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ISBN : 2213654719
Éditeur : Fayard (13/02/2013)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 158 notes)
Résumé :
Remonter à pied la Marne depuis sa confluence avec la Seine jusqu’à la source est une odyssée à travers les odeurs, des paysages encore intacts traversés par une étrange lumière, la rambleur. Villages aux devantures vides, églises fermées, communes démeublées mais nullement moribondes, cette France inconnue se découvre pas à pas. Seule la marche permet un rapport profond au temps, au silence, aux rencontres.
Une géographie imprévue se dessine, l’aventureuse h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  03 juillet 2015
Pour la grande marcheuse que je suis, c'est un titre accrocheur, et un projet fort intéressant que celui de remonter, à pied, le cours d'une rivière (la plus longue de France en l'occurrence) depuis son point de confluence avec la Seine, jusqu'à sa source. Voilà qui promet des heures de déambulation placide, sans planifier outre mesure étapes et pauses, qui surviendront au gré des intempéries, des curiosités locales et des rencontres, plus ou moins prévues. Un sac à dos et de bonnes chaussures, peu s'en faut pour répondre à l'appel de la liberté. Alors, sans trop de préparation, on se met en route, pressé d'abord de quitter la ville et ses faubourgs disgracieux, où l'on bride à coup de béton et de bitume la moindre velléité expansionniste de la nature. Longer un cours d'eau est souvent un défi impossible, le chemin de halage n'est pas continu, parfois privatisé quand il n'a pas simplement disparu. Alors il faut s'écarter de la Marne, faire quelques détours pour la retrouver plus loin. On marche sur les traces de Jules Blain, pèlerin de la première guerre mondiale, de la Fontaine et Bossuet, de Louis XVI vers Varennes et retour. On visite les monuments historiques, les vignobles champenois, on rencontre des amis habitant les lieux et des inconnus, on réalise que cette France rurale se vide de sa population, et que n'y restent, volontairement, que des « conjurateurs », qui résistent au désenchantement ambiant de l'époque (2012) avec un optimisme un brin décalé.
Après un début prometteur, je me suis cependant lassée de ce périple littéraire. Un peu comme l'auteur, me semble-t-il, qui après 2-3 semaines de marche se languit des beaux jours de l'été finissant, et bâcle la fin du voyage, comme la fin du livre. Au final, je n'ai pas tellement apprécié ce récit, vaguement ennuyeux, dont l'intérêt n'est plus aussi évident quand on ne tombe pas sous le charme de la Marne. J'en reste perplexe : l'auteur a une belle plume classique, peut-être trop belle, dans la mesure où il se sent obligé de nous faire ouvrir le dictionnaire toutes les 3 pages, et de faire montre de sa culture omnisciente au lecteur lambda. Il appuie, trop lourdement à mon goût, sur le contraste citadin/rural, lui l'intellectuel parisien de haut vol rencontrant un échantillon de Français « moyens » (exception faite de quelques amis, qui photographe, qui artiste plasticienne ou journaliste, plus ou moins exilés de la capitale). Quelle découverte, quel étonnement de se voir parfois accueilli avec méfiance par des gens qui flairent le voyeurisme à 2 kilomètres à la ronde !
Parcours initiatique, remontée du temps qui fuit, retrait temporaire de la vie trépidante pour « faire le point », rencontrer de « vraies » gens avec une vie banale, et en profiter pour en tirer un sujet de livre, je ne sais pas quel était l'objectif de cette randonnée. Mais je reste sur l'impression d'un voyageur en mal d'authenticité, d' « exotisme », un peu condescendant et prétentieux. Mais c'est peut-être ce que nous sommes tous quand nous partons en voyage...

Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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andras
  30 avril 2018
"Remonter la Marne" ... à pied. le programme peut sembler modeste à côté de celui des pélerins de Saint-Jacques de Compostelle ou de celui des randonneurs du GR20 sans même évoquer les défis d'un Jean-Louis Etienne ou d'un Sylvain Tesson. Mais cette modestie a son prix, surtout quand elle est accompagnée du talent d'écriture que possède Jean-Paul Kauffmann. Celui-ci, ayant grandi "aux Marches de la Bretagne" non loin de Rennes, a gardé "un tropisme de l'Est" de la France (d'où est originaire la branche paternelle de sa famille) et une tendresse particulière pour cette région. Il entreprend donc de longer la Marne à pied et à rebours, en partant du confluent de la Marne et de la Seine à Charenton, à la fin du mois d'août, pour rejoindre environ deux mois plus tard les sources de la Marne à Balesmes, sur le plateau de Langres. "Remonter la Marne" est le récit chronologique de ce voyage, morceaux choisis et probablement réécrits de son journal de bord.
