contradictions. "Néant moins", ils pensent plus qu'ils ne vivent.
Je m'interroge enfin sur la traduction de ce roman. Si j'en crois la couverture, ils s'y sont mis à deux. Peut-être pour rendre l'exercice plus supportable mais les répétitions et la platitude de certains passages questionnent sur le filtre des relectures. J'avoue que j'ai parcouru le dernier tiers en diagonale, un peu pour avoir le mot de la fin, beaucoup par lassitude.
Rendez-vous manqué.
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gouelan
  08 septembre 2020
" Si William Shakespeare avait eu une soeur aussi douée que lui, quel aurait été son sort ?
- Elle mourut jeune... hélas, elle n'écrivit jamais une ligne." Virginia Woolf, Une chambre à soi.
Helen Watt est professeur d'université en 2017. Ester Velasquez est recueillie par un rabbin en 1660, d'Amsterdam elle rejoint Londres.
Ces deux femmes vont croiser leurs routes à travers le mystère de manuscrits anciens trouvés dans une vielle demeure de Richmond.
Une intrigue historique où se découvre une jeune femme juive exceptionnelle. Elle aurait pu être membre de la Royal Society et défier les plus grands penseurs de l'époque, mais elle est une femme du XVIIe siècle, de confession juive de surcroit.
Alors elle ruse. Elle écrit en déguisant sa signature.
Comme dans tous les romans où les époques se croisent, je préfère bien souvent l'époque du passé. Helen Watt et son assistant Aaron Levy m'ont ennuyée avec leurs histoires personnelles qui n'apportaient pas grand-chose au récit. L'histoire d'Esther bien que passionnante m'a paru parfois en décalage avec son époque. Plus une quête féministe qu'une quête de liberté d'expression, écrite ou orale, liberté de pensée, d'être qui on est au fond de soi.
Certains passages sont passionnants, d'autres répétitifs.
Dans l'ensemble j'ai aimé la réflexion qu'entraîne ce récit, bien que j'aie préféré, sur ce sujet, les romans de Chaïm Potok, plus immersifs, plus fluides.
Je remercie Babelio et les Éditions Le Cherche-midi pour ce roman.
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calypso
  22 novembre 2020
De sang et d'encre est un roman dense, très dense, si l'on considère le nombre de pages d'abord, 565, et l'écriture ensuite, attendez-vous en effet à de petits caractères qui ne facilitent pas la lecture. Ce n'est pas un roman destiné uniquement aux érudits, à mon sens la littérature s'offre à tous, mais c'est un roman incontestablement exigeant. Mieux vaut se plonger dans cette lecture en étant libéré de toute préoccupation et en ayant conscience que l'on va pénétrer dans une période historique passionnante mais complexe. C'est en tout cas le sentiment qui a animé ma lecture et, je dois bien l'avouer, je ne m'étais pas assez préparée à cela ; d'ailleurs, je suis convaincue de ne pas avoir lu ce roman au bon moment. En effet, j'ai eu énormément de mal à entrer dans l'histoire et j'ai avancé au rythme d'une tortue, reprenant parfois certaines pages, voire certains chapitres. Et pourtant, je peux affirmer que c'est un bon roman, ce qui peut paraître paradoxal, j'en suis bien consciente. L'histoire entremêle deux périodes historiques et c'est un choix narratif que j'affectionne particulièrement. J'ai toutefois largement préféré suivre les aventures d'Ester en 1660 que celles d'Helen et d'Aaron en 2000-2001 mais il est difficile de mettre sur le même plan des personnages qui n'ont pas et n'ont pas vocation – mais je me trompe peut-être – à avoir la même épaisseur. le personnage d'Ester est passionnant, je dirais même envoûtant, et fort intéressantes sont les relations qui l'unissent aux autres personnages de son époque. Son histoire, son parcours, son combat, ne peuvent laisser de marbre et, à travers eux, sont abordés des thèmes riches et fascinants. Parmi les plus intéressants : le sort réservé aux communautés juives dans l'Europe du XVIIe siècle et la place de la femme. Un roman très moderne, en somme. Notons que l'avancée à tâtons entre les deux époques permet, et ce n'est pas négligeable, quelques respirations au sein d'un roman qui demeure complexe de bout en bout et qui n'aurait certainement pas eu la même force s'il avait été amputé de toute la phase de recherche mettant en scène les deux historiens.

