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EAN : 9782226441416
384 pages
Éditeur : Albin Michel (02/01/2020)
3.8/5   23 notes
Résumé :
« C'est Mauthausen qui m'a défini comme homme, je suis encore un homme du camp. »

Iakovos Kambanellis (1922-2011), écrivain, dramaturge, et souvent considéré comme le père du théâtre grec contemporain, a été déporté à Mauthausen de 1943 à 1945. Le récit de ses années de camp et des mois qui ont suivi sa libération en mai 1945 par les Américains est paru en Grèce en 1963, la même année que La Trêve de Primo Levi en Italie et Le Grand Voyage de Jorge ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Annette55
  18 avril 2020
«  le souvenir ne demeure que lorsque le présent l'éclaire . »
«  Jeunes filles d'Auschwitz
Jeunes filles de Dachau
N'avez- vous pas vu ma bien- aimée?
«  Nous l'avons vue sur la place glaciale
Avec un numéro sur son bras blanc
Avec une étoile jaune sur le coeur.
«  Comme elle est belle , ma bien-aimée
Celle qui était cajolée par sa mère
Et par les baisers de son frère .
Personne ne savait qu'elle était si belle . »
.(poème dont les paroles ont été écrites par l'auteur pour le compositeur Mikis Theodorakis en 1965 )
Deux extraits de ce récit des années de camp de Ionos Kambanellis ,——grec ,déporté de 1943 à 1945 à Mauthausen, ——et des mois qui ont suivi sa libération en mai 1945 par les Américains.
Il est paru en Grèce en 1963 ,la même année que « La trêve »de Primo Levi, en Italie et « Le grand voyage » de Jorge Semprun en France ( livres déjà lus) .
En Grèce , l'auteur est un écrivain , dramaturge .
Il est considéré souvent comme le père du théâtre contemporain grec.
«  C'est Mauthausen qui m'a défini comme homme, je suis encore un homme du camp. » disait - il 60 ans après en2005....
Écrit dans une langue simple, vivante, directe, Mauthausen entrecroise la libération du camp et le temps de la captivité .
Mêlant grotesque et absurde l'auteur laisse une grande place à la parole des autres, il dit souvent «  Nous ».
D'une façon incroyablement réaliste ce qui donne des scènes à la limite du soutenable, nous sommes confrontés —-nous lecteurs —-à une réalité si effroyable qu'elle dépasse notre imagination——-on hésite à continuer mais on le fait car le ton juste et saisissant , souvent imprégné d'humanisme, d'humour très amer nous laisse une intense impression de vie, exprime en toute sincérité une expérience douloureuse aux limites de l'indicible., surtout dans la première partie.
Exécutions sommaires à coups de hache, de massues, de couteaux, détails insupportables, horreurs et cruauté , chasses à l'homme, monstres, abominables, raffinements hallucinants des souffrances endurées , inhumanité , logique infernale des SS, criminels sadiques et lâches mêlant le malheur et la folie furieuse , l'auteur traduit autant son expérience personnelle, que celle de ses codétenus .
Ressort de cette narration précise un tableau hallucinant alternant souffrances endurées et libération dans le chaos d'un monde disloqué , incohérent, où tout est joie, espoir et stupéfaction d'être encore en vie , de réapprendre simplement à vivre ....
Ce récit réédité en janvier 2020, résonne en nous comme un chant de résistance et de vie providentiel.
Ce texte traduit aussi en reconstituant l'une des pages les plus sinistres de l'Histoire européenne , la contribution de la voix d'un pays—la Grèce —- qui a payé un lourd tribut au fléau de la deuxième guerre mondiale.
Traduit du grec par Solange Festal- Livanis qui avait décidé de rédiger sa thèse sur l'auteur dont elle est devenue la meilleure spécialiste .
