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EAN : 9782702140321
258 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (23/09/2009)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 36 notes)
Résumé :
« Rester éveillé. Le plus longtemps possible. Lutter contre le sommeil. Le calcul est simple. En une heure, je fabrique trente faux papiers. Si je dors une heure, trente personnes mourront... » Quand, à 17 ans, Adolfo Kaminsky devient l'expert en faux papiers de la Résistance à Paris, il ne sait pas encore qu'il est pris dans un engrenage infernal, dans une course contre la montre, contre la mort, où chaque minute a la valeur d'une vie. Durant trente ans, il exécute... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Tricia12
  02 octobre 2014
Sarah Kaminsky relate dans ce livre témoignage la vie «clandestine» qu'a vécue son père dès l'âge de 17 ans et une trentaine d'années durant.
Adolfo Kaminsky, juif né en Argentine dont les parents étaient d'origine russe va commencer par faire des faux-papiers pour la Résistance, sa formation de teinturier et son goût pour la chimie lui ayant permis d'acquérir une expertise pour effacer les taches d'encre (le fameux «effaceur» d'encre bleue, c'est lui!).
Après la guerre, ses convictions l'entrainent à poursuivre, toujours gratuitement (il ne veut pas être «mercenaire»), les causes légitimes à servir ne manquant pas: les juifs au départ de la Palestine avant la création d'Israël, les algériens pendant la guerre de décolonisation, les victimes de l'Apartheid en Afrique du sud, les «déserteurs» de la guerre du Vietnam, les victimes de Franco en Espagne, de la dictature portugaise ou de celles d' Amérique du sud...
Le témoignage de Sarah Kaminsky écrit à la première personne du singulier (et cela n'a rien de gênant car l'intéressé semble «répondre» à sa fille et il a eu la possibilité de relire le récit) permet de transmettre l'espèce «d'urgence» dans laquelle cet homme a vécu et les sacrifices personnels nécessaires qui ont du être faits. En réalité, aucune vie privée n'a été vraiment possible avant qu'il n'arrête cette vie de faussaire (même si il a eu deux autres enfants, de trois décennies plus âgés que Sarah Kaminsky, qui ont très peu vu leur père) car ils ne pouvait révéler à personne cette «double-vie».
On comprend l'admiration légitime de l'auteure pour son père mais je suis un peu étonnée, concernant son activité après-guerre, qu'il n'y ait aucun bémol : les engagements défendus sont toujours justes et toute son activité n'a servi uniquement que la bonne cause...
Reste que c'est un incroyable exemple de «résistance» et d'humanité doublé d'un hommage émouvant d'une fille à son père.
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seb_ply
  28 février 2019
"Me payer pour ce que je fais ? Jamais."
Bon alors autant le dire tout de suite, ce petit bouquin, je l'attendais avec impatience tout comme sa lecture. le risque dans ces cas-là, c'est d'être déçu. Loupé. J'ai été soufflé par cette vie. Cette vie de faussaire qui traverse les conflits. Un faussaire qui se raconte dans ce livre par le prisme de sa fille Sarah Kaminsky. Un récit de vie où le sens des luttes, de la guerre, de la famille se retrouve à graviter autour de la vie d'un jeune faussaire en devenir.
Adolfo est confronté très tôt à la violence des hommes, car il est juif et adolescent durant la Seconde Guerre mondiale. Et très tôt, il questionne les raisons d'agir de son entourage, des membres de son village, des Allemands qui occupent la France, les raisons d'un premier conflit qui dure (la Seconde Guerre mondiale) et les moyens de participer à la fin de ce dernier. Pourquoi les déportations, pourquoi les stigmatisations, le jeune Adolfo reçoit ces questions de plein fouet alors qu'il est encore très jeune. Il croisera par la suite d'autres conflits pour lesquels il s'engagera.