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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pyrouette
  26 septembre 2020
Helen ne se souvient pas vraiment de cet ancien étudiant qui lui demande de l'aide. En faisant des travaux dans une vieille maison de famille, il a trouvé des documents anciens en hébreu. Avec l'aide d'Aaron qui ressemble à son amour de jeunesse, ce qui l'énerve, elle accepte d'étudier ces documents.
L'enquête commence pour Helen et Aaron. Ils ont des vies personnelles compliquées, des rapports distants qui s'expliquent par la différence d'âge, Helen est une femme vieillissante proche de la retraite, Aaron un jeune homme qui n'arrive pas à écrire son mémoire et qui vit une relation épistolaire depuis que son amie est partie.
En 1660, la vie d'Ester est bien plus passionnante. Elle écrit pour le rabbin aveugle et elle a obtenu ce statut parce que son frère a refusé de le faire, puis il est mort dans une rixe. Il ne supportait plus la culpabilité de la mort de ses parents. Ces derniers ont élevé leurs enfants en prônant une certaine tolérance vis à vis de la religion, surtout leur mère, et en permettant à leur fille d'étudier. Et puis il y a eu cet incendie et ce départ pour Londres pour fuir l'inquisition.
Le récit alterne les époques et la vie de ces deux femmes qui sont bien plus proches qu'on peut le penser. L'histoire est passionnante mais il faut rester concentré. Il y a beaucoup de descriptions qui ont leur importance.
Je ne suis pas une spécialiste en histoire mais j'ai apprécié ce roman dense et surtout le destin d'Ester. Cette jeune femme était exceptionnelle.
La place des femmes dans notre société quelque soit l'époque sera toujours une source d'inspiration pour les écrivains et j'adore ça.

Merci à Masse critique de Babelio et les Éditions Cherche-Midi pour cette belle découverte.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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SZRAMOWO
  26 septembre 2020
« Ester étant désormais d'âge à se marier, il convenait de mettre un terme à son éducation »
Phrase terrible résumant, à mon sens, le propos de Rachel Kadish dans son roman de sang et d'encre.
Le récit nous emmène, par des allers-retours entre le XXIème et le XVIIème siècle, dans l'univers des Marranos, ces Juifs espagnols tenus, en principe, d'abjurer leur religion et de prêter serment à la religion catholique rendue obligatoire en Espagne après que les Rois Catholiques en aient chassés les Maures, mais aussi les Juifs. Nous sommes alors en 1492. Les Marranes abjurent officiellement leur religion mais la pratiquent clandestinement, en « l'aménageant ».
Parmi ces Juifs « repentis », ceux qui sont découverts ou dénoncés subissent la torture de l'Inquisition et émigrent qui en Hollande, qui en Angleterre.
Bien sûr, la pratique de la religion devient un sujet de discorde. Faut-il penser comme l'enseigne le rabbin aveugle R. Mose HaCohen Mendes, « L'équilibre du monde repose sur trois piliers : l'étude de la Torah. L'adoration de Dieu. Les actes de charité. »
Pour Rachel Kadish, que l'on soit au XXIème ou au XVIIème siècle, les contraintes sociales, les normes, les préceptes religieux, la pratique religieuses exercent la même contrainte sur les relations sociales. Son roman et l'action des personnages reposent sur cette idée.
Au XXIème siècle, Helen Watts, 64 ans prof d'université spécialiste de l'histoire des Marrannes, est aux prises avec sa hiérarchie. Elle est contacté par un de ses anciens étudiants, Ian Easton qui lui fait part de la découverte, dans la maison du 17ème dont sa femme Brigitte a hérité, d'un ensemble d'anciens documents, notamment une correspondance entre deux rabbins en hébreu et en portugais. Helen, après en avoir fait part à son doyen Andrew Darcy, obtient de celui-ci une aide de trois jours de l'un de ses doctorants, un jeune américain du nom de Aaron Levy, et une vague promesse d'achats de ces documents par l'Université en fonction du résultat de leur évaluation.
Helen a une relation équivoque à la Judaïté à laquelle Dror, un ancien amant, n'est pas étranger. Elle l'a connu alors que jeune fille elle participait à un séjour dans un Kibboutz en Israël. Elle voit dans Aaron un avatar de Dror. Aaron est lui Juif pratiquant, compagnon de Marisa une jeune fille vivant pour le moment dans un Kibboutz en Israël. Il est empêtré dans son projet de thèse sur Shakespeare et le judaïsme.