Comme j'avais lu «  Aucun de nous ne reviendra » de Charlotte Delbo, «  C'est en hiver que les jours rallongent «  de Joseph Bialot, la trilogie d'Imre Kertesz, «  Refus de témoigner » de Ruth Klüger, « Si c'est un homme » de P. Levi , j'ai acheté cette réédition qui a reçu le Prix du livre Étranger 2020.
Cet auteur m'était inconnu.
Dernière phrase:«  Je voyais de plus en plus trouble, impossible de lire un mot. J'ai fermé les yeux, je me suis penché en arrière , et je me suis mis à penser qu'on était en août , en 1945, et qu'une nouvelle époque COMMENÇAIT'.... »
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Baldrico
  05 mars 2020
Au début des années 1960, le dramaturge Iakovos Kambanellis, né sur l'île de Naxos en Grèce en 1922, revient sur sa déportation au camp de concentration de Mauthausen, en Autriche près de Linz. C'est le moment du développement de la littérature à propos des camps nazis: Primo Levi, Jorge Semprun, Jean Améry. C'est aussi l'époque du procès de Francfort. L'auteur apporte un point de vue original sur l'enfer des camps: il écrit sur le camp après le camp, c'est-à-dire sur la vie du camp de Mauthausen après sa libération par les troupes américaines en mai 1945. Il a en effet été désigné (à 23 ans) comme responsable de l'organisation du retour des déportés grecs. Il est allé au-delà de cette mission puisqu'il est resté jusqu'au départ des juifs grecs au début du mois d'août. Départ clandestin, les Anglais interdisant l'entrée de réfugiés juifs en Palestine. Kambanellis évoque donc les sentiments contrastés et violents des détenus et des détenues après la libération du camp: les fantasmes de la liberté retrouvée, l'immense espoir d'un monde nouveau, les certitudes petit-à-petit remises en cause, la haine envers les gardiens et les villageois autrichiens, les relations amoureuses. Ces sentiments prennent du sens à l'évocation d'épisodes du "fonctionnement" du camp entre 1943 et 1945, la cruauté, l'horreur: un sur neuf a survécu. le récit est donc un entrelacement d'épisodes de la vie du camp avant et après sa libération.
Une autre originalité est le point de vue des déportés grecs, leur histoire étant sans doute moins connue que celle des déportés d'autres nations.
Le style est simple et sincère. le livre se lit facilement malgré quelques passages difficilement soutenables. Kambanellis ne se pose pas la question de l'indicible dans l'expérience concentrationnaire, il ne soulève pas de grandes questions théoriques, il écrit ce qu'il pense pouvoir transmettre au nom des huit autres qui n'ont pas survécu. Et tel quel c'est un récit attachant et à hauteur d'homme.
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Catherinedenanc
  28 juillet 2020
C'est un récit très vivant paradoxalement, écrit à partir de notes prises dès la libération du camp puis de nombreuses pages écrites pendant l'hiver 45-46 tirés de récits faits à ses proches. Son livre paraît la même année qu'en Italie La trêve de Primo Lévy, le Grand voyage de Jorge Semprun en France et Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Ecrit dans une langue vivante et non dénuée d'humour, Mauthausen a de nombreux points communs avec d'autres textes de « littérature concentrationnaire » mais l'auteur a choisi d'entremêler la vie du camp en activité et la vie du camp à partir de sa libération le 5 mai 1945. Malgré son jeune âge, 23 ans, il a été désigné par ses compatriotes pour les représenter auprès des américains. Une autre particularité de son écriture, c'est la parole laissée aux autres camarades. Une écriture du « nous » que l'on retrouve chez David Rousset dans Les jours de notre mort.
