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EAN : 9782916136288
Éditeur : Les éditions du Sonneur (22/05/2010)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 15 notes)
Résumé :
En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l’écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l’Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges,myriade d’îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Etsionbouquinait
  19 mars 2020
Après avoir chroniqué L'année du jardinier de Karel Čapek, je m'étais promis de découvrir un autre titre de cet auteur tchèque majeur du XXème siècle. Je jetais donc mon dévolu sur un récit de voyage rédigé peu avant la Seconde Guerre Mondiale et le décès de l'écrivain, Voyage vers le Nord.
Le voyage vers le Nord conduit Karel Čapek vers le Danemark, la Suède puis les fjords de Norvège. Il effectue ce voyage seul, et même s'il nous gratifie de quelques rencontres plaisantes, c'est bel et bien la nature et les paysages traversés qui font office de personnage principal du roman et auxquels l'auteur n'hésite pas à s'adresser directement.
Il effectue d'abord un bref passage au Danemark, un pays propère où il fait bon vivre et où les gens se font confiance, décrite (comme toujours) avec le sens de la formule :
"Rien à dire, c'est un tout petit pays, quoi qu'il compte plus de cinq cents îles ; c'est une petite tranche de pain, mais bien beurrée. Loués soient ces troupeaux, ces granges, ces pis gonflés, ces clochers émergeant de la cime des arbres, ces ailes de moulins qui tournent dans une brise fraîche…"
N'oublions pas que ce voyage fut effectué en 1936, et Čapek est conscient de la montée de périls. Rédigeant dès 1924 une critique du communisme, il dénonce également le national-socialisme. Les nazis avaient d'ailleurs couché son nom sur la liste des personnes prioritaires pour la déportation après l'invasion de la Tchécoslovaquie. Sa mort prématurée en 1938 lui a évité cette ultime épreuve. Ainsi, dans ce livre, on trouve quelques allusions à la période troublée traversée par l'Europe.
Au fur et à mesure du récit, en concluant son périple et après avoir observé des gens évoluant dans une nature hostile, il perçoit le péril qui monte et la futilité des luttes en cours :
"Un jour, les hommes comprendront qu'aucune victoire n'en vaut la peine ; et, s'il leur faut vraiment des héros, ils pourraient élire ce petit docteur de Hammerfest qui va d'île en île sur son canot à moteur dans la nuit polaire, là où une femme est en train d'accoucher et un enfant de pleurer. Les tambours de la guerre dussent-ils cesser de battre un jour, il y aura toujours bien assez de place pour les hommes courageux et entiers."
Néanmoins, ces quelques lignes ne doivent pas vous détromper sur la nature première de cet ouvrage ; il s'agit d'un récit de voyage où l'on voit défiler devant nous des montagnes, des glaciers, des lacs… le tout servi par un langage très poétique, très imagé. Une lecture qui nécessite une présence de la part du lecteur, une certaine lenteur pour bien savourer. Ajoutons-y un sens de l'humour très développé (ce qui est très tchèque !), illustré ci-dessous par la façon dont il décrit un groupe appartenant à une congrégation chrétienne, ayant pris place sur le même bateau que lui :
"Ils pratiquent avec ferveur l'amour du prochain et s'exercent notamment sur les gens souffrant du mal de mer, les chiens, les jeunes mariés, les enfants, les marins, les autochtones, et les étrangers, en les accostant et en les encourageant, en les apostrophant chaudement, en les saluant, en leur souriant et, d'une façon générale, en les accablant de toutes sortes de prévenances ; ainsi, il ne nous restait plus qu'à nous barricader dans nos cabines pour y balsphémer tout bas, avec acharnement. Que le Dieu de miséricorde prenne nos âmes en pitié !"
Enfin, si L'année du jardinier était richement illustrée par son frère Josef, c'est Karel lui-même qui nous gratifie ici de très jolis croquis des paysages rencontrés.
Il m'a manqué peut-être dans ce livre une partie du charme que j'avais tant apprécié dans L'année du jardinier. Je vous conseille néanmoins d'aller découvrir ce livre en l'empruntant dans votre bibliothèque.
Lien : https://evabouquine.wordpres..
