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Joseph Gagnaire (Traducteur)Josef Capek (Illustrateur)
EAN : 9782264030337
154 pages
Éditeur : 10-18 (14/12/1999)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Des cent manières de créer un jardin, la meilleure n'est sans doute pas celle de payer un jardinier. Celui-ci ne vous plantera tout d'abord que de vulgaires bouts de bois, plus proches du manche à balai que du forsythia dont vous rêviez… Et s'il retourne votre terre, soyez sûr qu'il ne vous en laissera qu'un désolant désert de gris pour tout gazon. Quelques temps encore, et vos allées ne seront que boue gluante partageant deux carrés de moisissure verdâtre. Vous hau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  12 octobre 2017
Dans l'Année du jardinier, édité en 1929, Karel Capek, observe avec humour, tendresse et poésie, au fil des mois et des saisons qui s'égrènent au rythme d'un almanach, l'étrange comportement du jardinier qui apparaît comme un combattant de l'impossible. L'auteur décrit sa lutte éternelle contre la météo, trop sèche ou trop pluvieuse mais jamais idéale, contre les gelées tardives ou les printemps précoces qui saccagent ses espérances, contre les pucerons et même contre son tuyau d'arrosage récalcitrant. Il fait partager aux lecteurs ses joies loupées de peu, comme la floraison du premier bouton de forsythia annonciateur du printemps, qui choisit d'éclore alors que le jardinier a le dos tourné, ou la récolte miraculeuse de ses radis, qu'il est le seul à apprécier chez lui et qu'il doit manger jusqu'au dernier pour ne pas les perdre. Et lorsqu'enfin arrive la période des récoltes, de l'abondance, en été, quel crève-coeur de devoir partir en vacances !

Mais sous la légéreté et la drôlerie accentuées par les dessins naïfs de son frère Josef, sommeille le docteur en philosophie qui sous couvert de jardinage, distille en filigrane quelques sujets de réflexion ou de méditation, qu'il faut débusquer comme des fleurs rares bien cachées sous leur emballage horticole : « Nous ne voyons pas les germes parce qu'ils sont sous la terre ; nous ne connaissons pas l'avenir parce qu'il est en nous. Parfois, il nous semble que nous sentons la pourriture, encombrés que nous sommes de vestiges desséchés du passé ; mais si nous pouvions voir tous les rejets gros et blancs qui se frayent un chemin à travers cette vieille terre de civilisation qui s'appelle « aujourd'hui », toutes les graines qui germent en secret, tous les vieux plants qui se rassemblent et se ramassent pour former un germe vivant, qui un jour éclatera pour créer une fleur vivante, si nous pouvions voir ce fourmillement caché de l'avenir au milieu de nous, il est sûr que nous dirions que notre mélancolie et notre scepticisme sont de grandes sottises et que le meilleur de tout, c'est d'être un homme vivant, je veux dire un homme qui croît » (P. 139-40)

Notez bien l'accent circonflexe primordial sur le î de croît. Excellente découverte à tous.
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missmolko1
  26 juin 2013
Avec le beau temps et l'été qui a débuté il y a quelques jours, je ne suis dit qu'il était temps de débuter la lecture de "l'année du jardinier".
Je dois dire tout d'abord que j'adore cette (nouvelle) couverture choisie par 10/18.
Mon papa est un fou de jardin et déjà toute petite je le suivais dans le jardin. Je pense qu'il est aussi accro que l'auteur lui même, implorant pour avoir de la pluie ou un peu plus de soleil, passant l'hiver a s'ennuyer en attendant les beaux jours et l'été a vouloir vite rentrer de vacances pour retrouver le jardin. Bref, j'ai souvent souri car j'avais l'impression que ce livre avait été écrit par ou pour lui.
Je dois dire qu'il m'a transmit un peu de cette passion, je dis bien un peu car j'aime jardiner, je trouve que ça me détends mais je ne suis pas aussi assidue. Enfin pour le moment je n'ai qu'une petite terrasse mais j'attends avec impatience d'avoir mon jardin.

