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ISBN : 2501008219
Éditeur : Marabout (01/01/1993)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Lorsque Jan van Toch, capitaine de navire hollandais, découvre, à l’ouest de Sumatra, une espèce de salamandre douée d’une certaine forme d’intelligence et susceptible de l’aider dans l’exploitation des perles, il est loin d’imaginer que cette découverte sera à l’origine d’un bouleversement complet de l’ordre mondial. Et pourtant…
Publié en 1936, lors de la montée du national-socialisme et du stalinisme, La guerre des salamandres brosse, avec un regard plein... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Laurence64
  19 décembre 2012
Cela débute comme un récit d'aventure avec son capitaine fort en gueule et en jurons (même malais). Jon van Toch, entre deux bordées d'injures maritimes, trois éclats de rire du lecteur, va découvrir ses tapa-boys, genre de salamandres hybrides et bipèdes, capables d'apprendre à parler, de pécher des perles et de servir de nourriture aux requins du secteur. En échange de couteaux pour occire le squale vorace et ouvrir les huitres, le tapa-boy pacifique va ramasser les perles pour le compte du Hollandais. L'association est aussi improbable que fructueuse.
Comme la salamandre a du castor en elle, le capitaine peut s'associer à son tour à un riche industriel afin de maçonner les côtes sous-marines. L'exportation de l'espèce insolite et son exploitation éhontée va démarrer et s'amplifier. le ton va se modifier. Ce que ne manque pas de nous annoncer Capek par la bouche d'un des personnages: "Nous remplaçons le roman d'aventures de la pêche des perles par l'hymne au travail". Exit Jack London. Place à la satire politico-journalistique, scientifico-capitaliste. Et j'en passe.
C'est sous la forme d'une encyclopédie débridée où les notes foisonnent (autant que les salamandres le long de toutes les côtes des cinq continents) que Capek mouline notre société humaine avec une maestria qu'il convient de saluer. La bestiole pullule, Capek exulte. La salamandre s'arme, Capek fourbit sa plume. Fantasque et lucide, loufoque et crédible, la fable gonfle dans un troisième temps sous le couvert d'une science-fiction orwellienne mais creusant plus loin, plus profond (les fonds sous-marins aidant). La salamandre a besoin d'espace vital. Elle menace. Elle exécute.
Après avoir exécuté le roman conventionnel, multiplié les personnages qui vont et viennent, les points de vue, les sources, Capek, l'antitotalitaire Tchèque, finit par discuter avec lui-même. le conte philosophique, visionnaire, peut s'achever. Ecrit en 1936, il ne cesse de se régénérer comme la queue de ses salamandres.
Etonnamment perspicace quant au devenir de l'Europe quelques années plus tard, jouissif dans la peinture des nations, la guerre des salamandres anticipe également les problèmes écologiques. "Pourquoi la nature devrait-elle corriger les erreurs que les hommes ont commises?" interroge Capek.
Etait-il trop aquatique pour sombrer ainsi dans les tréfonds de l'édition? Ou trop tchèque? Pas assez grave? A présent qu'il est remonté à la surface, souhaitons-lui une insubmersibilité tout salamandrienne.
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Masa
  08 juillet 2015
La défunte édition Marabout Fantastique semble regorger de bien des merveilles (Jean Ray, Edgar Allan Poe, Bram Stoker et j'en passe). J'ai mis la main sur le numéro 324. Il s'agit de « La guerre des salamandres » de Karel Čapek. Je vais découvrir la littérature tchèque, une grande première pour moi. Une rapide recherche sur Internet et je découvre qu'il est à l'origine du mot « Robot » car il l'a introduit dans sa pièce de théâtre « R.U.R. ». En fait, c'est son frère Josef Čapek qui en fut l'inventeur. Je tombe de haut, moi qui croyait que c'était Isaac Asimov qui l'avait inventé. Il est bon donc de rendre hommage à qui de droit.
En fin de l'ouvrage, les éditions Marabout Fantastique ont eu la bonne idée de mettre quelques pages pour présenter l'auteur et son oeuvre. On y append qu'il faisait partie de la liste des auteurs recherché par les Nazis. Comme Karel Čapek est décédé en 1938 – à l'âge de 48ans –, ils n'ont pu le déporter vers les camps de la mort. Pour assouvir la mégalomanie de ces fanatiques et déséquilibrés, ils se sont vengé sur son frère Josef Čapek. Je me suis demandé s'il n'y avait pas de lien entre la salamandre et le nazisme (au sens large).
Je me souviens que Robert Merle s'était inspiré de ce livre pour écrire « Un animal doué de raison ».
