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ISBN : 2253067903
Éditeur : Le Livre de Poche (02/03/2016)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 122 notes)
Résumé :
La végétarienne est un triptyque. Autour de Yonghye, la femme qui veut devenir végétale, nous suivons son mari, petit cadre banal, puis le beau-frère de celui-ci, artiste vidéaste obsédé par la tache mongolique de Yonghye, et enfin la sœur de Yonghye, qui l’assiste dans ses derniers instants, et, d’une certaine façon, la dépasse.
Trois parties, trois personnages autour d’une seule qui elle-même s’efface inexorablement.
La Végétarienne est un roman f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  04 mars 2019
Faut-il chercher absolument une morale implacable, un sens particulier, une logique profonde dans tout ce qu'on lit ?
Non, pas nécessairement, et fort heureusement parfois. Je crois que la littérature coréenne, que j'explore doucement, illustre assez bien cela.
Kim (encore une coréenne s'appelant Kim !) rêve tant qu'elle n'en dort plus. Au beau milieu d'une nuit, elle décide de vider son réfrigérateur de tout produit d'origine animale. À partir de là, son petit monde tranquille et insipide va entièrement basculer, et le cauchemar commencer pour son mari, pour ses proches...
Un récit découpé en trois temps, traités successivement du point de vue de l'époux désemparé, du beau-frère amoureux et, enfin, de la soeur aînée impuissante.
Dès les premiers mots, j'ai su que j'allai aimer. Allez savoir pourquoi, et à quoi cela tient (?) : une héroïne désincarnée, des sentiments exacerbés, une extrême sensualité.
Ce roman m'a littéralement happée, transportée dans son atmosphère intimiste, son rythme et son originalité.
Une plume subtile et fascinante, maniant avec talent déraison, contemplation, onirisme et spiritualité !!
MERCI, cher Bison :-))
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le_Bison
  21 juillet 2015
C'est l'histoire de ma femme qui a décidé de devenir végétarienne. A priori rien contre, je peux moi aussi me passer de boeufs aux hormones ou de poulets à la dioxine. Sauf que, parce qu'il y a toujours des mais dans l'insatisfaction masculine, elle n'a plus de seins depuis qu'elle ne mange que de la verdure. Merde, quoi, un homme a toujours besoin de téter les seins de sa femme ! le pire, c'est que les relations sexuelles ne l'intéressent même plus. Elle se sent devenir « végétale ». A force de ne se nourrir que d'eau fraiche. Mais sans amour, la vie n'est plus une vie. Et en plus, au moindre rayon de soleil, elle se fout à poil pour capter l'énergie et faire monter la sève qu'elle a en elle. La tête en bas, les pieds en l'air. Une folle ! A faire interner d'urgence.
Voilà donc la première histoire de ma vie – ou de ma femme qui ne mangeait plus rien du tout et qui par conséquent ne me faisait même plus à manger. Tu me diras, vu de ton oeil lubrique, pas très passionnant cette histoire de folle plate comme une limande et qui en plus ne mange même plus de poisson. Elle est folle, elle est végétarienne. Point final.

C'est l'histoire de ce beau-frère. Rien de bien passionnant en sa personne, un peu taciturne, il est dans l'art ou un truc dans ce genre et passe son temps à monter des films amateurs. Et là, le lecteur que je suis bascule dans un autre monde, celui de la volupté et du plaisir charnel. Il tombe amoureux de cette femme, la soeur de sa femme, abandonné par son mari, laissé à l'abandon dans un asile. Une alchimie se crée, des effluves de pins se répandent dans l'atmosphère. La folle remange, sort de son asile et fait l'amour aussi sensuellement qu'un enchevêtrement de racines dans une mangrove. Moi aussi, j'ai envie de lui faire l'amour, de sentir la sève couler entre ses cuisses et déverser mon sirop d'érable en elle. Peu importe s'il n'y a pas de forêts d'érables en Corée du Sud.
