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Critique de Chri


Chri
  31 octobre 2016
Vendue pour un sac de riz comme apprentie Geisha,
c'est ainsi que la vie de Tsuru semble se terminer mais elle prévient tous ceux qui seraient tenté de s'apitoyer sur son sort.
Sa patronne elle-même se demande « ce que représente la vie pour une gamine comme elle ».
C'est justement ce que Tsuru va montrer dans ce manga.

Gamine, elle s'applique naturellement avec le plus grand sérieux à son apprentissage des arts d'agrément. C'est une tradition importante au Japon et je me souviens de la douceur subite ressentie un jour à Kyoto alors que l'aubergiste nous adressait un salut très appuyé se terminant la tête contre le tatami.

En grandissant, la jeune apprentie s'approche du jour du premier lit, et tout cet apprentissage ne semble alors plus autre chose qu'un long prélude à une vie de prostituée. C'est pourtant en excellant dans ces arts d'agréments que Tsuru échappe à l'abattage. D'ailleurs sa patronne s'en frotte les mains car elle pourra être vendue plus chère à un seul protecteur.

Dans cet univers de soumission presque totale, Tsuru trouve les infimes espaces de liberté et les vit à fond tout simplement. Ce sont des rencontres, avec l'apprenti acteur, l'étudiant tireur de pousse-pousse, le pêcheur, et c'est l'amour que réclame tout son être.

Geisha accomplie, sa voix « douce et poignante » s'élève contre ceux qui tendent à s'apitoyer, ceux qui sombrent dans la tristesse ou dans la violence - une voix qui prend une résonnance particulière dans cette période où le Japon est déjà en guerre en Mandchourie et rentre tout juste dans la 2ième guerre mondiale.
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