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Heike Gronemeier (Collaborateur)Corinna Milborn (Collaborateur)Olivier Mannoni (Traducteur)Leïla Pellissier (Traducteur)
EAN : 9782709636384
250 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (27/10/2010)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 625 notes)
Résumé :
Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l’école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d’une trentaine d’années. Elle réussira à s’échapper après 3096 jours. Voici le récit de cette captivité terrible : pendant dix ans, elle restera enfermée dans une pièce de 5 mètres carrées, la plupart du temps dans le noir et pendant les six années suivantes elle sera son esclave domestique. Sous le jou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (157) Voir plus Ajouter une critique
Deslivresalire
  25 octobre 2017
Le 02 mars 1998, Natascha Kampusch, 10 ans, est kidnappée à Vienne sur le chemin de l'école par Wolfgang Priklopil, 35 ans.
Elle sera séquestrée jusqu'au 23 août 2006 principalement dans une cave aménagée, de moins de 3 mètres sur 2 aux murs en béton, sans fenêtre, enterrée pendant 3096 jours.
"Au début, j'espérais encore chaque jour, chaque heure, que la porte allait s'ouvrir et que quelqu'un viendrait me sauver. L'espoir qu'on ne me laisse pas disparaître aussi simplement que cela m'aida à supporter ces heures interminables passées dans la cave. Mais les journées se succédaient et personne ne venait. Sauf mon ravisseur".
D'abord attentif, Priklopil deviendra progressivement plus violent et exigeant envers celle qui lui servira d'esclave pendant toutes ces années.
L'évocation de cet emprisonnement, sous forme de catharsis, révélera au lecteur la force de caractère et l'abnégation de cette enfant mais aussi ses faiblesses et la prison morale dans laquelle elle s'est progressivement murée, qui l'empêcheront sans doute de s'échapper de cet enfer à plusieurs reprises.
Jusqu'à ce jour d'août 2006, à 18 ans, où elle trouvera à la fois l'occasion et la force de s'enfuir une bonne fois pour toute et de retrouver la liberté.
Comment sortir de cette lecture sans une certaine douleur, celle de l'impuissance, et ne pas être empli de compassion ?
De la compassion oui, pour cette gamine enterrée pendant tant d'années, qui a su garder une force d'esprit et une lucidité sur sa condition tout au long de sa détention.
C'est sans doute, comme elle le dit, sa condition d'enfant qui l'a justement aidé à supporter tout cela. Adulte, elle en aurait été brisée, car il lui fallait aussi vivre dans une atmosphère de crainte permanente, entre les accès de violence imprévisibles et les retours au calme trop courts.
"Il n'est pas facile d'expliquer ce que l'isolement, les coups, les humiliations peuvent faire à un être humain. Comment, après tant de mauvais traitements, le seul bruit d'une porte fait paniquer au point de ne plus pouvoir respirer, encore moins marcher. Comment le coeur s'accélère, le sang bourdonne dans les oreilles jusqu'à ce qu'un commutateur...
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claudine42
  20 février 2015

Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l'école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d'une trentaine d'années. Elle réussira à s'échapper après 3096 jours de harcèlement psychique, de violence, et après avoir fait preuve d'une grande résistance à la séquestration.
Natascha Kampusch a vécu un calvaire. Violences physiques, verbales, privation de liberté, de nourriture, de référents autres que son ravisseur, Wolfgang Priklopil. On pourrait s'attendre à lire un témoignage de souffrance bouleversant. Pourtant, ce n'est pas ce que j'ai ressenti : j'ai avant tout été frappée par la force mentale qui se dégage de ce livre, 3096 jours.
Natascha Kampusch l'explique elle-même : pour survivre à son enlèvement et à sa séquestration dans un minuscule cachot, elle a dû mettre en place une barrière mentale entre ce qui était infligé à son corps et ce qu'elle était à l'intérieur. Cette stratégie inconsciente de survie transparaît dans son livre. Bien qu'évoquées, parfois dans le détail, les violences physiques paraissent presque éloignées d'elle, de sa vie intérieure. Quoique brisée, elle a conservé quelque part dans le « fort » impénétrable de son esprit l'espoir de s'en sortir un jour.
Elle décrit aussi comment elle luttait régulièrement contre l'asservissement que tentait de lui imposer Wolfgang Priklopil. Refuser de l'appeler Maestro. Refuser de s'agenouiller devant lui. On sent chez elle une capacité presque instinctive à détecter les états d'âme de son ravisseur, à anticiper ses colères (hélas pas toujours avec succès). Je dois admettre que cette sensibilité, associée à sa force mentale remarquable, m'a davantage inspirée qu'émue. le vécu de la jeune femme est touchant, bien sûr, mais elle développe une analyse si pertinente et si mûre que l'on a tendance à aborder son témoignage « avec la raison » avant de l'aborder « avec les sentiments ».
A vrai dire, Natascha Kampusch réussit parfaitement à faire passer son message : les affaires comme la sienne ont tendance à être récupérées par la société dans son ensemble pour construire une vision en noir et blanc du Bien et du Mal. Elle explique ainsi que beaucoup de gens ont refusé d'entendre que son ravisseur avait parfois des moments de gentillesse et d'humanité. Elle condamne la notion de « syndrome de Stockholm » avec virulence : selon elle, le fait de « s'attacher » d'une certaine manière à son bourreau n'a rien d'une maladie. C'est une réaction de survie normale lorsque cette personne devient le seul contact humain dont on dispose pendant une période de captivité. Une réaction d'autant plus normale que le ravisseur n'est pas un monstre 24h/24.
« Cette société a besoin de criminels comme Wolfgang Priklopil, pour donner un visage au Mal qui l'habite et le tenir à distance. Elle a besoin de ces images de caves transformées en cachots, pour ne pas avoir à regarder dans toutes ces maisons où la violence montre sa face lisse et bourgeoise. Elle a besoin de victimes de cas spectaculaires comme le mien pour se décharger de la responsabilité des crimes quotidiens commis sur des victimes anonymes que l'on n'aide pas – même si elles réclament de l'aide ».
J'allais dire une histoire horrible, sauf qu'il ne s'agit pas d'histoire mais d'un fait réel.
Une lecture que je ne regrette absolument pas ne serait-ce qu'en remerciement au courage de Natacha.
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NathalC
  05 juin 2017
J'ai stoppé ma lecture page 120.
J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque par curiosité.
Dès le départ, j'ai été perturbée dans ma lecture. Je ne sais pas par quoi, durant 120 pages, je n'ai su mettre le doigt sur ce petit quelque chose qui me fait arrêter.
Comme toute maman, comme toute femme, comme tout être humain, je suis scandalisée par ce qui est arrivé à cette enfant de 10 ans. Je suis effrayée par ces 8 ans d'enfermement. Je suis très heureuse pour elle qu'elle ait réussi à s'échapper. Je suis inquiète pour elle pour la suite et le chemin qu'elle doit ensuite trouver pour sa vie personnelle. Bref, beaucoup de sentiments envers cette histoire réelle. Cependant, pourra-t-on jamais savoir exactement ce que Natascha Kampusch ressent réellement ?
Et je ne suis pas sûre qu'un livre, ou deux, change quelque chose pour nous !!!
Je pense que ce livre est un exutoire pour cette jeune fille. Peut être cela l'a t-il aidé à voir les choses de façon plus posée.
Alors si j'abandonne cette lecture, ce n'est pas par manque de désintérêt ou de respect pour cette jeune personne, mais vraiment car il me manque ce "je ne sais quoi"...
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Analire
  25 août 2013
La bonne note que j'ai attribué à ce livre ne veut pas dire que j'ai aimé l'histoire racontée (bien au contraire, j'ai détesté et même haït les événements qui se sont produits dans ce livre), j'ai juste admiré et respecté la maturité et la sincérité avec lesquels s'exprime Natascha Kampusch.
Ce livre n'est autre qu'un témoignage d'une histoire d'enlèvement survenue en Autriche. Très célèbre pour sa longue durée, et sans doute très médiatisée à l'époque, ce témoignage est un condensé des dures années qu'a vécue Natascha Kampusch aux mains de son ravisseur. Avec beaucoup d'émotions, elle nous entraîne dans son affreuse captivité, qui aurait duré plus de huit années, d'ou le titre du livre, 3096 jours.