La grande place donnée à la vie du camp tenue par les américains durant les 3 mois qui ont suivi la libération du camp de Mauthausen, m'a particulièrement intéressée. Je n'avais jamais lu de récit sur les jours et les mois d'après, vécus par un prisonnier… Mon père ne s'appesantissait pas avec nous, ses enfants, sur les horreurs vécues et vues durant sa détention dans les camps de concentration dont le principal, Mauthausen, il se rappelait fort bien les derniers jours avant l'arrivée des américains, Il était très affaibli par la dysenterie et les différentes affections causées par la malnutrition, il ne pouvait plus parler ni se mouvoir et a été très rapidement envoyé dans une « clinique » il n'a jamais su où, durant 2 mois et demi pour se retaper un minimum.
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Ornitho92
  30 mars 2020
Ce livre est le témoignage d'un déporté grec survivant du camp de Mauthausen. Il n'y a pas de contenu philosophique, sociologique comme dans l'ouvrage de «Primo Levi ». Cette ouvrage est intéressant car il décrit la vie dans le camp avec des scènes difficilement soutenables mais surtout après la libération. Cet aspect n'a jamais été traité, il montre les relations avec les habitants et les difficultés d'évacuation du camp. de ce fait c'est un document primordial sur l'organisation de l'évacuation du camp avec l'aspect complexe des déportés juifs voulant rejoindre l'état d'Israel en cous de construction.
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Isid0re
  22 avril 2020
Exercice toujours difficile que de porter un jugement sur un tel livre et un tel sujet. I. Kambanellis parvient dans son livre à trouver le point d'équilibre entre horreur, écoeurement, abomination, espoir et même humour..., tout en n'ayant pas besoin de recourir à de longues descriptions pénibles des sévices imaginés par leurs bourreaux. Il navigue alternativement entre le moment de la libération de Mathausen et sa période de détention entre 1943 et mai 1945. Il décrit très bien la difficulté du retour à la vie et de la curieuse difficulté de quitter Mathausen. C'est écrit simplement ( peut-être trop simplement avec un certain manque de style ) factuellement et avec réalisme. Mais malheureusement, cela manque de souffle, de profondeur et n'atteint pas la puissance philosophique du livre de P. Levi.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Annette55Annette55   16 avril 2020
«  Mon numéro à Mauthausen était le 10205.
Je ne l’ai pas retiré, et je ne le retirerai jamais.
Jusqu’au 5 mai, ces numéros étaient des marques du fascisme, de l’esclavage, de la mort.
Maintenant, il faut qu’ils deviennent les marques de notre résistance à tout cela.
Il faut qu’ils deviennent des Symboles de Démocratie, de Paix, de Liberté , de Vie ».....
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Annette55Annette55   17 avril 2020
«  Le Polonais Marian Bogusz disait: «  les SS sont des criminels sélectionnés, mais des criminels sélectionnés pour leur couardise, leur bêtise crasse, leur folie furieuse.....
Il n’y a que des criminels lâches pour pouvoir être si pervers » ....
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Annette55Annette55   14 avril 2020
C’est Mauthausen qui m’a défini comme homme.
Je suis encore un homme du camp. »


Iakovos Kambanellis en 1963.Récit Traduit du grec par Solange Festal- Livanis .
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Annette55Annette55   15 avril 2020
«  À l’avenir, quand vous tournerez les yeux vers le ciel allemand pour regarder des avions de ces Juifs d’Anglais et de ces Juifs d’Américains , n’oubliez - pas que tout finit ici - bas!

«  Tous vos espoirs,«  sales chiens de l’Europe », seront transportés sur ces charrettes ..... nous avait dit le commandant en chef Bachmayer ,venu à l’appel.
«  Il s’était mis entre deux grandes charrettes à bras du crématorium , chargées des corps , passées lentement devant nous... arrêtées au milieu de la place. » .....
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Annette55Annette55   15 avril 2020
«  Montre- moi le chemin pour la maison,
Sur la terre, sur la mer, et sur les vagues,
Moi, je dis toujours la même chanson.
Montre- moi le chemin pour la maison.... »

( Vieille chanson populaire datant de 1925, communément chantée en Angleterre, en Irlande et Amérique du Nord....) .
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