AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782501008211
Éditeur : Marabout (01/01/1993)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Lorsque Jan van Toch, capitaine de navire hollandais, découvre, à l’ouest de Sumatra, une espèce de salamandre douée d’une certaine forme d’intelligence et susceptible de l’aider dans l’exploitation des perles, il est loin d’imaginer que cette découverte sera à l’origine d’un bouleversement complet de l’ordre mondial. Et pourtant…
Publié en 1936, lors de la montée du national-socialisme et du stalinisme, La guerre des salamandres brosse, avec un regard plein... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Deleatur
  24 mai 2019
Il y a un sentiment d'injustice à constater l'oubli dans lequel est tombé ce roman. On pourrait d'ailleurs en dire autant d'autres textes de la même veine et de la même époque, à commencer par les livres de Jacques Spitz. C'était à l'époque où la science-fiction ou le fantastique n'étaient pas encore constitués en tant que genres littéraires, et moins encore en tant que ghettos. De la production européenne de l'époque, il ne subsiste plus grand chose dans la mémoire collective, hormis peut-être Barjavel quelques années plus tard. C'est ainsi que pour le grand public, le nom de Capek est tout juste cité à propos de l'invention du terme « robot », dans sa pièce de théâtre R.U.R, écrite en 1920.
La Guerre des Salamandres, pourtant, mérite encore amplement d'être lue aujourd'hui : dystopie à la fois loufoque et grinçante, le livre raconte la découverte d'une espèce intelligente de grandes salamandres marines, quelque part au large de Sumatra. le début fait croire à un récit d'aventures au ton léger et distancié. Mais on comprend vite qu'on ne tient là que la plus petite des poupées-gigogne du roman, dont la structure se modifie bientôt en s'élargissant progressivement, l'auteur n'ayant de cesse de déjouer les attentes de son lecteur. Les hommes apprivoisent tout d'abord les salamandres, trouvent bientôt très utile d'en faire une main d'oeuvre sous-marine corvéable à merci, et les exploitent sans vergogne en proclamant leur supposée infériorité. Puis ils comprennent l'étendue de leur erreur, mais il est alors trop tard pour revenir en arrière... Certains chapitres, qui pastichent le ton de l'étude scientifique, du reportage journalistique ou de l'analyse diplomatique sont franchement désopilants. Au terme d'un livre toujours surprenant, le final est si inattendu que l'on se demande s'il relève de la pirouette d'un auteur qui veut arriver au bout de son livre, ou bien si ce n'est pas la conclusion la plus habilement dérangeante qui soit.
Au bout du compte, voilà un livre qui est bien de son époque et qui n'a pas tant vieilli que cela : dénonciation du capitalisme à courte-vue et de la crédulité des peuples, mais aussi des égoïsmes nationalistes, tout cela avec un spectre inquiétant en toile de fond : car cet empire des salamandres, où l'individu n'est que la simple composante de masses soumises à une autorité unique, qu'est-ce donc sinon la transposition grotesque des ordres totalitaires qui s'affirment alors en Europe ? La Guerre des salamandres en 1936, tout comme La Guerre des mouches de Jacques Spitz, deux ans plus tard, sont en somme des livres qui témoignaient à leur façon et avec une imagination débridée d'une angoisse alors très répandue  : l'imminence de la fin d'un monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          426
Foxfire
  23 septembre 2019
Cela fait longtemps que « R.U.R », la pièce à l'origine du mot robot dans son sens aujourd'hui universel, est dans la liste des oeuvres littéraires que je veux absolument découvrir. Je n'ai pas encore eu l'occasion de la lire mais du coup le nom de Capek ne m'était pas inconnu. Alors quand, dans un vide-grenier, je suis tombée sur cette « guerre des salamandres » du même Karel Capek je me suis empressée de l'acheter. Il serait vraiment dommage de ne voir en Capek que l'auteur à l'origine du mot robot. La lecture de « la guerre des salamandres » m'a permis de découvrir un auteur vraiment très intéressant et dont l'oeuvre entière semble mériter d'être découverte.
