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EAN : 9791095582502
488 pages
Éditeur : Marchialy (30/11/-1)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Une frontière, un passage ou un carrefour : tout n’est qu’une question de point de vue. Kapka Kassabova les explore tous.

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible lorsqu’elle était enfant et que la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions.

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tempsdelecture
  10 octobre 2020
Nous voilà donc aux croisements de la Bulgarie, de la Grèce et de la Turquie, là où prend fin l'Europe, où commence l'Asie, lieux témoins de civilisations bien disparues, les Thraces, qui continuent de marquer de leur empreinte le monde actuel. Ce n'est pas pour rien que les montagnes et collines bulgares sont gorgées de chercheurs de trésor. le livre est divisé en quatre grandes parties, qui reflètent l'itinéraire de son voyage. Chaque chapitre est précédé d'une page qui se réfère à un élément typique de la région qu'elle visite, on y retrouve par exemple la voie romaine via pontica, le klyon (« Sobriquet donné par les soldats patrouillant la frontière bulgare au mur de barbelés électrifiés qui parcourait la forêt »), la fleur rosa domescana ou encore Conte des deux royaumes. Élément, qu'elle prendra soin d'expliquer dans le chapitre suivant, qui s'épanche véritablement sur le voyage de l'auteure bulgare. le tout est précédé d'une carte de la région et d'une préface dont elle est l'auteure.
Kapka Kassabova n'a pas choisi Sofia, où elle a grandi, pour ancrer son récit mais une région plus méridionale, plus énigmatique et obscure, plus opaque, des zones dont l'accès était impossible alors qu'elle résidait encore en Bulgarie. Mais ce n'est pas une simple histoire de retrouvailles, de son enfance ou de son pays natal. Il est davantage question pour Kapka Kassabova de pouvoir, enfin, découvrir ces régions et ces frontières, inaccessibles auparavant, qui ont été témoins des flux incessants de population et ces individus, fruits d'une mixité culturelle unique, afin d'essayer de capter la nature de ces régions poreuses. Ce ne sont pas seulement des lieux et des villages qu'elle explore, ce sont aussi des personnes, des familles, des villages, des histoires, tous oubliés, qu'elle perçoit et relate. Ces endroits où terre et cieux se rejoignent, berceaux mythiques de civilisations disparues, de cultes anciens, lieux ou les frères ennemis se touchent, séparés par des fils barbelés disgracieux et acrimonieux qui portent encore la trace de la blessure de ceux qui ont voulu les franchir.
C'est un récit fort, en découvertes, en émotions, en culture aussi, qui a mon sens a réussi à capter la richesse de ces populations et de ces humains, de cette culture mixte et complexe, composite et panachée, entre bulgares, turcs et grecs, entre culte païen, orthodoxe, et islam, entre thraces et pomaks, qui ont donné aux lieux leur identité. Et plus son récit avance, plus Kapka Kassabova se perd dans le mystère qui entoure ces frontières et ces montagnes, le premier chapitre traite de la Riviera rouge ou se regroupent touristes de tous poils alors qu'elle achève son périple par des endroits absolument confidentiels. La vérité n'est pas une, elle est disparate et se trouve dans les histoires toutes personnelles de ces chacuns, que l'auteure recueille précieusement, à l'écoute des êtres dont elle croise le chemin et qui se confient volontiers, comme s'ils ne pouvaient se confier totalement et sincèrement qu'à elle, uniquement.
L'auteure réussit à reconstituer les lieux qu'elle traverse dans leur dimension atemporelle, à la fois, dans leur présent qu'elle ne fait que traverser le temps de quelques jours, mais aussi dans leur passé, à travers les anciennes peuplades Thraces, les pomaks, ces slaves musulmans, qui ont été ballotés d'un pays à l'autre ou autres flux de population à la convenance des politiques nationalistes de tout bord. J'ai été surprise, ravie et transportée par la richesse de ces cultures que je ne connaissais absolument pas, de ces individus esseulés, de son écriture qui réussit à donner une dimension romanesque à cette épopée solitaire.
