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ISBN : 9791097390006
Éditeur : Le Serpent à plumes (17/08/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au cœur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s’enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde. À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer. Plus loin que la résilience, une ode magnifique à la reconstruction des êtres par la plus célèbre des romanciè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  17 septembre 2017
Livre où tous les sons semblent absorbés comme lorsqu'il neige, ambiance ouatinée mais aussi douloureuse et violente.
Une belle et bouleversante rencontre entre deux êtres enfermés en eux-même qui vont se reconnaître dans ce "monde éphémère et beau" et petit à petit tenter de s'ouvrir.
Le lecteur se laisse vite gagner par cette "tristesse délicate" qui les habite et qui fait toute la beauté de ce livre poignant.
Me sont revenus au cours de cette lecture les mots de Henri Calet à la fin de son livre inachevé "Peau d'ours" : " C'est sur la peau de mon cœur que l'on trouve des rides. Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n'étais pas là. Ma voix ne porte plus très loin.
(...) Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes."
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le_Bison
  03 octobre 2017
Je me souviens de son premier roman, « La Végétarienne ». Han Kang m'avait subjugué par sa plume, son audace, sa sensualité. le début peut-être d'une grande histoire entre elle et moi, - et les végétariennes peut-être. Quelques années après, je me décide à apprendre le grec, pas n'importe lequel, le grec ancien, avec son écriture qui ressemble autant à des hiéroglyphes qu'à de l'alphabet coréen. Dans l'amphithéâtre ou à la terrasse d'un café, le parfum de feta se mélange à celui de l'ouzo, temps anciens chauffés par le soleil d'une rencontre silencieuse.
Dès que je rentre dans la salle de cours, je retrouve la grâce. Certes je me sens parfois perdu dans les considérations linguistiques d'une telle langue morte, mais je touche la beauté de l'âme. Cet homme qui perd progressivement la vue, et qui ne perçoit plus que des ombres de lumière dont le soleil lui brûle sa rétine. Cette femme qui ne dit pas un mot. Elle semble avoir perdu l'usage de la parole. D'ailleurs m'entend-elle ? Pourquoi ne me parle-t-elle pas ? Ces deux êtres dont leurs blessures paraissent s'inscrire au plus profond d'eux-mêmes, vont se retrouver. Avec timidité mais émotions...
Parce qu'il ne faut pas s'arrêter au silence de l'un ou au regard absent de l'autre. Ces différences ne sont pas des signes d'indifférence. Bien au contraire. Ce fut un tel bonheur de voir leur histoire se rejoindre, avec ainsi leur « handicap » qui font d'eux des êtres à part. Est-ce parce que l'on ne parle pas que l'on ne ressent pas cet étrange sentiment qui peut apparaître parfois sous le nom de l'amour ? Une nuit illuminée par le bleuté de sa lune, ils vont partager leur sentiment. Des regards aux lunettes cassées, des mains qui se touchent et se coupent, des paroles échangées à sens unique, une écoute d'âme à âme. Il parle, elle lui répond en tenant sa main. Elle le regarde dans les yeux, profondeur de l'âme, il sent son parfum l'entourer. Des signes d'amour qui se passent de mots, nuit silencieuse la fenêtre sur l'extérieur fermée.
Bonsoir chef ! Galette, salade tomates oignons, sauce blanche et harissa... Et une Efes s'il vous plait.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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nadiouchka
  18 août 2017
C'est par un heureux hasard que j'ai pu lire « Leçons de grec » de Han Kang : en effet ce livre m'avait été prêté par une amie qui l'avait reçu en avant-première et je l'ai lu en une seule soirée.
La parution ayant été prévue pour le 17 août 2017 (donc hier), j'ai attendu aujourd'hui, tout de même, pour publier ma chronique et apparemment ça tombe à pic et je suppose qu'il a été pas mal lu.
