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EAN : 9782072705397
96 pages
Éditeur : Gallimard (03/01/2017)
Résumé :
C'est une idée éditoriale contemporaine de l'écrivain que de réunir ces textes, à laquelle Kafka opposa, en 1916, l'argument suivant : "Verdict et Colonie pénitentiaire formeraient une exécrable combinaison ; à la rigueur La Métamorphose pourrait leur servir d'intermédiaire, mais sans elle cela reviendrait vraiment à prendre deux têtes étrangères et à les cogner de force l'une contre l'autre". Nous le prenons au mot et cognons ces deux récits, éclairés des œuvres po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BazaR
  02 juillet 2020
Premier contact avec Franz Kafka.
Quoique j'ai peut-être lu La Métamorphose à l'école. Si c'est le cas, désolé Franz, je n'en garde aucun souvenir.
Bon, on s'en fiche.
Selon la quatrième de couverture, Kafka lui-même aurait dit qu'il valait mieux pas associer ces deux nouvelles ensemble. La réaction chimique instable risquait de créer un incendie dans la bibliothèque et accessoirement de propulser le cerveau du lecteur hors de son logement naturel.
Ben il avait pas tort, selon moi. J'ai évité l'incendie mais ma cervelle a grésillé face à cette association : j'ai franchement détesté le Verdict et grandement aimé A la Colonie Pénitentiaire.
Le Verdict partait plutôt bien, avec cette relation épistolaire entre un homme qui a réussi en affaire et son ancien ami parti en Russie qui galère. Mais les relations venimeuses du jeune homme avec son père sont trop amères pour moi. Les envolées limite paranoïaques du père accusant son fils de tous les maux a déterré certains comportements d'un de mes proches parents qui avait un Alzheimer. le calme avec lequel le fils reçoit tout dans la gueule est impressionnant. Cependant il est impossible de décider si les accusations portées par le père sont véridiques ou pas.
On fleurte avec la folie et je déteste ça. La réaction finale du fils est pour moi totalement incompréhensible.
A la Colonie Pénitentiaire est autrement succulent. Il y a de l'absurde – horrible mais traité avec un humour second degré – dans ce militaire qui présente au voyageur sa machine à exécuter le coupable : une espèce de machine à écrire automatisée qui inscrit son message sur le corps du pauvre gars avec son sang pour encre. Au-delà de la mécanique, c'est toute la philosophie personnelle du militaire qui relève de l'ordre de l'humour noir. Sa conception de la justice (tout accusé est coupable ; la notion d'appel est une absurdité ; il est juge, jury et exécuteur, comme ça pas de problème) est effrayante, comme l'est celle de la peine digne des pires tortures. Mais le gars vous raconte ça avec un grand calme et une expression orale détendue et professionnelle, teintée de jouissance personnelle. Un décalage qui rappelle l'écart entre violence et dialogues des films de Tarantino. Franz Kafka utilise une enveloppe humoristique pour dénoncer des comportements odieux, une façon de faire très développée de nos jours par les humoristes de tous bords.
Un ressenti très contrasté donc.
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Under_the_Moon
  27 décembre 2019
Kafka, ce grand écrivain tchèque dont le nom a créé un adjectif qui désigne un système absurde et qui fait si peur aux jeunes lecteurs... Et pourtant ! C'est vrai qu'il avait du génie pour décrire les systèmes absurdes et leurs effets sur les individus.
On reconnait bien dans ces deux nouvelles les thématiques chères à cet auteur :
- les relations conflictuelles entre père et fils (dans le Verdict)
- et le système judiciaire (dans A la colonie pénitentiaire).
Si on peut aisément se passer de la lecture de la première nouvelle, en revanche la seconde est un tour de force du maître Kafka. A la colonie pénitentiaire raconte le voyage et la réaction horrifiée d'un voyageur dans une prison sur une île. C'est un moratoire fabuleux contre la technique mise au srvice de la folie, la cruaté et le sadisme des hommes, qui pousse le cynisme jusqu'à qualifier la torture de "justice". L'auteur montre comme ce système est rodé, pensé et comme il joue de la rhétorique inversée, tentant de convaincre le voyageur du bien fondé de leur façon de faire en utilisant ses propres arguments! Dans cette nouvelle, Kafka dénonce la Novelangue avant Orwell, ni plus ni moins, et sans la passion hugolienne dénonce le système judiciaire des hommes.
Une lecture tout simplement géniale !

Challenge solidaire 2019
Challenge Globe-trotteurs
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Foufoubella
  17 décembre 2019
Ce petit livre de 82 pages comporte deux nouvelles qui, à première vue, n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Dans la première, le verdict, le narrateur nous plonge dans l'intimité entre un père et son fils, la confrontation allant à son paroxysme. Je ne suis pas du tout une lectrice habituelle de Kafka, connaissant davantage ses oeuvres pour leur renommée que pour les avoir lues, ou sinon des extraits, mais il paraît que le thème du père est récurrent dans ses écrits.