Le livre m'a vraiment plu, l'auteur est drôle, voila par exemple un extrait ou ils parlent des femmes ou plutôt des fleurs :
"Voyez-vous, les fleurs sont comme les femmes ; lorsqu'elles sont belles et fraiches, on y laisserait ses yeux, on ne se rassasie jamais de leur beauté, il y a toujours quelque chose qui échappe, mon Dieu, car toute beauté est en quelque sorte impossible a embrasser ; mais des qu'elles commencent a se flétrir, je ne sais pas, mais on dirait qu'elles se mettent a se négliger (je parle des fleurs) et si je voulais être méchant, je dirais qu'elles ont de fort mauvaises façons. Quel dommage, ma charmante beauté (c'est des fleurs que je parle), quel dommage que le temps coule ! La beauté passe ; seul, le jardinier demeure."
Il nous parle a merveille de sa passion, pour moi novice j'ai trouvé certains détails un peu compliqué car comme il le dit si bien on devient jardinier avec l'expérience.... Je pense que je relirais ce livre dans quelques années quand j'aurais l'expérience et alors la, je pourrais encore plus l'apprécier!
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Glaneurdelivres
  28 août 2020
Il y a des livres qu'on aime lire et relire parce qu'ils sont intemporels et charmants.
Ce livre de Karel Capek fait partie de cette catégorie.
Il nous emmène dans un beau voyage au Pays du Jardin !
Se laisser guider par lui, ce passionné de jardinage, participer à ses émerveillements, ses étonnements, quel plaisir !
Que la nature est belle ! Oui, mais dans un jardin, il faut la maîtriser cette nature, sinon elle déborde vite de partout et elle vous envahit ! Karel Capek, lui, sait comment s'y prendre.
Il nous invite mois après mois, sous la forme d'un almanach, à cheminer par les allées, à prendre soin des plates-bandes.
Pas un mois où il ne se passe rien au jardin !
Ce ne sont pas des conseils ordinaires qu'il nous donne, il nous convie avec beaucoup d'humour à l'amour des plantes. Sa passion est communicative. On a envie de bichonner notre jardin avec lui !
Que vous ayez de l'expérience en matière de jardinage ou non, vous ne pouvez que tomber sous le charme de ce livre dont l'écriture est pleine de gaieté.
Il nous distille du bien-être, avec les parfums, l'esthétique des fleurs et le gazouillis des oiseaux.
Il ne faut pas aller bien loin pour faire de belles observations et de belles découvertes.
Avec ces temps de confinements et parfois de morosité ambiante, le jardin est tout indiqué pour s'aérer les poumons et l'âme en même temps !
Impossible de s'ennuyer dans le jardin de Karel Capek ! On ne tient pas en place, il y a toujours quelque chose à faire !

Mais c'est quoi un jardinier ?
Plusieurs réponses, vu la complexité du personnage !
Le jardinier est un homme qui parle par images.
Il aime dire que « l'hiver résiste aux assauts du printemps », et il se sent humilié de ne pouvoir « contribuer à la mort de ce tyrannique hiver ».
L'homme jardinier est d'humeur changeante.
Il peste contre le mauvais temps. Il « enrage comme un lion en cage », parce qu'il est contraint de « rester près du poêle avec un gros rhume ». Bref, il se met en retard pour la venue du printemps au jardin ! C'est alors que le jardinier prend conscience que « la patience est la mère de la sagesse ».
C'est un homme tourmenté : « le quatrième jour, quand ce germe a poussé démesurément, le jardinier commence à se demander avec inquiétude si ce ne serait pas de la mauvaise herbe. »
C'est un homme bizarrement conçu !
« L'homme jardinier est indubitablement un produit de la civilisation et pas du tout de l'évolution naturelle. S'il avait été produit par la nature, il serait fait tout différemment ; il aurait des jambes de scarabée afin de n'être point obligé de s'asseoir à croupetons et il aurait des ailes » « pour pouvoir s'élever au-dessus de ses plates-bandes (On dirait du Pierre Dac). Quiconque n'en a pas fait l'épreuve ne peut se faire une idée de l'embarras que constituent les jambes pour un homme qui ne sait où les poser » « comme elles sont inutilement longues quand il faut les plier au-dessous de soi » « ou bien avoir des membres extensibles à volonté comme un pied d'appareil photo. » (Je vous invite à voir l'illustration correspondante qui est absolument hilarante !)
De nombreux dessins, de la main du frère de l'auteur, Josef Capek, très simples et enfantins, et malicieux à souhait, viennent illustrer de façon appropriée les textes de ce livre.
