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ISBN : B003B1CBFW
Éditeur : NAGEL (01/01/1945)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Nouvelle édition - format poche - disponible chez La Baconnière, collection Ibolya Virag, 2015
L'industriel Bondy apprend la découverte d'un carburateur capable de briser les atomes de charbon et de multiplier la production d'énergie. Mais ce procédé libère aussi l'essence divine jusqu'alors enfermée dans la matière... Au contact du carburateur, commercialisé à travers le monde, on devient croyant. Mais plus l’Absolu s’étend, plus les hommes se divisent, car ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Taraxacum
  24 juillet 2015
Avec La Fabrique d'absolu, Karel Čapek confirme son talent pour la fantaisie satirique, sa plume féroce, son imagination débridée et son talent. J'ai mis la note de 5 à ce livre, mais je continue de penser que sa meilleure oeuvre est La guerre des salamandres ( courrez l'acheter! Là, maintenant), simplement, je mets 5/5 ici, et j'aurai bien mis 10/5 à l'autre!
Il s'attaque ici au fanatisme religieux sous toutes ses formes, y compris sous celle du fanatisme d'athéisme, et au besoin humain de détenir la vérité et de taper sur le voisin pour l'imposer, dans un roman avec un étonnant postulat de départ. Songez donc: un scientifique découvre une méthode de combustion révolutionnaire qui dégage une énergie folle en brûlant totalement la matière. Et quand je dis totalement: pas de gazes, pas de cendres, plus rien...sauf une étrange émanation, l'Absolu, qui donne des crises mystiques à qui se trouve à proximité et les amène même à faire des miracles !Voilà que les gens marchent sur l'eau, prophétisent, guérissent par imposition des mains...
Par ce qu'on est chez Karel Čapek, ça tourne mal évidemment dans une satire merveilleuse et brillante que j'ai beaucoup appréciée. Cela ne ressemble vraiment pas à grand chose d'autre, il y a de l'humour là dedans et je le recommande chaudement !
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Nomic
  25 mai 2019
La traduction par Jean Danès de la fabrique d'absolu n'est, je crois, pas très récente. Il me semble que traducteurs ne se permettent plus ce genre de chose depuis un moment : « Souhaitant éviter de décourager les lecteurs français, le traducteur a francisé le nom des personnages et a adapté le cadre du début en le transportant à Paris, "pensant que Capek aurait agi ainsi s'il s'était adressé directement au public français".» Mouais. Déjà, c'est prendre les lecteurs pour des imbéciles en partant du principe qu'ils seraient déstabilisés par un roman ne se passant pas en France. Ensuite, cela introduit le doute en permanence. On se demande régulièrement si ce que l'on lit a un quelconque rapport avec l'oeuvre originale. Enfin, passons.
Les fabriques d'absolu, ce sont de nouveaux types de réacteurs qui ont la capacité d'annihiler l'intégralité de la matière. Conséquence : ils libèrent ainsi l'essence divine contenue dans toute chose. Et cette essence divine, cet Absolu, n'a pas l'intention de rester inactif. L'Absolu, c'est Dieu en version gazeuse. Les effets se font rapidement sentir : conversions en masse, illuminations, miracles... On pourrait penser que le monde n'est pas prêt pour une telle technologie, mais l'industriel Bondy est au-delà de ce genre de détail. Ce qu'il voit, ce sont des réacteurs extrêmement performants, et donc des bénéfices renversants. Les réacteurs envahissent donc le monde, et l'Absolu avec lui.
C'est l'occasion pour le futur auteur de la guerre des salamandres de multiplier les situations croustillantes :
« Oui, j'ai essayé toues sortes d'isolants imaginables pour empêcher l'Absolu de sortir de la cave : les cendres, le sable, les blindages d'acier, rien n'est efficace. J'ai essayé d'entourer toute la cave avec les oeuvres complètes d'Auguste Comte, de Spencer, d'Haeckel, et de toutes sortes de positivistes. Pense donc que l'Absolu traverse même cela ! »
Alors que Dieu envahit le monde, la société humaine tremble sur ses fondations et Capek déploie tout son talent humoristique et satirique. Les religieux eux-mêmes ne sont guère enchantés de la venue d'un Dieu un peu trop réel, bien plus encombrant et difficile à gérer que celui, plus passif, dont ils avaient l'habitude. Petit à petit les hommes sombrent dans la fièvre de la piété, et si pendant un moment on peut imaginer un monde uni dans la bonté, la réalité se révèle toute autre :
« – Je le dis pour la deuxième fois : décampez, ou bien, au nom du Seigneur, je démolis votre baraque.
– Et vous, dit Jean Binder, rentrez chez vous, ou bien, au nom du Seigneur, je vous casse la figure. »
Eh oui ! Chacun s'approprie un petit morceau de la divinité et est persuadé de l'avoir toute entière. Dans la seconde partie du roman, c'est la guerre. La guerre totale. Capek a d'ailleurs un peu tendance à s'éparpiller. Si auparavant on restait vers Paris (donc Prague en version originale) avec quelques personnages récurrents, Capek passe ensuite à une échelle mondiale. du coup, les chapitres n'ont que peu de liens entre eux et il est plus difficile de suivre et d'apprécier la situation. Malgré ce petit regret, La fabrique d'absolu n'est est pas moins une fable débordant d'intelligence et d'humour, une satire brillante des phénomènes religieux. Ceux-ci ayant tendance à ne guère changer au fil des époques, le roman de Capek possède une puissante dimension intemporelle.

