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Ferdinand Alquié (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070110728
1603 pages
Éditeur : Gallimard (11/01/1985)
4.29/5   7 notes
Résumé :

Ce volume contient les oeuvres suivantes : Des Prolégomènes aux Écrits de 1791 : Les Écrits de 1783-1784 - Les Écrits de 1785 - Les Écrits de 1786 à 1788 - La Critique de la raison pratique - Les Écrits de 1789 et la Critique de la faculté de juger - Les Écrits de 1790-1791. Traduction de l'allemand par Ferdinand Alquié, Alexandre J.-L. Delamarre, Victor Delbos, Jean Ferrari, Luc Ferry, François... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Enroute
  11 août 2018
Dans les "Prolégomènes à toute métaphysique future" Kant marque ses vexations du nombre de commentaires négatifs sur sa Critique de la raison pure, accusée d'être incompréhensible et illisible... Il argumente : il faut bien établir formellement les choses complexes avant de pouvoir les vulgariser. Il le fait alors en reprenant une méthode opposée à celle de la Critique, à savoir analytique.
Dans l'"Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique", il énonce neuf lois qui permettraient d'écrire une histoire universelle (donc de l'humanité) sur la base des lois de la nature fondée sur l'idée que les êtres humains suivent les lois de la nature
Dans "Réponse à la question : qu'est-ce que les Lumières", il répond à une question posée dans le magazine "Berlinischer Monatsschrift". Il s'agit d'avoir l'audace de ne pas seulement faire un usage privé de sa raison mais également public. L'usage privé correspond à l'adresse que l'on fait à des personnes de son métier, de sa communauté, de son "univers" : ceux qui agissent comme vous et on les mêmes intérêts que vous. L'usage public, c'est de s'adresser comme savant à d'autres, indéterminés, ceux qui savent lire (pour une communication écrite). Alors on crée un échange, on accepte par avance la possibilité de la contradiction et donc on se met à argumenter, à faire usage de sa raison. En effet, dans l'usage privé, on suit les règles et conventions de son métier : on met sa raison de côté pour l'objectif poursuivi par son métier.
Ce texte, très court, nous fait prendre conscience que l'espace public n'existe plus aujourd'hui, mais que les espaces privés se sont multipliés (tous les réseaux sociaux, etc.). On comprend la différence entre "donner son opinion" dans un espace privé (je like) et exprimer un point de vue dans un espace public (contestation possible venant d'on ne sait où a priori). La question se pose aussi de la manière dont un espace public mondialisé peut se mettre en place (en de multiples langues donc).
"Les fondements de la métaphysique des moeurs" établit les conditions de la possibilité d'une volonté pure et de l'expression du principe premier de la moralité, sur la base des postulats de la raison pure. Kant met d'abord en évidence que les conditions d'une moralité sont liées à l'existence de la raison pure et n'a donc rien à voir avec la connaissance (des savants). La moralité est accessible à tout le monde. Il détermine ensuite que la volonté ne peut qu'être rationnelle (donc synthétique et a priori et non pas issue de données de la matière) chez un être raisonnable, c'est-à-dire que la volonté existe par elle-même, avant de trouver, le cas échéant, un objet d'application. La "bonne volonté" est la seule chose qui puisse être "bonne" de manière pure, c'est-à-dire objectivement. (la volonté est subjective, mais puisqu'elle suit, si elle est "bonne", la loi morale qui est en chacun de nous accessible par la raison pure, elle devient universelle ou objective). le problème est que l'être humain n'est pas un être raisonnable parfait et qu'il est sujet à l'inclination de la matière (Kant hait tout ce qui n'est pas intellectuel : sentiments, émotions, objet, matière, etc... C'est là qu'il devient un peu grincheux). Pour suivre malgré tout un comportement le plus rationnel qui soit, c'est-à-dire moral, il faut prendre conscience de ses impératifs : ces maximes que l'on se fixe à soi-même pour être "comme un être rationnel idéal" (que nous ne sommes pas, il n'y a que Dieu). L'impératif que je dois me donner afin de suivre un comportement rationnel (par la bonne volonté qui recherche l'universalité en toute action) est alors : "Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle". C'est alors que l'individu devient libre : il s'est donné à lui-même un impératif qui lui ferme les extravagances de celui ou celle qui se croit libre en méconnaissant ses limites et cet impératif est le plus "ouvert" qui soit. La fin (but) de la volonté est donc le même pour tout le monde et c'est le respect de la loi morale (qui vient d'être édictée). L'homme possède donc sa propre fin en soi et l'on peut dire aussi : "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen". On dit "comme une fin" et "en même temps", car, malgré tout, il faut bien travailler, et travailler c'est produire donc se considérer soi-même comme un moyen. Considéré comme une "fin", l'homme (et sans doute la femme aussi :-)) a donc une "dignité" et non un "prix". L'autonomie, c'est se donner cette loi morale à soi-même et les impératifs correspondants, c'est la liberté. L'hétéronomie, c'est puiser des maximes impératives en dehors de soi (Dieu, les autres, les conventions, une autorité quelconque, un penchant matérialiste). Nous devons donc nous considérer comme des êtres du monde intelligible qui fondent le monde sensible auquel nous sommes soumis de manière "pratique". C'est là que l'on commence à mon avis à tendre vers Leibniz. Quoi qu'il en soit, la liberté est la condition nécessaire d'un être rationnel car c'est la seule manière de rendre causal le monde intelligible. La liberté, c'est la conscience de sa volonté.