Ce fut le capitaine Jon van Toch qui rencontra pour la première fois la Salamandre ou plus exactement toute une communauté de Salamandres – en fait, il s'agissait de l'un de ses serviteurs, mais l'histoire (au sens large) veut ce soit les hommes blancs et de hauts rangs qui fassent les découvertes. le capitaine est un homme au fort caractère et de son temps. Il faut savoir que l'entre deux guerres, beaucoup de personnalités étaient racistes et antisémites (Lovercaft, Henry Ford,…). Ainsi notre cher homme lâche nombres de jurons parfois drôles, parfois blessant quand il fait allusion au racisme.
Au début, les Salamandres, n'étaient que des simples animaux. Puis, le capitaine leur à montrer comment ouvrir des huîtres avec un couteaux. Ces êtres marins ont évolué et n'ont cessé de progresser, jusqu'à ce qu'ils deviennent les égaux de l'être humain.
Je ne peux pas noter et parler de mon ressenti devant la richesse de ce livre. Au-delà d'un simple roman, Karel Čapek nous dresse une véritable encyclopédie de l'animal et si on regarde plus en profondeur, il s'agit d'une satyre sur son monde. Bien évidemment entre son époque et le notre, il s'est passé beaucoup de chose. Ce livre mériterait d'être analysé en profondeur.
Ce récit est bien plus qu'un roman. Au gré des pages, nous suivons des histoires insolites, des réflexions, mais surtout d'innombrables articles. Durant la partie que j'ai le moins apprécié, nous avons le droit d'avoir des coupures de presses, des thèses, des conférences. Tout est absolument décrypté jusqu'au mode de reproduction détaillé. J'avoue que j'ai fait l'impasse sur la majorité de ces paragraphes long et en petit caractère. Une chose étonnante, il a ajouté des articles de langues diverses, comme les kanjis japonnais et l'écriture arabe.
Le roman est découpé en trois parties dénommé Livre. le livre I (Andrias Scheuchzeri) décrit la découverte et l'évolution des Salamandres. le Livre II (Sur les traces de la civilisation) est la plus ennuyeuse. Cette partie nous nous narre l'évolution des Salamandres dans la culture et la politique aux travers les pays du monde. Et ça se termine avec La guerre des Salamandres qui est le livre III.
J'ajouterai que j'ai été agacé par la lourdeur des dialogues. À chaque fois que quelqu'un parlait, il rajoutait des « dit », « répliqua », « piaula », « glapit », « criait », « s'écria » ou bien encore « acquiesça ».
Petit plaisir personnel : Il se trouve que le livre que j'ai entre les mains est la première édition de la collection Marabout Fantastique (1969). Une réédition fut faite en 1986. Plus récent, les éditions La Baconnière ont réédité ce livre en 2012, tout comme Cambourakis et sa couverture vintage.
C'est une lecture assez difficile, voire même élitiste. J'admire le travail de l'auteur, mais d'un point de vu de lecture, je suis passé à côté. Je ne le conseille pas à tous.
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Cer45Rt
  19 mai 2019
Voilà une satire brillante, originale et légère, de nos moeurs. Avec une fantaisie digne de Roald Dahl et une intelligence dans la critique et l'analyse de nos moeurs qui n'a rien à envier au grand Molière, Karel Capek fait la condamnation pessimiste de nos défauts et dénonce nos ridicules.
Cette dénonciation, accomplie, avec un art du roman consommé, est d'une rare force.
Karel Capek a beaucoup d'originalité et c'est avec truculence et légèreté, qu'il écrit son texte.
La réflexion sur la nature humaine est juste et puissante, et comment n'aurais-je guère de plaisir de lecture end découvrant cet écrit intelligent, original, puissant, profond, tragicomique et plein de verve ?...
Excellent !...
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Taraxacum
  14 juillet 2014
Voilà un énorme coup de coeur, le roman qui m'a le plus enthousiasmée ces six derniers mois, un livre que je recommanderai à tout le monde et que je vais probablement offrir à tour de bras !
Je ne comprends pas , d'ailleurs, que ce livre ne soit pas plus célèbre: brillant et drôle à la fois, avec une écriture épatante et originale et juste ce qu'il faut de critiques sur l'humanité et ses travers, vus par le prisme d'une étrange uchronie, c'est un de ces romans qu'un lecteur n'oublie pas.
La guerre des salamandres commence comme un roman d'aventures maritimes et exotiques : un capitaine tchèque au verbe coloré (il a appris le malais pour avoir de nouveaux jurons ) découvre dans les îles de la Sonde une espèce totalement inconnue de salamandres bien plus grandes que leurs semblables, vivant en eau salée... et surtout intelligentes. Il monte aussitôt un partenariat avec elles: elles fournissent les perles et lui les moyens de se défendre contre les requins et de s'étendre à d'autres îles...