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LN
  21 juillet 2015
En 1936 Karel Capek met le cap vers le nord, destination le Danemark, la Suède et la Norvège. En train ou en bateau, il admire les forêts à perte de vue, s'arrête fasciné dans les fjords "c'est une chose qui ne fait plus partie de ce monde, une chose indescriptible", salue les vaches noires et blanches, et rêve devant les fermes rouges qui semblent si accueillantes :
"Ce n'est rien qu'un petit pont de pierre qui enjambe une rivière paisible ; et pourtant ce pont semble mener de l'autre côté, vous savez, de l'autre côté, là où les soucis et la hâte n'existent plus, et où, probablement, on ne meurt jamais. Ce n'est rien qu'une maisonnette rouge et blanc entre des arbres verts ; mais, ma foi, on se dit qu'on serait heureux si on y vivait ; je sais bien que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas si facile d'être heureux, et que cela ne s'apprend pas, même au paradis ; mais ce pays est ainsi fait que le voyageur y est immédiatement enclin à croire à la paix, à la tranquillité, au calme et aux vertus cardinales." p. 265
Il se laisse peu à peu gagner par la magie de ces lieux en sursis.
"Et j'ai vu des arcs-en-ciel de minuit tendus de rivage en rivage, un coucher de soleil doré et humide se refléter dans la mer par une aube glacée ; j'ai vu les lueurs de l'aurore et du couchant se fondre en un rayonnement palpitant des eaux, le peigne d'argent du soleil caresser la surface étincelante de la mer. Les sentiers brillants des dieux marins se mirent à scintiller furieusement sur les eaux et le jour fut. Bonne nuit, bonne nuit, car c'est le jour, la première heure ; les montagnes se dissimulent derrière un voile de soleil ; au nord, le vaste sund luit d'une blanche clarté, la mer clapote froidement et le dernier passager du bord plonge frileusement dans un nouveau livre." (p. 185)
"Je sais que tout cela ne mérite pas d'être raconté, et que d'autres que moi en ont vu cent fois plus : mais je suis patriote européen et si je ne devais plus jamais rien voir, je dirais jusqu'à ma mort : "J'ai vu la grandeur du monde." Peut-être que notre planète refroidira un jour - ou que nous nous en chargerons, nous les hommes ; nous mettrons alors une telle pagaille qu'il n'y aura même plus de mouettes pour crier au-dessus des mers. Mais, quand bien même nous découperions les uns les autres en petits morceaux nous ne pourrions pas entamer la grandeur du monde. Je sais, ce n'est pas d'un grand réconfort ; nous vivons des heures sombres, et notre coeur est empli d'inquiétude ; mais le monde est grand." p. 199
Son humour illumine le récit, comme dans ces scènes durant lesquels il se retrouve sur un bateau avec un groupe de représentants d'une quelconque Eglise américaine, "cargaison spirituelle" bruyante et omniprésente :
"Ils pratiquent avec ferveur l'amour du prochain et s'exercent notamment sur les gens ouffrant d mal de mer, les chiens, les jeunes mariés, les enfants, les amrins, les autochtones, et les étrangers, en les accostant et en les encourageant, en les apostraophant chaudement, en les saluant, en leur souriant et, d'une façon générale, en les accablant de toutes sortes de prévenances ; ainsi, il ne nous restait plus qu'à nous barricader dans nos cabines pour y balsphémer tout bas, avec acharnement. Que le Dieu de miséricorde prenne nos âmes en pitié !" p. 107
Et pas une goutte d'alcool pour supporter cela, on ne vend pas d'alcool à bord des bateaux norvégiens ! Ses portraits sont toujours savoureux, il apprécie ses rencontres, telle ce capitaine de bateau débonnaire qui garde le cap et sa bonne humeur quoi qu'il arrive !

Karel Capek ne se contente pas d'écrire, il dessine et nous enchante de ses esquisses qui célèbre la beauté du monde...
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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CSecq
  12 avril 2020
Ce livre attire le regard tant la couverture est belle et mystérieuse. Avec ses pages intercalaires toute noires, et une impression parfaite, ce livre est très beau. Je remercie sincèrement l'ami qui me l'a offert. Je me rends compte qu'il me connaît bien car il m'a touchée sur un sujet que j'adore : les pays nordiques. Là, je peux vous dire que le Danemark, la Suède et la Norvège, vus par Karel Capek en 1936, c'est tout simplement magique. Je me suis laissée emportée par la grâce de ses mots, la franchise de ses croquis. Ses appréciations parfois ironiques et même acides tempèrent l'extase devant des paysages magnifiques à couper le souffle. J'ai eu l'impression de voyager à ses côtés et j'ai adoré. Triste d'être arrivée au bout de cette lecture et devoir atterrir dans ma réalité.