Et comment on prépare la terre à semences ?
C'est « un grand mystère » qui « comporte des cérémonies magiques. »
La vie du jardinier est pleine de changements et de volonté créatrice, mais il lui arrive souvent de sortir un peu de la mesure…
Bientôt « la convoitise du collectionneur » naît en lui, et il s'enlise de plus en plus profondément dans cette passion. Passion qui devient de la spécialisation, qui fait de lui un « maniaque exalté » qui ne vit que pour ses roses, ses orchidées ou encore ses dahlias !
Et on s'amuse avec des situations cocasses, qui surviennent à son insu.
La lance d'arrosage est un être qu'il faut apprivoiser : « elle se tord, fait des cabrioles », « se jette sur l'individu », « se roule autour de ses jambes : il faut alors qu'il pose le pied dessus ; mais elle se dresse et lui entoure la taille et le cou. Tandis qu'il lutte avec elle comme avec un python, le monstre tourne son bec de cuivre vers le ciel et dégorge un violent jet d'eau dans les fenêtres, sur les rideaux tout frais posés. »
Et on pourrait imaginer en arriver à la situation de « l'arroseur arrosé », comme dans le célèbre film de Georges Méliès !
Ce livre est très plaisant.
Le ton est enjoué et humoristique. L'écriture est joliment poétique.
Le texte est enthousiaste et exaltant.
Il foisonne d'émotions et de sensations !

C'est indéniable, il y a un sacré vécu dans ce que nous raconte Karel Capek.
Une chouette invitation à déambuler dans ces petits lopins de terre, à admirer, à observer, à pratiquer l'art de la patience, et à en « prendre de la graine » !
« Je ne vous révélerai pas le secret qui fait que les jardiniers se reconnaissent entre eux, je ne vous dirai pas si c'est par le flair, ou grâce à quelque mot de reconnaissance ou bien à l'aide d'un signe secret. »
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sabine59
  26 février 2017

Amis des jardins, obsédés du bêchage, du binage, de l'arrachage, bref de toutes les activités liées au jardinage, ce livre est pour vous! Et aussi pour les autres, car il est hilarant!
Je ne connaissais que de nom cet auteur tchèque qui présente son livre comme un almanach, au fil des saisons.Un calendrier à la fois juste et désopilant des mille et une obsessions, manies , préoccupations du jardinier.
Même si cet ouvrage date de 1929, il me semble toujours d'actualité, on se retrouve vraiment "nous autres les jardiniers " ( eh oui, je fais partie aussi de ces fous furieux ) , comme se complaît à le clamer l'auteur, dans les "misères " auxquelles sont confrontés les "as"du semis ,de l'arrosage .Ah, l'arrosage, un morceau d'anthologie ! "On pourrait s'imaginer qu'il n'y a rien de plus simple que d'arroser un jardin. Mais on ne tarde pas à s'apercevoir que la lance d'arrosage est un être tout particulièrement astucieux et dangereux :elle se tord, fait des cabrioles, se détend soudain, répand sous elle une grande quantité d'eau pour s'enfoncer ensuite voluptueusement dans le marécage qu'elle a ainsi créé. "
Au coeur de cet almanach sévit bien sûr le temps. "C'est une drôle de chose que le temps; il n'est jamais comme il devrait être ; il exagère toujours dans un sens ou dans l'autre." le jardinier devient alors poète .Mais à la différence du poète, "il ne peste pas seulement contre le vent du nord mais aussi contre les furieux vents de l'est; et il en veut moins aux tempêtes de neige qu'aux gelées traîtresses et qui viennent à pas de loup".
J'ai adoré parcourir cette chronique d'un passionné, qui n'hésite pas à pratiquer l'auto-dérision. Les dessins de son frère, qui accompagnent ses propos, sont tout autant humoristiques.
Et comme l'auteur a raison! Une année de jardinier ne suffit pas .Je lui laisse le mot de la fin , qui n'en est pas une..." le jardin n'est jamais fini. En ce sens, le jardin ressemble au monde et à toutes les entreprises humaines. "
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Bobby_The_Rasta_Lama
  20 août 2016
Un petit régal de lecture, reposant, drôle, gentil et profondément humain. Ce livre parle tout simplement d'une année d'un amoureux du jardin, mais on y sent le vécu, l'observation, l'attachement à son petit lopin de terre. J'étais très agréablement surprise par l'excellente qualité de la traduction, car traduire Capek, un écrivain qui avait le vocabulaire immense, usait et abusait d'adjectives et adorait jongler avec les mots n'est pas une mince affaire. C'est peut-être pour ça que je ne trouve pas les livres comme Krakatit ou Les histoires d'une poche en français....