Tu veux une troisième histoire, celle de la soeur de la folle, la soeur de la dite végétarienne, qui ne comprend pas qu'on en arrive à de telles extrémités, qui semble aussi perdue que sa soeur, son mari, ou son beau-frère. Mais elle reste sa soeur, même dans l'incompréhension. Et les liens du sang ne se discutent pas, même si le sang se transforme en sève et que le rouge hémoglobine se colore en vert chlorophylle. le genre de femme à se poser beaucoup de questions, mais l'histoire dépasse tant le domaine de l'imaginable qu'elle ne peut éprouver que malaise et pitié en regardant sa soeur se « transformer » en plante verte.
Je ne connaitrai jamais directement le ressenti de l'intéressée, « la végétarienne » avec ses cauchemars maculés de sang et de boucherie, mais je fantasme déjà chaque parcelle de son corps avec la furieuse envie de sortir ma tige de bambou et de laisser couler ma sève entre ses cuisses. Une telle rencontre est si improbable, une telle métamorphose si kafkaïenne, que j'ai ce besoin aussi de planter mes racines entre les siennes et de sentir cette odeur végétale d'herbe mouillée par la rosée. Han Kang signe là un roman aussi étrange qu'envoutant, aussi sensuel que bandant. du rarement lu.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Marple
  16 juillet 2017
Pour les Coréens, les végétariens sont troublants car leur culture ne laisse pas de place à cette façon de s'alimenter. Pour nous aussi, pourtant entourés de végétariens, -liens ou vegans, cette Végétarienne est troublante, car elle nous renvoie à la folie, à la sensualité, au corps, à l'alimentation, à ce qui fait basculer une vie banale et lisse dans un monde délirant mais plus beau.
Je ne dirais pas que j'ai aimé ce livre, je ne dirais même pas que je l'ai compris, mais il m'a intriguée, angoissée et touchée. Pourquoi Yongyué devient-elle végétarienne ascendant je-me-prends-pour-un-arbre ? Pourquoi ses proches sont-ils soit dégoûtés soit bizarrement fascinés, mais jamais capables de rentrer en relation avec elle ou de l'aider ? Pourquoi a-t-elle l'air de s'approcher du bonheur en même temps qu'elle s'approche du délire et de la mort ?
C'est bien parce que je n'ai aucune réponse que ce livre étrange, sensuel et mystique m'a marquée et continuera à me faire penser dans les semaines à venir...
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cedratier
  17 octobre 2017
«LA VEGETARIENNE» Han Kang (Le Serpent à Plumes)
NB : cette note un peu particulière et sans doute fort indigeste ( (:-) ) a été écrite en réponse au concours organisé par le Centre Culturel Coréen de Paris ; il fallait rédiger un texte personnel (maximum 10 pages) relatif à ce roman de Han Kang. Mes très sincères félicitations à la personne qui a gagné deux billets d'avion pour Séoul (et dont je serais ravi de lire ici la note couronnée).
N'avait-il pas raison, l'ami Montesquieu qui se demandait « Comment peut-on être Persan ? » Comment peut-on être Coréenne ? Et Coréenne du Sud, de surcroît ? L'Hexagone étant (évidemment) au centre de la surface du globe terrestre, on cherche à se rappeler où peut bien se nicher exactement ce demi-pays si lointain, royaume des téléphones portables, des voitures, d'une langue impossible à décrypter, et lieu de tous les fantasmes nucléaires de son demi-frère du Nord. Sans doute quelque part loin à droite, en bas ? Bref que connait-on de cette « petite » nation ? de sa population, de ses arts, de sa littérature ? Je l'avoue humblement, j'aurais bien eu du mal à citer un seul auteur coréen… jusqu'à cette rencontre avec « La Végétarienne », de Han Kang, roman inquiétant, envoûtant, étrange.
Voici donc, de nos jours en Corée du Sud, l'histoire bouleversante d'une jeune femme, Yŏnghye, éclairée en trois chapitres successifs par trois membres de sa famille.
