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ISBN : 237385080X
Éditeur : Du Sonneur (24/05/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Des empreintes qui s'arrêtent soudainement dans la neige, un homme qui a pour seul tort de paraître suspect, un voleur de cactus qui disparaît à l'autre bout du monde, un poète qui se transforme en détective, Dieu qui apparaît comme témoin de la Justice humaine, une cellule de prison dont les occupants se repentissent, un cadavre retrouvé dans une valise déposée à la consigne d'une gare... Dans ces quarante-huit nouvelles, dont plus de la moitié était inédite en fr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  16 novembre 2018
"Pourtant, croyez-moi, il faut qu'il y ait Quelqu'un d'absolument juste. C'est une évidence, Monsieur. Nous ne pouvons que châtier, pourtant il faut bien qu'il y ait quelqu'un, quelque part, qui pardonne. Je vais vous dire, la véritable justice, la justice supérieure, est aussi étrange que l'amour."
("Crime à la poste")
L'âme humaine est profonde. Profonde. Profonde...
Et Capek l'examine sous toutes ses coutures, dans ce double recueil des histoires criminelles "de poche".
Je retourne régulièrement avec plaisir vers ce livre rempli de la poésie des temps passés, et son atmosphère élégante de la Première République Tchécoslovaque, où les dames portaient des chapeaux "cloche" et des robes "charleston", et les hommes fumaient des "égyptiennes" et mettaient une fleur dans leur boutonnière.
Même si la qualité des histoires n'est pas toujours égale, on y trouve quelques merveilles inoubliables.
Comme cette "Ballade de Youraï Tchoup", à qui le Tout-Puissant à permis de survivre à une tempête de neige dans les Carpates, pour qu'il puisse se rendre à la justice humaine. Vous y sentez comme une odeur de lampes à l'huile, de manteaux en peau de mouton et de l'Ancien Testament.
Comme ce "Chute de la maison Voticky", où l'on résout une affaire vieille de 500 ans grâce à l'érudition d'un professeur obstiné et le sens de la déduction d'un commissaire dubitatif.
Comme ces histoires d'un voleur de cactus passionné, d'un très rare chrysanthème bleu, ou d'un cambrioleur-poète.
Ou "Les pas dans la neige", qui s'arrêtent inexplicablement au milieu de la route - faut il appeler la police, vu que ça frôle de près la métaphysique ?
Parfois on a une fin ouverte qui interpelle le lecteur; ni vu, ni connu, Capek nous fait réfléchir sur nos faiblesses, notre conscience, sur la justice humaine et la justice "supérieure" avec un détachement pragmatique et intelligent.
Ces histoires se lisent toutes seules. Et, étrangement, même si ça parle de crimes et meurtres, elles font chaud au coeur.
C'est la première fois que j'ai pu lire ce recueil en français, et je trouve que la traduction est plutôt bonne; ce n'est pas aisé de traduire les phrases de Capek, pourtant simples, mais où chaque mot est tellement à sa place. Y compris les expressions populaires un peu désuètes.

