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ISBN : 2070403270
Éditeur : Gallimard (15/05/1998)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 64 notes)
Résumé :
La chambre noire de Longwood
Le voyage à Saint-Hélène

Perdue au milieu de l'Atlantique Sud, Sainte-Hélène, l'île d'où on ne s'échappe jamais. Un rocher lugubre battu par les flots et le vent. Déporté par les Anglais après Waterloo, Bonaparte s'efforcera, pendant cinq ans et demi, de rester Napoléon en dépit des humiliations.
Amoureux des îles, Jean-Paul Kauffmann s'est embarqué un jour à bord du seul bateau qui dessert Sainte-Hélène. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
andras
  13 juin 2016
C'est un livre très singulier et très subtil que nous donne à lire Jean-Paul Kauffmann avec "La chambre noire de Longwood". Cette chambre noire est celle de Napoléon à Sainte-Hélène dans la demeure de Longwood qui lui a été assigné et où il mourra le 5 mai 1821 après six années de captivité. L'auteur nous fait le récit du séjour qu'il a effectué sur cette île dans les années 90, au bout d'un voyage de plusieurs jours en bateau, le seul moyen de s'y rendre à cette époque. Chacun des neuf chapitres correspond à une journée de ce séjour. On le suivra ainsi presque pas à pas sur ce "caillou" perdu dans l'Atlantique Sud, île-prison d'où toute tentative d'évasion était impensable (même si JPK nous raconte qu'un prisonnier, un hollandais, réussit à s'en échapper à la fin du siècle dernier). Les découvertes sur place de l'auteur s'enrichissent des récits qu'ont fait les principaux témoins de la captivité de l'Empereur, qu'il s'agisse de ses aides de camp, de ses domestiques ou bien de ses geôliers anglais. Pour éclairer la déchéance de Napoléon et ses états d'âmes, l'auteur remonte à l'histoire de la campagne de Russie et notamment la bataille d'Eylau qui a ses yeux constitue le tournant de cette épopée - cette bataille où le "Colonel Chabert" De Balzac fut laissé pour mort après la charge héroïque de son bataillon de cavalerie. JPK est aussi très attentif à tous les détails qui permettent de faire resurgir le passé : tableaux, paysages, flore, odeurs, météorologie, lumières ... tout est convoqué dans ce travail de mémoire. Travail rendu d'autant plus difficile que le climat qui règne sur cet île et tout particulièrement sur Longwood est très humide et que tout pourri très vite quand ce n'est pas la proie des termites. L'auteur rencontre aussi sur place les "gardiens du temple" : le consul de France à Sainte-Hélène ainsi que son père, ancien consul et personnage très singulier, qui habitent tout deux Longwood, dans le "domaine français" de Saint-Hélène (racheté aux anglais en 1858) ainsi que l'actuel gouverneur (anglais) de l'île. L'auteur trace de Gilbert Martineau, le père de l'actuel consul, un portrait saisissant, qui pourrait aisément figurer dans un roman De Balzac. Enfin JPK fait aussi la connaissance sur cette île de deux touristes anglaises assez âgées, qu'il croise à plusieurs reprises au cours de ses pérégrinations et les brefs dialogues qu'il a avec elles pourraient cette fois être tirés d'un roman d'Agatha Christie.
Ce livre est pour moi une totale réussite en étant tout-à-la fois un passionnant livre d'Histoire, un récit de voyage insolite, une vibrante leçon d'observation et d'imprégnation et un traité (involontaire) de sagesse. Sensibilité, acuité du regard, modestie et intelligence se conjuguent ici de façon merveilleuse. Je reste sous le charme.
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sweetie
  15 juillet 2016
Jean-Paul Kauffmann, dans ce récit, est allé jusqu'au bout de son imprégnation des lieux importants qu'a foulés Napoléon Bonaparte du temps de sa gloire jusqu'à sa déchéance. Des champs de bataille marquants, certains sur lesquels il ne reste aucune trace des événements, sauf ceux immortalisés par les peintres, Kauffmann tente de recréer les émotions vécues par l'empereur. Son ultime voyage, il le fera à l'île Saint-Hélène pour revivre les années de réclusion de Napoléon, entouré d'une suite composée de l'historien Emmanuel de Las Cases, le général Gaspard Gourgaud, le général Charles Tristan de Montholon, le général Henri Bertrand et Louis-Étienne Saint-Denis dit le « mamelouk Ali », fidèle serviteur. Tous ont l'intérêt de rendre compte des derniers moments de l'empereur. C'est un ouvrage sensible et on sent très bien la fébrilité et l'intérêt, à la limite obsessionnel, de l'auteur à l'égard de son sujet. J'ai beaucoup apprécié.