Au XVIIème siècle, Benjamin HaLevy est propriétaire de la maison de Londres dont Brigitte héritera. Manasse Ben Israel vit à Amsterdam et entretient une correspondance avec R. Mose HaCohen Mendes vivant lui aussi à Londres grâce à la générosité de son neveu Diego da Costa Mendes - un riche commerçant qui est associé avec Halevy dans une affaire aux Amériques. Les enfants de ce dernier, Manuel et Alvaro, sont éduqués par le rabbin. Ester et Isaac Velazquez orphelins vivent chez le Rabbin avec Rivka sa gouvernante.
Très vite, la lecture des documents révèle tout leur intérêt. Notamment le pamphlet « Contre les faussetés », oeuvre de R. Mose HaCohen Mendes rédigé en l'honneur de B. HaLevy. On y lit notamment « Ce n'est pas la volonté de dieu que les Juifs parient sur le Messie comme de vulgaires joueurs de dés. » ; « L'homme n'a aucun désir d'être persécuté et l'existence de cet instinct doit elle aussi être l'oeuvre de D-ieu. »
Ce pamphlet est destinée à éveiller à la religion et à sa pratique les Juifs longtemps séparés de leur communauté, mais aussi à prévenir des excès de certains rites ignorant ces constats fait par le rabbin ; justifiant en quelque sorte les errements de certains après leur départ d'Espagne.
Aussi bien dans la communauté de circonstances à Londres en novembre 2000, que dans celle du Londres et de l'Amsterdam du XVIIème siècle, Rachel Kadish pose la question de la place de la religion et de sa pratique dans une société en constante évolution…
Les Marrannes qui ont « goûtés » à une existence sans l'omniprésence contraignante d'une religion aux rites immuables, sont tentés soient de s'en affranchir, soit d'en élever le niveau de contrainte, reproduisant un débat très actuel sur la religion et la laïcité.
Aaron et sa compagne Marisa se posent la même question, lui aux USA et elle en Israël, soumis à des contraintes sociales de nature très différentes.
Helen Watts, par sa quête de « L'espoir contre toute raison », adopte une logique plus religieuse que laïque.
Helen, avant Aaron qui en doute, acquiert la certitude que le scripteur des lettres de R. Mose HaCohen Mendes, il signe Aleph, est une femme. Ce qui bouleverse leurs certitudes.
« Comment diable un juif du XVIIème siècle - à plus forte raison une femme, si Aleph en est effectivement une - peut-il s'amuser à faire un référence à Spinoza ? Alors que celui-ci a été excommunié ? Qui plus est, en latin. Il n'y a aucune raisons pour qu'une juive de cette époque ait étudié le latin, sans parler d'avoir des connaissances en philosophie. »
Transgressant toutes les règles déontologiques, Helen cache cette information, avec l'accord du président de l'université afin que les documents soient conservés au sein de la bibliothèque et réservés aux seuls historiens c'est à dire elle, par là-même.
Ester Velazquez, la pupille du rabbin, devient par nécessité et à la demande de ce dernier, sa copiste. Elle pratique les textes religieux et tous les ouvrages de la bibliothèque. Malgré les réticences des gardiens des Lois, « Car la parole de la Torah devrait être brûlée plutôt que d'être enseignée à la femme. », R. Mose HaCohen Mendes persiste dans ce que sa communauté considère comme une erreur.
Mais malgré cette conduite, il ne peut s'empêcher de penser qu'hors du mariage il n'y a point de salut pour Ester : « Fais-le Ester, crois moi. Et s'il le faut, trompe ton mari, comme tu m'as trompé, mais ce sera avec le ventre plein et des enfants dans la maison. »
Le roman de Rachel Kaddish pose à sa manière la question de la connaissance et de la conscience, mais aussi celle du lien entre la pratique religieuse et la perception d'autrui. Quand Ester doit faire un choix de vie, elle oppose sa philosophie personnelle, éprouvée par sa connaissance, « Je choisis selon mon coeur et mon coeur va vers vous » , aux préjugés de ceux qui ne la croient pas et mettent en garde son promis : « Une juive choisira toujours de privilégier en toute occasion sa loyauté envers sa tribu. »
Débat, hélas toujours contemporain.
En dépit de sa longueur, le roman de Rachel Kadish a le mérite de soulever des questions qui traversent les siècles et nous concernent toujours.
Merci à Babelio et aux éditions du Cherche Midi pour cette Masse Critique.
Lien : https://camalonga.wordpress...
