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EAN : 9782258113374
528 pages
Éditeur : Les Presses De La Cite (20/08/2015)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Johannes se destinait à autre chose qu'à cette vie de villageois à moitié attardé. Son grand-père, déjà, avait quitté Saint-Peter-sur-Anger pour aller étudier la médecine en ville – et plus particulièrement le développement des vers solitaires ! – avant de revenir pour s'y établir comme médecin. C'est lui qui a communiqué à Johannes son goût du savoir et sa passion pour Hérodote, qui font de lui un parfait original dans ce microcosme alpin où lire un livre est consi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  07 mai 2016
Ne nous fions pas au titre (que je n'ai toujours pas compris) mais au sous-titre : tout est là
« Comment un ver solitaire changea le monde »

Prêt pour un itinéraire touristique hors de sentiers battus? Vous ferez alors partie des quelques privilégiés (ou pas) à découvrir un village du type de ceux qui bâillonnent leur barde et sont friands de romains. Sauf que là, vous vous retrouverez au coeur des Alpes sporziennes, en Autriche, précédés uniquement de quelques équipées de montagnards décidés à se faire la face Nord (la face « mort » pour les autochtones) des sommets qui cernent l'endroit. Autant dire que l'enclave est hermétique à tout ce qui se passe dans le vaste monde qu'elle ignore. Jusqu'au jour où Johannes commence à vomir, en même temps qu'Ilse sa femme. Pour Ilse, c'est simple : la descendance s'annonce. Mais ce costaud de Johannes, que lui arrive-t-il donc? Il doit se résoudre à faire venir le « péteux », le médecin qui se déplace quand les villageois ne trouvent pas de solutions locales à leurs problèmes de santé. le diagnostic tombe : c'est un ver solitaire qui s'est installé dans les entrailles du jeune homme. Comme cela s'ajoute à une immobilisation forcée à la suite d'un accident, Johannes s'intéresse au sort de l'hôte indésirable qu'il héberge, et aux moyens de le dégager. C'est le début d'une passion sans concession, qui ira jusqu'à l'exil du jeune homme, décidé à devenir médecin.
Dans une deuxième partie, c'est le petit-fils de Johannes, prénommé à l'identique , qui prend le relais de la narration. Jeune homme doué, un peu « péteux » sur les bords, son avenir sera lui aussi lié à d'inattendus coups du sort.
Gros coup de coeur pour ce Clochemerle, qui aurait été revisité par Michel Folco (pour l'humour noir)! du genre de romans dont on n'a pas une seule fois vérifié la progression des numéros de pages. L'intrigue est originale, le style d'écriture (bravo la traduction d'un patois imaginé par l'auteur) réjouissant, c'est savant sans être pédant, d'ailleurs il est difficile de faire la part de la fiction et de la réalité, et on s'en fiche, il suffit de se laisser guider par le fil des péripéties de ces villageois au fort tempérament.
Déjà traduit dans plusieurs pays, et adaptation ciné en cours, c'est la gloire Vea Kaiser, la toute jeune auteure, dont c'est le premier roman, et on espère pas le dernier!
challenge pavés 2015-2016
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Gwen21
  11 septembre 2015
Reconnaissons tout d'abord à ce roman une audace assez originale. En effet, quel jeune auteur choisit, pour son premier roman, un thème aussi incongru que les vers solitaires ? L'autrichienne Vea Kaiser n'a certes pas cédé à la facilité en choisissant de sortir de l'ombre les habitants du village alpin de Saint-Peter-sur-Anger et on peut légitimement s'interroger sur ses motivations. Pour ma part, je vois en "Blasmusikpop" une sorte d'hommage à son peuple, voire à ses origines.
Cet hommage à un terroir, à des traditions et à un pays, je suis d'ordinaire à même de l'apprécier, d'autant plus que j'ai une affection particulière pour la Bavière et le Tyrol et que je rentre tout juste d'un séjour de dix jours là-bas. Hugo me verrait habillée en dirndl que j'aurais sans nul doute droit à l'un de ses délicats compliments ! Ah, vanité des vanités...
Et pourtant, et pourtant, ce roman plutôt costaud ne m'a pas séduite.
Pourquoi ?