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MarcoPolo85
  25 juin 2013
Quelle est douce et belle cette ballade à travers la Scandinavie proposée par un grand écrivain Tchèque des années 30 : Karel Capek.
En effet, ce récit de voyage nous emmène vers des contrées fraîches et verdoyantes depuis le Danemark, via la Suède jusqu'en Norvège. Nous glissons gentiment vers le Nord par des forêts remarquables, des lacs limpides, des fjords époustouflants et des milliers d'îles . Nous nous arrêtons aussi dans les villes d'Oslo, Copenhague, Stockholm. Nous y apprenons un peu l'histoire des hommes de ce cru.
Le livre est beau et est parsemé d'illustrations de l'auteur. Nous pourrions nous croire dans un conte d'Andersen, si ce n'est que nous sentons bien au travers de ce récit des années 30 l'arrivée imminente d'un grand conflit mondial.
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florent9595
  01 février 2019
En librairie mes yeux se sont posés sur la couverture bleu verte de ce récit de voyage. le résumé positionné verticalement sur la couverture m'a intrigué. Résultat je me suis laissé tenter.
L'auteur nous emmène en voyage à l'extrême nord de l'Europe en passant par le Danemark, la Suède et la Norvège. le texte n'est que de la description des paysages traversés, vus ou ressentis de l'auteur. Cela pourrai paraître « bardant » mais en fait non. L'écriture est douce, poétique tout en restant accessible. Les petits dessins d'une main sûr et efficace nous montrent les paysages autrement que par les mots.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
CSecqCSecq   12 avril 2020
Regarde donc comme c'est magnifique, cette mer grise et les crêtes blanches des vagues; et, à tribord, le rivage nu, tortueux et musculeux de la Norvège; et ces mouettes criardes qui planent sur les longues ondes du vent. Tu peux scruter les eaux agitées par la quille, elles sont d'un vert vitriol martial, d'un vert malachite, d'un vert iceberg ou quelque chose comme ça; elles fument d'une blancheur furieuse, elles sont ourlées de mousse ; regarde cette route tracée derrière nous par l'écume jusqu'à l'horizon.
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MarcoPolo85MarcoPolo85   24 juin 2013
( à propos de la forêt Suédoise) Ce ne sont pas des sous-bois, ces jeunes bosquets, ces taillis et ces vieilles forêts que l'on trouve chez nous mais tout cela à la fois;[...] une jungle nordique et une forêt de contes de fées, de lutins et de géants, une authentique forêt germanique et une immense usine à bois; on y voit encore courir des élans barbus, au long mufle et aux bois en forme de pelle, et je serais bien surpris de ne pas croiser par ici un loup, un Petit Chaperon Rouge, une licorne et d'autres bêtes sauvages.
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florent9595florent9595   31 janvier 2019
Quoi qu'on en dise, la Norvège et ses habitants forment un bien beau pays ; et si je devais citer des points négatifs, il ne me viendrait à l'esprit que cette congrégation américaine, les moustiques et la prohibition partielle ; il y a bien aussi un plat qui ne m'a pas inspiré, mais comme, par prudence, je n'y ai pas goûté, je ne peux pas me prononcer. Un pays bon et austère, habité par de braves gens ; un pays de campagnes et de petites bourgades, dont les courageux habitants vivent silencieusement et sagement dans de petites boîtes proprettes, au milieu du monde le plus fan...tastique, le plus monumentale et parfois le plus irréel qui soit. p235
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florent9595florent9595   25 janvier 2019
C'est finalement assez simple et toujours pareil, mais on n'a jamais fini de s'émerveiller devant la force et la beauté de tels ouvrages.
Tout est là : l'homme lui aussi devrait tailler les grandes choses pour les élever et les aiguiser, et arrondir avec douceur les petites. p 136
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EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   19 mars 2020
Croyez-moi, le monde est beau.
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