Si un lecteur non averti aurait lu ce livre, il aurait très bien pu penser que cette histoire était sortie tout droit de l'imagination d'un écrivain farfelu. Mais en sachant que les faits décrits sont réels, qu'ils se sont déroulés parfaitement de la manière décrite, les frissons m'en viennent. de surcroît, c'est la victime elle-même qui raconte son histoire, elle se livre une bonne fois pour toute, pour se libérer enfin de ces années de cauchemars, et tirer un trait sur ce terrible passé.
Rester enfermé pendant des années dans un cachot de cinq mètre carré, sans lumière, coupé du monde... de quoi vite devenir fou ! Mais notre narratrice et victime ne s'est pas laissé dépérir. Malgré son jeune âge lors de l'enlèvement, ses pensées sont demeurées très lucides, et n'ont fait qu'accroître suivant les années. Durant ce laps de temps où elle était prisonnière, livrée à elle-même, torturée, et abaissée au rang de moins que rien, elle a du prendre une bonne dizaine (voire, une bonne vingtaine) d'années de maturité en plus. Vaillante, courageuse, mature, lucide... elle était une jeune femme très avancée pour son âge, mais séquestrée psychologiquement par son gourou.
Le lecteur peut sans doute comprendre tous les faits et gestes que Natascha Kampusch a été obligée de faire (soit par obligation directe énoncée par son ravisseur, soit psychologiquement, par habitude), mais le degré de soumission et de peur que ressentait la jeune femme... personne ne peut se l'imaginer. Même si quelqu'un arrive à ressentir cette peur, ce que notre héroïne (il faut dire ce qui est) ressentait alors était sans doute bien pire.
Se faire voler son enfance, quoi de plus outrageant, de plus cauchemardesque, de plus monstrueux ? Nous sommes révoltés et dégoûtés par cet homme sans scrupule... mais comme nous l'écrit Natascha, ce Wolfgang a été le seul homme de sa vie durant de nombreuses années, son seul repère, la seule personne a l'avoir vu grandir et "s'épanouir". Ce criminel souffrait sans doute d'une maladie concernant le comportement et la personnalité, qui faisait de lui un homme méchant et brutal, et dans la minute suivante, le plus doux des hommes. Natascha lui en veut, certes, mais elle n'arrive pas à le détester. Les gens ne comprennent pas sa réaction, et c'est bien naturel. Mais comment juger, alors que nous n'avons pas vécu un millième des durs moments qu'elle a passé ?
Beaucoup d'émotions et de sensibilités se glissent à travers les pages. Les émotions de Natascha sont retransmises, mais on sent quand même une légère pudeur, comme si elle se retenait et n'osait pas en dire trop.
Même si 3096 jours est principalement basé sur les horribles années de captivité de notre narratrice, j'aurais grandement apprécié savoir ce qu'on fait et/ou pensé ses parents dans les premiers jours de sa disparition, les semaines suivantes, puis les années d'après. Se sont-ils vidés d'espoir ? l'avaient-ils oubliés ? Il manquait un sentiment extérieur, qui aurait encore plus étoffé l'histoire.
Un témoignage tragique, d'une histoire sans nom, que personne n'aimerait, même en rêve, vivre. Un calvaire terrible d'une jeune fille, qui a réussit à échapper à son ravisseur, et à reprendre un semblant de vie normale.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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mickaela
  03 décembre 2012
Livre vraiment saisissant surtout lors que l'on sait que c'est une histoire vraie ! je n'ai pu qu'admirer sa ténacité, sa force de caractère et son incroyable instinct de survie. Par contre je ne comprends pas les attaques dont elle a fait l'objet, je ne comprends pas non plus la réaction des gens lors de sa fuite, leur indifférence est odieuse.
A lire si l'on veut comprendre son histoire et sa détention entre les mains de ce prédateur au allure presque normal.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
MiaMia   20 mars 2011
Cette société a besoin de criminels comme Wolfgang Priklopil, pour donner un visage au Mal qui l'habite et le tenir à distance. Elle a besoin de ces images de caves transformées en cachots, pour ne pas avoir à regarder dans toutes ces maisons où la violence montre sa face lisse et bourgeoise. Elle a besoin de victimes de cas spectaculaires comme le mien pour se décharger de la responsabilité des crimes quotidiens commis sur des victimes anonymes que l'on n'aide pas - même si elles réclament de l'aide.
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DeslivresalireDeslivresalire   25 octobre 2017
Le rapprochement avec le ravisseur n'est pas une maladie. Se créer un cocon de normalité dans le cadre d'un crime n'est pas un syndrome. Au contraire. C'est une stratégie de survie dans une situation sans issue, et qui est plus fidèle à la réalité que cette plate catégorisation selon laquelle les criminels sont des bêtes sanguinaires et les victimes des moutons sans défense, et dans laquelle la société se complaît
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ssstellassstella   15 janvier 2014
Les gens sont désagréablement touchés lorsque leurs catégories du bien et mal vacillent, lorsqu'ils se voient ainsi confrontés au fait que le Mal personnifié a un visage humain. Son coté sombre ne vient pas de nulle part, personne ne naît monstre. Nous devenons ce que nous sommes à travers notre contact au monde, aux autres. Et nous portons ainsi finalement tous la responsabilité de ce qui se passe dans notre famille, dans notre environnement. S'avouer cela n'est pas facile.
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lolitajamesdawsonlolitajamesdawson   13 mai 2020
Entourée de sucreries à volonté, je passais des heures seule devant le téléviseur, ou encore dans ma chambre, un livre à la main. Face à une réalité qui ne me valait qu'humiliations, je me réfugiais dans d'autres mondes.