C'est le début d'un ovni littéraire où l'auteur joue avec les formes, les langues, la bêtise humaine, où il critique tout azimut à la fois le capitalisme, le syndicalisme et tous les- ismes qui lui tombent sous la main, et plus généralement la bêtise humaine en réussissant à rendre tout cela très joyeux par une écriture et une mise en forme exceptionnelle de satire loufoque.
Très imaginatif, délicieux, intelligent, un roman à recommander à toutes et tous sans la moindre hésitation.
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Le_chien_critique
  03 septembre 2018
Karel Čapek tend le miroir à l'humanité. Un reflet noir mais drôle.
Karel Čapek est un illustre inconnu dont pourtant beaucoup d'auteurs, de scientifiques et de lecteurs emploient un terme qu'il a inventé, rentré dans le langage courant : il est en effet L'homme qui inventa le terme Robot dans la pièce « R.U.R. ».
Nous sommes dans une histoire assez classique, celle de l'exploitation d'une ressource, ici les salamandres, des êtres qui ont eu la mauvaise idée de croiser la route de l'homme et lui faire miroiter des bénéfices substantiels en leur amenant sur un tapis rouge des perles naturelles devenues extrêmement rares. Les salamandres vont révéler d'autres avantages qui pourraient bien causer leur perte, ou celle de l'homme... La guerre du titre est trompeuse, n'occupant en fait que quelques pages en toute fin du roman.
Un roman datant de plus de 80 ans, malheureusement toujours d'actualité. le capitalisme du début du 20ème siècle n'a pas à rougir face à celui de notre époque.
De la découverte du "sauvage" qui va bientôt passer à celui de "bon sauvage", l'histoire de ces salamandres est une satire de notre société. Tout y passe : industrie, finance, vie politique, géopolitique, nationalisme, racisme, société, médias, patron/ouvrier, syndicalisme, religion, éducation, la brocarde est salutaire, le cynisme à son paroxysme, l'humour y est noir, très souvent grinçant. Notre histoire, reconstruite dans les grandes lignes et qui n'est pas à porter à notre bénéfice.
Un défaut à mon sens, qui peut expliquer l'oubli de ce livre face à d'autres "grandes oeuvres" : l'auteur emploie différents styles pour nous livrer son conte philosophique : récit, coupures de presse, extraits de livres, médias qui donnent un aspect assez décousu, il manque clairement une intrigue un peu plus conséquente pour rester dans les mémoires du lecteur.
Ceci dit, une lecture salutaire, même si l'humanité ne s'y montre pas sous son jour le plus favorable. Les années passent et n'améliorent pas notre civilisation, les erreurs du passé n'offrant que de nouvelles idées pour asservir son prochain. Mais mème si le propos est sombre, le texte pourra plaire au plus grand nombre de part son humour quasi omniprésent.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   03 septembre 2018
Que dirions-nous si une espèce animale autre que l’homme proclamait que, vu son nombre et son instruction, elle possède seule le droit d’occuper le monde entier et de dominer toute la nature ? C’est donc cette confrontation entre l’histoire du passé humain et l’histoire actuelle qui m’a poussé de force à m’asseoir à mon bureau pour écrire « La guerre des salamandres ». La critique l’a qualifiée de roman utopique. Je m’élève contre ce terme. Il ne s’agit pas d’utopie, il s’agit d’actualité. Ce n’est pas une spéculation sur les choses à venir, c’est un reflet de ce qui est, de ce qui nous entoure. Ce n’est pas une fantaisie ; de la fantaisie, je suis toujours prêt à en rajouter gratis tant qu’on en voudra ; mais je voulais parler de la réalité. Je n’y peux rien, mais une littérature qui n’a cure de la réalité, de ce qui arrive vraiment au monde, des œuvres qui ne veulent pas réagir devant cette réalité avec toute la force dont la pensée et la parole sont capables, cette littérature n’est pas la mienne.
Karel Capek, postface
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Charybde2Charybde2   26 mai 2017
Ce n’est pas tout, Messieurs. Je suis loin d’avoir épuisé toutes les tâches du Syndicat des Salamandres : le Salamander Syndicate cherchera dans le monde entier du travail pour des millions de salamandres. Il fournira des projets et des idées pour dompter la mer, il se fera l’avocat des utopies et des rêves gigantesques. Il fournira des plans de nouvelles côtes et canaux, de digues reliant les continents, de chaînes entières d’îles artificielles pour les survols de l’Atlantique, de nouveaux continents créés au milieu des océans. C’est là qu’est l’avenir de l’humanité, Messieurs, les mers recouvrent quatre cinquièmes du globe ; il est certain que c’est trop ; il faut corriger la surface du globe, la carte des mers et des terres. Ce ne sera plus le style du capitaine Van Toch ; nous remplaçons le roman d’aventures de la pêche des perles par l’hymne du travail. Nous avons le choix : serons-nous des épiciers ou bien des créateurs ? Mais si nous nous refusons à penser continents et océans, nous resterons en deçà de nos possibilités. Il a été question tout à l’heure du prix d’un couple de salamandres. Je préfèrerais que nous pensions en milliards de salamandres, en millions et en millions d’unités de main-d’œuvre, que nous envisagions des déplacements de l’écorce terrestre, de nouvelles genèses et époques géologiques.