Jean-Paul Kaufmann s'y montre curieux de tout. Il s'intéresse tout autant à la géographie, la botanique, l'économie, l'urbanisme de ce cours d'eau et des villes qu'il traverse – notant l'état d'abandon dans lequel se trouvent bien des villages, une fois dépassée l'opulente Champagne –, qu'au rôle qu'il a pu jouer dans l'Histoire de France, du Moyen-Âge jusqu'à nos jours, qu'aux écrivains ou hommes politiques qui ont vécu ou écrit sur ses rives (Bossuet, La Fontaine, Georges Simenon, André Breton ...) sans oublier les autochtones au devant desquels notre marcheur tente d'aller quand il parvient à vaincre la méfiance spontanée que bien souvent il inspire avec son allure de vagabond. Cela nous donne alors quelques beaux récits de rencontre. le philosophe et épistémologue Bachelard et son essai "L'eau et les rêves" accompagnent aussi le journaliste itinérant dans sa quête de la source. Pourtant ici, point de grandes envolées philosophiques : on y trouvera la voix humble et sincère d'un homme, qui comme Montaigne en son temps, essaie de partager avec ses contemporains ce qu'il voit, comprend, apprécie ou craint de ce monde qui, comme le fleuve, est toujours le même et toujours autre. Avec, à défaut d'un bon repas, un bon cigare pour se remémorer et savourer la journée passée.
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Missbouquin
  06 octobre 2014
Le titre de ce roman de Jean-Paul Kauffmann dit tout et ne dit rien : remonter la Marne … Tout un programme, de Charenton-le-Pont où elle se jette dans la Seine, à Balesmes-sur-Marne où elle prend sa source : c'est cette portion du territoire français que l'auteur décide de parcourir, à pied, en prenant son temps.
"La Marne, déni français. Tous est fait pour la déconsidérer. (…) Pour les Français, la Marne est avant tout le nom d'une bataille."
Ni la plus belle des rivières, ni la plus grande, ni la plus longue, la Marne est pourtant un cours d'eau fascinant : sur 525 kilomètres, elle déroule son lit, passant à travers des villes plus ou moins célèbres, comme Saint-Dizier, Châlons-en-Champagne, Meaux, Nogent, Créteil, Saint-Maur-des-Fossés. Elle n'est plus navigable aujourd'hui que depuis Épernay et jusqu'à son confluent avec la Seine.
C'est donc dans ce périple un peu fou que se lance l'auteur, et c'est de ce périple qu'il a fait ce roman, où nous le suivons pas à pas tout au long de son parcours. Nous y découvrons des paysages, des gens, des histoires, dont l'auteur nous abreuve amplement, passionné qu'il est par l'Histoire et la Géographie. A travers son récit, on se replonge en effet dans nos cours de géo de primaire et de collège, retrouvant les termes qui ne nous parlaient pas à l'époque et qui prennent tout leur sens d'un coup. Amont, Aval, bras mort, etc. Mais nous découvrons aussi une France sinistrée : villages aux devantures vides, églises fermées, communes démeublées, paysans ou agriculteurs aigris et parfois méfiants envers la rivière, traces de guinguettes disparues, baignades interdites.
"Remonter la Marne, ce n'est pas revenir en arrière et pleurer le passé, mais au contraire se perdre, chuter pour mieux renaître.
Aller dans le sens inverse du courant est un choix qui d'emblée s'est imposé à moi; je n'ai pas songé un seul instant à partir de la source. le fleuve qui s'écoule est tellement associé à la direction du temps- à l'instar de la flèche qui indique un sens irréversible-que je me demande si cette idée d'aller à contre-courant ne traduit pas un désir inconscient de revenir en arrière, au début. Une anabase, un retour, une expédition vers l'intérieur, remontée aventureuse vers la patrie perdue que vécurent les Dix Mille au temps de Xénophon.Tout, dans ce voyage, invite à la réversibilité.La rivière descend inexorablement vers sa disparition, j'avance vers son commencement. Hölderlin note que "la rivière n'oublie jamais sa source car, en s'écoulant, elle est la source d'elle-même."
La narration itinérante est parsemée d'évocations de grands écrivains français sur leurs lieux de vie ou d'expression de leur art : Bossuet (Meaux), La Fontaine (Château-Thierry), André Breton (Saint-Dizier), Diderot (Langres).
Au final un roman lumineux malgré la grisaille des paysages marnais, un texte illuminé par la plume de l'auteur qui transcende cette noirceur pour chercher les points forts cachés de cette rivière oubliée. Un texte qu'on ne peut parcourir sans intérêt, et sans émotion. D'autant que cela fait 4 ans que j'habite à quelques centaines de mètres de cette Marne, si magnifique près de chez moi, et que j'apprécie chaque jour. Alors si vous ne la connaissez, n'hésitez plus ! Mais avant, lisez Jean-Paul Kauffmann
Lien : http://missbouquinaix.com/20..
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madameduberry
  23 mai 2014
Ach, la Marne.. Tout un programme. Son nom évoque une bataille et pourtant l'essentiel des combats de celle-ci s'est passé ailleurs que sur ses rives . Il évoque des guinguettes qui n'existent plus, des baignades qui sont maintenant interdites. La Marne plus longue, au débit très fort, sacrifie son identité et c'est la Seine qui arrosera Paris tandis que la Marne , la Louloute, reste en banlieue.Les seconds rôles, c'est son destin.Jusqu'à Châlons sur Marne qui a préféré se nommer Châlons en Champagne, comme si cela faisait plus sexy..