Quand je parle d'épopée, le mot ne me semble pas trop fort. Traversant monts et montagnes, vallées, plaines, routes turques, grecques, bulgares, elle fait la rencontre de lieux qui n'ont plus d'âge, ce qu'elle appelle le Village-dans-la-Vallée (elle précise avoir modifié certains noms propres afin de préserver la sérénité des habitants) apparaît comme un lieu irréel ou les figures mythologiques apparaissent à travers fables et légendes, croyances et superstitions. Après tout, nous ne sommes pas loin de la Grèce, et peut-être de sa mythologie ancrée à la terre, aux éléments. J'ai été frappée par nombre des cultes païens qui sont encore pratiqués dans ces lieux retirés, comme si le temps, et ses afflictions, n'avait eu aucune emprise sur eux.
C'est un récit, dense, qui mêle histoire, le communisme et ses méfaits tiennent une bonne place, ethnologie, témoignage personnels, qui nous amène à comprendre à quel point le régime imposé par les Soviétiques a ébranlé ces populations dans leur vie quotidienne, la Bulgarie profondément agraire a subi une industrialisation massive et agressive, à une collectivisation imposée, d'où malgré tout les populations ont réussi à garder, on le constate avec bonheur, leur identité profonde.
lElle réussit à insuffler à son récit la dose de mystère pour que l'on ne puisse s'en lasser, je pense notamment à l'évocation de ces de touristes mystérieusement portés disparus, et évidemment jamais retrouvés, entre 1961 et 1989. Où le pouvoir spécial qui l'englobe, dans les montagnes, de ces forces obscures et mystiques, qui ont agit sur elle le temps d'une visite, qui s'écourte brutalement. C'est dans un ou plutôt des mondes à part, avec leur propre réalité, que Kapka Kassabova nous fait pénétrer, où les lois physiques prosaïques et cartésiennes sont abolies par la puissance des croyances, qui se transmettent de génération en génération. Et l'auteure s'adapte et s'intègre aux autochtones pour mieux comprendre leurs us, celles qui régissent leur vie, celles de la nature, de la forêt, de la montagne, ces territoires vierges, jamais explorés par l'homme, témoins d'une innocence originelle, dieux intouchables.
Mais ces lieux ne seraient pas ce qu'ils sont s'ils ne refermaient pas l'histoire mouvementé des peuples qui les ont occupés mais aussi parcourus et traversés, sillonnés de part et d'autres. Ces lisières faites de no man's land sont des endroits stratégiques, où se croisent les populations. Et les inimitiés sont tenaces, les mêmes qui sont rejetés ici, le sont également là-bas: gitans, rom, peu importe le nom qu'on lui donne. L'auteure dépeint ce visage inédit de cette Bulgarie, lieu mystérieux, moins touristique et connu que ses voisins turcs et grecs, mais tout aussi riche culturellement et ethnologiquement, place centrale, lieu de transition, de transit est/ouest, terre d'exiles, terre d'échanges. Et la richesse de ce livre c'est aussi les voix de ces personnes qui sont issues de ce mélange des frontières, à la fois bulgares mais aussi turques, grecs et turcs, ce mélange inimitable de langues, de cultes. de leurs ressemblances, leurs dissemblances, des rejets, des purges – la purge ethnique des turcs ou des kurdes. C'est autant de guides qui l'emmènent dans les recoins de ces lisières, en Bulgarie, en Grèce et en Turquie, autant d'histoires différentes, autant de drames personnels, de cultures différentes, de mélanges ethniques différents, de découvertes de l'histoire de ces lisières sous un prisme nouveau, de l'impossibilité de définir l'endroit, et de ses habitants.