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MasaMasa   09 juillet 2015
La question se pose : L'homme est-il, a-t-il jamais été capable de bonheur ? L'homme certes, comme tout être qui vit, mais pas le genre humain. Tout le malheur de l'homme réside dans le fait qu'il ait été obligé de devenir l'humanité ou qu'il l'est devenu trop tard, quand s'était irréparablement différencié en nations, races, croyances, castes et classes, en riches et en pauvres, en hommes éduqués et en ignorant, en maîtres et en esclaves. Rassemblez de force en un même troupeau des chevaux, des loups, des brebis, des chats, des renards et des biches, des ours et des chèvres ; parquez-les dans un même enclos, forcez-les à vivre dans cette mêlée insensée que vous appelez l'Ordre Social et à respecter les mêmes règles de vie ; ce sera un troupeau malheureux, insatisfait, fatalement divisé, où nulle créature ne se sentira chez elle.
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TaraxacumTaraxacum   12 juillet 2014
Si vous cherchez la petite île de Tana Masa sur la carte, vous la trouverez en plein sur l'équateur, un peu à l'ouest de Sumatra; mais si vous montez sur le pont du Kandong Bandoeng pour demander au capitaine J. Van Toch ce que c'est que cette Tana Masa devant laquelle il vient de jeter l'ancre, il lâchera une bordée de jurons, puis il vous dira que c'est le plus sale coin de l'archipel de la Sonde, encore plus minable que Tana Bala et tout aussi perdu que Pini ou Banjak; qu'il n'y vit, sauf votre respect, qu'un seul homme - sans compter bien sûr, ces pouilleux de Bataks - et que c'est un agent commercial, un soûlard, un bâtard de Cubain et de Portugais, plus voleur, mécréant et cochon que tous les Cubains et tous les Blancs pris ensemble; et que s'il y a au monde quelque chose de foutu, c'est bien cette foutue vie sur cette foutue Tana Masa, c'est moi qui vous le dis, Monsieur !
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lanardlanard   31 octobre 2016
Ce fut une guerre étrange, si toutefois on peut appeler ça une guerre; en effet il n'existait pas d’État des Salamandres, ni de gouvernement reconnu à qui l'on aurait officiellement pu déclarer la guerre. Le premier pays à se trouver en état de guerre avec les salamandres fut la Grande-Bretagne. Dès les premières heures, les salamandres coulèrent presque tous les navires ancrés dans les ports; il n'y avait pas moyen d'empêcher cela. Seuls les bateaux en haute mer étaient pour l'instant en relative sécurité surtout au-dessus des grandes profondeurs; c'est ainsi qu'une partie de la flotte britannique put se sauver en brisant le blocus de Malte et en se groupant au-dessus des profondeurs ioniennes; mais ces bâtiments furent bientôt attaqués par les petits sous-marins des salamandres et coulés l'un après l'autre. En six semaines, la Grande-Bretagne perdit les quatre cinquièmes de sa jauge globale.
Une fois de plus dans son histoire, John Bull put montrer son célèbre entêtement. Le gouvernement de Sa Majesté refusa de négocier avec les salamandres et ne retira pas son embargo sur les livraisons. "Un gentleman britannique, déclara le Premier ministre au nom de toute la nation, protège les animaux, mais ne négocie pas avec eux." Au bout de quelques semaines une pénurie désespérée de produits alimentaires se fit sentir dans les Îles Britanniques. Seuls les enfants touchaient une petite tranche de pain et quelques cuillerées de thé ou de lait par jour; la nation britannique endura ces souffrances avec un courage sans exemple, même si elle tomba assez bas pour être amenée à manger tous ses chevaux de courses. Le prince de Galles laboura de ses propres mains le premier sillon sur le court du Royal Golf Club, destiné désormais à la culture des carottes pour les orphelinats de Londres. On planta des pommes de terre sur les courts de tennis de Wimbledon et l'on sema du blé sur les champs de course d'Ascott. "Nous ferons tous les sacrifices, même les plus grands, affirmait au Parlement le leader du parti conservateur, mais nous ne renoncerons pas à l'honneur britannique."
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Video de Karel Capek (1) Voir plusAjouter une vidéo
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