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ISBN : 9791097390006
Éditeur : Le Serpent à plumes (17/08/2017)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au cœur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s’enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde. À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer. Plus loin que la résilience, une ode magnifique à la reconstruction des êtres par la plus célèbre des romanciè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  17 septembre 2017
Livre où tous les sons semblent absorbés comme lorsqu'il neige, ambiance ouatinée mais aussi douloureuse et violente.
Une belle et bouleversante rencontre entre deux êtres enfermés en eux-même qui vont se reconnaître dans ce "monde éphémère et beau" et petit à petit tenter de s'ouvrir.
Le lecteur se laisse vite gagner par cette "tristesse délicate" qui les habite et qui fait toute la beauté de ce livre poignant.
Me sont revenus au cours de cette lecture les mots de Henri Calet à la fin de son livre inachevé "Peau d'ours" : " C'est sur la peau de mon cœur que l'on trouve des rides. Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n'étais pas là. Ma voix ne porte plus très loin.
(...) Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes."
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le_Bison
  03 octobre 2017
Je me souviens de son premier roman, « La Végétarienne ». Han Kang m'avait subjugué par sa plume, son audace, sa sensualité. le début peut-être d'une grande histoire entre elle et moi, - et les végétariennes peut-être. Quelques années après, je me décide à apprendre le grec, pas n'importe lequel, le grec ancien, avec son écriture qui ressemble autant à des hiéroglyphes qu'à de l'alphabet coréen. Dans l'amphithéâtre ou à la terrasse d'un café, le parfum de feta se mélange à celui de l'ouzo, temps anciens chauffés par le soleil d'une rencontre silencieuse.
Dès que je rentre dans la salle de cours, je retrouve la grâce. Certes je me sens parfois perdu dans les considérations linguistiques d'une telle langue morte, mais je touche la beauté de l'âme. Cet homme qui perd progressivement la vue, et qui ne perçoit plus que des ombres de lumière dont le soleil lui brûle sa rétine. Cette femme qui ne dit pas un mot. Elle semble avoir perdu l'usage de la parole. D'ailleurs m'entend-elle ? Pourquoi ne me parle-t-elle pas ? Ces deux êtres dont leurs blessures paraissent s'inscrire au plus profond d'eux-mêmes, vont se retrouver. Avec timidité mais émotions...
Parce qu'il ne faut pas s'arrêter au silence de l'un ou au regard absent de l'autre. Ces différences ne sont pas des signes d'indifférence. Bien au contraire. Ce fut un tel bonheur de voir leur histoire se rejoindre, avec ainsi leur « handicap » qui font d'eux des êtres à part. Est-ce parce que l'on ne parle pas que l'on ne ressent pas cet étrange sentiment qui peut apparaître parfois sous le nom de l'amour ? Une nuit illuminée par le bleuté de sa lune, ils vont partager leur sentiment. Des regards aux lunettes cassées, des mains qui se touchent et se coupent, des paroles échangées à sens unique, une écoute d'âme à âme. Il parle, elle lui répond en tenant sa main. Elle le regarde dans les yeux, profondeur de l'âme, il sent son parfum l'entourer. Des signes d'amour qui se passent de mots, nuit silencieuse la fenêtre sur l'extérieur fermée.
Bonsoir chef ! Galette, salade tomates oignons, sauce blanche et harissa... Et une Efes s'il vous plait.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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nadiouchka
  18 août 2017
C'est par un heureux hasard que j'ai pu lire « Leçons de grec » de Han Kang : en effet ce livre m'avait été prêté par une amie qui l'avait reçu en avant-première et je l'ai lu en une seule soirée.
La parution ayant été prévue pour le 17 août 2017 (donc hier), j'ai attendu aujourd'hui, tout de même, pour publier ma chronique et apparemment ça tombe à pic et je suppose qu'il a été pas mal lu.