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Mitchisback
  07 avril 2016
Voilà un livre plein de finesse et d'intelligence et à l'indéniable qualité littéraire.
Ce n'est pas une énième description de la vie de Napoléon à st Hélène. Pour cela, la littérature dédiée à ce sujet est suffisament riche bien qu'il faille discerner ce qui relève du mythe, de la légende et ce qui relève de la réalité historique.
Toute cette littérature, JPK s'en imprègne, et avec recul nous propose un voyage tant géographique que temporel.
Il Oscille entre le présent et le passé, entre la petite et la grande histoire.
Il investigue, cherche à comprendre la façon dont Napoléon percevait et vivait sa captivité, lui, le lion en cage. L'homme d'action condamné à l'inaction. L'empereur des français, qui rêvait de grandeur et qui se retrouve général d'une simple maison, et dont le moindre de ses mouvements est épié par ses geoliers.
Et pourtant, il continuera à vouloir écrire sa légende, en y ajoutant un chapitre du héros devenu martyr.
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thaisg
  22 décembre 2008
Napoléon, tout le monde a entendu parler de lui. Tout le monde connaît plus ou moins son parcours. En ce qui me concerne, c'est plutôt moins que plus, car comme je l'ai déjà dit, l'histoire ne m'intéresse qu'assez peu. Mais je dois dire qu'avec J.P. Kauffmann, je découvre l'histoire autrement et elle me semble passionnante. C'est celle de Napoléon à Sainte-Hélène. Non pas le pourquoi, ni les faits et les gestes de cette situation avec des listes de dates. Non ! c'est l'histoire de son environnement, cette île perdue au milieu de l'océan Atlantique, à 15 jours de bateau de Cardiff, et comment celui-ci a pu agir sur l'homme.
Jean-Paul Kauffmann dans ce livre décrit avec moult précisions Sainte-Hélène,cette île anglaise avec une petite enclave française Longwood. C'est ici que Napoléon résidera pendant 6 ans, d'octobre 1815 à mai 1821. Il nous décrit l'île de maintenant au climat et à la végétation contrastés. A travers ce pélerinage sur les traces de Napoléon et grâce à ses lectures, l'auteur va imaginer dans cette maison de Longwood les humeurs, les sentiments et les pensées de l'ex-empereur déchu. Pièce par pièce, Jean-Paul Kauffmann déambule dans cette maison pour faire parler les murs, les tableaux, les odeurs et la lumière. On y découvre un Napoléon sensible aux odeurs, au toucher, à la palpation, un Bonaparte qui aime les bains chauds vecteurs de sa réflexion. On y apprend aussi qu'il préférait les vins de Bourgogne qu'il buvait avec de l'eau ! A Sainte-Hélène, on ne lui servait que du Bordeaux, très prisé des Anglais. (les voyages en bateau sont excellents pour le Bordeaux car la richesse en tanin assouplit le vin).
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Ponna
  30 novembre 2014
Jean Paul Kauffman se rend à St Hèlène, pour quelques jours. Il y découvre ses habitants et la demeure de Longwood qui abrita les dernières années de "Bonaparte" et sa cour.
On ne peut s'empêcher de croiser le regard que porte JP Kauffman sur l'isolement de Napoléon avec ce qu'il a dû vivre, en tant qu'otage au Liban.
Le spectre de l'empereur déchu se confond à l'humidité permanente du lieu.
Entre passé et présent, on est porté comme souvent chez cet auteur, par une mélancolie insidieuse.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SepoSepo   26 avril 2014
Napoléon fataliste:

"Napoléon a toujours été fataliste. Le 2 septembre 1816, évoquant l'apogée du règne, il fait cet aveu à Las Cases: "Je voyais clairement arriver l'heure décisive. L'étoile pâlissait, je sentais les rennes m'échapper, et je n'y pouvais rien." Prescience de la catastrophe à laquelle il faut opposer l'admirable phrase du début, quand il était à vingt-cinq ans général de l'armée d'Italie: "Je voyais déjà le monde fuir sous moi, comme si j'étais emporté dans les airs." La confidence faite une fois de plus à Gourgaud date de 1817. Instantané qu'on pourrait presque qualifier de stendhalien, tant la fusion de la lucidité et du rêve répand une traînée lumineuse. Éclair qui traverse les mornes journées et irradie soudain la lourde opacité de Longwood. Tout y est. L'acceptation du risque, le bonheur déployé à perte de vue, la grande chevauchée de l'aventure. Pégase s'envole, il prend le mors aux dents, le destin s'emballe..."Je sentais les rênes m'échapper et je n'y pouvais rien."N'avait-il pas avoué un jour à las cases:"On peut donner une première impulsion aux affaires; elles vous entraînent.p.138/139
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andrasandras   10 juin 2016
[dialogue entre l'auteur (JPK) et Amy (A), une touriste anglaise arrivée par le même bateau que l'auteur et qu'il croisera à plusieurs reprises au cours de son séjour]
A - Je ne comprends pas chez vous ce fétichisme du lieu, cette obsession que vous avez pour les vestiges. Je vous ai étudié depuis le début, ah oui ! Quelle prétention ! Mais pour qui vous prenez-vous ? Une sorte d'Hercule Poirot qui remonte le temps ?