Et puis de façon redondante surgissent ici et là les réfugiés syriens tels des spectres, réfugiés malheureux et désespérés qui transitent par la Turquie et la Bulgarie pour rejoindre l'Union Européenne. Les flux de refugiés anciens et actuels, kurdes et syriens, des fuites, des venues, des rencontres des religions, inextinguibles reflètent la malédiction qui touche ces frontières, condamnées à voir, impuissantes, les gens fuir leur nation d'origine.
Je n'aurais pas assez de bons mots, je crois, pour vous parler du récit de voyage de Kapka Kassabova à la lisière du présent et du passé, d'ici et d'ailleurs. Outre les qualités littéraires indéniables de l'auteure, elle a parfaitement su déchiffrer les couleurs de ces mondes, les enjeux politiques, religieux, ethniques qui entourent ses populations. Tant de découvertes, tant de choses à dire sur ce livre, tant de rencontres touchantes d'hommes, de femmes, broyés par le système soviétique, par les engeances nationalistes de part et d'autres, aux lisières d'un monde passé et présent. Un livre, à mon sens, indispensable pour essayer de comprendre la Bulgarie et ses voisines Grecque et Turque.


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VincentGloeckler
  26 avril 2020
A l'image des bijoux de l'ancienne Thrace, dont il est souvent question dans le récit, voilà un vrai trésor d'orfèvrerie littéraire, peut-être le « pavé de l'année », comme avaient pu l'être, il y a très longtemps, Cent ans de solitude, ou, en 2019, Tous sauf moi de Francesca Melandri… Bien sûr, d'autres livres récents retiennent le coeur et l'esprit, mais Lisière, de l'écrivaine, aujourd'hui écossaise, d'origine bulgare Kapka Kassabova, vous séduit d'emblée comme un bel objet, avec une extraordinaire couverture au paysage expressionniste en noir et blanc, révélant une bourgade nichée au creux d'une montagne au ciel tourmenté – une image annonçant le « village-dans-la-vallée » aux habitants pittoresques, principal lieu de séjour de l'auteure, au cours de ses aventures dans la région -, avec aussi (et remercions les jeunes éditions Marchialy d'attacher toujours autant d'importance à l'aspect physique du livre, pratiquant le métier éditorial en artiste plasticien !) un beau souci de la présentation typographique, et une forme matérielle, même un poids du livre, qui vous font penser qu'il est bien là, maintenant lové dans vos mains, et qu'il les quittera difficilement… Et c'est bien ce qui se passera, tant le texte de Kapka Kassabova, avec ses quasi 500 pages aux lignes serrées d'une élégante mais minuscule police, vous donne l'envie qu'il ne s'achève jamais, tant vous avez l'impression d'être, au fil de la lecture, un compagnon muet de son périple, sans cesse ébahi, ou mieux, ébloui par les tours et détours de sa plume, autant que par les détails des endroits qu'elle décrit ou le rythme allègre des conversations qu'elle rapporte. Lisière est un récit de retour au pays natal, un voyage d'exploration à la fois géographique et mémorielle, la traque fascinante du « génie » d'un lieu. Kapka Kassabova, née à Sofia en 1973, a quitté la Bulgarie avec sa famille peu après la chute du Mur de Berlin. Elle a quelquefois fréquenté au cours de périodes estivales de son enfance et de son adolescence cette région des trois frontières, aux confins de la Bulgarie, de la Grèce et de la Turquie, entre Mer Egée et Mer Noire, Thrace et Balkans, massif de la Standja et montagnes des Rhodopes, entre Europe et Asie… Lorsqu'elle décide d'y revenir au milieu des années 2010, c'est pour tenter de comprendre le charme puissant que cette terre exerçait déjà sur elle, autant que pour questionner ces incarnations multiples de la notion de « frontière » - de la sympathique « lisière » du titre aux brutaux barbelés jalonnant l'horizon des autochtones ou des nomades – qu'elle propose. de la Thrace antique, amoureuse de belle orfèvrerie – ce qui