Han Kang est une écrivaine sud-coréenne, fille du célèbre Han Seung-won (écrivain lui aussi). Plusieurs des romans de Han ont été adaptés au cinéma et elle a aussi reçu le prestigieux Man Booker Prize 2016 pour « La Végétarienne ».
Ce livre m'avait d'abord attirée par sa belle couverture, très belle, rouge avec des fleurs que je suppose être des lotus. Une présentation déjà bien attrayante.
Ensuite, connaissant la célébrité de l'écrivaine, je ne doutais pas que ce petit livre me plairait bien.
Mais je ne vais pas pouvoir en dire grand-chose car ce serait le résumer.
Dans ce roman, le lecteur a droit à un genre particulier et très émouvant.
En effet, il a pour personnages principaux, un homme et une femme.
L'homme, lentement perd la vue. La femme a perdu l'usage de la parole et tente par tous les moyens de la retrouver et c'est pour cela qu'elle prend des leçons de grec, ancien avec un professeur qui se révèle être celui qui perd la vue.
C'est en page 16 qu'est expliquée ce qui est arrivé à cette femme :
« La chose avait fini par se produire un hiver, alors qu'elle venait dix-sept ans. Les paroles qui l'enfermaient et la piquaient comme un habit tissé de milliers d'aiguilles avaient soudain disparu. Elle les entendait de ses deux oreilles, mais un silence semblable à une couche de brume épaisse et dense faisait bouchon quelque part entre celles-ci et le cerveau. »
Ces deux personnages parlent chacun à tour de rôle et paraissent résignés de leur sort, surtout le professeur. C'est en cela que c'est déjà très touchant et c'est aussi pourquoi on utilise le terme plus scientifique de résilience.
Il faut dire aussi que la femme a un petit garçon qui a des attentions particulièrement gentilles : par exemple, quand il lui donne un surnom : « Tristesse de la neige qui tombe en abondance » (page 99).
Le professeur et la femme vont se rapprocher peu à peu et s'aider comme ils peuvent.
Je n'en dirai pas plus sauf que c'est une bien jolie histoire, écrite simplement, parfois avec des phrases qui se suivent les unes après les autres, des petits paragraphes sur des pensées, mais un livre bien agréable, tout simple, sans fariboles, dépaysant car nous sommes en Corée du Sud et il n'est pas courant que certains de ses habitants se tournent vers le grec.
Le lecteur aussi a droit à quelques petites leçons en découvrant certains mots.
Pour moi ce fut une jolie lecture et je comprends pourquoi Han Kang a déjà connu du succès. Je ne peux que lui souhaiter d'en avoir encore.

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OlivierH77
  04 novembre 2017
Une rencontre entre un homme et une femme pourrait donner lieu à une histoire somme toute banale...La sud-coréenne Han Kang parvient à en faire un roman d'une forte originalité en mettant le handicap au coeur de l'histoire.
Nous sommes en Corée. Elle a perdu sa voix subitement, une première fois à 17 ans, puis elle l'a retrouvée, mais reperdue il y a quelques mois. Dans l'intervalle, elle a eu un enfant. On ne saura rien du père inexistant. Elle vit plus que sobrement dans un petit appartement. Sa vie, monotone, c'est de marcher dans la nuit, prendre des bus pour rentrer, voir son enfant quand les institutions où il a dû être placé, vu son handicap à elle, lui en laisse le loisir. Et surtout, elle apprend le grec ancien, ce qui est fort rare en Corée, comme pour donner un sens à son existence en pointillés.
Lui est un coréen qui s'est installé quelques années en Allemagne. Il a eu des rapports difficiles avec son père aujourd'hui décédé, au contraire de sa grande proximité de coeur avec sa soeur. Rentré en Corée, l'obscurité tombe peu à peu sur sa vie, inexorable, face à une dégénérescence oculaire qui s'avance. Il est professeur de grec ancien…
Bien sûr, ils vont se rencontrer, dans ce cours où seuls quelques rares élèves se sont inscrits. Leur rencontre n'a rien à voir avec un coup de foudre...c'est tellement long déjà de se capter l'un l'autre, lorsqu'il manque un sens à chacun !