J'ai tenté de crier. Mais il ne sortait pas un son de ma gorge. Mes cordes vocales ne fonctionnaient pas. Tout en moi n'était qu'un cri. Un cri muet que personne ne pouvait entendre.

J'ignore comment j'aurais réagi si j'avais pressenti que cette pièce serait, pour trois mille quatre-vingt seize nuits, à la fois mon refuge et ma prison.

J'étais la victime d'un fou, j'étais devenue un personnage dans le théâtre de son esprit malade.

Il y avait des jours où ce bruit obsédant n'emplissait pas seulement le moindre recoin de la pièce, mais aussi le plus petit espace dans ma tête.

Pleurer dissipa au moins le désespoir pour un bref instant et me tranquillisa.

Elle me manquait tant que le sentiment de la perte menaçait de me dévorer de l'intérieur. J'aurais tout donné pour l'avoir auprès de moi.

Il y avait des jours où l'inquiétude que je ressentais pour mes parents était un fardeau bien plus lourd à porter que la peur.

C'était le dernier cadeau de ma mère. Et il l'avait brûlé. Cet homme ne m'avait pas seulement ôté ainsi un lien supplémentaire avec mon ancienne vie, mais aussi un symbole.

Je pressentais sans doute que j'allais devoir conserver le moindre souvenir heureux pour y avoir recours dans les moments les plus sombres.

Allongée dans le noir je me cassai la tête pour imaginer d'autres possibilité de le forcer à me libérer. Mais je n'en trouvai plus.

C'est un mécanisme très répandu : les victimes s'attribuent à elles-mêmes la responsabilité du crime qu'elles ont subi.

Toute ma survie physique et psychique était accrochée comme un fil à cet homme qui m'avait enfermé dans sa cave.

Alice parvient à quitter ce monde enfoui très en profondeur, lorsqu'elle s'éveille et sort de son rêve. Moi, lorsque j'ouvrais les yeux après de trop brèves heures de sommeil, le cauchemar était toujours là. C'était ma réalité.

La mesure du temps est le point d'ancrage le plus important dans un monde où l'on risque de se dissoudre.

À chacun de ses tic-tacs, le réveil me prouvait que le temps ne s'était pas immobilisé et que la terre continuait à tourner. Dans l'état de suspension où je me trouvais, sans la moindre sensation du temps et de l'espace, c'était mon lien sonore avec le monde réel.

À moi aussi, on avait ôté la lumière de la vie, et moi aussi, dans les moments sombres, je ne voyais pas d'autre moyen que la mort pour quitter mon cachot.

Il était mon cordon ombilical vers l'extérieur : la lumière, la nourriture, les livres, lui seul pouvait me fournir tout cela, et il pouvait m'en priver à n'importe quel moment.

