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Critique de PoisonLady


PoisonLady
  16 octobre 2017
[critique initialement rédigée par mes soins pour Manga Sanctuary (voir lien)]

Ghost in the Shell – Stand Alone Complex – Solid State Society commence de façon étrange. Un roman qui présente ses personnages à l'avance (quitte à spoiler un peu l'histoire, soyons fous!) et est présenté comme... le tome trois d'une saga qui n'aurait jamais eu de tome 1, ni de tome 2. Les enquêtes précédentes sont résumées de façon très succincte, si bien que l'on ne comprend pas grand-chose... Si au moins ces textes apportaient quelque chose au niveau du background, donnaient des clés pour mieux comprendre les personnages... même pas. Seuls les faits sont concernés et au final, ces trente pages (!) d'introduction n'ont absolument aucune utilité pour aborder l'histoire qui suit.
D'autant que le passé sera évoqué à presque toutes les pages, tant son influence sur le quotidien et les décisions des protagonistes est grande. La lutte de chacun, englué dans ses propres soucis, est peut-être l'aspect le plus travaillé de Solid State Society, en dépit d'un côté assez redondant à la longue.

Bref, on est d'emblée plongés dans un univers que l'on devine très élaboré et très complexe. Normal, vu l'âge de la licence. Sauf qu'au lieu de nous donner des informations qui figuraient dans le roman, il aurait peut-être mieux valu nous causer un peu de ce qui n'y est *pas*. A savoir des définitions des termes techniques, un organigramme simple de ce gouvernement japonais fictif avec toutes les sections secrètes qui se tirent dans les pattes...

Parce que là, dès les premières pages, on est jetés en pleine action aux côtés de Motoko... ou plutôt, en pleine observation. Et on ne comprend pas tout. Heureusement, au fur et à mesure que l'on suit les différents personnages (le résumé promettait une enquête « du major Kusanagi »... Major que l'on ne verra en fin de compte pas beaucoup !) , on finit par saisir la situation. D'un côté, on aurait pu penser ça volontaire, comme une façon de ne pas prendre le lecteur par la main... mais de l'autre, on se rend vite compte que Solid State Society est très avare en détails. Pas avec les raisonnements de ses personnages, dont les déductions aussi bien que les errements de pensée prennent quasi toute la place, mais avec tout le reste. de l'univers, le lecteur ne verra rien ou presque. Les descriptions sont réduites au strict minimum. Pour les lieux, ça peut encore passer, même si pour l'immersion ce n'est vraiment pas terrible. En revanche, pour tout ce qui est technologique, il y a un vrai manque. Et c'est DOMMAGE. Dommage, parce qu'on aimerait en voir plus, sortir un peu des sentiers balisés de ce récit à plusieurs voix.

Une voix se fait cependant davantage entendre que les autres : celle de Batô, ranger et ex-collègue de Motoko. C'est lui que l'on suivra pendant la majeure partie de l'enquête, ainsi que Togusa, un ancien policier fidèle à ses principes. Occasionnellement, on aura le point de vue d'autres protagonistes, mais ce sont bien ces deux-là qui occupent le devant de la scène.
Du côté de l'enquête en elle-même, son déroulement se veut très linéaire, sans rebondissements ou presque. Il y a bien une tentative d'introduction de fausse piste, sauf que... contrairement aux personnages, le lecteur, lui, sait depuis le premier chapitre que ce n'est pas possible... très maladroit ! de là, il n'y a plus qu'à se laisser gentiment guider au fil des découvertes et raisonnements des uns et des autres, ponctués de temps à autre par un imprévu qui n'aura, finalement, pas masse de conséquences. En fait, le problème, c'est qu'on a l'impression que tout avance tout seul, comme sur des rails. Que les choses ne pourraient pas se passer autrement. Et c'est un peu regrettable, car on finit par s'y attacher, à ces personnages, tout hantés qu'ils sont par leurs doutes.

Plus gênant, le manque de détails évoqué plus haut concerne également les passages d'action : les descriptions sont très basiques, suffisant à peine à donner une idée de ce qu'il se passe. Tout manque de rythme, d'épique voire même d'émotion. Autant dire que le final tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, dépourvu de tout suspense. Alors que vu les évènements décrits, il y aurait largement eu moyen de rendre tout ça vraiment haletant. Néanmoins, certains passages tirent VRAIMENT leur épingle du jeu, notamment celui mettant en scène Batô et Saitô en duo de choc, ou celui avec Togusa et sa fille... Dans ces moments-là, on pardonne aisément ses faiblesses au roman.

Mais quand, à côté de ça, l'auteur se perd pendant dans plombes dans les moindres recoins de magouilles politiques additionné à la narration très introspective, on comprend d'emblée que son truc est moins l'action que la réflexion. Et on aimerait pouvoir suivre, vraiment. Mais entre les différents services, la multitude de noms, la complexité des rapports de force entre les différentes classes politiques, les jeux de pouvoir... comme on a été parachuté au milieu de tout ça sans carte ni boussole, on n'en profite clairement pas pleinement.

Alors, Ghost in the Shell – Stand Alone Complex – Solid State Society est-il un mauvais roman ? Pas vraiment. En est-il un bon ? Non plus. Malgré tous ses défauts, le truc se lit sans trop de mal, porté par ses personnages auxquels on ne peut que s'attacher. Néanmoins, le reste le condamne à n'être que l'une de ces lectures aussitôt oubliées. Solid State Society peine à captiver, dommage, d'autant que le potentiel était là.
Lien : http://www.manga-sanctuary.c..
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