Les "Premiers principes de métaphysique de la science de la nature" définissent la matière de quatre manières en prétendant reprendre des méthodes mathématiques.
Les "conjectures sur le commencement de l'histoire humaine" postule l'existence originaire d'une seule espèce humaine, qui se serait ensuite déclinée en "races" (le mot n'a pas le sens qu'il a pris ensuite et signifie seulement que l'être humain est le même originellement et de tous temps, mais que le climat en a rendu l'apparence différente, il est affirmé que la raison pure est bien liée à l'espèce, c'est donc plutôt l'égalité qui ressort du texte).
"Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée" a été le dernier rayon lumineux de cet ouvrage, la suite est devenue de plus en plus pénible. Dans ce texte, Kant tranche la querelle sur le spinozisme (pour Spinoza, Dieu est une matière, ça ne plaît pas à tout le monde et pour le contrer, Mendelssohn, qui défend la raison, en vient à faire de la théologie, ça ne plaît pas à Kant). S'orienter c'est se donner un panneau indicateur. Dans le monde intelligible, ce panneau indicateur, c'est l'hypothèse ultime qui donne la possibilité à la raison de s'exercer : il faut postuler l'infini et l'être suprême pour ensuite diviser le temps et l'espace et envisager l'application du Bien suprême. Tenir que dieu existe absolument c'est renoncer à faire usage de la raison et c'est l'erreur de Mendelssohn : il perçoit l'utilité pour la raison de l'hypothèse de Dieu mais finit par le tenir pour existant et y noyer sa raison.
La "Critique de la raison pratique" reprend les fondements de la métaphysique des moeurs (qui n'était encore que métaphysique et pas encore application de la raison pure à des fins pratiques). C'est là que la philosophie de Kant qui ouvrait la pensée, à mon avis, la referme. Tout devient système, loi, jugement, etc. Kant n'aime pas les sens et donc sa philosophie est un refus de ce qui vient des sens, le modèle de l'être humain est donc un être sans corps, c'est-à-dire Dieu. On perd l'importance de l'humanité comme fin en soi au bénéfice d'un être au service d'une loi morale ("sous" la loi morale insiste Kant, c'est dire) qui est issue de Dieu (car maintenant son existence est devenue nécessaire). On verse dans la théologie et on se retrouve chez Luther : pour lui aussi l'être humain ne considère la matière que pour faire "ses bonnes oeuvres" et, sinon, agit selon les lois de la Bible. Chez Luther et Kant, l'individu est libre ; chez les deux il doit s'astreindre à suivre les mêmes principes "divins". L'être humain incline donc, sans nécessité (conscience de Luther et liberté chez Kant), mais c'est tout comme chez Leibniz : le monde est réglé d'avance, à nous de "tenir notre rang", d'être digne de respect, etc. La liberté n'existe donc que pour être bridée, et la seule vérité est celle que l'on suit, seul, avec sa conscience pour soi. C'est d'un triste !