Quel curieux roman que cette « guerre des salamandres » ! Je ne savais rien du roman avant de le commencer, ce qui fait que la surprise a été totale. Il s'agit d'une lecture vraiment déroutante. En s'attaquant au récit de Capek, il ne faut pas s'attendre à un roman dystopique dans la lignée de « 1984 ». Peut-on même parler de roman ? le récit se rapproche davantage d'une fable satirique. Il n'y a pas, comme dans un roman, de héros auquel le lecteur pourra véritablement se raccrocher. Même si la première partie du livre ressemble à un roman d'aventure exotique, le lecteur est vite dérouté par le fait que Capek délaisse assez vite le personnage du capitaine van Toch pour narrer la rencontre entre les salamandres et des personnalités du milieu d'Hollywood. Mais Capek ne va pas s'attarder sur le producteur et la starlette et va s'intéresser au destin d'une salamandre savante. Après un interlude aux allures de publication scientifique, la 2ème partie consiste principalement à une succession d'extraits d'articles de journaux. de la même façon, la 3ème partie multiplie les angles de vue. le schéma narratif n'est pas celui d'une fiction classique. La volonté de Capek est de proposer la forme la plus adaptée à son propos, ce qu'il réussit pleinement selon moi. le propos est d'ailleurs riche et pertinent. Les thèmes abordés et les questionnements soulevés sont nombreux et stimulants.
Le style de Capek est terriblement efficace. Il fait souvent preuve d'un ton mordant et d'un humour acide qui renforcent l'impact de son propos. Tout y passe, la vacuité du monde du spectacle, la vanité des scientifiques, le nationalisme, le bellicisme, l'exploitation capitaliste, et j'en passe… C'est en fait la bêtise humaine que Capek pointe du doigt. Il n'est guère étonnant que les nazis l'aient considéré comme devant être le premier écrivain tchèque à mourir. Comme un ultime pied de nez à la laideur de l'humanité, Capek n'a pas laissé le temps aux nazis de le tuer, il s'est éteint avant son arrestation programmée.
Si ce livre n'est pas de ceux qui suscitent des émotions, il stimule l'intellect, pousse à la réflexion et s'avère brillant dans sa peinture des travers de l'humanité. Capek est incontestablement un grand auteur dont j'ai envie de découvrir l'ensemble de l'oeuvre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          416
Laurence64
  19 décembre 2012
Cela débute comme un récit d'aventure avec son capitaine fort en gueule et en jurons (même malais). Jon van Toch, entre deux bordées d'injures maritimes, trois éclats de rire du lecteur, va découvrir ses tapa-boys, genre de salamandres hybrides et bipèdes, capables d'apprendre à parler, de pécher des perles et de servir de nourriture aux requins du secteur. En échange de couteaux pour occire le squale vorace et ouvrir les huitres, le tapa-boy pacifique va ramasser les perles pour le compte du Hollandais. L'association est aussi improbable que fructueuse.
Comme la salamandre a du castor en elle, le capitaine peut s'associer à son tour à un riche industriel afin de maçonner les côtes sous-marines. L'exportation de l'espèce insolite et son exploitation éhontée va démarrer et s'amplifier. le ton va se modifier. Ce que ne manque pas de nous annoncer Capek par la bouche d'un des personnages: "Nous remplaçons le roman d'aventures de la pêche des perles par l'hymne au travail". Exit Jack London. Place à la satire politico-journalistique, scientifico-capitaliste. Et j'en passe.
C'est sous la forme d'une encyclopédie débridée où les notes foisonnent (autant que les salamandres le long de toutes les côtes des cinq continents) que Capek mouline notre société humaine avec une maestria qu'il convient de saluer. La bestiole pullule, Capek exulte. La salamandre s'arme, Capek fourbit sa plume. Fantasque et lucide, loufoque et crédible, la fable gonfle dans un troisième temps sous le couvert d'une science-fiction orwellienne mais creusant plus loin, plus profond (les fonds sous-marins aidant). La salamandre a besoin d'espace vital. Elle menace. Elle exécute.