La seconde, A la colonie pénitentiaire, m'a glacé le sang, ne pouvant réprimer des mimiques de dégoût en lisant certaines scènes. En seulement 49 pages, Kafka parvient à restituer ce qu'est l'enfermement, au sens propre comme au figuré. Je l'ai lue d'une traite, alors que je tombais de fatigue, ne pouvant m'arrêter qu'après avoir tourné la dernière page. C'est remarquablement écrit, très imagé, j'arrivais à me restituer la scène devant les yeux. Grâce à son personnage du voyageur, qui est pour moi celui qu'il nous adresse à nous, lecteurs, il nous confronte à nos propres pensées, à nos propres convictions, à nos petits travers aussi. Plaidoyer anti-peine de mort ou simple vision de son écriture dont l'adjectif kafkaïenne prend ici tout son sens ? A vous de juger, tel le verdict – mot qui revient d'ailleurs constamment dans cette seconde nouvelle – de la première.

Challenge Solidaire 2019
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cvd64
  06 novembre 2020
Conte philosophique sur la fin d'un régime liberticide, autoritaire et meurtrier mais avec l'humour Kafkaïen qui rend si dérisoire ce personnage du capitaine aux ordres d'un commandant disparu.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BazaRBazaR   29 juin 2020
Voilà comment la chose se présente. J'exerce ici, à la colonie pénitentiaire, les fonctions de juge... Le principe en vertu duquel je prononce est que la faute est toujours hors de doute. Les autres tribunaux ne peuvent pas appliquer ce principe, car ils jugent à plusieurs et ont aussi d'autres cours plus importantes au-dessus d'eux. Ici, ce n'est pas le cas ; ou du moins ce ne l'était pas du temps de l'ancien Commandant. Le nouveau, à vrai dire, a déjà manifesté son désir de s'immiscer dans mon tribunal ; mais jusqu'à présent, je suis toujours parvenu à lui résister et j'y parviendrai encore dans l'avenir.
("A la colonie pénitentiaire")
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cvd64cvd64   06 novembre 2020
Le voyageur considérait la herse en plissant le front. Les renseignements qu'on venait de lui communiquer sur la procédure du tribunal ne l'avaient pas satisfait. Il devait se dire, il est vrai, qu'il s'agissait d'une colonie pénitentiaire, où des règles particulières étaient nécessaires et où la discipline militaire devait être appliquée jusqu'au bout.
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anthonyberthonanthonyberthon   21 mars 2018
Vous avez vu qu'il n'est pas facile de déchiffrer l'écriture avec les yeux. Mais notre homme la déchiffre maintenant avec ses plaies. Ce n'est pas, il est vrai, un mince travail [...]
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Videos de Franz Kafka (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Franz Kafka
Franz Kafka (1883-1924), l’assaut immobile : Une vie, une œuvre (1987 / France Culture). Photographie : Portrait de Franz Kafka en 1923 - © ullstein bild Dtl. Getty. Diffusion sur France Culture le 19 mars 1987. Par Marie-Christine Navarro. Réalisation de Claude Giovannetti. Eduard Goldstücker, Ivo Fleischmann, Marthe Robert et Joel Askenazi ont, chacun à leur façon, fait rayonner l’œuvre de Franz Kafka. "Une vie, une œuvre", en 1987, fait entendre ces quatre voix qui retracent la courte vie du plus célèbre des auteurs pragois. « Franz Kafka ne pouvait pas venir d’autre part que de la ville qui était le sens des contradictions nationales très aiguës entre Tchèques et Allemands, et les Juifs au milieu. » (Eduard Goldstücker). L’écrivain est élevé dans la langue allemande, celle des élites et de sa mère. Marthe Robert parle du rapport de Kafka à cette langue qu'il considère avoir volée, ce qui expliquerait son usage "d'un allemand de chancellerie". La traductrice explique aussi : « Une grande partie des figures de Kafka sont des transpositions de son propre père…. Le conflit, on le trouve merveilleusement exposé dans la célèbre "Lettre au père" que Kafka a écrit à l’âge de 36 ans... Le contraste entre ces deux êtres est d’abord physique et puis moral. » Franz Kafka "se dit constamment terrorisé par ce père et surtout, envahi depuis toujours par un effroyable sentiment de culpabilité". Pour Joël Askenazi, Kafka reproche aussi à son père son incapacité à"lui transmettre un judaïsme vivant". Pour Marthe Robert : « La littérature, c’est vraiment son destin, sa fatalité. Il ne peut pas y échapper. Il a remplacé la foi par la littérature. La littérature est devenue sa raison de vivre. » Tous soulignent les tensions psychologiques et spirituelles qui envahissent l’écrivain. Selon Ivo Fleischmann : « Kafka sentait pendant sa vie qu’il n’appartenait à rien pleinement. Il était un étranger partout. Dans sa famille, parmi les autres hommes, Allemand parmi les Tchèques, Juif parmi les Allemands … Quelqu’un qui sentait qu’il n’était pas capable d’appartenir à une communauté humaine quelconque. »
Source : France Culture
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