C'est d'abord son mari qui nous la présente. L'employé modèle, le phallocrate banal s'épanouit médiocrement dans un univers rigide, dans un conformisme conventionnel et étouffant. Yŏnghye, modeste, réservée, discrète et simple, réunit toutes les qualités qui lui conviennent, et c'est justement pour cela qu'il l'a épousée. Cette union lisse et sans surprise bascule le jour où la jeune femme, suite à un rêve angoissant, décide de bannir du domicile toute viande ou poisson. Ce qui au départ n'aurait pu être qu'une excentricité intrigue le lecteur, et inquiète de plus en plus l'entourage de la jeune femme, d'autant qu'elle s'interdit tout produit d'origine animale, allant jusqu'à jeter ses propres chaussures en cuir. Plus que végétarienne, elle devient donc végétalienne rigoriste, ses cauchemars obsessionnels se font de plus en plus sanguinolents, elle s'alimente de moins en moins, son corps se décharne, elle ne fait plus l'amour (mais son mari la viole), elle ne dort plus, elle se dénude parfois, ses seins s'estompent, comme sa féminité. L'époux est dépassé, la famille de la jeune femme, en particulier son père, va la harceler pour la contraindre à ingurgiter de la viande… Cela conduira Yŏnghye, qui ne supporte plus de contact alimentaire qu'avec le végétal, au bord du suicide, au divorce exigé par le mari qui s'estime abusé, et dans un cheminement en spirale vers le déclassement social.
Deux ans plus tard, c'est Minho, le beau-frère de Yŏnghye, le mari de sa soeur, qui nous en fait découvrir une autre facette. Lui est un artiste vidéaste en panne d'inspiration, qui se cherche, peu reconnu, incompris de son épouse à qui il fait supporter toute la charge de l'éducation de leur fils et de la conduite du foyer. Depuis des années, son projet artistique inabouti vise à filmer des hommes et des femmes dont la nudité serait recouverte de fleurs peintes à même l'épiderme. Subjugué par l'idée de la tache mongolique que sa belle-soeur Yŏnghye a conservée depuis sa naissance au creux des reins, porté par un désir immaitrisable qui semble s'imposer à lui, bousculant toutes les conventions sociales et familiales, il propose à celle-ci, qui vit maintenant seule et assez marginalisée dans l'univers réduit de ses obsessions, le pari de la mise en scène érotisée de leurs corps nus, mais peints de représentations végétales, et en ébats captés par sa caméra vidéo. La fusion des peaux illustrées, les corps en transe dans une explosion exacerbée de sensualité semblent un bref instant entrouvrir une porte de la folle prison intérieure de Yŏnghye ; mais nul ne saura deviner ce qu'a pu représenter ce « mariage des fleurs » pour Yŏnghye, menant finalement l'héroïne vers l'internement en hôpital psychiatrique et une nouvelle étape de déshumanisation.
C'est enfin Inhye, la soeur aînée, la femme maintenant séparée du vidéaste, sans doute la plus « sensée » des personnages, qui nous fait parcourir la dernière étape. Elle ne comprend pas sa cadette, mais qui la comprend ? Elle lui reste pourtant fidèle, humainement très attachée, elle lui rend visite chaque semaine dans son établissement spécialisé. Yŏnghye est encore plus décharnée, elle est devenue quasi muette ; lors d'une fugue en forêt elle a imaginé se transformer en arbre, espérant « se dissoudre » dans l'ordre végétal. Et elle résiste de tout son être aux tentatives de gavage forcé de la part des médecins qui veulent la contraindre à vivre « normalement », malgré elle. Inhuy devra-t-elle accepter l'issue mortifère choisie par sa soeur ? Et d'ailleurs peut-on parler de choix ? le refus de viande et de tout produit d'origine animale s'impose avec une telle force irrésistible à la jeune femme ; pour elle, fuir, angoissée, la part d'animalité qui est en elle passe par sa végétalisation ultime. Elle a lentement glissé du végétalisme radical à l'anorexie grave et à la schizophrénie.
