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ISBN : 2330050062
Éditeur : Actes Sud (01/04/2015)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Février 1985, Tokyo, une jeune femme court dans les rues, un bébé dans les bras, qu'elle vient de kidnapper, sans préméditation. Elle court, l'enfant ne pleure pas, la scène n'est pas alarmante, une mère semble en retard quelque part dans la ville. Deux années de cavale s'ouvrent ce jour-là, deux années de fuite et d'effacement. Une relation fascinante entre une femme et un bébé que la peur et l'instabilité ne fragilisent pas.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  01 avril 2019
Après s'être assurée que ce matin-là le père est en route pour son travail et que la mère s'est momentanément absentée, une jeune femme, Kiwako pénètre dans leur maison et après avoir vu leur bébé, prise d'une pulsion, s'en empare et s'enfuit. Commence alors pour elle et la petite qu'elle appelle Kaoru, une cavale dans un Japon à la marge, dans lequel il est plus aisé de se fondre.
Dès les premières pages on sent la fragilité et les réactions imprévisibles de la jeune femme, Mitsuyo Kakuta nous embarque d'abord dans cette fuite au gré des idées changeantes ou de la crainte de la jeune femme d'être reconnue et arrêtée. Attentionnée, débordante de tendresse envers Kaoru, et le temps de sa cavale, elle évoque les évènements qui l'ont conduit à un tel acte... Vingt ans ont passé, c'est maintenant la fille qui raconte son histoire...
La cigale du huitième jour est est un road trip envoûtant, une construction originale à deux voix mais surtout à deux rythmes, celle de la cavale de Kiwako, frénétique, toujours dans l'instant et dans l'instinct, et celle de d'Erina surtout son introspection sur ses premières années - quand elle était Kaoru - et sa construction dans une famille dysfonctionnelle.
Mitsuyo Kakuta soulève une quantité de questionnements sur l'instinct et l'amour maternel, sur la parentalité, la construction affective, le regard de la société sur la victime, la transmission des valeurs familiales, la manipulation mentale.
Une première découverte de l'univers de Mitsuyo Kakuta qui me donne envie de découvrir ses autres romans.
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spleen
  12 mars 2016
Délaissée par son amant, Kiwako se retrouve seule, après avoir accepté d' interrompre sa grossesse .
Lorsqu'elle apprend que cet homme a eu un enfant, elle pénètre dans son appartement et prend dans ses bras le bébé qui pleure : débute alors une cavale qui va durer trois ans avec cette petite fille qu'elle va prénommer Kaoru et bien sûr faire passer pour son enfant avec en permanence l'angoisse d'être démasquée.
De rencontres hasardeuses et de petits boulots en fuites à répétition, elle arrive à créer pour cet enfant une bulle d'amour et un semblant de famille et pense se mettre à l'abri en rentrant dans une sorte de secte baptisée Angel home qui n'accepte en fait que les femmes et les enfants .
Fin de l'aventure au bout de trois années où lors d'une ultime fuite, elle est arrêtée et la petite fille rendue à sa famille .
La seconde partie du roman se déroule quelques vingt ans plus tard, racontée par Kaoru redevenue Erina , et nous apprenons ce qui s'est passé au moment de l'arrestation lorsqu'une ancienne camarade d 'Angel Home retrouve Kaoru .
Comme souvent avec la littérature japonaise, on est transporté dans une ambiance particulière : mélange de coutumes ancestrales et de moeurs modernes qui sont souvent antagonistes, de sentiments toujours exprimés avec retenue avec une beauté de l'écriture , légère comme le souffle d'une petite brise sur les fleurs de cerisiers .
Quant à l'histoire de la cigale , il faut la découvrir par soi-même en lisant ce livre et méditer sur la signification de ce fameux huitième jour ...
Ce roman aborde des thèmes sensibles entre maternité et perte de l'enfant que ce soit la décision d'un avortement ou un enlèvement d'enfant et mon coeur paradoxalement ( mais c'est ce que voulait sans doute l'auteur ) s'est plus porté vers la ravisseuse que vers la mère biologique, même si l'acte du rapt du bébé est odieux, on lui trouve des excuses et on tremble avec elle lorsque elle croit être démasquée : les liens d'amour les plus forts ne sont forcement ceux du sang.
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LucileMM
  10 septembre 2016
Joli coup de coeur pour ce roman qui ne ressemble à aucun autre.
Le livre s'ouvre sur un kidnapping. Sans l'avoir le moins du monde prémédité, Kiwako s'enfuit avec le bébé que son ex-amant vient d'avoir avec son épouse légitime.
Dans cette fuite improvisée, la jeune femme abandonne tout derrière elle car très vite, seul l'enfant compte.
Mitsuyo Kakuta dépeint avec sensibilité le lien qui se tisse dans un environnement forcément menaçant et égrène les indices sur le pourquoi du geste de Kiwako.
Jusqu'au bout, le récit réussit le tour de force de faire cohabiter la noirceur et la tension avec une sérénité qui surgit là où on ne l'attend pas.
Une très belle lecture !
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ChtiSuisse
  29 août 2017
Un roman touchant, tout en retenue sur la profonde difficulté d'être mère célibataire et en particulier au Japon. le propos ne se limite pas à cet aspect. Il parle de la difficulté de se construire, des relations toxiques.On en rencontre de toute sorte : la lâcheté (très bien illustrée du côté masculin), la manipulation, la pression du conformisme, l'incompréhension, l'indifférence, le rejet.
