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ISBN : 2877302733
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 18 notes)
Résumé :
A Tôkyô, un dimanche après-midi, deux hommes absorbés dans la dégustation cérémonieuse d'une vieille bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935, usant de gorgées comme de ponctuations, poursuivent jusqu'à la lie le long texte désordonné de leurs souvenirs au fond d'une bouteille, ou bien la saveur d'un amour endormi. Par un des plus grands écrivains japonais contemporains.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cathy74
  26 mai 2017
Ce livre est constitué de deux nouvelles, "Romanée-Conti 1935", qui lui donne son titre, et "Le Monstre et les cure-dents". Deux nouvelles totalement différentes, et le choc est grand quand on passe de la première à la seconde !
"Romanée-Conti" célèbre le vin bien sûr et plus il est vieux, plus il est propice à la remontée douce-amère des souvenirs. Les deux amis qui le dégustent ensemble en 1972 remontent le temps avec lui. Et de l'écriture brillante, précise, naît une atmosphère mélancolique, envoûtante, rêveuse...
Aussi, il convient de laisser passer un peu de temps avant d'aborder le "Monstre". D'un gratte-ciel somptueux de Tokyo, que l'on imagine climatisé, le lecteur est transporté brutalement dans la moiteur étouffante de Saïgon, où règne le Monstre, nommé tout simplement le Béria de Saïgon. Précisons que l'action se passe au moment de la guerre du Vietnam, et que l'atmosphère n'est pas tendre !
Personnellement, j'ai apprécié cette nouvelle, déroutante, déstabilisante, d'une absurdité quasi kafkaïenne. Car le mot de la fin, dérisoire, est tout bonnement traumatisant.
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le_Bison
  07 mai 2012
La dégustation de deux grands Bourgogne par 2 japonais (la scène se déroulant en 1972, précision importante pour cerner la qualité du millésime). le 1er grand cru sera un "La Tache 1966", le second un fameux "Romanée-Conti 1935". Plus qu'une dégustation, l'auteur nous fait assister à une véritable cérémonie devant la mise en condition préalable des protagonistes et la préciosité du sommelier face à la tâche qui lui est demandée. Quelques gorgées de cet ancestral nectar suffisent à plonger dans les souvenirs de M. X : la Bourgogne et sa renommée route des vins, le quartier St Germain et les Halles de Paris après guerre mais aussi et surtout les plaisirs charnels et sensuels de la gastronomie française et d'une jeune suédoise rencontrée au comptoir d'un vieux bar de quartier.
Une lecture chaleureuse, pleine de couleur, de joie, un grand hommage à la vie où j'ai pu plongé volontiers dans l'intimité de ce grand vin et de cet amour oublié que la dégustation va faire renaître des lointains souvenirs.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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MarianneL
  04 mai 2013
1972. Deux amis japonais se retrouvent un dimanche d'hiver, dans un restaurant de Tokyo, autour du plaisir de boire deux bouteilles de bourgogne, dont une de Romanée-Conti 1935. L'un d'eux est écrivain. de ce cérémonial à deux surgissent, inattendus, les souvenirs de chacun, avec pour l'écrivain un voyage à Paris, les yeux et la silhouette d'une femme disparue qui renaît dans la lie du vieux vin. La parenthèse d'une bouteille, plus grande qu'il n'y paraît.
« Aussi violenté, dépossédé, ravagé, affaibli que fût ce vin, il parvenait encore à susciter l'image d'une femme. Depuis toutes ces années et jusqu'à la rencontre avec cette bouteille, il lui était arrivé de se souvenir de Gunvor, mais ce n'était qu'un amas de fragments, la lueur du squelette dansant dans les ténèbres, le giclement du jus de l'orange, les cheveux masquant les yeux et le nez dans un visage qui rit. Jamais il n'aurait imagine qu'elle puisse surgir tout entière de cette bouteille. Il n'en restait qu'à peine. Il lui fallait faire rouler chacune des gouttes entre ses dents. »
« Romanée-Conti 1935 », nouvelle de 1973 est suivi dans ce recueil, traduit en français en 1993, par un autre très beau texte de 1979, « le monstre et les cure-dents ».
Dans une ambiance électrique, de tension et d'épuisement de la guerre du Vietnam, le narrateur japonais échoué à Saigon cherche à déchiffrer l'énigme froide de B., général de l'armée de l'air pro-américain qu'il croise à plusieurs reprises, personnage cruel et incorruptible, homme immensément laid et si mélancolique. L'envers d'un monstre.