La question du regard est omniprésente dans ce roman. Dans sa construction-même, puisque ce sont trois points de vue qui nous donnent à voir, chaque fois sous un éclairage particulier et très subjectif, le calvaire de Yŏnghye. Il l'est aussi par la présence, à un moment particulièrement fort, de la caméra du vidéaste ; l'oeil de l'appareil, neutre et glacial, répond à l'étouffement obscène du regard social. Et c'est aussi le regard acide de Han Kang sur son monde, sur la rigidité des rapports familiaux et plus généralement humains, sur le poids des conventions qui asphyxient les plus fragiles.
L'une des surprises de lecture vient des tonalités très différentes de ces trois parties.
La banalité même de l'écriture du premier chapitre correspond bien au point de vue du mari, lui qui visiblement ne sait rien du verbe aimer et qui juge le contrat social de son mariage rompu par la dérive de sa femme.
La force intense, la visibilité des scènes du second chapitre, où le beau-frère vidéaste utilise au profit de son délire artistique et de son seul désir la folie de la jeune femme, rendent parfaitement l'ambiance charnelle, érotisée, d'une puissante sensualité, qui pourrait presque faire miracle. Mais ces deux inconsciences qui se rencontrent dans une étreinte brûlante sont trop étrangères l'une à l'autre, d'autant que le beau-frère est en fait tout centré sur son seul propre désir, lui qui n'est pas censé être fou.
Enfin c'est l'incompréhension de la soeur, mais surtout son inébranlable et solide fidélité jusqu'au bout qui s'expriment dans le troisième chapitre en contrepoint de la brutalité de certains passages.
Mais c'est surtout la violence qui sourd de plus en plus évidemment à chaque étape du livre qui marque. Elle est d'abord insidieuse, maligne comme une tumeur cachée chez le mari. Puis elle va crescendo dans le texte, elle explose avec rage dans le comportement terroriste du père qui veut contraindre par la force Yŏnghye à manger de la viande ; elle éclate dans les souvenirs des coups reçus par l'héroïne lorsqu'elle était enfant, ou dans la scène du chien qui la mord et qui, après torture, finit en ragoût dans le plat familial. Elle est insoutenable dans la tentative de gavage « médicalisé » des médecins en fin de roman.
C'est aussi un livre sur la solitude. Celle de Yŏnghye de plus en plus recluse dans sa folie, mais aussi celle de ses proches. Après le scandale et des ennuis judicaires conséquents (l'adultère est alors puni par la loi coréenne), Minho l'artiste n'a plus qu'à fuir ; pathétique est la scène du coup de téléphone qu'il passe à son ex-épouse en suppliant d'entendre la voix de son fils, et le seul bruit qui parvient aux oreilles du lecteur est celui des pièces qui tombent dans le réceptacle de la cabine publique lointaine. Toute aussi poignante est la prise de conscience de la soeur aînée non seulement de sa propre solitude, mais également du non-sens total de son existence, de ses choix de vie ; seule la présence de son jeune fils la retient de mourir. Au fond, le destin tragique de Yŏnghye devient le révélateur de la vacuité, de l'inanité du parcours de Minho et de Inhye. Alors sont-ils fondamentalement si différents, tous ces personnages ?
L'incommunicabilité radicale dans laquelle se retrouve enfermée Yŏnghye plonge le lecteur dans un univers angoissant, tant les émotions de la jeune femme, saisissantes, sont incompréhensibles, ce qui donne à ce roman une tournure si étrange, onirique. Elle s'imagine pleine de toutes les chairs qu'elle a ingurgitées. C'est rarement elle qui prend la parole directement, et quand elle le fait, c'est presque exclusivement pour raconter ses cauchemars qui la réveillent en permanence. Ses attitudes parlent pour elle : la jeune femme mange et dort de moins en moins, n'accorde plus la moindre attention à sa tenue vestimentaire ni à son apparence physique, et lorsqu'elle laisse voir ses seins nus, c'est sans la moindre notion d'exhibition, car elle ignore littéralement le regard des autres. A la fin du roman son corps est en déliquescence.