La "Critique de la faculté de Juger" est très longue et très ennuyeuse. Il s'agit de renforcer le lien entre la raison pratique et la raison pure. Avec le pouvoir de connaître (raison pratique), celui de désirer (raison pure avec la volonté qui suit le Bien suprême), se trouve le sentiment de plaisir et de déplaisir. C'est là que se renforce le "retour" à Leibniz. La Beauté ne peut être qu'un plaisir "pur", c'est-à-dire intellectuel et universel. Mais comment expliquer alors qu'elle soit "jugée" d'après un "extérieur" ? La solution est très "harmonieuse" : la faculté de juger réfléchissante juge sans concept a priori et se rend compte, quand la nature lui est donnée (le Beau est naturel chez Kant), que naît un plaisir. le jugement esthétique est donc non conceptuel (contrairement aux autres jugements de l'entendement) ; il est "surpris" si l'on peut dire. La nature a donc ses lois et elles correspondent (magie magie) aux lois universelles de la raison pure (la loi morale). Ainsi : "la nature spécifie ses lois universelles en lois empiriques, conformément à la forme d'un système logique, au profit de la faculté de juger". Harmonie, quand tu nous tiens. Ainsi s'explique le passage entre le phénomène de l'intuition (l'objet en "pensée") et le jugement de l'entendement : par une harmonie due à deux systèmes "législatifs"et causaux, l'un du côté de la nature (monde matériel) et l'autre du côté de la raison pure (monde intelligible) ; les deux ayant le même Créateur bien entendu, d'où l'opérativité du mécanisme. Qui ne se sent pas ici dans la monadologie ? Dans cette histoire, les belles phrases sur l'humanité comme fin en soi disparaissent : c'est finalement pour entrer dans une grande mécanique que l'être humain est libre et sa finalité est celle du système "monde-Univers-Nature-Dieu-etc". Bref, nous sommes nous-mêmes le moyen de Dieu dont la finalité est de suivre la loi et de l'admirer dans la nature. Soupir. La toute-puissance de la raison humaine s'est liquéfiée au bénéfice d'une raison pour Dieu. L'être est certes raisonnable, mais il n'en est pas bénéficiaire : c'est juste un moyen d'être plus proche de Dieu... Il aurait fallu tenir que l'homme était, en plus, maître de sa raison et qu'il pouvait bien l'utiliser pour lui, c'est-à-dire pour l'humanité. Mais ce pas n'est pas franchi. C'est que Kant marque une incompréhension qui confine à l'hermétisme concernant les arts : plus difficile à comprendre que Dieu est l'artiste : son "génie" surgit avec lui et meurt avec lui. On ne peut pas le comprendre. Son "génie" n'est pas plus compris par l'artiste lui-même : il en fait usage, c'est tout. On a l'impression de voir l'image de l'artiste torturé qui doit absolument "accoucher" de son oeuvre, malgré lui... Ce "génie" lui permet d'avoir plus l'intuition que les autres des lois de la nature. Comme l'art humain est artificiel, c'est qu'il est produit en vue d'une fin, il ne provoque donc pas de "pures" beautés, qui ne sont que naturelles. Par ailleurs, cette finalité (de l'art) est de provoquer une satisfaction. Nous voilà chez Aristote. L'art humain est donc vulgaire et, finalement, ce "génie" artistique est plutôt pour Kant une manière de rejeter hors de son système ce qu'il ne comprend pas et ne veut pas comprendre plutôt qu'une admiration pour une faculté quelconque. Kant n'a pas l'idée que l'être humain puisse, par son art, exprimer ce qu'il est puisqu'il est lui aussi une créature "naturelle". On pourrait lui reprocher ici de s'intéresser un peu trop à la "pratique" de son temps (l'art représentatif) et de sacrifier son exigence pour la théorie...
"Sur une découverte selon laquelle toute nouvelle Critique de la raison pure serait rendue superflue par une plus ancienne", Kant répond aux accusations qu'on lui porte : à savoir qu'il n'a rien inventé et que tout son système se trouvait déjà chez Leibniz. Il rétorque qu'il est facile de trouver une fois qu'il a été indiqué ce qu'il fallait chercher mais que la difficulté est précisément d'expliquer et de justifier ce qu'il faut chercher. Il confirme ensuite sa réappropriation de Leibniz dans le "miroir" entre l'entendement et l'intuition et suggère que sa Critique puisse être une "véritable apologie de Leibniz".
