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Claude Demanuelli (Traducteur)Jean Demanuelli (Traducteur)
EAN : 978B08BNF7QXF
Éditeur : Le Cherche midi (17/09/2020)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 15 notes)
Résumé :
2017, Londres. Professeur d'université proche de la retraite, Helen Watt est contactée par un ancien élève afin de venir étudier des documents en hébreu récemment découverts dans une maison du XVIIe siècle. Très vite, elle est intriguée par l'auteur de ces manuscrits, un certain « Aleph », dont elle va vouloir déterminer l'identité.
1660, Amsterdam. Ester Velasquez est une femme d'une intelligence et d'une culture exceptionnelles. Secrétaire bien-aimée d'un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  08 septembre 2020
" Si William Shakespeare avait eu une soeur aussi douée que lui, quel aurait été son sort ?
- Elle mourut jeune... hélas, elle n'écrivit jamais une ligne." Virginia Woolf, Une chambre à soi.
Helen Watt est professeur d'université en 2017. Ester Velasquez est recueillie par un rabbin en 1660, d'Amsterdam elle rejoint Londres.
Ces deux femmes vont croiser leurs routes à travers le mystère de manuscrits anciens trouvés dans une vielle demeure de Richmond.
Une intrigue historique où se découvre une jeune femme juive exceptionnelle. Elle aurait pu être membre de la Royal Society et défier les plus grands penseurs de l'époque, mais elle est une femme du XVIIe siècle, de confession juive de surcroit.
Alors elle ruse. Elle écrit en déguisant sa signature.
Comme dans tous les romans où les époques se croisent, je préfère bien souvent l'époque du passé. Helen Watt et son assistant Aaron Levy m'ont ennuyée avec leurs histoires personnelles qui n'apportaient pas grand-chose au récit. L'histoire d'Esther bien que passionnante m'a paru parfois en décalage avec son époque. Plus une quête féministe qu'une quête de liberté d'expression, écrite ou orale, liberté de pensée, d'être qui on est au fond de soi.
Certains passages sont passionnants, d'autres répétitifs.
Dans l'ensemble j'ai aimé la réflexion qu'entraîne ce récit, bien que j'aie préféré, sur ce sujet, les romans de Chaïm Potok, plus immersifs, plus fluides.
Je remercie Babelio et les Éditions Le Cherche-midi pour ce roman.
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Henri-l-oiseleur
  31 août 2020
Masse Critique m'a fait parvenir cet épais roman historique, en échange d'un compte-rendu de lecture. "De sang et d'encre" est le titre français de l'original américain multi-primé "The Weight of Ink", ou, le poids de l'encre. Dans la postface, la romancière cite cette question posée à Virginia Woolf : que se serait-il passé si Shakespeare avait eu une soeur ? Réponse : "Elle mourut jeune ... hélas elle n'écrivit pas une ligne". Tout le travail énorme de documentation et d'étude, d'écriture et de création, de Rachel Kadish se place sous le signe du féminisme militant.
Le roman met en scène deux époques : l'Angleterre des années 2000, où des universitaires découvrent un fond documentaire de correspondance datant du XVII°s ; dans la seconde époque, nous sommes transportés à Londres à la fin du règne de Cromwell, où les Juifs sont à nouveau autorisés à résider. Les chercheurs contemporains reconstituent à tâtons la personnalité et le milieu de l'épistolière juive du XVII°, tandis que, dans d'autres chapitres, en alternance, le lecteur a un accès direct à l'héroïne, par narration omnisciente ou citation de textes. Autrement dit, nous savons déjà ou nous apprenons plus loin ce qu'ignorent et recherchent les historiens. L'effet de répétition est constant, et la romancière tente en vain de le faire oublier en racontant, à grand renfort de détails, tout le passé de ses personnages et toute l'histoire des rivalités universitaires, coucheries, coups bas etc ... qui font la trame de leur vie. C'est du remplissage.