Il y a aussi de la nostalgie, là-dedans...
Où sont ces temps où l'on pouvait dire tout simplement : " Un crime, Monsieur, c'est soit une affaire de jalousie, soit une affaire d'argent."...?
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florence0805
  18 février 2019
Karel Capek : contes d'une poche et d'une autre poche. Nouvelles traduites du tchèque par Barbora Faure et Maryse Poulette, éditions du Sonneur, 2018
Plus que de nouvelles, ceci est un recueil de contes, comme son titre l'indique. En effet les histoires sont présentées comme des contes par leur forme : elles débutent toutes par une entrée en matière annonçant un récit du style « l'histoire que je vais vous raconter s'est passée en… », et sont relatées par des narrateurs différents.
Dans ces quarante-huit nouvelles, dont plus de la moitié étaient inédites en français, Karel Čapek mêle l'ordinaire à l'extraordinaire, l'humour à la satire ; il est souvent question de crimes, de disparitions, de mystères. Les Contes d'une poche et d'une autre poche sont parfois des paraboles qui font réfléchir, mais aussi beaucoup sourire.
Karel Capek (1890-1938) a écrit plusieurs romans, recueils de nouvelles, pièces de théâtre. Il parle pour la première fois du mot « robot » en 1920, dans un texte de science-fiction, terme inventé par son frère Josef.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   08 novembre 2018
Quand on n'arrive pas à s'endormir, on essaye d'abord de ne penser à rien; on se met à compter - ou à prier. Soudain, il nous vient à l'esprit : "Bon sang, j'ai oublié de faire telle ou telle chose, hier ! " Et ensuite, on se rend compte qu'on s'est sûrement fait avoir à la caisse du magasin au moment de payer. Puis on se souvient que l'autre jour, notre femme ou notre ami nous a répondu d'une drôle de manière. Plus tard, un meuble craque, on se dit qu'il y a un voleur et on commence à brûler de peur, ou de honte. Et une fois qu'on est affolé, on réfléchit à son état physique, et, couvert de sueur, terrifié, on essaie de se rappeler tout ce qu'on sait sur la néphrite ou le cancer. Et tout à coup, on repense à une idiotie embarrassante qu'on a commise vingt ans plus tôt, qui nous donne à nouveau des sueurs froides. Petit à petit, on est confronté à soi-même, cet être étrange, obstiné et détestable; à ses faiblesses, à ses bassesses, à sa mauvaise conduite, ses limites, sa partialité, ses bêtises, ses humiliations et ses souffrances depuis longtemps passées. Toutes les choses gênantes, douloureuses et vexantes qu'on a vécues nous reviennent, comme au premier jour. Rien ne nous est épargné, quand on ne parvient pas à dormir.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   30 octobre 2018
Les gens ont cette idée surprenante, poursuivit-il au bout de quelques instants, que la police, et surtout les policiers en civil, s'intéressent aux énigmes. Or nous, nous n'avons que faire des énigmes, ce qui nous intéresse, ce sont les troubles à l'ordre public. Nous, Monsieur, nous ne nous soucions pas d'un crime parce qu'il est mystérieux, mais parce qu'il est interdit par la loi. Nous ne poursuivons pas un criminel par curiosité intellectuelle; nous le poursuivons au nom de la loi. Ecoutez, les balayeurs n'arpentent pas les rues avec leur balai pour repérer les empreintes des gens dans la poussière, mais pour balayer et faire disparaître tout ce que la vie dépose. Le maintien de l'ordre n'a absolument rien d'énigmatique. C'est un travail dégueulasse, Monsieur, et celui qui veut mettre de l'ordre doit plonger les mains dans toutes sortes de cochonneries. Après tout, il faut bien que quelqu'un le fasse, dit-il d'un ton accablé, comme il faut que quelqu'un abatte les veaux. Mais tuer les veaux par curiosité, c'est de la barbarie; il faut uniquement les tuer par profession. Lorsqu'on a le devoir de faire quelque chose, on sait au moins qu'on a le droit de le faire. Voyez-vous, la justice doit être aussi incontestable qu'une table de multiplications.
("Les pas dans la neige")
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   25 octobre 2018
Si vous saviez ce qu'est une tempête de neige dans les Carpates; si vous saviez ce que c'est, quand le sol est recouvert de deux mètres de neige; si vous aviez vu ce pauvre petit gringalet, Youraï Tchoup, qui avait attendu pendant six heures dans ce froid terrible, devant la gargote, pour avouer qu'il avait assassiné l'indigne servante de Dieu Maryna Matej, je ne sais pas ce que vous auriez fait, mais moi, je me suis signé, et Youraï Tchoup s'est signé aussi, et ensuite, je l'ai arrêté. Puis je me suis lavé la figure avec de la neige, j'ai chaussé mes skis, et avec Kroupa, un gendarme, nous nous sommes mis à grimper vers Volova Lehota. Et si le général de gendarmerie en personne était venu m'interrompre en disant : "Havelka, t'es fou, tu n'y arriveras pas, tu vas risquer ta vie par ce temps", je lui aurais fait un salut en répondant : "Mes respects, mon général, mais c'est un ordre du Seigneur." Et j'aurais continué.
("La ballade de Youraï Tchoup")
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   18 août 2018
Le meurtre de l'agent Bartoš avait violé cette espèce de familiarité qui existe entre le policier et le malfaiteur de métier. Qu'il ait tiré passait encore, mais tirer dans le ventre, ça ne se faisait pas, même pas pour les bêtes

La fin d'Oplatka, p. 194
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   22 août 2018
Les peines de cœur ne peuvent rivaliser avec les peines du collectionneur. Pourtant, aucun colletionneur ne s'est encore donné la mort. Au contraire, ils vivent généralement jusqu'à un âge avancé. Cela doit être une saine passion.

Le cintāmini aux oiseaux, p. 309
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Video de Karel Capek (1) Voir plusAjouter une vidéo
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