Han Kang est une écrivaine sud-coréenne, fille du célèbre Han Seung-won (écrivain lui aussi). Plusieurs des romans de Han ont été adaptés au cinéma et elle a aussi reçu le prestigieux Man Booker Prize 2016 pour « La Végétarienne ».
Ce livre m'avait d'abord attirée par sa belle couverture, très belle, rouge avec des fleurs que je suppose être des lotus. Une présentation déjà bien attrayante.
Ensuite, connaissant la célébrité de l'écrivaine, je ne doutais pas que ce petit livre me plairait bien.
Mais je ne vais pas pouvoir en dire grand-chose car ce serait le résumer.
Dans ce roman, le lecteur a droit à un genre particulier et très émouvant.
En effet, il a pour personnages principaux, un homme et une femme.
L'homme, lentement perd la vue. La femme a perdu l'usage de la parole et tente par tous les moyens de la retrouver et c'est pour cela qu'elle prend des leçons de grec, ancien avec un professeur qui se révèle être celui qui perd la vue.
C'est en page 16 qu'est expliquée ce qui est arrivé à cette femme :
« La chose avait fini par se produire un hiver, alors qu'elle venait dix-sept ans. Les paroles qui l'enfermaient et la piquaient comme un habit tissé de milliers d'aiguilles avaient soudain disparu. Elle les entendait de ses deux oreilles, mais un silence semblable à une couche de brume épaisse et dense faisait bouchon quelque part entre celles-ci et le cerveau. »
Ces deux personnages parlent chacun à tour de rôle et paraissent résignés de leur sort, surtout le professeur. C'est en cela que c'est déjà très touchant et c'est aussi pourquoi on utilise le terme plus scientifique de résilience.
Il faut dire aussi que la femme a un petit garçon qui a des attentions particulièrement gentilles : par exemple, quand il lui donne un surnom : « Tristesse de la neige qui tombe en abondance » (page 99).
Le professeur et la femme vont se rapprocher peu à peu et s'aider comme ils peuvent.
Je n'en dirai pas plus sauf que c'est une bien jolie histoire, écrite simplement, parfois avec des phrases qui se suivent les unes après les autres, des petits paragraphes sur des pensées, mais un livre bien agréable, tout simple, sans fariboles, dépaysant car nous sommes en Corée du Sud et il n'est pas courant que certains de ses habitants se tournent vers le grec.
Le lecteur aussi a droit à quelques petites leçons en découvrant certains mots.
Pour moi ce fut une jolie lecture et je comprends pourquoi Han Kang a déjà connu du succès. Je ne peux que lui souhaiter d'en avoir encore.

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Albertine22
  27 août 2017
e viens de tourner la dernière page de ce roman. Je regarde, une nouvelle fois, sa couverture, si belle et épurée et je me dis qu'avec Han Kang, je n'ai pas suivi de lecons de grec mais une leçon de lecture. Plus d'une fois, j'ai été tentée d'abandonner ce livre, face à un passage hermétique pour moi. A chaque fois, j'ai été rattrapée par une phrase, un paragraphe, un chapitre d'une absolue limpidité, confinant à la grâce.
Un mois de juillet chaud et moite à Séoul. le cours de grec ancien dispensé par l'un des principaux protagonistes n'est plus suivi que par quelques personnes. le professeur porte des lunettes aux verres très épais. Aucun de ses étudiants ne connaît son secret.Il est atteint d'une maladie dégénérative et perd lentement, mais inexorablement la vue. le diagnostic a été posé très tôt et depuis, cet homme vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Han Kang suggère plutôt qu'elle ne montre les incidences de cette cécité programmée sur les choix de vie qu'il a pu faire. Toute sa famille a quitté la Corée du Sud pour l'Allemagne alors qu'il était adolescent. Il a décidé d'y revenir, seul, alors que sa maladie, a énormément progressé. Ce retour au pays de sa naissance, ce bain linguistique dans sa langue d'origine semblent apaiser sa peur grandissante du moment où il va basculer dans l'obscurité.