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aimeryjoessel
  18 août 2018
Le plus beau des livres sur le vin ? En tous cas et sans jeux de mots, ici, la « cérémonie » du vin n'est pas un vain mot. Il n'y a peut-être qu'un écrivain japonais qui puisse ainsi chanter le vin et dépasser le vocabulaire souvent imaginativement compassé de l'oenologie.
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kevindio
  10 février 2018
Une première nouvelle vraiment excellente, des descriptions incroyables et un grand plaisir de lecture, même si l'on n'est pas forcément amateur de vin. Dommage que la seconde nouvelle ne soit pas aussi mémorable !
Lien : https://comaujapon.wordpress..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   06 mai 2012
Elle choisit du melon avec du jambon de pays, lui, du boudin noir. Un boyau rempli de sang de porc, cuit à la vapeur, et servi avec de la purée de pommes de terre. Lorsque la lame de couteau l’incisait, se déversaient dans l’assiette blanche en dégageant une odeur chaude, particulière, divers éléments d’un brun presque noir, que l’on mangeait mélangés à un peu de purée. Il croyait se souvenir qu’ils avaient également bu un Graves dont il avait oublié l’année. Elle mangeait en silence, mais avec appétit, elle savait aussi apprécier le vin, et elle souriait parfois en lui jetant un regard à l’oblique par-delà le verre. Bientôt, sous l’effet du vin, un éclat couleur de rose se répandit lentement sur ses joues blafardes. Ses prunelles d’un bleu cendré étaient paisibles quand elle souriait, mais lorsqu’elle reprenait une expression ordinaire, le romancier, habitué à déchiffrer des prunelles noires, éprouvait une certaine angoisse.
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le_Bisonle_Bison   02 octobre 2012
- J’ai beaucoup bu durant ce voyage. C’est la première fois que je bois autant. Du bordeaux comme du bourgogne. S’agissant de bourgogne, en Côte d’or, tous les crus, Vougeot, Nuits-Saint-Georges, Gevrey-Chambertin… Et chaque fois, je m’arrangeais pour visiter les caves. Je buvais, dès que la griserie était passée je buvais à nouveau, si bien que j’étais dans un nuage dès le matin. J’avais le cerveau imbibé de vin ! Mais comme c’était toujours des crus d’exception, jamais l’ivresse n’a été pénible. Si le vin est bon, on peut boire et manger sans en souffrir. Bien au contraire, on éprouverait une sensation de légèreté. C’est ce que j’ai compris.
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le_Bisonle_Bison   05 octobre 2012
Quant à la Romanée-Conti… Là aussi, j’ai visité le domaine de fond en comble et je n’ai pas été déçu. Le vignoble, les caves aussi. Il n’y a pas une machine. Dans la pénombre, un bonhomme, tout seul, en train de boucher les bouteilles. C’est tout. Coller les étiquettes est la tâche des femmes, mais elles aussi ne sont que deux. Elles sont assises face à face à l’extérieur des caves et travaillent sans bruit. La manufacture primitive. A l’état pur. Le travail manuel, sans mélange. Je dois dire que c’était émouvant. Une vision idyllique. C’est sans doute le cas de dire : Que c’est bon, nom de nom !
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le_Bisonle_Bison   08 octobre 2012
… quand le vin est bon et le repas équilibré, on a beau boire et manger, on n’en souffre pas. Ça n’endort pas, et ça ne soûle pas. […] J’avais l’esprit clair, limpide. C’était donc ça, la sublimation, me suis-je dit. Poussé à l’extrême, l’appétit prend une dimension spirituelle. Une expérience enrichissante.
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charlottedesudermaniecharlottedesudermanie   28 octobre 2013
Une extrême tension apparut sur le visage du serveur. La main s'empara de la bouteille avec fermeté mais en préservant avec le panier un interstice de l'épaisseur d'une feuille de papier. Le goulot se glissa auprès du verre avec la prudence du chat. La bouteille n'allait-elle pas être agitée, le vin troublé, la lie soulevée - pendant tout le temps où le vin était versé, le romancier retint son souffle. Le serveur remplit les deux verres avec douceur, lenteur, en plusieurs fois, et à l'instant où il eut terminé, on l'entendit pousser un petit soupir. C'était fini. La première partie de la cérémonie s'était déroulée sans encombres, la dernière goutte avait été rentrée dans la bouteille sans couler, la lie ne s'était pas non plus échappée. Par-delà les deux verres remplis d'Histoire, les deux hommes échangèrent un regard éperdu avant de se sourire.
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