Lien : http://lespagesdenomic.blogs..
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paulotlet
  22 février 2011
Un savant met au point par hasard une machine qui génère une énergie jamais égalée. Un seul hic, les radiations produites par le processus provoque des crises mystiques et bientôt l'humanité se retrouve déchirée entre les adeptes de trente-six religions plus imbéciles et totalitaires les unes que les autres. Capek, auteur tchèque de l'entre-deux-guerre, nous livre une fable absolument savoureuse et qui, en ce qui me concerne, à nourri autant mon anticléricalisme que mon rejet des dogmes. Un seul regret, l'éditeur de la version française a jugé bon de changer les noms des héros et de situer l'action à Paris plutôt qu'à Prague pour rendre le récit plus accessible à ses lecteurs. Ce livre mériterait certainement une nouvelle traduction.
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Rainbowgirl
  25 octobre 2015
Un inventeur conçoit une machine capable de produire une énergie formidable et entièrement propre en annihilant le charbon. Formidable ! Malheureusement, la destruction de la matière libère l'essence divine qui s'y trouvait enfermée, et tandis que le monde entier s'équipe de son Carburateur, une vague de foi aveugle se met à frapper tous ceux qui s'en approchent.
Ce petit roman de SF tchèque est extrêmement facile à lire et délicieusement satirique. Tout le monde est tourné en dérision dans la plus grande bonne humeur et avec une justesse désopilante. Au final je me suis marrée de bout en bout. C'est difficile d'en faire un coup de coeur car ce n'est pas un livre qui parle au coeur, tant qu'à l'esprit et aux zygomatiques, mais c'était une très bonne lecture.
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Ys
  09 octobre 2015
Dieu est en tout. Imaginez la chose au sens le plus concret... imaginez qu'en détruisant la matière jusqu'au dernier atome, on libère l'essence divine qu'elle recèle. Imaginez qu'un procédé révolutionnaire - censé à l'origine produire une énergie quasi illimitée à coût dérisoire - se répande à travers le monde, et y déverse à flots la divinité.
Cela pourrait être beau et grand, pensez-vous n'est-ce pas ? tous les hommes enfin réunis par l'essence même du monde. Naïfs que vous êtes ! Outre que l'Absolu, les miracles et les crises de foi qu'il provoque, sont très mauvais pour le commerce (ce qui est fort gênant dans un monde entièrement régi par celui-ci), il est bien évident que si Dieu se révèle, à droite, dans le moteur d'une péniche, et à gauche dans celui d'un manège, les partisans de la Divine Péniche et ceux du Divin Manège ne vont pas tarder à se tataner allégrement la tronche pour prouver à l'autre qu'il possède dans son camp la seule Absolue Divinité.
Et comme la divinité en question est un brin maladroite dans ses manifestations - elle n'a pas l'habitude, la pauvre ! - on se retrouve vite avec un sacré bordel sur les bras.
Basée sur une idée géniale que l'auteur exploite avec autant d'esprit que de justesse, la Fabrique d'Absolu ne m'a pas autant emballée que la Guerre des Salamandres, par laquelle j'avais découvert Čapek il y a quelques mois. J'ai manqué, surtout, de personnages auxquels m'accrocher pour donner du corps, de l'émotion à l'histoire, qui aussi brillante soit-elle m'a laissée assez froide. Mais tel quel, le récit reste bourré de ces petites phrases judicieuses et drôles, de ces remarques impitoyables sur la nature humaine qu'on a envie de souligner et qui confirment le talent et la clairvoyance de l'auteur.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   18 avril 2014
Si les gens lisaient dans les pensées les uns des autres, il n'y aurait plus de rapports possibles.
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TaraxacumTaraxacum   23 juillet 2015
-Oui, il est infini, c'est là le hic. Vous savez, chaque homme s'en taille un morceau de quelques mètres, et se figure que c'est Dieu tout entier. Il s'empare d'un petit bout et croit qu'il Le possède tout entier. Vous comprenez?
- Hum! dit le capitaine. Et il en veut à ceux qui ont un autre morceau?
-C'est cela. Afin de se persuader qu'il L'a en entier, il doit tuer les autres.
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YsYs   23 septembre 2015
- Alors, il n'a ressenti là-bas aucun symptôme surnaturel ?
- Tous, il les a tous eus : illumination, actions miraculeuses, extases, tout. Il ne nie pas que ces choses-là arrivent là-bas.
- Et alors, je t'en prie, comment les explique-t-il ?
- Il ne les explique pas. Il m'a dit que l'Eglise n'explique pas, mais ordonne ou interdit. En un mot, il refuse absolument de compromettre l'Eglise avec un Dieu nouveau, inexpérimenté.
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PiertyMPiertyM   18 avril 2014
Il se produisit dans le monde une abondance illimitée de tout ce dont l'homme a besoin. Mais l'homme a besoin de tout, sauf de l'abondance illimitée.

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CalibanCaliban   16 décembre 2017
La vérité, ça doit se passer en contrebande, il faut la diffuser par bribes, une goutte par-ci, une goutte par-là, que les gens s'y habituent . Et non pas comme ça d'un seul coup .
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Video de Karel Capek (1) Voir plusAjouter une vidéo
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