Enfin, "Sur l'insuccès de toutes les tentatives philosophiques en matière de théodicée" prouve que toutes les justifications tentées pour expliquer que Dieu existe malgré l'existence du Mal (il y en a neuf) ont échoué. La seule manière dont on puisse justifier l'existence d'un système divin est de suivre avec authenticité la loi morale (cf ci-dessus) qui est d'inspiration divine. Bien. Donc là, on est franchement au-delà de la réalité humaine et on a clairement versé dans la métaphysique ; Kant n'a pas résisté à devoir trouver un juge suprême à l'authenticité de l'individu : il ne faut pas mentir car Dieu "qui se fait jour dans les coeurs" veille. C'est la peur, donc comme chez Hobbes, qui doit diriger les êtres humains : "oses-tu, par tout ce qui t'es cher et sacré, te porter garant de la vérité de cet important article de foi, ou bien d'un autre tenu pour tel ? Devant pareille exigence, la conscience intime est prise d'effroi".... l'authenticité commence donc pas ne pas mentir à Dieu et à dire "je crois" en le croyant vraiment, sur la tête de sa mère. Reste qu'à ne parler que de lois, de jugements, de respect, de caractère on finit par se croire au tribunal - et de cette vie-là, on n'en veut pas trop.
En conclusion, cet ouvrage de Kant révèle une toute autre philosophie que celle de la Raison pure : on avait un ouvrage éclairé et diablement (hi hi hi) concret dans la Critique de la Raison pure, tandis que plus on s'approche d'applications concrètes (et plus Kant vieillit peut-être aussi), plus on verse dans la bigoterie et la toute puissance d'un terrible Dieu qui regarde dans les coeurs pour établir la vérité. Ce n'est plus l'individu qui raisonne par soi-même, c'est un système de commandement intégré qui règle les gens comme des petits soldats, chacun en lien direct avec le rayon autodestructeur du Tout-puissant afin d'éradiquer le mensonge sur la Terre. Ce qui manque à Kant, c'est qu'à aucun moment il ne se laisse la possibilité de penser que la vérité puisse se trouver par le dialogue (pour un partisan de la dialectique, c'est embêtant) et la société. Celle-ci est abhorrée, car les discussions sont vaines et futiles et n'apportent rien à la recherche de la vérité. Ce n'est donc plus ici l'être humain qui est au coeur du système kantien, mais une vérité au-delà de l'être humain, qu'il faut suivre, s'astreindre à respecter, sans mensonge, etc. La vie perd toute sa saveur maintenant...
Reste qu'en poursuivant sans relâche sa réflexion, il donne avec clarté son point de vue et offre des points d'argumentations nombreux : innombrables sont les pensées qui surgissent à la lecture de ses textes. On a aussi l'impression de l'avoir connu, ce personnage : solitaire mais pas misanthrope, appréciant le calme et la concentration, préférant la compagnie des livres ou de ses élèves, peut-être, pour le formalisme des rapports, plutôt que celle de ses collègues ou amis. Un personnage un peu fermé à l'intersubjectivité donc (il devait se taire quand il y avait du monde....), que l'on ne fera pas changer d'avis parce qu'il a le sien et qu'il y tient, et tient les arts pour futiles puisqu'on n'y apprend rien qui "élève" au-dessus du vulgaire (croit-il). Mais un personnage sans doute pas si austère que cela : il aime les blagues (si si, il va jusqu'à en raconter quelques-unes qui le font bien rire !). La question est de savoir où il a pris connaissance de ces blagues ? On se doute, vu ce qu'il dit des repas en société (avec du vin, en plus, quelle déchéance), que ce n'était pas avec des amis. A moins que ? Ce grand exigeant jugeait peut-être que passer un repas entier pour une petite blague était trop cher payé ; mais ce qui est pris n'est plus à prendre et on s'amuse bien un peu tout de même en société, même si ce temps perdu aurait pu être mieux employé à l'étude... Et puis on peut toujours se reprocher après coup ce temps perdu... Finalement, on comprend que le droit international et que le cosmopolitisme s'inspirent de ses écrits pour la très grande abstraction des normes qu'ils fixent et justifient. Mais entre les lois du Tribunal Pénal International ou celles de la Cour Européenne des Droits de l'Homme et le plaisir de manger une pomme, il y a du chemin et Kant n'est peut-être pas le meilleur auteur pour théoriser ce dernier aspect de l'existence.