donne l'occasion, comme en témoigne fréquemment le récit de Kapak Kassabova, à de multiples chasseurs de trésors de trouer comme un gruyère l'ancien territoire de cette civilisation ! - aux marches orientales de l'Europe contemporaine, la région a été remodelée en permanence par des conflits nationalistes, religieux, économiques ou idéologiques, entraînant guerres sanglantes, exodes massifs de populations, chantiers infinis de construction de murs, de citadelles, de camps, jusqu'à ceux où l'on parque les réfugiés d'aujourd'hui, en provenance du Proche-Orient ou de l'Afrique, en attente d'un Occident qui refuse leur présence. Et l'auteure évoque avec un grand art du conte et beaucoup d'humour tout l'absurde de ces déplacements ethniques et de ces exclusions, ou du climat d'espionnite de la Guerre froide – avec les croquignolesques, mais d'issue souvent tragique, tentatives d' « évasions » d'allemands ou de tchèques du bloc de l'Est par des frontières faussement jugées plus perméables que celles du Mur -, en même temps qu'elle nous enchante quand elle relate ses rencontres avec les autochtones, bulgares, grecs ou turcs, pomaques ou gitans, gens de peu de biens et d'ambition, mais de pensée vive et de grand coeur, au regard souvent désabusé, mais à l'esprit frondeur et à la langue bien pendue. le récit de ce voyage, commencé et achevé dans la « Stranja étoilée » - à l'image de ce temps circulaire de « l'éternel retour », dont, après Mircea Eliade, l'auteure révèle les traces dans la conception du monde des descendants actuels des Thraces -, peut-être la plus attachante des régions de ce bout oriental de l'Europe, est construit à chaque étape à partir de l'évocation d'un mot du cru (noms des sources et fontaines, « couloirs », « komshulak » ou voisinage, « tabac », la principale culture locale…) et de ses connotations des trois côtés des frontières, comme si la réalité naissait décidément du langage, un langage cosmopolite et magique, nourri des sortilèges qui imprègnent cette terre et dont l'auteure célèbre la puissance au fil des pages. Et nous voici, lecteur, aussi informé du triste sort que notre Europe réserve aux nouveaux nomades forcés de l'Orient, qu'ensorcelé par les forces mystérieuses de ces forêts et montagnes qui semblent refuser de laisser repartir le visiteur, définitivement conquis, en tout cas, par le merveilleux talent littéraire de Kapka Kassabova !
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Perlaa
  29 septembre 2020
Bulgare, Kapka revient de son exil écossais pour un voyage très personnel. Elle nous entraîne au sud-est de l'Europe dans l'antique Thrace, son pays natal. Une zone qui s'articule autour de 3 frontières, bulgare, grecque, turque. Une zone militarisée à l'époque de la guerre froide dans des montagnes difficiles d'accès, la Strandja bulgare, les Rhodopes grecques ou la plaine turque. Kapka voyage seule à travers ces trois pays et multiplie les rencontres. Des vies minuscules portant en elles l'histoire riche (trop riche !) de la région. Ziko, le passeur ambigu et magnétique, Zora, la veuve exilée résiliente, Tako, le zélé gardien improvisé d'un monastère en ruines et tant d'autres belles personnes qui pratiquent le « komschulak », cet esprit de bon voisinage qui « vous aide à ne pas sombrer dans la folie ».
Des familles grecques ayant fui Smyrne et sa région en 1923, des musulmans de Bulgarie expulsés en 1989 vers la Turquie proche ou encore de Bosnie, des Européens du bloc de l'Est, on évoque même ces Allemands venant jusqu'en Bulgarie pour tenter de fuir par l'est, des gitans, partout indésirables. Tant de vies mêlées et déplacées sur ce territoire qu'on se perd parfois. Marquée par les drames et l'isolement une région qui ne se relève pas. Elle se dépeuple et les villages tombent dans l'abandon, les (derniers ?) survivants enferment en eux la marque des traumatismes passés et présents.