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
AlexmotamotsAlexmotamots   02 novembre 2010
Un de mes passages préféré, la prière du jardinier :
""Mon Dieu, faites qu'il pleuve tous les jours, à peu près de minuit à trois heures du matin, mais que ce soit une pluie lente et tiède, afin que la terre puisse bien s'imbiber ; qu'il ne pleuve pas sur la lavande et toutes les autres plantes qui Vous sont connues, dans Votre infinie bonté, comme des plantes amies de la sécheresse ; si Vous voulez, je vous en écrirai la liste sur un bout de papier ; et que le soleil brille toute la journée, mais pas partout (par exemple pas sur les rhododendrons), et qu'il ne soit pas trop ardent ; qu'il y ait beaucoup de rosée et peu de vent, une quantité raisonnable de vers de terre, pas de pucerons ni de limaces, pas de moisissures, et que, une fois par semaine, il pleuve du purin étendu d'eau et de la fiente de pigeon. Amen" Car, sachez-le, il en était ainsi au paradis terrestre ; sinon, ça n'aurait pas si bien poussé là-bas, voyons." (p.79)
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missmolko1missmolko1   25 juin 2013
Voyez-vous, les fleurs sont comme les femmes ; lorsqu'elles sont belles et fraiches, on y laisserait ses yeux, on ne se rassasie jamais de leur beauté, il y a toujours quelque chose qui échappe, mon Dieu, car toute beauté est en quelque sorte impossible a embrasser ; mais des qu'elles commencent a se flétrir, je ne sais pas, mais on dirait qu'elles se mettent a se négliger (je parle des fleurs) et si je voulais etre méchant, je dirais qu'elles ont de fort mauvaises facons. Quel dommage, ma charmante beauté (c'est des fleurs que je parle), quel dommage que le temps coule ! La beauté passe ; seul, le jardinier demeure.
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TaraxacumTaraxacum   09 septembre 2014
Quand votre montre s'arrête, vous la démontez puis vous la portez chez l'horloger; quand votre auto est en panne, vous levez le capot et vous tripotez dans le moteur, puis vous allez chercher un mécanicien. Avec n'importe quoi au monde, on peut faire quelque chose; on peut tout arranger , tout réformer, mais, contre le temps, on ne peut rien entreprendre. Ni le zèle, ni l'ingéniosité, ni la curiosité, ni les jurons n'y peuvent rien; les bourgeons s'ouvrent et les germes lèvent lorsque le temps est venu et quand le veut leur loi. C'est ainsi que l'on prend pleinement conscience de l'impuissance de l'homme; c'est ainsi que l'on comprend que la patience est la mère de la sagesse.
Du reste, il n'y a pas autre chose à faire.
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GlaneurdelivresGlaneurdelivres   27 août 2020
Aussi longtemps que j’étais jeune, j’avais à l’égard du jardin de mon père l’attitude d’un ennemi et même d’un destructeur, parce qu’il m’était interdit de marcher sur les plates-bandes et de cueillir les fruits verts. A Adam aussi il était interdit au paradis terrestre de marcher sur les plates-bandes et de cueillir les fruits de l’Arbre de la Connaissance, parce qu’ils n’étaient pas encore mûrs ; seulement Adam – comme nous autres, enfants – cueillit le fruit vert et, pour cette raison, il fut chassé du paradis. Depuis ce temps et pour toujours, le fruit de l’Arbre de la Connaissance reste vert.
(p.11) – « Comment on devient jardinier »
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sabine59sabine59   26 février 2017
Je pourrais parler des luxuriantes couleurs de l'automne, de ses brouillards mélancoliques, des âmes des morts et des phénomènes célestes, des derniers asters et de la rose rouge qui s'efforce encore de fleurir; ou bien des feux-follets du crépuscule, de l'odeur des cierges de cimetière, des feuilles sèches. Mais je voudrais bien rendre témoignage à une autre beauté de notre automne tchèque et chanter sa gloire. Je veux parler tout simplement de la betterave.
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