Déjà, pour être tout à fait franche, les vers solitaires et le football (les deux thèmes majeurs du roman ; si vous voulez trouver le lien, rendez visite à votre libraire) n'ont rien pour me plaire. Toutefois, le contexte aurait pu faire digérer ce point sans trop de peine si la narration ne s'était présentée sous la forme d'une chronique de village bien trop détaillée pour être exaltante et n'évitant le piège de la monographie que pour se perdre dans un trop grand foisonnement de personnages secondaires. Que de longueurs ! Le souci du détail qui caractérise la plume estudiantine de Vea Kaiser a souvent eu raison de ma patience et a encouragé une lecture en diagonale à plusieurs reprises, ce qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais.
Malgré la minutie du récit, aucun personnage ne m'a semblé attachant et il en a résulté que je suis restée très en retrait de l'histoire d'un bout à l'autre du roman. De plus, le fait que l'auteur insère dans son chapitrage des extraits d'étude pseudo socio-anthropologico-historique sur les origines de Saint-Peter-sur-Anger achève, de mon point de vue, d'alourdir l'ensemble.
Je salue toutefois la qualité d'écriture très prometteuse de Vea Kaiser et tiens à distinguer le travail remarquable de la traductrice, Corinna Gepner, notamment au niveau des dialogues souvent mâtinés de patois.

Challenge PAVES 2015 - 2016
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ChatDuCheshire
  17 août 2015
***Je remercie Babelio et les éditions Presses de la Cité de m'avoir fait parvenir un exemplaire de ce livre à titre gracieux, dans le cadre d'une opération "masse critique"***
La lecture de ce livre a suscité en moi des sentiments mélangés : admiration, amusement mais aussi une certaine répugnance.
Admiration tout d'abord car il s'agit d'un premier roman, sorti par une auteure de 24 ans. On ne peut que s'émerveiller du style, brillant et drôlatique (chapeau en passant à la traductrice, Corinna Gepner, qui a réussi à traduire les nombreux passages en langue dialectale de manière absolument magistrale, évoquant d'ailleurs de nombreux autres dialectes, cela m'a notamment rappelé le... wallon parlé dans mon village natal) et du sens affûté de l'observation de l'auteure, Vea Kaiser.
Amusement car, j'y ai déjà fait allusion, le livre est très drôle. Une comédie montagnarde, évoquant "Clochemerle" ou "La guerre des boutons" version alpine autrichienne. Le héros principal est le jeune Johannes Irrwein, descendant d'une lignée "d'originaux" à savoir des hommes qui ont, à un moment de leur vie, quitté leur village de Saint-Peter-sur-Anger - depuis toujours isolé du reste du monde - pour s'en aller découvrir le vaste monde et, chose effarante à Saint-Peter, é t u d i e r..., pour finalement revenir au village dans des circonstances diverses. Johannes, féru de culture hellénistique classique, fan d'Hérodote dont il entend reprendre le flambeau d'historiographe, observe les petits et grands travers de ses concitoyens avec tout le sérieux que lui impose la mission dont il s'estime investi. Et lui-même bien sûr de tomber dans tous les travers de l'intello maladroit et quelque peu naïf (bon, lorsque nous quittons ce héros, il n'a encore que 17 ans: il a donc quelques "excuses"). Par un concours de circonstances il va se retrouver à devoir organiser un match de foot, sport abhorré par lui mais vénéré des autres villageois, et cette expérience va, pour faire court, rééquilibrer quelque peu sa vision séparant les "civilisés" (dont il fait partie, bien sûr) et les "barbares des montagnes" (dont il finira par réaliser qu'il fait partie, lui aussi).
Toute personne ayant vécu une enfance dans un petit village isolé, pratiquant un dialecte différant de la langue "standard" et qui, ne fut-ce que parce qu'elle lisait beaucoup, a de bonne heure été considérée comme un(e) original(e) se reconnaîtra au moins un peu dans ce livre, et rira de bon cœur à certains passages...