Le reste des événements pour le jeune Adolfo va finir par s'enchaîner et est parfaitement résumé dans le titre : « Une vie de faussaire ». Et quelle vie. Ce serait dommage de livrer les débuts du personnage en tant que faussaire tout comme le contexte dans lequel il a grandi, mais ce que je peux vous dire, c'est que cet homme a fait très rapidement preuve d'une singulière maturité et a dépassé précocement ses questionnements d'enfant. La souffrance sous toutes ses formes qu'il va rencontrer à travers la Seconde Guerre mondiale va finir par agir comme un déclencheur. Un désir précoce de résistance émerge et on le voit naître ligne après ligne dans ce récit de vie. Ce désir est très bien restitué par sa fille, Sarah Kaminsky. Voici un extrait du résumé du livre, pour entrapercevoir le rôle du faussaire.
« Quand, à 17 ans, Adolfo Kaminsky devient l'expert en faux papiers de la Résistance à Paris, il ne sait pas encore qu'il est pris dans un engrenage infernal, dans une course contre la montre, contre la mort, où chaque minute a la valeur d'une vie. Durant trente ans, il exécutera ce méticuleux travail de faussaire pour de nombreuses causes, mais jamais pour son propre intérêt. »
« Jamais pour son propre intérêt », tout y est.
C'est aussi pour cette raison que cette biographie écrite par sa fille m'a autant touchée. Il y a quelque chose d'ultra sincère et en même temps de très humble dans le récit du père à sa fille (les questions de sa fille autrice, apparaissent ponctuellement dans le livre). Un récit aussi destiné à la mère de Sarah, Leïla (le livre lui est dédicacé en début d'ouvrage). C'est une grande aventure humaine mais c'est aussi une grande aventure familiale en sous-texte.
On distingue petit à petit dans ce récit la vie d'un homme qui parfois se perd, parfois prend le dessus face aux grandes luttes, aux grands conflits rencontrés. Ces deniers le dépassent souvent et pourtant, Adolfo cherchera une très grande partie de sa vie à avoir une prise sur eux, à s'engager contre ces conflits. À résister à cette violence. À y regarder de plus près, on voit aussi apparaître la vie d'un homme qui questionne le sens à donner à une vie de famille. Quel sens peut avoir cette vie de famille en parallèle à ces luttes qui paraissent au premier abord essentielles ? Que faire passer avant ? Les dilemmes sont nombreux, mais jamais tranchés. C'est une des grandes forces du personnage , mettre en perspective ses actes sans trancher systématiquement et ne jamais renier ses valeurs pour autant. Même si il faut remettre ces valeurs sur la table pour les sous-peser. Rien n'est acquis et la résistance du faussaire est exemplaire, elle est teintée d'un courage (un courage hors norme, vous le découvrirez), mais surtout elle est teintée de justesse dans tous les actes d'Adolfo Kaminsky.
Je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de ce livre. Un grand témoignage pour ma part, qui va résonner longtemps.
Lien : https://entrelacraieetlestyl..
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mamansand72
  12 mars 2014
Sarah Kaminsky nous raconte la vie de son père, faussaire de génie. On découvre comment il a commencé, par le hasard des rencontres qui font une vie, pendant la Résistance. On comprend pourquoi et comment il a continué, quels ont été ses doutes et ses motivations.
J'ai beaucoup apprécié cette biographie, le ton très vivant, dynamique et rythmé : on ne s'ennuie jamais en découvrant le déroulement de cette carrière de faussaire. C'est un univers assez fascinant que j'ai découvert avec beaucoup de plaisir grâce à ce livre. le paradoxe entre les convictions morales et éthiques justes et l'illégalité des actions entreprises ressort en permanence et entraîne le lecteur à admirer le personnage courageux et « de parole » qu'est Adolfo Kaminsky. le livre est prenant, on s'attache et s'identifie au faussaire….cette vie aurait pu être un roman !
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Marquilou
  26 mars 2021
Cet homme, Adolfo Kaminski est fascinant, par ce qu'il fait bien sur, mais surtout, pour moi, par ce qu'il est : sa générosité, sa grandeur désintéressée, sa bienveillance si juste, sa tendresse bénévole. Entier et humain. Ses actions et sa vision de l'humanité alignés. Ca m'a renvoyé à mes rêves d'enfant que j'ai parfois (souvent ?) mis de côté. Lui il les met en pratique, il les vit... au risque de sa vie. Et du coup ce ne sont plus des rêves mais un engagement qui vient du coeur et sauve des vies, des personnes qu'il ne connait même pas. Humain, très humain.