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   10 septembre 2020
À chacune des incursions d'Ester dans Londres, la ville semble grandir et s'éclairer, les rues forment un réseau serré qu'elle parcourait au début avec méfiance, mais aujourd'hui avec assurance. Elle s' attarde devant les tables des libraires pour le simple plaisir de respirer l'odeur des livres, et s'étonne d'avoir pu l'oublier, cette odeur ; peut-être ses années de deuil ont-elles émoussé ses sens. À présent, les caractères carrés du latin et de l'anglais la ravissent ; elle aime la sensation que lui procure les mots qu'elle forme silencieusement dans sa bouche. Tout autour d'elle, des inconnus suivent du doigt les lignes imprimées, leur exploration curieuse, pleine de révérence, voire de tendresse. L'amour des livres lui a toujours paru être une émotion d'une grande intimité ; pourtant pour les juifs, les livres les plus sacrés ne sauraient être manipulés par des mains humaines. Aucune femme ne peut approcher la Torah, et même un homme ne peut en toucher les rouleaux qu'avec une baguette en bois ou en argent. Mais ici, parmi les Gentils, même les écrits les plus sacrés peuvent être caressés. (p. 183)

Chapitre 12
6 décembre 1663
7 kislev 5424
Londres
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AlzieAlzie   09 septembre 2020
L'exaspération des deux Patricias régnantes justifiait un silence plus tendu qu'à l'accoutumée dans la salle des manuscrits. Que les deux femmes n'aient fait aucune confiance aux historiens n'avait rien de nouveau ; depuis le temps qu'elle fréquentait l'endroit, Helen avait eu suffisamment l'occasion d'entendre les récriminations chuchotées de l'une ou de l'autre pour avoir saisi l'essentiel : les historiens ne traitaient les documents rares que sous l'angle des connaissances que ceux-ci pouvaient leur apporter, et non comme des objets matériels dotés d'une valeur intrinsèque ; les historiens cessaient de s'intéresser aux originaux sitôt qu'ils les avaient vidés des informations qu'ils contenaient. Patricia Starling-Haight avait vu de ses yeux un doctorant en histoire mâcher du chewing-gum ! au-dessus d'un manuscrit enluminé du XVIe. Patricia Smith avait, elle, travaillé sur des manuscrits du XVe que l'on aurait pu encore sauvé n'eût été le dommage irréparable causé par un historien qui avait scotché ! deux fragments ensemble. (p. 146)

Chapitre 11
1er décembre 2000, Londres
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calypsocalypso   22 novembre 2020
Elle a cacheté la lettre avec un pincement au cœur. Personne à ce jour n’a été capable de répondre aux questions qui pleuvent parfois sur elle comme une averse de grêle. Elle a conçu l’espoir à présent que l’hérétique de Spinoza sera peut-être en mesure de le faire.
Elle a porté sa lettre à la messagerie ce matin, les paroles de pardon de son frère bourdonnant à ses oreilles. Tu es comme une pièce d’argent gravée dans la pierre… une maison faite de rayons de miel ou de plumes ou peut-être de verre. Si seulement l’esprit malicieux d’Isaac pouvait se glisser en elle, pour prendre la place de cette âme repliée sur elle-même, toujours prête à reculer, qui est la sienne. Ce n’est pas le meilleur des deux qui a survécu, car Isaac était d’une plus belle étoffe qu’elle-même.
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pyrouettepyrouette   09 septembre 2020
Qu'il me soit permis de faire une nouvelle tentative, dans l'espoir, cette fois-ci, de dire la vérité. Car, dans le silence de l'encre qui mord sur le papier, là où la vérité devrait se manifester et parler sans crainte, pendant longtemps, j'ai menti.
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AelaAela   03 septembre 2020
"Spinoza, dit-il au bout d'un bon moment, a fait mon désespoir. Le Mahamad a promulgué son décret avec l'approbation des rabbins enseignant le Talmud Torah, en dépit de mes efforts pour les en dissuader. Mais je reste convaincu que la sévérité de leur herem a irrévocablement banni de la lumière un être sincère.....
Un herem ne libère personne. Il sépare un individu de la congrégation, et par suite l'exclut de toutes les observances qu'exige le judaïsme, et de toutes nos consolations, comme celle que nous avons connue au SinaÏ. Un isolement sans pareil, Ester.
Quelle sorte de vie est encore possible, quand nous n'avons d'autre soutien que la logique de notre propre raisonnement?"
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