Les deux personnages sont des boules de souffrance. Le handicap dont ils souffrent les enferme sur eux-mêmes, dans leurs souvenirs névrotiques, leurs rêves et cauchemars. L'auteur nous les livre bruts, ce qui donne une sensation d'étrangeté, d'histoire décousue, sans progression. Comme s'il n'y avait pas d'issue pour eux, chacun dans leur bulle de mutisme, de secret et de pudeur.
La construction du récit rend parfaitement cette atmosphère, elle est assez complexe et déroutante, les personnages ne sont pas nommés, on parle de "la femme", alors que l'homme, au moins partiellement, se raconte, recolle ses morceaux d'existence, lorsque l'auteur le place en narrateur.
Assurément une histoire pas comme les autres, obscure comme la nuit implacable qui dévore l'existence de ces deux êtres solitaires limités par le destin. Et pourtant...lumineuse lorsqu'à la faveur d'un incident, ils vont tenter, maladroitement, à tâtons, de se lier dans une innocence presque de nouveaux nés, dans une sensibilité à part, que seuls eux-mêmes peuvent saisir, comme recroquevillés dans une petite coque de noix, ballotés sur l'océan de la vie.
Lumineux et obscur à la fois, c'est aussi le style de l'auteur, d'une puissance évocatrice et d'une beauté rares, et néanmoins sans emphase.
Je tiens à remercier chaleureusement Babelio et les éditions le Serpent à plumes pour cet envoi dans le cadre de masse critique, un peu laborieux (merci à Charlotte d'avoir persévéré !)...ça valait la peine de découvrir cet auteur-clé à la renommée aujourd'hui internationale. De quoi me donner envie, aussi, avec les écrivains japonais et plus récemment chinois, de découvrir les talents de la littérature coréenne.
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Albertine22
  27 août 2017
e viens de tourner la dernière page de ce roman. Je regarde, une nouvelle fois, sa couverture, si belle et épurée et je me dis qu'avec Han Kang, je n'ai pas suivi de lecons de grec mais une leçon de lecture. Plus d'une fois, j'ai été tentée d'abandonner ce livre, face à un passage hermétique pour moi. A chaque fois, j'ai été rattrapée par une phrase, un paragraphe, un chapitre d'une absolue limpidité, confinant à la grâce.
Un mois de juillet chaud et moite à Séoul. le cours de grec ancien dispensé par l'un des principaux protagonistes n'est plus suivi que par quelques personnes. le professeur porte des lunettes aux verres très épais. Aucun de ses étudiants ne connaît son secret.Il est atteint d'une maladie dégénérative et perd lentement, mais inexorablement la vue. le diagnostic a été posé très tôt et depuis, cet homme vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Han Kang suggère plutôt qu'elle ne montre les incidences de cette cécité programmée sur les choix de vie qu'il a pu faire. Toute sa famille a quitté la Corée du Sud pour l'Allemagne alors qu'il était adolescent. Il a décidé d'y revenir, seul, alors que sa maladie, a énormément progressé. Ce retour au pays de sa naissance, ce bain linguistique dans sa langue d'origine semblent apaiser sa peur grandissante du moment où il va basculer dans l'obscurité.
Une de ses étudiantes l'intrigue, une femme entre deux âges, de noir vêtue, qui ne parle jamais. Elle ne répond à aucune question, il en conclut qu'elle est muette. Cet autre personnage souffre d'un handicap plus complexe. Les mots se refusent à sortir de sa bouche. Ils sont là, quelque part, mais "la chose" est revenue. Cette "chose" apparue à l'adolescence est un blocage au niveau de la parole, un mutisme inexpliqué, la privant de toute vie sociale, lui ôtant ce qu'elle a de plus cher et de plus douloureux, sa passion pour le langage. Très jeune, elle a été fascinée par les mots, par leur extraordinaire richesse. Fascinée et effrayée. Pour elle, un mot de travers est une blessure. Ce rapport ambivalent à sa langue l'a amenée à ce cours de grec ancien. Elle espère que l'apprentissage de celui-ci, extrêmement ardu, va lui permettre de s'extirper de sa gangue de silence.