Le paradoxe fondamental et troublant de ce roman est que le seul personnage qui, apparemment du moins, réussit presque à sortir Yŏnghye de son gouffre mortifère, c'est le beau-frère égocentré, l'artiste qui n'a comme seules préoccupations que son « chef-d'oeuvre » et son désir, celui qui ne la juge pas car il n'en a pas réellement le souci. Car elle ne souffre plus, elle « revit » (c'est ce que signifie son orgasme) lorsque, fleur, elle se fond dans la peau végétalisée de son amant. Et sans le savoir, la soeur aînée, la soeur aimante n'a-t-elle pas, en sollicitant un hôpital psychiatrique, empêché une « rédemption », ou du moins un apaisement qui aurait pu jaillir de là où on l'attendait le moins ? En fait, c'est bien ce qui bouscule le lecteur : le seul qui, presque accidentellement, aurait pu être visiblement « réparateur », c'est celui qui ne vise que sa propre satisfaction, et c'est aussi celui par lequel l'orgasme advient. Pire, c'est la plus responsable, la plus attentionnée, celle dont notre « morale » nous rapproche sur le plan humain qui, sans le vouloir, brise l'effet curatif incident de la jouissance.
A moins que… A moins que cette histoire nous rappelle que l'emboitement absolument concordant de deux désirs dans un tout complet n'est qu'un leurre ? Que le nirvana achevé de l'imbrication parfaite de deux obsessions n'est qu'un fantasme, une illusion fugace, une impasse mortifère ?
La folle et douloureuse différence qui bouscule l'ordre établi, l'intolérance radicale comme unique réponse, la solitude absolue, la tromperie de la complétude, voilà ce que nous raconte ce livre, qui est loin de s'épuiser à la première lecture. Ce n'est pas un roman facile d'accès, c'est un roman noir et désespéré, dense, à tiroirs, ou plutôt à gouffres, qui s'adresse à une part non rationnelle de nous. En ce sens c'est vraiment un roman très contemporain, bien loin d'une écriture consensuelle ou politiquement correcte ; un livre très fort.
Merci à Han Kan de m'avoir ouvert les portes d'un nouvel et immense espace de lecture. Grâce à elle, je viens d'y rencontrer Gong Ji-young dans son bouleversant « Nos jours heureux », et déjà frappe à ma porte Gu Byeong-mo
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littlecat
  01 mai 2016
Une histoire envoûtante, construite en trois chapitres et racontée par trois narrateurs différents. Chacun d'entre eux donne sa version de l'histoire de Yonghye, qui, un matin, ouvre son réfrigérateur et décide de ne plus manger de viande.
Elle devient végétarienne et cette décision radicale va perturber et déstabiliser son entourage.
Yonghye se nourrit de soupes et de légumes, son corps se transforme, elle veut devenir végétale.
Beaucoup de sujets sont abordés dans ce livre et il y a matière à réfléchir sur ce qui est dans la norme ou ne l'est pas, sur l'anorexie, l'autodestruction.
Un roman onirique, étrange, écrit avec précision et finesse.
Un peu déçue par la fin, je n'ai pas mis 5 étoiles.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 juin 2015
Si je l'avais épousée, bien qu'elle fût dépourvue de tout charme remarquable, c'était parce qu'elle n'avait pas non plus de défaut notable. La banalité qui caractérisait cette créature sans éclat, ni esprit ni sophistication aucune, m'avait mis à l'aise. Je n'avais pas eu à faire semblant d'être cultivé pour l'impressionner, à me précipiter pour ne pas être en retard à nos rendez-vous, à nourrir des complexes en me comparant aux mannequins des catalogues de mode. Devant elle, je n'avais pas honte de mon ventre, qui avait commencé à se bomber dès l'âge de vingt-cinq ans à peu près, ni de mes bras et de mes jambes, que je n'arrivais pas à muscler malgré mes efforts, ni même de mon sexe, dont les modestes proportions m'avaient toujours inspiré un sentiment d'infériorité que je prenais soin de dissimuler.