Bon maintenant il y a le côté négatif, à savoir une certaine répugnance, qui m'a accompagnée tout au long de la lecture de ce livre. Celui-ci révèle que, dans les petits villages isolés des Alpes autrichiennes, rien n'a finalement vraiment changé depuis la nuit des temps. Conservatisme extrême : rappelons que l'Autriche fut le berceau du nazisme, n'a d'ailleurs jamais été dénazéifiée, et que les partis d'extrême droite y réalisent régulièrement des scores étonnants. Patriarcat et sexisme : à Saint-Peter-sur-Anger la seule manière pour les femmes de jouir d'un semblant d'influence sur la chose publique consiste à faire partie de "l'assemblée des mères" - ce qui présuppose d'être mère de famille bien sûr : les femmes non mères n'existent pas - et encore: alors accéderont-elles au suprême pouvoir de décider quelles pâtisseries seront servies à l'occasion des matchs de foot hebdomadaires et autres décisions cruciales du genre. Rappelons que l'écrivaine autrichienne féministe, prix Nobel de littérature, Elfriede Jelinek a régulièrement été menacée de mort et a régulièrement vécu en "exil" en Allemagne, à l'instar d'une foultitude d'intellectuels autrichiens se sentant par trop à "l'étroit" en Autriche (pour d'autres raisons parfois, comme le fait d'être juif). Enfin cette société exsude une sorte de violence sourde s'exprimant notamment dans le cadre familial (le bouquin de Vea Kaiser en fournit des exemples qu'elle choisit toutefois de traiter sur un mode léger, léger, léger...).
Par conséquent le fait qu'une jeune femme de 24 ans sorte un bouquin qui, même s'il n'esquive pas la description des travers des villageois qui en sont les héros, semble finalement faire l'apologie de ces micro-communautés repliées sur elles-mêmes, sexistes et racistes, cela me pose question. Bien sûr le livre comporte une fin consensuelle, laissant entendre que le village s'apprête à s'ouvrir au monde et au "progrès" mais tout ceci semble bien invraisemblable, surtout dans le contexte historique actuel, précisément caractérisé par des replis communautaristes tous azimuts...
NB Je trouve dommage que l'éditeur révèle, en quatrième de couverture, l'un des ressorts principaux de l'intrigue. Heureusement que je n'avais pas lu cette quatrième de couverture avant d'être proche de la fin du bouquin !
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zellereb
  31 août 2015
Je remercie Ies éditions Presses de la Cité ainsi que Babelio pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération masse critique.
Ce livre est un premier roman. C'est une chronique villageoise sympathique et originale. Elle raconte une épopée qui commence avec le ver solitaire de Johannes. Ce dernier vit dans un bourg niché haut dans des montagnes, et nommé Saint Peter sur Anger. Un historiographe donne un aperçu de l'histoire du village par à coups dans le livre et poussera l'érudition jusqu'à très loin. Tout d'abord, on saura que les villageois de Saint Peter sur Anger sont des Barbares, mais non pas dans l'acception de la sauvagerie du terme. Puis on remontera très loin dans le temps et tout sera analysé.
Johannes, tracassé par son ver solitaire, aime passer des heures à la bibliothèque pour approfondir le sujet. Il voudrait devenir médecin, et d'ailleurs, il suffit qu'il soit fraîchement marié, pour qu'il décide de partir vers la capitale afin d'accomplir son destin, en laissant sa jeune épouse plantée là, au milieu du bourg, en lui promettant son retour. Il reviendra, et sa descendance bénéficiera de sa témérité.
J'ai été très surprise du langage dialectal. Je me suis demandée s'il avait été complètement fabriqué en s'inspirant d'un parler régional particulier, et si oui, lequel ? En tous les cas, je l'ai trouvé à la fois drôle, inventif, mais aussi, je dois l'avouer, parfois pesant, et venant ralentir la lecture.... Pesant comme le sont tous les dialectes, je crois.
Les intrigues entre personnages manquent par moment d'ampleur, et c'est inégal. Cependant, la vie de ce village isolé du reste du monde est bien explorée et cette occasion de se pencher sur les aspects de la vie communautaire se fait de manière tendre et drôle. le club de foot est au coeur de l'activité des intérêts communs, certains autres groupes plus petits se forment selon les intérêts. La vie est comme partout, sujette à des cancans, il y a bien-sûr de l'amour, et aussi Internet qui s'infiltre. C'est un joli roman emprunt d'humanisme.
On vit selon les mêmes schémas aussi haut ou aussi bas que l'on soit perchés finalement. "Barbare" évoqué très souvent n'a pas signifié grand chose ici, à mon sens personnel. Nous sommes tous le barbare de quelqu'un d'autre.

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fanfan50
  20 août 2015
Je viens de terminer le gros volume (environ 500 pages) d'une jeune étudiante autrichienne de 24 ans : "Blasmusikpop" en quelques jours seulement car j'avais beaucoup d'impatience d'en connaître la fin.