Cet homme et cette femme sont comme deux papillons de nuit tournant autour d'une source de lumière. Ils sont attirés par celle-ci alors même qu'elle a le pouvoir de les détruire. Pour l'homme, cette source porte un nom : Joachim Grundel. Il a fui l'Allemagne pour échapper au désir ardent de celui-ci. Pour la femme, cette source est peut-être sa trop grande aspiration à une langue débarrassée de toute scorie. Durant ces quelques semaines en suspens, dans cette grande ville, écrasée par la chaleur, le presque aveugle et la fausse muette, deux corps exprimant par leurs symptômes des personnalités complexes, vont se chercher à tâtons et se trouver.
le style de l'auteure est particulier, parfois réaliste, épinglant sans concession ses contemporains, parfois d'une poésie épurée. Ce sont ces instants de lecture, ces fulgurances, que je retiendrai surtout de ce roman. La fin est un véritable bijou.

Une lecture âpre, sombre, parsemé
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 octobre 2017
La nuit n’est pas silencieuse.
Le bruit assourdissant de l’autoroute non loin de là dessine sur les tympans de la femme des milliers de lignes comme tracées par autant de lames de patins à glace.
Le magnolia pourpre dont les pétales flétris ont commencé à tomber brille sous la lumière du lampadaire. Elle marche, se frayant un chemin à travers la sensualité des fleurs si abondantes qu’elles font fléchir les branches, à travers l’atmosphère de cette nuit de printemps dont on dirait qu’il va se dégager un parfum sucré si on l’écrase. De temps à autre, elle passe ses deux mains sur son visage alors qu’elle sait que rien ne coule sur ses joues.
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le_Bisonle_Bison   03 octobre 2017
Lorsqu’elle avait l’usage de la parole, il lui arrivait de fixer son interlocuteur au lieu de lui parler. Comme si elle croyait que son regard était capable de traduire parfaitement ce qu’elle voulait dire. Elle saluait, remerciait et s’excusait avec les yeux et non par la parole. Elle pensait qu’aucun contact n’était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard. Il s’agissait pour elle de la seule façon de communiquer sans établir un contact direct.
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le_Bisonle_Bison   23 septembre 2017
Elle se penche en avant.
Serre le crayon qu'elle tient dans la main.
Baisse la tête.
Les mots s'enfuient de sa main.
Les mots qui ont perdu ses lèvres,
les mots qui ont perdu les racines de ses dents et sa langue,
les mots qui ont perdu sa gorge et son souffle ne se laissent pas saisir.
Comme un fantôme sans corps, la forme ne se laisse pas toucher.
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le_Bisonle_Bison   27 septembre 2017
Quelque fois, elle a l’impression d’être non pas un humain mais un objet mobile, solide ou liquide. Quand elle mange du riz chaud, elle a l’impression d’être du riz. Quand elle se lave le visage à l’eau froide, elle a l’impression d’être de l’eau. En même temps, qu’elle n’est ni du riz ni de l’eau, mais une matière solide et irréductible qui refuse de se mélanger à quoi que ce soit.
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nadejdanadejda   17 septembre 2017
Il arbore une expression particulière lorsqu'il s'adresse à quelqu'un. Son regard dit qu'il sollicite humblement l'accord de son interlocuteur, mais il est parfois imprégné d'autre chose que de la simple humilité, d'une sorte de tristesse délicate. p 90
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Videos de Han Kang (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Han Kang
Voici la première vidéo du "jeu des cinq sens" avec la complicité de Han Kang, auteure de la Végétarienne (2015), Celui qui revient (2016) et dernièrement, Leçons de Grec (août 2017).
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