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le_Bisonle_Bison   26 septembre 2017
Quand je coupe la tête à quelqu’un dans mon rêve, quand je suis obligée de finir le travail en le tenant par les cheveux tandis qu’elle ne tient que par un lambeau de chair, quand je pose ses yeux glissants sur la paume de ma main, quand je me réveille, quand l’envie me prend de tuer le pigeon que je vois se dandiner sur l’appui de fenêtre, d’étrangler le chat du voisinage que je connais depuis longtemps, que je sens mes jambes fléchir et que je transpire, quand j’ai l’impression que je suis devenue quelqu’un d’autre qui jaillit du fond de moi pour me dévorer, à ces moments-là…
J’ai la bouche pleine de salive. Je suis obligée de contracter ma bouche en passant devant la boucherie. A cause de la bave qui monte depuis la racine de ma langue, qui me mouille les lèvres et… qui coule même entre elles.
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le_Bisonle_Bison   04 octobre 2017
Il l’a vue juste avant de sortir de son petit somme.
Sa peau était vert clair. Son corps était vautré devant lui, comme une feuille qui venait de se détacher de la branche et de commencer à se flétrir. […]
Il l’a retournée. Une forte lumière qui semblait provenir de son visage l’a ébloui, l’empêchant de voir la partie supérieure de sa poitrine. Il a écarté de ses deux mains ses cuisses dont l’élasticité lui disait qu’elle n’était pas endormie. Quand il l’a pénétrée, un liquide vert comme provenant d’une feuille écrasée a commencé à couler du sexe de la jeune femme. Une odeur d’herbe, à la fois agréable et âpre, rendait sa respiration difficile. Se retirant juste avant l’orgasme, il a découvert que son pénis était teinté de vert. Un jus frais, dont il était difficile de dire s’il venait d’elle ou de lui, avait colorié ses parties intimes jusqu’aux cuisses.
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rabannerabanne   28 février 2019
Perchée sur une chaise, elle était en train de se servir d'une simple soupe aux algues qui, à première vue, ne semblait pas fameuse. Elle a déposé du riz et de la pâte de soja sur une feuille de batavia et le tout, enfourné dans sa bouche, a déformé ses joues.
Je n'avais rien compris. De cette femme, je ne savais rien, me suis-je dit à ce moment-là.
- Tu ne manges pas ? m'a-t-elle lancé d'une voix indifférente qu'on aurait pu attribuer à une épouse d'âge mûr ayant élevé quatre enfants.
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le_Bisonle_Bison   30 juillet 2015
Des tiges brunes et persistantes vont-elles pousser sur elle ? Des racines blanchâtres vont-elles s’élancer de ses mains pour s’ancrer dans la terre noire ? Ses jambes vont-elles se tendre vers le ciel et ses mains vers le noyau de la Terre ? Sa taille, étirée jusqu’au point de rupture, va-t-elle supporter ces forces antagonistes ? Lorsque la lumière descendant du ciel va traverser Yônghye, l’eau jaillissant de la terre fera-t-elle naître des fleurs dans son entrecuisse ? Son âme avait-elle eu la vision de tout ceci lorsqu’elle était ainsi dressée, les mains au sol ?
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Videos de Han Kang (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Han Kang
Voici la première vidéo du "jeu des cinq sens" avec la complicité de Han Kang, auteure de la Végétarienne (2015), Celui qui revient (2016) et dernièrement, Leçons de Grec (août 2017).
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