En ce moment, c'est bon de reconnaitre que c'est possible de ne pas baisser les bras, de voir ce je peux faire, où mettre mes pas. Je recommande vivement pour se faire du bien.
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metery26
  06 juillet 2015
Je m'attendais à une lecture ayant pour thème la deuxième guerre mondiale, malheureusement le thème de la deuxième guerre est conté dans la première partie du livre seulement. Pour la deuxième partie mon intérêt était léger. Les conflits qu'on y traitait m'était inconnu et je m'y suis sentie légèrement perdue. Malgré tout je ne regrette pas cette lecture qui m'a fait connaître le monde des faussaires en temps de guerre.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   06 février 2019
Imaginez : l’histoire d’un expert en faux papiers pendant la Résistance et qui continuera son travail de faussaire après la Libération en aidant les rescapés des camps, les combattants du FLN, les révolutionnaires d’Amérique du Sud, les opposants aux dictateurs d’Espagne, du Portugal et de Grèce, tout cela raconté par sa fille qui a recueilli ses propos pour mieux connaître qui fut son père.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   19 janvier 2016
Lui plaire m’a donné l’impulsion d’envisager un autre futur. Soudain, alors que je n’y avais jamais pensé auparavant, j’ai eu ce désir fou de tout reprendre à zéro. J’avais conscience d’avoir eu une chance inouïe d’avoir échappé à la prison, à la mort. J’ai fait le bilan. Après tout, clandestin, caché, homme de l’ombre, n’avais-je pas passé suffisamment d’années à offrir la vie ou la liberté à d’autres sans jamais me préoccuper de la mienne ?
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rkhettaouirkhettaoui   19 janvier 2016
Dans mon souvenir, pour moi, la guerre commence là, même si le discours officiel mensonger s’évertuait à la cacher : s’il n’y avait pas de guerre, pourquoi y renvoyer les jeunes ? J’étais solidaire des manifestants rappelés, parce que j’avais déjà l’intime conviction que la France envoyait ses enfants à l’abattoir.
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mamansand72mamansand72   12 mars 2014
« Reprendre mes activités de faussaire n’a pas été une décision facile. Je me suis souvenu de mon premier faux. Le bien-fondé de mon action était alors incontestable. Transgresser la loi, il le fallait. Mais n’avais-je pas ainsi basculé sans retour dans l’illégalité ? J’avais toujours veillé à ce que mon savoir et mes techniques ne servent que des causes légitimes. J’avais toujours veillé à ne jamais transiger avec mon sens de l’éthique et de la moralité. »
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rkhettaouirkhettaoui   19 janvier 2016
La fabrication de faux papiers est une opération minutieuse. Un véritable travail d’orfèvre. Plus que toute autre chose, je redoute l’erreur technique, la petite faute, l’infime détail qui aurait pu m’échapper. La moindre seconde d’inattention peut s’avérer fatale, et de chaque papier dépend la vie ou la mort d’un être humain. Je contrôle et recontrôle chaque planche de papier. Elles sont parfaites. Mais j’ai encore un doute. Je les contrôle à nouveau. Je ne ressens plus aucune tension. Pire, je pique littéralement du nez. Je me relève énergiquement pour me réveiller, fais trois pas, m’inflige une série de gifles. Puis me rassieds. Une heure, trente vies ! Je n’ai pas le droit de flancher. Je cligne et plisse les yeux pour retrouver une vision plus nette
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rkhettaouirkhettaoui   19 janvier 2016
En 1944, j’ai compris que la liberté pouvait se gagner par la détermination et la bravoure d’une poignée d’hommes. L’illégalité, tant qu’elle ne bafouait ni l’honneur ni les valeurs humanistes, était un moyen sérieux et efficace à envisager.
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Video de Sarah Kaminsky (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sarah Kaminsky
Sarah Kaminsky raconte la vie de son père, faussaire pendant et après la Seconde Guerre Mondiale. Enregistré à TEDx PARIS le 30 Janvier 2010.
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