Eblouie par la prouesse stylistique de l'écrivaine qui reproduit le patois des villageois dans les paroles qu'ils s'échangent entre eux à Saint-Peter ("- Trois, deux, un, aiktcheun' !" page 471) , je suis encore plus troublée par le travail opéré par Corinna Gepner, la traductrice ! Les seuls à se démarquer sont Johannes père et Johannes fils, les deux seuls Saint-Petruciens ayant voulu quitter ce plateau surplombant la vallée de Lenk pour étudier. La jeune fille, Simona Novak, venant d'ailleurs avec son père, architecte, habitant une maison en forme de station de remonte-pente, ne s'exprime pas non plus en patois.
J'ai aimé l'optimisme rayonnant de l'auteure qui raconte tout avec beaucoup d'auto-dérision mais qui donne une explication à tout - même si c'est complètement farfelu. En fait, elle intercale un chapitre racontant la vie du village et un très court chapitre reprenant les notes prises par un historiographe sur les barbares des montagnes et en particulier sur le village de Saint-Peter-sur-Anger. En dernière page nous sera révélé le nom de cet historien qui s'est penché sur l'étude de ce coin reculé d'Autriche - mais on l'a deviné depuis longtemps.
Je pense qu'on pourrait diviser ce livres en deux parties :
(1) Avril 1959 : le mariage de Johannes Gerlitzen et Elisabeth Kaunergrat
Puis la naissance d'Ilse, leur fille. le départ de Johannes pour devenir docteur et son retour l'été 1969. En Octobre 1992, Ilse accouche d'un petit garçon qu'elle prénomme Johannes, comme son père. En Mars 2001, le petit garçon âgé de 8 ans et demi a la douleur de perdre son papy. Grâce au remplaçant du curé du village, le père Tobias, Johannes junior obtient une bourse pour entrer à l'école des religieux de Lenk, dans la vallée. le 1er juin 2010, il est recalé au baccalauréat pour une question d'histoire. Très déçu, il se retire dans son village en attendant de repasser l'examen de repêchage le 6 septembre 2010.
(2) La vie de Johannes au village parmi ses camarades d'enfance. Il se lie d'amitié avec Peppi Gippe, le footballeur vedette de Saint-Peter. Il tombe amoureux de Simona, une jeune fille venue d'ailleurs. Il rêve à elle d'une façon très éthérée mais elle préférerait qu'il doit plus direct. Cela ne se passe pas très bien entre eux mais ce sont des amours de jeunes gens pleines de ruptures et de réconciliations. Tout le village se mobilise pour le match du siècle entre eux et le FC St Pauli de Hambourg. Préparation dudit match, le match a lieu et là, j'ai un peu décroché car le football n'est pas ma passion. Environ 100 pages sur la passion de ce noble sport - je cite page 445 : "Rien ne motive autant un coeur de footballeur que la perspective d'un bon match". N'empêche que j'ai lu jusqu'au bout et la fin fut à la hauteur de mes espérances : une bonne fin.
En conclusion, je crois que ce livre peut plaire à un large public car il foisonne d'idées et il est un bon témoignage sur la vie d'un village autrichien de montagne assez isolé et vivant presque en autarcie.
Je remercie les PRESSES DE LA CITE qui dans le cadre de l'opération "masse critique" de Babelio m'ont fait parvenir cet ouvrage qui fait partie de leur rentrée littéraire. Et je souhaite que Blasmusikpop soit lu par beaucoup d'adolescents car il est riche d'enseignements et plein d'optimisme dans l'avenir.
Nota : Ne pas oublier qu'on est toujours le "barbare des montagnes" de quelqu'un d'autre.
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critiques presse (1)
Lexpress   30 septembre 2015
Un premier roman fantasque et érudit qui retrace l'histoire d'un petit village des Alpes autrichiennes, à travers les trajectoires de deux habitants.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   25 août 2015
A la puberté, les sentiments des jeunes gens sont plus vifs que pendant toutes les autres phases de la vie, nota Johannes Gerlitzen dans son journal médical. Ils sont vécus de manière absolue. Lorsqu'il est la proie d'une ivresse émotionnelle, l'adolescent devient irrationnel, aveugle au passé et au présent, il se laisse envahir par l'intensité de son bouillonnement intérieur, auquel il est livré sans défense. L'amplitude des variations est étonnante : à un moment il exulte, l'instant d'après il est d'une tristesse mortelle. La nature est bien faite, cette phase ne dure pas plus de trois ou autre ans. Ces états émotionnels ne permettent pas de mener une vie sociale normale.