Malgré les recherches approfondies de Rachel Kadish, les parties consacrées à la communauté juive anglaise de 1660 sont superficielles, décevantes et truffées d'anachronismes de langue et de pensée. C'est très inférieur à Un Homme Obscur de Marguerite Yourcenar, ou à L'Oeuvre au Noir : mais Marguerite Yourcenar avait une profonde culture, une culture assimilée, et trop de probité pour tomber dans l'anachronisme. L'héroïne de Rachel Kadish, Ester Velasquez, dont la grand-mère a fauté avec Shakespeare (il est donc son grand-père caché), vient d'une famille juive portugaise ayant fui l'Inquisition en Hollande, puis à Londres. Ester, de l'aveu de son rabbin, est égale ou supérieure intellectuellement au jeune Spinoza, dont il a été aussi le professeur. Mais elle est une femme, les voies du savoir lui sont barrées et elle se débrouille comme elle peut pour accomplir son destin intellectuel de philosophe athée et moderniste. Elle écrit d'ailleurs à Spinoza, justement, mais aussi à Hobbes, et à d'autres grands esprits.
Rachel Kadish a su choisir une des époques et un des milieux les plus intéressants de l'histoire juive : celui de ces Juifs portugais ayant eu accès au savoir chrétien au Portugal, mais soumis à l'Inquisition et aux lois raciales. En émigrant à Amsterdam ou à Londres et en revenant au judaïsme, ils deviennent des personnalités hors du commun, à la culture mêlée. Spinoza, Uriel da Costa et d'autres sont issus de leurs rangs, de ce mélange forcé et improbable entre deux cultures. Mais Rachel Kadish échoue totalement à rendre la foi et la piété juives, qui permettraient de mieux comprendre la révolte des fils des martyrs, et celle de son indomptable héroïne. La romancière a du judaïsme une perception déficiente, comme on le voit à son personnage Aharon Lévy : ce n'est pour elle qu'un ensemble de règles sans âme. Là encore, c'est très inférieur aux romans d'un autre "libéral", Chaïm Potok. D'autre part, elle avoue ses difficultés à saisir la pensée de Spinoza et des autres, pensée née du rejet de l'orthodoxie juive pour laquelle les parents ont souffert et subi le martyre. A ce compte-là, il vaut mieux lire "Au commencement", "L'élu" ou "La promesse", qui racontent bien mieux la même histoire : l'arrivée aux USA des rescapés orthodoxes du nazisme, et la naissance difficile de la pensée moderne. Cela ne se comprend que si l'on est honnête avec l'orthodoxie, comme avec ceux qui la réfutent.
Pour compenser ces carences, il y a de longs récits d'intrigues amoureuses, un tableau poignant de la peste de 1665 et tout un pittoresque baroque anglais sans grande nécessité. Simon Schama, historien doué d'une belle plume, réussit bien mieux à croquer le Londres juif de ce temps. On a l'impression que la romancière tire à la ligne, et l'une de ses lectrices sur Goodreads déplore qu'aucun "editor" (adaptateur) n'ait corrigé ses lourdes fautes de composition, ses interminables longueurs injustifiées.
Si l'on ajoute à cela une traduction pâteuse et pataude (due à un couple de traducteurs célèbres), ce gros livre surévalué ennuie beaucoup. Mais le brevet de moralité féministe et de correction politique peut dispenser Rachel Kadish d'avoir du talent, et lui valoir l'enthousiasme du public.
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sylvaine
  13 septembre 2020
De sang et d'encre de Rachel Kadish, est un roman historique foisonnant, dense qui nous plonge dans le Londres de la fin du 17è siècle. Sous les yeux ébahis et émerveillés d'Helen Watt, professeur d'université spécialiste des études hébraïques, dans une cache sous un escalier d'une demeure de Richmond, un trésor: des textes manuscrits datant de la fin du 17è. Très vite elle comprend que le Rabin Moseh HaCoen Mendes a un copiste dénommé Aleph et que ce copiste est une femme, Ester Velasquez. Commence alors l'enquête, enquête menée dans l'urgence face à la maladie, à l'âge, enquête menée avec l'aide d'un doctorant Aaron Lévy..
Ester Velasquez est une femme éduquée, instruite, d'une intelligence supérieure et avide de comprendre, animée par le désir irrépressible d'analyser, de s'interroger sur le monde qui l'entoure quite à remettre en question les règles de pensée et de vie établies par la communauté juive. Elle est femme certes mais ...
Ce roman dense et foisonnant permet au lecteur de découvrir la vie de la communauté juive en cette fin du 17è, la place de la femme, les interdits. Je me garderai bien de porter un jugement sur les propos philosophiques et religieux qui émaillent ce texte, j'en serai bien incapable.