Arrivée à ce point, je sus que je ne devais pas céder. Quand on se défend, on vit encore. Quand on est mort, on ne peux plus se défendre. Je ne voulais pas être morte, même intérieurement, je devais avoir quelque chose à lui opposer.

Il était vital, si je voulais me protéger, de considérer que le ravisseur n'était pas un homme foncièrement mauvais, mais l'était devenu au fil de son existence. Cela ne relativisait en aucun cas l'acte en soi, mais cela m'aide à lui pardonner.

Si je ne lui avais voué que de la haine, celle-ci m'aurait dévoré au point de ne plus avoir la force de survivre.

J'étais déjà si profondément habituée à ma captivité qu'elle faisait désormais partie de moi-même.

Il savait que la prison intérieur avait désormais de tels murs que je ne saisirais pas l'occasion de fuir.

Il avait tellement bien ancré en moi la peur de ce monde extérieur où l'on ne m'aimait pas, où je ne manquais à personne, où nul ne me cherchait, que la crainte devint presque plus forte que mon désir de liberté.

Pour avoir droit à quelque chose, je devais manifester ma reconnaissance et le féliciter pour tout ce qu'il faisait, y compris le fait de m'avoir enfermée.

La conscience d'être grosse m'emplissait d'une haine lancinante et détractrice envers moi-même.

La faim entrave le fonctionnement du cerveau. Lorsqu'on reçoit trop peu à manger, on ne pense à rien sinon à : quand je vais recevoir ma prochaine portion ? Je ne pensais plus qu'à manger et me reprochais en même temps d'être goinfre.

On est parfois soulagé lorsque la douleur physique dépasse par instants les tortures de l'âme.

Je quitterais une vie qui n'était plus la mienne depuis longtemps.

Être plus forte, ne pas abandonner. Ne jamais, jamais abandonner. Ne pas se laisser abattre, ne jamais abandonner. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire.

Il avait l'air si désespéré, si seul face à lui-même et à son crime que j'oubliais presque que j'étais sa victime.

Cette voiture constituait le dernier lien avec le jour de mon enlèvement et je travaillais moi-même à le faire disparaître. Il me semblait qu'à chaque coup de pinceau je scellais mon avenir dans la cave.

L'un de nous doit mourir, il n'y a pas d'autre issue. Où tu me tues, où tu me libères.

La voix de mon second moi me martelait : si tu avais été enlevé hier, tu courrais maintenant. Comporte-toi comme si tu ne connaissais pas le ravisseur. C'est un étranger. Cours. Cours. Bon dieu, cours !

Pour la première fois depuis sept ans, j'avais prononcé mon nom. J'étais revenue.

Lorsque le policier mit le moteur en marche et que la voiture démarra, une vague de soulagement m'envahit. J'avais réussi. J'avais fui.

La policière m'offrit sa montre, j'étais ainsi de nouveau maîtresse de mon emploi du temps : il ne serait plus réglé par quelqu'un d'autre, ou par une minuterie me dictant quand il faisait jour et quand il faisait nuit.

J'avais choisi la vie. Pour le ravisseur, il ne restait que la mort.

Le monde dans lequel je revenais n'était plus celui que j'avais quitté. Et moi non plus, je n'étais plus la même. Plus rien ne serait comme avant. Jamais.

Wolfgang Priklopil n'existait plus. C'était fini. J'étais libre.

Malgré toute la violence, l'isolement, le noir et toutes autres tortures, j'étais restée Natasha Kampusch. Jamais je n'abandonnerai, après ma libération, ce bien le plus important : mon identité.

J'étais devenue une personne connue à travers un crime affreux. Le ravisseur était mort il n'y avait pas de cas Priklopil. J'étais le cas : Natasha Kampusch.
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nath009nath009   15 juillet 2011
"ma seule marge de manœuvre était de lui pardonner ses gestes. Cet acte de pardon me rendit le pouvoir sur ce que je vivais et me permit de m'en accommoder. SI j n 'avais pas instinctivement adopté cette attitude j'aurais peut-être sombré dans la colère ou la haine. Par le pardon je repoussais ses actes loin de moi. IL ne pouvait plus me rabaisser ou me briser, puisque je les lui avais déjà pardonnés"
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Natascha Kampusch - Interview du 3 Novembre 2010
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