On glisse d'un chapitre à l'autre de l'histoire des Thraces, à l'occupation ottomane, des guerres balkaniques du début du XXème siècle, à la guerre froide, de la chute du rideau de fer à la crise des migrants empruntant ce couloir, sorte de porte dérobée de l'Europe. « Les couloirs utilisés pendant la guerre froide restent les mêmes. Seul le sens de circulation a changé ». Au-delà du rappel de l'histoire omniprésente c'est un cheminement individuel, Kapka teinte le récit de ses souvenirs, de ses jugements et de ses angoisses. On ressent la pression qu'elle se met. Elle nous associe à ses démarches pour retrouver l'âme mystique de ce pays. Elle veut renouer avec les forces obscures venues de la montagne, de l'eau, du feu qui alimentent les peurs et les espoirs des survivants.
La lecture est aisée et on se laisse guider d'un village à l'autre. Un bémol toutefois sur le parti-pris de franciser les noms de lieux. Que vient faire ici ce Village-dans-la Vallée ou ce Village-où-l'on-vit-pour-l'éternité ? Oui le récit de voyage lent permet de comprendre le jeu des influences de ce pays esquinté et oublié. On est toujours au carrefour du quotidien, de l'histoire et de la mythologie. le charme opère.
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  03 août 2020
Récit de voyage aux confins de l'Europe sud-orientale, ce texte de Kapka Kassabova s'inscrit dans la grande tradition du reportage littéraire. Partant de sa Bulgarie natale, l'autrice en explore les frontières turque et grecque, montagnarde et fluviale, politique et historique. Elle suit les déplacements des peuples anciens de la Thrace et retrouve les stations balnéaires de ses souvenirs d'enfance, avec les ombres des fugitifs de la RDA pour qui le chemin de l'Europe occidentale passait par la Turquie. Aujourd'hui, le flux est inversé : ce sont les réfugiés des pays du Sud que l'autrice voit arriver par la Turquie vers la terre promise de l'Union européenne. Etrangère dans son pays d'origine, Kapka Kassabova fait de son voyage un pèlerinage : la dernière frontière qu'elle franchit la mène au coeur d'une forêt, près de la source Sainte-Marina qui incarne l'esprit de ces lieux.
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KTDeval
  15 août 2020
Ce gros livre est intéressant par l'originalité du sujet. Peu de Français ,sans doute(ou d'Ecossais!) connaissent ,si peu que ce soit, cette région du sud-est de la Bulgarie, frontalière de la Grèce et de la Turquie. Et si, géographiquement, ils la situent, son histoire des plus tourmentées est inconnue de la majorité, tout comme les moeurs-parfois archaïques- de sa population rurale, dans les villages perdus de la montagne. On apprend donc beaucoup de choses et l'auteur fait preuve d'une érudition remarquable. C'est aussi une "aventurière", qui n'hésite pas à prendre des risques pour explorer son sujet.
Mais 500 pages ,c'est quand même beaucoup et on se lasse un peu... Bref c'est un peu ennuyeux.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TempsdelectureTempsdelecture   10 octobre 2020
Le mythe raconte que le centaure Nessos officiait en tant que batelier. C’était un passeur consciencieux, mais après avoir aidé Déjanire à franchir le fleuve, pris d’un accès de concupiscence, il tenta de l’enlever. Pour l’en empêcher, Héraclès, le mari de la victime, tira une flèche sur Nessos depuis l’autre rive, ce qui était un peu fort de café, sachant qu’Héraclès lui-même était un coureur de jupons notoire dont l’insouciance avait un jour coûté la vie à ses propres enfants. Tandis qu’il agonisait sur les berges du fleuve, Nessos souffla à Déjanire que son sang était doté de vertus magiques et que, grâce à lui, elle pourrait s’assurer que son Héraclès lui serait fidèle pour l’éternité. Elle le crut sur parole et remit à Héraclès une toge badigeonnée du sang du centaure, ce qui, comme de juste, l’empoisonna sur-le-champ. Cette légende aux allures de fable montre que plus on est avide, plus les choses nous échappent: c’est l’histoire réaliste de notre agonia (au sens premier du terme) quotidienne. À la fin, tous les protagonistes se retrouvent avec moins que ce qu’ils avaient au début du récit.