Si j'ai été très intéressée par cette lecture, j'ai aussi ressenti une certaine lassitude devant certaines pages, longueurs redites et disgressions à n'en plus finir sur la vie d'Helen ou d'Aaron bien loin du sujet. La fluidité de l'écriture n'est pas non plus au rendez-vous, défaut de style de l'auteure ou lourdeur de la traduction? Quant au choix d'une taille de police aussi petite n'en parlons pas. Quel dommage!.
Un grand merci aux éditions du Cherche midi et à Babelio pour cette masse critique privilège.

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Aela
  03 septembre 2020
"The weight of ink", titre original proche de la traduction française, est un roman historique faisant intervenir deux personnages féminins de deux époques différentes: Helen Watt, professeur d'université proche de la retraite de nos jours et Ester Velasquez, jeune femme juive qui a fui l'Inquisition au Portugal et arrive d'Amsterdam pour servir de scribe au rabbin aveugle HaCoen Mendes.
Helen Watt, à qui un ancien élève a transmis des manuscrits retrouvés dans une maison de Richmond, GB, va enquêter sur cette femme et son entourage.
Helen Watt va donc se pencher sur le Londres des années 1660, juste avant la grande Peste, à un moment où se reconstitue la communauté juive qui avait été chassée plusieurs siècles auparavant. Une communauté juive importante s'était établie à Amsterdam (baptisée alors la Nouvelle Jérusalem), communauté qu'ont rejoint de nombreux survivants de l'Inquisition espagnole et portugaise et c'est depuis Amsterdam que vont venir principalement des Juifs pour reconstituer une communauté à Londres.
Il s'agira pour Helen d'examiner des manuscrits très variés, pouvant concerner l'entretien de la maison comme de correspondances philosophiques entre Spinoza qui venait d'être exclu de sa communauté et d'autres philosophes. le rabbin HaCoen Mendes de Londres avait d'ailleurs soutenu Spinoza et exhorté ses pairs à plus de bienveillance envers le philosophe mais n'avait malheureusement pas été écouté.
Helen Watt va devoir découvrir aussi l'identité de "Aleph" auteur de certains de ces manuscrits.
Helen sera assistée dans sa recherche par Aaron Levy, jeune Américain qui fera preuve de beaucoup d'enthousiasme dans cette quête.
Helen et Aaron ont d'ailleurs un parcours intéressant: Helen dans sa jeunesse, en 1948, avait travaillé comme volontaire dans un kibboutz en Israël, où elle était, parmi les volontaires, la seule non-juive. Elle avait rencontré à ce moment-là Dror, avec qui elle aura une liaison passionnée et a dû renoncer à lui, ce souvenir ne la quitte pas et motive aussi ses recherches sur les manuscrits qui vont la conduire aussi à des recherches sur la communauté juive de l'époque.
Aaron, quant à lui, est amoureux d'une jeune femme qui vit en Israël et avec qui il a du mal à envisager une relation de longue durée.
Il y aura beaucoup de rebondissements dans les découvertes successives que vont faire Helen et Aaron.
Ester est un personnage féminin intéressant, elle est en avance sur son époque puisqu'elle a un travail intellectuel alors que les femmes de cette époque de la fin du 17ème siècle avaient en général peu accès à la culture.
Le livre est intéressant car il fait vivre une communauté à un moment charnière de son histoire.
Le personnage du rabbin HaCoen Mendes est très humain et a une ouverture d'esprit en avance sur son temps.
Par contre j'ai regretté que la pensée de Spinoza ne soit pas plus développée.
J'ai trouvé que le style des manuscrits de l'époque rend la lecture parfois difficile pour un lecteur de notre époque. Cela demande de la concentration...
Le livre est dense, trop parfois peut-être, on aimerait que ce soit plus centré sur des personnages vraiment significatifs comme Ester, le rabbin..
Une grande profusion de détails, de correspondances, amoindrit parfois la force du récit et c'est un peu dommage.
Bref le thème est intéressant mais j'ai trouvé certains passages un peu indigestes.
Néanmoins c'est un livre qui donne un bon aperçu de l'époque, des coutumes, des préjugés, des relations entre Chrétiens et Juifs à l'époque.. et je remercie Babelio de m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique.