Après avoir exécuté le roman conventionnel, multiplié les personnages qui vont et viennent, les points de vue, les sources, Capek, l'antitotalitaire Tchèque, finit par discuter avec lui-même. le conte philosophique, visionnaire, peut s'achever. Ecrit en 1936, il ne cesse de se régénérer comme la queue de ses salamandres.
Etonnamment perspicace quant au devenir de l'Europe quelques années plus tard, jouissif dans la peinture des nations, la guerre des salamandres anticipe également les problèmes écologiques. "Pourquoi la nature devrait-elle corriger les erreurs que les hommes ont commises?" interroge Capek.
Etait-il trop aquatique pour sombrer ainsi dans les tréfonds de l'édition? Ou trop tchèque? Pas assez grave? A présent qu'il est remonté à la surface, souhaitons-lui une insubmersibilité tout salamandrienne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
jamiK
  25 août 2020
Un navigateur découvre une espèce de salamandres marines et intelligentes sur la côte d'une île du pacifique. Il va les en tirer parti pour la pêche aux perles et va les aider à se développer. On ne va pas s'attacher à un personnage en particulier, le récit raconte l'expansion de ses animaux, comme un rapport d'Histoire, mais ce qu'il faut surtout retenir de ce roman, c'est sa critique de la nature humaine. Karel Capek est très pessimiste sur cette nature humaine, ce livre est écrit dans les années 30 et publié en 1936, et il est vrai qu'à l'époque,elle n'est vraiment pas reluisante. C'est une sorte de conte philosophique, Karel Capek brocarde tous les travers de la société, dans tous les domaines : opportunisme à court terme du capitalisme, nationalisme destructeur, dérives sectaires, racisme, polémiques scientifiques futiles, médias, show bizz… C'est en lien avec les années 30, mais son propos n'a pas vraiment vieilli et son actualité est assez effrayante. Certains passages sont très drôles, le livre est monté comme un dossier, avec ajouts d'extraits de presse, des faits se suivent sans véritablement de liens entre eux, mais l'ensemble forme un tout très cohérent, c'est une fiction sur le thème “L'humanité disparaîtra, bon débarras”, d'un humour grinçant, détaché, et d'une terrible lucidité. Ce n'est que très récemment que j'ai entendu parler de cet auteur, il a été proposé pour le prix Nobel mais ne l'a jamais obtenu, La guerre des salamandres possède la dimension d'un classique, pertinent, drôle, indémodable, ça vaut le coup d'aller le découvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          293
batlamb
  22 mai 2020
Quel curieux roman ! Les points de vue et les protagonistes se succèdent rapidement au sein d'une narration tantôt sans recul (les dialogues sont omniprésents dans la première partie), tantôt très distanciée (les deux autres parties prennent la forme d'une revue de presse chronologique et d'analyses théoriques). le récit n'a donc pas de forme fixe. Il est en perpétuelle évolution, exactement comme les salamandres qu'il met en scène. Si bien qu'il est difficile d'appréhender ces salamandres, de les comprendre… C'est bien entendu l'effet recherché par Čapek : à l'image des premiers protagonistes, puis de l'humanité entière, nous assistons à la découverte et l'expansion d'une espèce à l'intelligence inédite depuis homo sapiens. Sans vraiment concevoir où nous allons. Entre surprise, enthousiasme… et angoisse.
Hé oui, que se passerait-il si une telle espèce apparaissait sur Terre et s'y multipliait ? Pas grand chose de bon, nous répond Čapek. Car malgré l'humour omniprésent, les résultats du contact entre l'humanité et les salamandres font souvent froid dans le dos : à l'altruisme de quelques-uns s'oppose la bêtise insensible de la masse, qui a tôt fait de réduire les nouvelles arrivantes en esclavage, dans une course effrénée au profit. Voilà une satire bien corrosive qui dresse un portrait d'une humanité aveugle et égoïste, où chacun poursuit ses intérêts dans son coin pendant que le bateau prend littéralement l'eau. Quand les salamandres commencent à proliférer par milliards à la surface de la planète, personne n'est en mesure de reprendre le contrôle. L'humanité est aussi désorganisée et hétérogène que les salamandres sont indissociables et… robotiques. Ce mot « robot », popularisé par Capek, est dérivé de « robota » (synonyme de « travail » en tchèque), et les salamandres endossent à la perfection le rôle de travailleuses, au point de se rendre indispensables : à l'image de tout progrès technologique, une fois qu'elles sont assimilées à la société humaine, on ne peut plus faire machine arrière, pour le meilleur, mais ici surtout pour le pire.