Une de ses étudiantes l'intrigue, une femme entre deux âges, de noir vêtue, qui ne parle jamais. Elle ne répond à aucune question, il en conclut qu'elle est muette. Cet autre personnage souffre d'un handicap plus complexe. Les mots se refusent à sortir de sa bouche. Ils sont là, quelque part, mais "la chose" est revenue. Cette "chose" apparue à l'adolescence est un blocage au niveau de la parole, un mutisme inexpliqué, la privant de toute vie sociale, lui ôtant ce qu'elle a de plus cher et de plus douloureux, sa passion pour le langage. Très jeune, elle a été fascinée par les mots, par leur extraordinaire richesse. Fascinée et effrayée. Pour elle, un mot de travers est une blessure. Ce rapport ambivalent à sa langue l'a amenée à ce cours de grec ancien. Elle espère que l'apprentissage de celui-ci, extrêmement ardu, va lui permettre de s'extirper de sa gangue de silence.
Cet homme et cette femme sont comme deux papillons de nuit tournant autour d'une source de lumière. Ils sont attirés par celle-ci alors même qu'elle a le pouvoir de les détruire. Pour l'homme, cette source porte un nom : Joachim Grundel. Il a fui l'Allemagne pour échapper au désir ardent de celui-ci. Pour la femme, cette source est peut-être sa trop grande aspiration à une langue débarrassée de toute scorie. Durant ces quelques semaines en suspens, dans cette grande ville, écrasée par la chaleur, le presque aveugle et la fausse muette, deux corps exprimant par leurs symptômes des personnalités complexes, vont se chercher à tâtons et se trouver.
le style de l'auteure est particulier, parfois réaliste, épinglant sans concession ses contemporains, parfois d'une poésie épurée. Ce sont ces instants de lecture, ces fulgurances, que je retiendrai surtout de ce roman. La fin est un véritable bijou.

Une lecture âpre, sombre, parsemé
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nathavh
  28 septembre 2017
J'avais beaucoup apprécié "La végétarienne" , attirée par la littérature asiatique, l'envie de retrouver la plume d'Han Kang était grande. Je me suis à nouveau régalée.
Lui est un professeur de grec ancien. Adolescent il avait quitté la Corée pour l'Allemagne. Atteint d'une maladie dégénérative, il perd progressivement la vue. Il décide alors de revenir seul dans son pays la Corée du Sud. Il y enseigne le grec ancien en cours du soir à une poignée d'étudiants. Il camoufle son handicap de plus en plus grand en portant d'épaisses lunettes..
Une de ses étudiantes l'intrigue. Elle est vêtue de noir et semble avoir perdu l'usage de la parole. En effet, ce n'est pas la première fois, elle était déjà entrée dans un mutisme étant adolescente.
"La chose avait fini par se produire un hiver, alors qu'elle venait d'avoir dix-sept ans. Les paroles qui l'enfermaient et la piquaient comme un habit tissé de milliers d'aiguilles avaient soudain disparu. Elle les entendait de ses deux oreilles, mais un silence semblable à une couche de brume épaisse et dense faisait bouchon quelque part entre celles-ci et le cerveau. le souvenir de la langue et des lèvres qui servaient à les prononcer tout comme celui de la main tenant un crayon étaient devenus impalpables, enveloppé qu'il était dans ce silence cotonneux. Elle ne pensait plus en mots. Elle agissait sans mots, comprenait sans mots. le vide, pareil à celui qui précède l'apprentissage de la langue ou même la conception de la vie, absorbant le temps comme un nuage, encerclait son corps et l'envahissait.'
A nouveau, elle avait perdu les mots, l'usage de la parole, impossible pour elle de communiquer avec la voix. Elle se plonge alors dans le grec ancien car il est important pour elle de trouver les mots justes, l'essence de ceux-ci.