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tynn
  10 septembre 2020
On entre dans ce gros bouquin en archéologue, dans les pas d'universitaires étudiant les documents d'une genizah, découverts lors d'une restauration de vieille maison anglaise: correspondances, sermons, documents profanes dans une cache secrète.
Des archives juives oubliées d'où émerge la plume d'un improbable jeune scribe de rabbin.
Deux femmes, Helen et Ester, se retrouvent intimement liées au -delà du temps, l'une cherchant l'autre, et découvrant en même temps que le lecteur le parcours chaotique et subversif d'une intelligence féminine brillante. le quotidien d'Ester au 17e siècle se confronte à ses impérieux désirs de connaissance et aux modes archaïques de pensée de sa communauté, et plus largement de son époque: le rôle de maison des femmes, l'impératif du mariage et des enfants, l'impossibilité de survivre par elles-mêmes.
Sans surprise, la structure de ce livre complexe alterne le travail de recherche contemporaine avec le cadre historique d'une société juive à Londres. Comme souvent dans cette dualité de construction, l'intérêt est plus accroché par la fiction passée et le romanesque attaché au destin des personnages, plus réels, plus travaillés dans leur quotidien.
Les querelles intestines des chercheurs paraissent parfois sans grand intérêt, au regard de la destinée de la communauté séfarade portugaise qui a émigré vers l'Europe du nord, fuyant l'Inquisition. L'auteure n'a pas ménagé les détails pour nous dessiner Londres post Cromwell, la violence larvée subie par les juifs anglais préférant l'assimilation discrète pour sécurité et la grande épidémie de peste de 1665.
On ne peut aussi fait l'impasse sur l'exploration intellectuelle et philosophique de ce qu'est « être juif », de devoir choisir entre le martyr et l'instinct de survie, de suivre les préceptes du dogme sans autocritique.
Un livre qui se mérite, qui possède un souffle indéniable en dépit de ses lourdeurs, et dont le titre original « le poids de l'encre » apparaît plus pertinent
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Fanfan-DoFanfan-Do   20 septembre 2020
Se profilant dans la fraîche lumière de l'après-midi, la maison était si différente de ses voisines qu'elle paraissait s'être détournée du monde pour engager une conversation silencieuse avec elle-même.
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Fanfan-DoFanfan-Do   20 septembre 2020
Quand elle le lui donne, sa main abîmée par le ménage effleure celle de la domestique, et elle lève les yeux vers le visage terreux de la fille, qu'elle voit accablée de fatigue. Très vite, avant que la pitié l'envahisse, elle se détourne. Se sentir coupable de s'être ainsi libérée risquerait de l'anéantir. Elle a trouvé une planche de salut à laquelle s'accrocher, une chance, fût-elle mince d'avoir une vraie vie, et elle ne va pas faiblir maintenant à la vue d'une inconnue en danger, comme tant d'autres, de se noyer.
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Fanfan-DoFanfan-Do   20 septembre 2020
N'oubliez pas que la persécution religieuse faisait rage partout. La torture aussi. Même les juifs qui choisissaient d'abjurer leur foi devant l'inquisition étaient anéantis – tout ce qu'ils se voyaient offrir en échange de leurs aveux, c'était le supplice censément moins douloureux du garrot, plutôt que le bûcher, encore que, après le garrot, leurs corps étaient jetés dans les flammes pour faire bonne mesure. La vie était semée de terreurs, les pires étant réservées aux athées.
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Fanfan-DoFanfan-Do   20 septembre 2020
Interdiction est faite aux juifs de Londres de fréquenter les maisons closes à la manière des hommes de la bonne société londonienne. Tout comme il est interdit à leurs épouses de paraître hors de leur domicile les membres dénudés ou de laisser des étrangers voir leurs cheveux, qu'elles garderont couverts au cours de leurs déplacements dans la ville.
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Fanfan-DoFanfan-Do   20 septembre 2020
Trois cent cinquante ans avaient passé depuis l'époque d'Ester, songea-t-il confusément, et les juifs de Londres veillaient toujours à ne pas se faire remarquer, la menace n'étant plus aujourd'hui ni le garrot ni le bûcher, mais les bombes, et l'enjeu non plus l'hérésie mais Israël.
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