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fanfan50fanfan50   20 août 2015
Le mariage de Johannes et d'Elisabeth ne datait que du mois d'avril, les quatre cent vingt habitants du village avaient festoyé pendant trois jours. La fanfare avait joué, la vieille voiture des pompiers avait été réquisitionnée pour transporter les mariés de l'église à l'auberge, une affluence comme dans les processions organisées pour les grandes fêtes. Les villageois avaient attendu ce mariage pendant treize ans, car Johannes et Elisabeth étaient pour ainsi dire fiancés depuis l'école primaire. Bien avant que Johannes ne prenne l'habitude de rejoindre Elisabeth en passant par sa fenêtre, les vieilles femmes installées sur les marches de l'église parlaient déjà des beaux enfants qu'auraient ces deux-là. Johannes était un peu plus grand que la majorité des hommes du village et de stature athlétique. On sentait bien qu'il ne développerait jamais la bedaine saint-pétrucienne qui débordait de la ceinture de presque tous les hommes à partir de trente ans. Il avait les membres fins, les pommettes saillantes, mais le plus impressionnant, c'étaient ses cheveux, si blonds qu'ils brillaient dans l'obscurité. Les cheveux d'Elisabeth, eux, brillaient sous le soleil. Elle aussi était blonde, mais avec un reflet rougeâtre qui allumait des étincelles dans sa natte mollement nouée. Elle avait une carnation resplendissante de santé, et ce que Johannes aimait le plus chez elle, c'était la vitesse à laquelle ses joues se coloraient de rouge quand elle riait. Elisabeth en était parfois gênée, disant que cela lui donnait l'air d'une écolière. Alors Johannes lui embrassait vite le bout du nez ou le lobe de l'oreille, ce qui accroissait sa rougeur et la faisait glousser avec malice.
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Gwen21Gwen21   24 août 2015
Les crampes débutèrent peu avant la fonte des neiges. Son intestin se tordit pendant seize heures - deux heures de plus que la durée des contractions d'Elisabeth, songea Johannes, aussitôt pris de honte à cette pensée. Lorsqu'il eut enfin sous les yeux [le ver solitaire] dûment nettoyé, quatorze mètres quatre-vingts de longueur et presque aussi large que l'annulaire d'Elisabeth, il rayonna de fierté, comme s'il avait réalisé la première ascension du Grand Sporzer.
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fanfan50fanfan50   20 août 2015
En dehors de ses devoirs de directeur de conscience au sein de la paroisse, le prêtre assurait également le suivi des élèves particulièrement doués. Dans cette tâche il avait succédé au père Jeremias, qui avait pris sa retraite deux ans plus tôt, une fois franchi le cap des quatre-vingts ans, tandis que les novices qui lui avaient donné le surnom de père Job approchaient eux aussi de l'âge de la retraite. Le père Jeremias, qui voyait toujours le mauvais côté des choses, n'avait cessé d'expliquer aux bons élèves à quel point l'avenir du monde était sombre, afin de les encourager à combattre la décadence des moeurs, de la culture et de l'éducation. Au cours des quarante années durant lesquelles il avait eu la responsabilité des classes d'excellence, la plus grande partie des élèves l'avait considéré comme un doux dingue ayant trop lu l'Apocalypse. Cependant, quatre d'entre eux, qui avaient atterri dans son cours trois ans et demi plus tôt, avaient bu ses paroles, s'étaient laissé convaincre que le monde allait effectivement aussi mal qu'il l'affirmait sans relâche, et avaient fondé un club pour le maintien de la culture classique européenne : le club Digamma.
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KittiwakeKittiwake   07 mai 2016
Dis donc, porquoi qu'tu parles comme a péteux?
-Je ne parle pas comme un péteux, je parle comme un chercheur ;
- Mé t'es pas a cherchieur, t'es a saint-Pétrossien, donc parle normal'ment
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Videos de Vea Kaiser (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vea Kaiser
Vea Kaiser parle de sa passion pour L Histoire et pour Hérodote, très présents dans son premier roman, "Blasmusikpop", ou le roman qui raconte comment un ver solitaire changea le monde... Découvrez "Blasmusikpop" de Vea Kaiser sur http://bit.ly/1GrULMH Lire le premier chapitre en ligne : http://bit.ly/1L1AteX
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