Baptisé d’après le malheureux centaure et surplombant le fleuve Nestos-Mesta, l’hôtel était perché sur le toit du monde, au cœur des Rhodopes. Il avait été bâti en des temps plus prospères avec du marbre superbe taillé à même les montagnes. Une fois traversé le fleuve pour atteindre cette rive, il n’y avait plus rien. L’hôtel était une porte d’entrée sur le néant. Ou plutôt sur l’endroit ou le canyon plongeait encore plus à pic et plus profondément, et ou la route commençait son ascension en direction de la frontière et du village fantôme.

Je m’y étais terrée quelques jours, dans une chambre avec une vue à couper le souffle sur la vallée et, au loin, les sommets. Après mon gros coup de stress avec Ziko, une étrange sensation s’était emparée de moi. En mon for intérieur, j’avais franchi une ligne fatidique
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PerlaaPerlaa   27 septembre 2020
"Ces montagnes sont mystiques. Certains phénomènes demeurent inexpliqués, et c'est peut-être aussi bien. "
Il n'avait pas tort. C'est quand on parvient à tout démystifier dans les moindres détails qu'on commence à se sentir diminué, comme dépossédé. Le peuple de la Strandja s'était fait déposséder de tout, sauf de ça. Et ça, personne ne pouvait le leur prendre.
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PerlaaPerlaa   27 septembre 2020
Autrefois axée sur la production Svilengrad se consacrait désormais à la consommation. Après avoir versé pendant des siècles dans le commerce de pastèques, beurre de sésame, coton, tabac, figues et soie, la ville donnait à présent dans les services. En tout genre.
Une des routes qui menaient en ville était bordée des caravansérails d'aujourd'hui : les hôtels-casinos, Ali-Baba, Pegasus , Monte-Carlo et Pacha laissaient tous miroiter "des spectacles, des prix en espèces et bien d'autres surprises! "
Une autre route était flanquée d'un camp de réfugiés qui ne faisait rien miroiter. Il se trouvait dans les anciens locaux de l'armée de surveillance des frontières.
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Video de Kapka Kassabova (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kapka Kassabova
Du 27 février au 1er mars 2020, la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou organisait la première édition d'Effractions, le festival de littérature contemporaine qui met en lumière quelques 35 auteurs qui font l'actualité littéraire et dont les oeuvres donnent matière à penser le lien entre littérature et réel.
Retour sur la rencontre avec Adrien Bosc, Kapka Kassabova et Olivier Weber du 28 février :
À l'heure où les limites entre les genres littéraires s'érodent, quel sens peut encore prendre l'opposition traditionnelle entre réel et fiction ? Que sont exactement ces « écritures du réel » qui hybrident les catégories éditoriales et quels enjeux narratifs portent-elles ?
Pour réfléchir, débattre et préciser les contours de cette littérature du réel, trois invités du monde du livre, éditeur, auteur, journaliste, sont réunis et exposeront leur expérience en la matière. À l'issue de la rencontre, la sélection du prix du Livre du réel sera révélée par la librairie Mollat et le journal Sud-Ouest.
Retrouvez notre dossier "Plongée littéraire dans le réel" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/litterature/plongee-litteraire-dans-le-reel Retrouvez toute la programmation du festival sur le site d'Effractions : https://effractions.bpi.fr/
Suivre la bibliothèque : SITE http://www.bpi.fr/bpi BALISES http://balises.bpi.fr FACEBOOK https://www.facebook.com/bpi.pompidou TWITTER https://twitter.com/bpi_pompidou
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