Ils sont tous deux "enfermés", "isolés" au plus profond d'eux-mêmes. Une perte en point commun, celle de la vue, celle de la parole. Des blessures enfuies au plus profond, depuis le presque début de leur histoire.
Un événement fortuit se produira et leur permettra peu à peu de se reconstruire, de renaître tel le phénix de ses cendres. Un nouveau langage, une nouvelle communication naîtra.
Dans le récit, chacun s'exprime tour à tour. Il est parfois difficile de savoir qui s'adresse à nous.
L'histoire de Platon, du grec ancien, ces leçons de grec amènent les personnages à se construire peu à peu. A travers l'usage de cette langue morte, elle sortira peu à peu de son isolement.
C'est de la littérature asiatique, cela signifie que c'est lent, très lent, et on va droit au coeur des émotions. Mais quelle écriture magnifique ! Epurée, poétique, splendide.
La construction du dernier quart du roman est très particulière, un peu déroutante. Les choses deviennent plus floues, plus confuses pour le lecteur à l'image sans doute du ressenti des personnages dans leur enfermement mais quelle beauté, quelle magnificience.
Le langage et l'expression sont au coeur de ce récit. On découvre les failles, les blessures, la tristesse et les solitudes des narrateurs avec une association de mots juste parfaite. Un récit à la langue aérienne, tout en sensibilité.
J'adore.
Ma note : pas loin du coup de coeur 9/10

Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 octobre 2017
La nuit n’est pas silencieuse.
Le bruit assourdissant de l’autoroute non loin de là dessine sur les tympans de la femme des milliers de lignes comme tracées par autant de lames de patins à glace.
Le magnolia pourpre dont les pétales flétris ont commencé à tomber brille sous la lumière du lampadaire. Elle marche, se frayant un chemin à travers la sensualité des fleurs si abondantes qu’elles font fléchir les branches, à travers l’atmosphère de cette nuit de printemps dont on dirait qu’il va se dégager un parfum sucré si on l’écrase. De temps à autre, elle passe ses deux mains sur son visage alors qu’elle sait que rien ne coule sur ses joues.
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le_Bisonle_Bison   03 octobre 2017
Lorsqu’elle avait l’usage de la parole, il lui arrivait de fixer son interlocuteur au lieu de lui parler. Comme si elle croyait que son regard était capable de traduire parfaitement ce qu’elle voulait dire. Elle saluait, remerciait et s’excusait avec les yeux et non par la parole. Elle pensait qu’aucun contact n’était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard. Il s’agissait pour elle de la seule façon de communiquer sans établir un contact direct.
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le_Bisonle_Bison   23 septembre 2017
Elle se penche en avant.
Serre le crayon qu'elle tient dans la main.
Baisse la tête.
Les mots s'enfuient de sa main.
Les mots qui ont perdu ses lèvres,
les mots qui ont perdu les racines de ses dents et sa langue,
les mots qui ont perdu sa gorge et son souffle ne se laissent pas saisir.
Comme un fantôme sans corps, la forme ne se laisse pas toucher.
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le_Bisonle_Bison   27 septembre 2017
Quelque fois, elle a l’impression d’être non pas un humain mais un objet mobile, solide ou liquide. Quand elle mange du riz chaud, elle a l’impression d’être du riz. Quand elle se lave le visage à l’eau froide, elle a l’impression d’être de l’eau. En même temps, qu’elle n’est ni du riz ni de l’eau, mais une matière solide et irréductible qui refuse de se mélanger à quoi que ce soit.
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nadejdanadejda   17 septembre 2017
Il arbore une expression particulière lorsqu'il s'adresse à quelqu'un. Son regard dit qu'il sollicite humblement l'accord de son interlocuteur, mais il est parfois imprégné d'autre chose que de la simple humilité, d'une sorte de tristesse délicate. p 90
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Video de Han Kang (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Han Kang
Cette vidéo traite de "Lec?ons de grec" de Han Kang - à paraître le 17 août 2017 aux éditions le Serpent à Plumes
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