Les deux narrateurs de ce roman en deux parties jettent un regard dénué de haine sur une société.
Deux destins qui essayent de construire quelque chose.
Mais comment construire dans une société qui ne laisse aucune place aux enfants hors mariage et même aux femmes sans mariage ou mari ?
Mon résumé semble assez noir, non ? Cette lecture serait en effet difficile sans un style fluide, baigné de lumière, de poésie (la poésie d'un quotidien rendu trop simple) et roman japonais oblige tout en retenue. On ne crie pas sa vie, ses sentiments à la face de l'autre. On garde pour soi dans une société qui laisse peu de place à un autre chemin de vie.
Lien : https://travels-notes.blogsp..
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kathel
  01 juillet 2016
Une toute jeune femme, Kiwako, accomplit un jour un geste fou et irréfléchi qui ne lui ressemble pas, elle enlève le bébé de son amant et prend la fuite avec cette toute petite fille qu'elle appelle Kaoru. Réfugiée tout d'abord chez une amie à qui elle ne raconte que partiellement la vérité, elle se lance sous une fausse identité dans une errance à travers le Japon qui la mènera d'abord dans une étrange communauté, puis sur une île. Progressivement on comprend les raisons de son geste, petit à petit naît un attachement très fort entre Kiwako et Kaoru. Aux deux-tiers du livre intervient un changement de point de vue, vingt ans après la première partie, qui relance complètement l'histoire en lui donnant un nouveau suspense. le duo formé par la petite fille et sa « mère » fonctionne très bien, on y croit vraiment, et on a envie qu'elles restent ensemble. Cette histoire est tellement bien racontée qu'elle réussit à faire ressentir davantage d'empathie pour la ravisseuse que pour les parents de la petite Kaoru.
J'ai trouvé très touchant ce roman sur la fuite, sur la création du lien maternel, sur la culpabilité et la rédemption, roman qui fait du bien à sa manière, sans mièvrerie aucune. Les chapitres où l'on voit de l'intérieur une sorte de secte, l'un des endroits où Kiwako s'est réfugiée, sont très intéressants pour comprendre comment les personnes qui dirigent ce genre de lieu peuvent tirer partie des faiblesses de femmes déboussolées… de femmes dans ce cas, mais pas uniquement, bien sûr.
L'ensemble est bien construit, la traduction rend bien la subtilité de l'écriture, l'évocation des lieux et des personnes permet un dépaysement complet en même temps qu'une belle palette d'émotions. C'est tout ce que je demande à un roman, et quand c'est réussi, je ne peux qu'applaudir !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   21 mars 2019
Il y avait des vêtements de créateurs à toutes les pages, et j'ai trouvé cela étrange. Deux ans auparavant, je lisais ce genre de magazine avec attention, notant les prix, réfléchissant aux façons de coordonner mes vêtements et j'attendais mon salaire avec impatience. J'étais quelqu'un d'autre.
Maintenant tout cet étalage de mode me faisait le même effet que les chansons de Cindy Lauper diffusées à fond dans le salon de coiffure, ce n'était rien d'autre qu'une pollution.
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MimekoMimeko   01 avril 2019
Dehors, tout était coloré et scintillant, je me suis demandé si ce n'était pas la fin du monde. Je ne pouvais pas comprendre qu'il s'agissait des flashes des appareils photo. La personne qui me portait a plaqué mon visage sur sa poitrine. J'avais du mal à respirer et lorsque j'ai tourné la tête sur le côté, une immense foule d'inconnus me visait avec des objectifs. Un frisson m'a parcourue, j'avais la chair de poule. Je me retenais de toutes mes forces pour ne pas hurler.
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ChtiSuisseChtiSuisse   27 août 2017
Les gens qu’on voit tous les jours, ils ont l’air d’être là sans vraiment y être, tu ne crois pas ? Je rencontre toujours les mêmes gens à la fac mais je ne vois pas la différence avec ceux que je vois dans le métro. C’est rare de rencontrer quelqu’un, de lui parler, de rire ensemble, de lui poser des questions… Pour moi, c’est comme ça depuis toujours. Donc quand je vois Kishida chaque semaine, Kishida c’est l’homme taciturne dont on parlait tout à l’heure, je me sens rassurée. Ça me confirme que chaque semaine je suis la même.
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MimekoMimeko   31 mars 2019
Pour échapper à l'atmosphère lourde de cette maison pleine de tabous, semblable à un champ de mines, aux souvenirs amers, au silence de mon père et à l'instabilité de ma mère, la seule solution était que je m'extraie de moi-même de cet endroit.
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MimekoMimeko   28 mars 2019
A partir d’aujourd’hui, je vais tout te donner. Tout ce que te t'ai volé, je vais te le rendre. La mer et la montagne, les fleurs au printemps et la neige en hiver. Les éléphants gigantesques et le chien qui attend son maître indéfiniment. Les contes qui finissent mal et la musique si belle qui nous arrache des soupirs.
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Video de Mitsuyo Kakuta (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mitsuyo Kakuta

MP 2014-09-11-335-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Mitsuyo Kakuta - La Maison dans l'arbre.
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