JPK - Pour le fétichisme du lieu, vous avez raison. Mais pour Hercule Poirot, vous avez tort. Ce qui m'excite justement, c'est ce passé que je n'atteindrai jamais, le pittoresque que je ne pourrai jamais reconstituer. Comprenez-vous que c'est ce "jamais", définitif, irréparable, sans retour qui m'exalte ? D'ailleurs vous vous trompez, ce ,'est pas l'indice que je recherche mais l’imprégnation. Connaissez-vous le commissaire Maigret ?
Elle acquiesce.
JPK - Eh bien ! je serai plutôt de son école. Sentir, humer. Absorber, les bruits, les odeurs, les images. C'est le dépôt qui se forme sur le passé qui me passionne. La coloration, le vernis qui recouvrent les objets et les lieux. Mais la patine du passé, on ne peut l'enlever. Cette impossibilité matérielle me fascine. Saisissez-vous cette contradiction ?
A - Non. Mais j'aime bien votre commissaire Maigret. Il est si français ! Ce que vous me racontez aussi est très français. Il vous faut à tout pris heurter le bon sens. Votre passion pour le paradoxe... C'est votre manière à vous, Français, de vous croire intelligents.
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SepoSepo   26 avril 2014
MÉLANCOLIE NAPOLÉONIENNE:

"Le visage de Napoléon a la même expression intensément absente que dans Le Cimetière d'Eylau, première figure de la mélancolie napoléonienne que le baron Gros a saisie avec tant de profondeur. Les yeux plafonnent étrangement, le blanc du globe oculaire souligne la fixité hébétée du regard. "C'est le portrait le plus magnifique et assurément le plus exact qu'on fait de lui", prétend Delacroix. En tout cas, c'est le plus inquiétant. Gros ne dévoile qu'une partie du secret. A mots couverts, il nous livre quelques signes de la tristesse impériale. Le mystère de Saturne à cheval. Tandis que qu'au loin l'incendie s'achève de consumer Eylau, Napoléon étend sa main gantée sur le champ de bataille. Le ciel est sombre, des tourbillons de fumée s'élèvent de la plaine éteinte. Chez un peintre, c'est toujours la lumière qui signe le tableau. Tout est noir dans cette toile. La neige pareille à de la suie, le visage blême de l'Empereur mangé par une barbe charbonneuse. Cette figure paraît brûlée de l'intérieur"."p158-159,
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OlivOliv   11 mai 2012
À l’instant même où il a appris sa déportation à Sainte-Hélène, le 31 juillet 1815, Napoléon s’est-il consolé, entrevoyant le prestige qu’il allait tirer de son malheur? Plus tard, il dira: "L’infortune seule manquait à ma renommée. J’ai porté la couronne impériale de France, la couronne de fer de l’Italie; et maintenant l’Angleterre m’en a donné une autre plus grande encore et plus glorieuse — celle portée par le Sauveur du monde —, une couronne d’épines."
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SepoSepo   26 avril 2014
"La mélancolie de Napoléon cache un deuil très ancien."Toujours seul, au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même, et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. De quel côté est-elle tournée aujourd'hui ? Du côté de la mort." Ces lignes datent de 1786 lorsqu'il était lieutenant.p.140
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Videos de Jean-Paul Kauffmann (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Kauffmann
Jean-Paul Kauffmann - Outre-terre, le voyage à Eylau .Jean-Paul Kauffmann vous présente son ouvrage "Outre-terre, le voyage à Eylau" aux éditions des Equateurs. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/kauffmann-jean-paul-outre-terre-voyage-eylau-9782849904350.html Notes de musique : Leelo (Part 1) by The Ghost Of 29 Megacycles. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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