Outre la satire socio-économique, on trouve des parodies des principaux courants politiques de l'époque (les années 1930), en particulier le nazisme : un savant allemand se plaint par exemple de l'humanisme qui conduit à vouloir vivre ensemble au lieu de massacrer les minorités, ce qui conduit à la prolifération des salamandres. Et les salamandres elles-mêmes, par leur absence dérangeante de personnalité et leur homogénéité, font songer aux sociétés dystopiques, à commencer par celle d'Huxley dans le Meilleur des mondes, ou encore l'humanité « opérée » de Zamiatine dans Nous autres. Deux sources que Čapek connaissait certainement.
Au-delà de ces multiples références et caricatures, Čapek démontre aussi l'impossibilité de coexister dès lors que l'on est trop nombreux. Même si l'on est bien plus débonnaire et conciliant que l'humain moyen. La croissance exponentielle des salamandres m'a paru à cet égard fortement révélatrice. En effet, difficile de ne pas y voir un reflet déformé de celle de l'humanité. de même que la volonté avide de leurs maîtres (et leur propre volonté de vivre) pousse les salamandres à se multiplier jusqu'au point de non retour, qu'arrivera-t-il à notre espèce bien moins docile quand elle se sera encore accrue (comme cela est prévu), de plusieurs milliards d'individus dans un monde où elle vit déjà à crédit ? Poser la question, c'est déjà entrevoir la logique implacable qu'elle recouvre, similaire à celle que Čapek met en oeuvre dans son roman.
Un fervent combattant de la surpopulation, du nom de Claude Lévi-Stauss, disait : « Il n'est aucun, peut-être, des grands drames contemporains qui ne trouve son origine directe ou indirecte dans la difficulté croissante de vivre ensemble ». Selon son point de vue, la haine de l'autre ne serait qu'un symptôme de ce problème, y compris la Shoah, dont Čapek était destiné à être victime (si sa mort naturelle ne lui avait pas permis de frustrer la gestapo). Čapek anticipe d'ailleurs quelque peu les ravages du nazisme, notamment à la fin du roman, . Sous ses aspect légers et fantaisistes, ce roman de Čapek interroge le sens de notre expansion en tant qu'espèce.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   03 septembre 2018
Que dirions-nous si une espèce animale autre que l’homme proclamait que, vu son nombre et son instruction, elle possède seule le droit d’occuper le monde entier et de dominer toute la nature ? C’est donc cette confrontation entre l’histoire du passé humain et l’histoire actuelle qui m’a poussé de force à m’asseoir à mon bureau pour écrire « La guerre des salamandres ». La critique l’a qualifiée de roman utopique. Je m’élève contre ce terme. Il ne s’agit pas d’utopie, il s’agit d’actualité. Ce n’est pas une spéculation sur les choses à venir, c’est un reflet de ce qui est, de ce qui nous entoure. Ce n’est pas une fantaisie ; de la fantaisie, je suis toujours prêt à en rajouter gratis tant qu’on en voudra ; mais je voulais parler de la réalité. Je n’y peux rien, mais une littérature qui n’a cure de la réalité, de ce qui arrive vraiment au monde, des œuvres qui ne veulent pas réagir devant cette réalité avec toute la force dont la pensée et la parole sont capables, cette littérature n’est pas la mienne.