Car Kant lui-même a dérogé à sa loi morale : si tout le monde passait son existence à écrire des livres, l'humanité, qui ne produirait plus alors ni de fruits ni de produits manufacturés, s'éteindrait... Comme quoi, au-dessus de la loi morale s'en trouve une autre : "lis ce que tu veux mais garde-toi de vouloir appliquer les maximes universelles avec plus de rigueur que ne sont capables de les mettre en oeuvre ceux qui les énoncent"... L'universel, ça a du bon, mais dans une certaine mesure...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
EnrouteEnroute   05 août 2018
La nature a voulu que l'homme tire entièrement de lui-même tout ce qui dépasse l'ordonnancement mécanique de son existence animale, et qu'il ne prenne part à aucune autre félicité ou perfection que celles qu'il s'est lui-même créées indépendamment de l'instinct, par sa propre raison.

Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique.
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EnrouteEnroute   07 août 2018
Hommes riches de facultés intellectuelles et de vastes pensées ! Je vénère et j’aime vos sentiments humains ! Mais avez-vous bien réfléchi à votre démarche et à l’aboutissement de vos attaques contre la raison ?

Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ?
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EnrouteEnroute   05 août 2018
Faut-il maintenant attendre d'un concours épicurien de causes efficientes que les Etats, semblables aux atomes de matière, essaient en s'entrechoquant au hasard toutes sortes de configurations qui sont à leur tour détruites par de nouveaux chocs jusqu'à ce que, par hasard, une de ces configurations qui peut se maintenir dans sa forme réussisse finalement ( heureux hasard dont l'éventualité semble bien difficile !) ?

Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique.
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EnrouteEnroute   05 août 2018
Si le lecteur se plaint de la peine et de la fatigue que je lui infligerai pour la solution de ce problème, il n'a qu'à tenter de le résoudre lui-même de façon plus facile.

Prolégomènes...
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EnrouteEnroute   10 août 2018
l'héritier d'un parent riche veut lui organiser de solennelles funérailles, mais se plaint de ne pouvoir y parvenir, car, dit-il : "Plus je donne d'argent à ceux que j'ai engagés pour pleurer le disparu, et plus ils paraissent gais".
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Cours de François Jullien
Les cours méthodiques et populaires de philosophie permettent à toutes et tous de se familiariser avec la philosophie, son histoire, ses auteurs, ses concepts. Axées ce semestre autour des « concepts de combat », les questions abordées chaque semaine par un philosophe différent couvrent des pans variés de la discipline.
En savoir plus sur les cours méthodiques et populaires de philosophie : https://www.bnf.fr/fr/agenda/les-cours-methodiques-et-populaires-de-philosophie
Qu'ai-je le droit d'espérer ?
« Qu'ai-le le droit d'espérer ? » est la troisième question posée par Kant, après celles portant sur la connaissance et la morale. Kant la croit universelle, mais n'est-elle pas singulière dans sa formulation juridique et son rapport à la rationalité ? En quoi elle est à la transition de deux âges de la culture européenne. Dans sa tradition, l'espérance a un contenu religieux : l'immortalité de l'âme et la béatitude au paradis (la « belle espérance » de Platon et dans le christianisme). Dans sa modernité, l'espérance est tournée vers l'Histoire : la croyance au Progrès et le bonheur sur Terre. Or, qu'en est-il aujourd'hui avec le retrait du religieux et l'effondrement des utopies révolutionnaires (quand il n'y a plus de « lendemains qui chantent », voire quand on n'est plus sûr du sort de la planète) ? Notre espérance est en miettes… Dois-je y rajouter la Covid ? Peut-être faut-il donc apprendre à concevoir, non plus en bloc, mais précisément, c'est-à-dire de façon qui ne soit pas idéologique, ce que peut être une espérance politique, comme seule issue qui reste quand le rapport de forces est défavorable (Thucydide en donne une analyse exemplaire). Ou bien ce que peut être une espérance de l'impossible faisant rayonner l'existence présente (Kierkegaard ose l'aborder de façon radicale). Reste aussi à penser si l'on ne peut pas vivre sans espoir sans être pour autant désespéré : ne serait-ce pas cela la lucidité ?
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