Karel Capek, postface
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
MasaMasa   09 juillet 2015
La question se pose : L'homme est-il, a-t-il jamais été capable de bonheur ? L'homme certes, comme tout être qui vit, mais pas le genre humain. Tout le malheur de l'homme réside dans le fait qu'il ait été obligé de devenir l'humanité ou qu'il l'est devenu trop tard, quand s'était irréparablement différencié en nations, races, croyances, castes et classes, en riches et en pauvres, en hommes éduqués et en ignorant, en maîtres et en esclaves. Rassemblez de force en un même troupeau des chevaux, des loups, des brebis, des chats, des renards et des biches, des ours et des chèvres ; parquez-les dans un même enclos, forcez-les à vivre dans cette mêlée insensée que vous appelez l'Ordre Social et à respecter les mêmes règles de vie ; ce sera un troupeau malheureux, insatisfait, fatalement divisé, où nulle créature ne se sentira chez elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Charybde2Charybde2   26 mai 2017
Ce n’est pas tout, Messieurs. Je suis loin d’avoir épuisé toutes les tâches du Syndicat des Salamandres : le Salamander Syndicate cherchera dans le monde entier du travail pour des millions de salamandres. Il fournira des projets et des idées pour dompter la mer, il se fera l’avocat des utopies et des rêves gigantesques. Il fournira des plans de nouvelles côtes et canaux, de digues reliant les continents, de chaînes entières d’îles artificielles pour les survols de l’Atlantique, de nouveaux continents créés au milieu des océans. C’est là qu’est l’avenir de l’humanité, Messieurs, les mers recouvrent quatre cinquièmes du globe ; il est certain que c’est trop ; il faut corriger la surface du globe, la carte des mers et des terres. Ce ne sera plus le style du capitaine Van Toch ; nous remplaçons le roman d’aventures de la pêche des perles par l’hymne du travail. Nous avons le choix : serons-nous des épiciers ou bien des créateurs ? Mais si nous nous refusons à penser continents et océans, nous resterons en deçà de nos possibilités. Il a été question tout à l’heure du prix d’un couple de salamandres. Je préfèrerais que nous pensions en milliards de salamandres, en millions et en millions d’unités de main-d’œuvre, que nous envisagions des déplacements de l’écorce terrestre, de nouvelles genèses et époques géologiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
TaraxacumTaraxacum   12 juillet 2014
Si vous cherchez la petite île de Tana Masa sur la carte, vous la trouverez en plein sur l'équateur, un peu à l'ouest de Sumatra; mais si vous montez sur le pont du Kandong Bandoeng pour demander au capitaine J. Van Toch ce que c'est que cette Tana Masa devant laquelle il vient de jeter l'ancre, il lâchera une bordée de jurons, puis il vous dira que c'est le plus sale coin de l'archipel de la Sonde, encore plus minable que Tana Bala et tout aussi perdu que Pini ou Banjak; qu'il n'y vit, sauf votre respect, qu'un seul homme - sans compter bien sûr, ces pouilleux de Bataks - et que c'est un agent commercial, un soûlard, un bâtard de Cubain et de Portugais, plus voleur, mécréant et cochon que tous les Cubains et tous les Blancs pris ensemble; et que s'il y a au monde quelque chose de foutu, c'est bien cette foutue vie sur cette foutue Tana Masa, c'est moi qui vous le dis, Monsieur !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
NierikaNierika   20 juin 2016
Nous assistons au dénouement de la tragédie de l'espèce humaine, commença Wolf Meynert. Ne nous laissons pas leurrer par sa fièvre d'entreprise et par sa prospérité technologique ; ce n'est que la rougeur fiévreuse sur le visage d'un organisme déjà marqué par la mort. Jamais les hommes n'ont eu un niveau de vie aussi élevé qu'aujourd'hui ; mais trouvez-moi un seul homme heureux, une seule classe heureuse, une seule nation qui ne se sente pas menacée dans son existence. Au milieu de tous les dons de la civilisation, riches comme Crésus en biens spirituels et matériels, nous nous sentons de plus en plus envahis par un sentiment d'incertitude, d'oppression et de malaise. [...] En un mot, concluait Wolf Meynert, le désespoir. Les signes caractéristiques de l'approche de la fin. L'agonie morale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Video de Karel Capek (1) Voir plusAjouter une vidéo
autres livres classés : littérature tchèqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3274 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre

.. ..