Remonter la Marne avec Jean-Paul Kauffmann, c'est aller toujours plus à l'Est vers ses origines familiales, croiser des paysans expropriés, méfiants envers la rivière comme envers ce qu'elle rejette de déchets ou de noyés.
C'est aller jusqu'aux limites de la grande banlieue pour retrouver une campagne morose ou exsangue, des solitaires ou des philosophes, tous méfiants aussi envers le bloc-notes du reporter.. Une randonnée un peu grise, limoneuse, des rencontres intermittentes et un livre fort bien écrit, qui me fait découvrir l'écrivain derrière le journaliste. Il place son livre sous l'égide de Lacarrière. Alors que Kauffmann parlait de faire comme lui avec Chemin faisant, l'auteur de l'Eté grec lui conseilla de trouver ses propres chemins.. Mission accomplie, jusqu'à la source.
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Bellonzo
  26 août 2014

La Marne est souvent associée à l'Est et aux guerres, un peu au Front Populaire et au canotier dans sa version banlieue parisienne. Homme de l'Ouest mais que les destinations un peu extrêmes (L'arche des Kerguelen, La chambre noire de Longwood, sur Sainte Hélène) passionnent tout autant, Jean-Paul Kaufmann, qui a connu l'enfermement que l'on sait, a eu l'idée de remonter cette rivière intégralement; ce qui n'est pas si facile car la géographie de maintenant fait parfois diversion, carrefours, zones industrielles, ouvrages d'art. La Marne est en fait plus longue que la Seine qui est en quelque sorte sa supérieure hiérarchique directe, et qui la toise facilement, cette prétentieuse. Il en va des cours d'eau comme des hommes et des femmes, jalousies, querelles de voisinage, kleptomanie car l'une vole parfois le lit de l'autre. le périple de Kauffmann est très intéressant, délivrant au fil de l'eau un amont curieux, fait de bric et de broc, une France sans prétention, je ne dirais pas une France profonde car l'épithète est souvent péjoratif.
Parti du banlieusard et tristounet confluent de Charenton Jean-Paul Kauffmann apprivoise le cours de la Marne tout au long des étapes qui nous emmèneront au Plateau de Langres. Bien sûr la Grande Guerre est passée par là, bien sûr les coteaux champenois effervescents nous tiennent compagnie, Kauffmann est d'ailleurs un oenologue reconnu, mais c'est au détour de la cathédrale de Meaux*, d'une maison d'éclusier à la Simenon ou à l'évocation d'André Breton séjournant six mois à l'hôpital psychiatrique de Saint Dizier que j'ai vraiment apprécié cette longue promenade qui prend toute son ampleur dans une certaine austérité haut-marnaise, où l'ombre d'une grande croix de Lorraine s'observe là-haut sur la rive gauche, rappelant la grandeur du cher et vieux pays.
Ce coin de France dessert la Manche, la Mer du Nord et la Méditerranée. En effet, y naissent la Seine, la Meuse et des affluents de la Saône, toute la France en quelque sorte. Plus émouvant qu'il n'y paraît ce voyage est aussi d'une belle eau (forcément) littéraire où notre vocabulaire s'enrichit considérablement avec les marnois et les brelles, respectIvement des radeaux et des bateaux plats, quinze jours pour livrer à Paris le bois du sud champenois, ou avec la distinction entre berges et rives (vous la connaissez, vous?).
* "Non loin du tombeau de Bossuet, je me suis assis dans la nef près d'un pilier, débarrassé de mon sac posé sur la chaise voisine. L'église lumineuse sentait la pierre blanche, ce coquillé du calcaire et une odeur poudrée de vieux livre, aucunement moisie, quelque chose de blet ressemblant au parfum de vieilles pommes rangées sur un carrelage. Quel moment délicieux ! Les bruits de l'extérieur me parvenaient étouffés : touches de klaxon, percussions régulières d'une masse sur le bois, staccato d'un marteau-piqueur. Ce léger brouhaha contrastait avec l'intérieur où le moindre pas, le grincement d'une chaise, le battement de la porte capitonnée retentissait, amplifié par la réverbération. (…)


"L'odeur du marbre dans cette église. Même le marbre a une odeur. Il a beau être impénétrable, il exhale une curieuse sensation de givre, acide, dur, piquant. Il me faut débusquer ces effluves chaque fois que je découvre une ville, un village, un site. L'empreinte. La trace d'un parfum ou d'un monument."
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critiques presse (6)
Lexpress   04 juillet 2014
Ce sont ces sept semaines de rêveries d'un promeneur solitaire, sac au dos, mi-vagabond, mi-gentleman, que Kauffmann nous livre dans un superbe récit littéraire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   15 mai 2013
S'il a en tête des mots de Ronsard, de Bossuet, de La Fontaine ou de Breton, c'est la Marne qui est sa confidente silencieuse. Ce « fragment de France » que parcourt l'auteur est un bonheur.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   07 mai 2013
En remontant la Marne à pied, Jean-Paul Kauffmann s’est plongé dans une France autre. De ce périple en solitaire, il livre un récit gouleyant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   08 mars 2013
Ce sont ces sept semaines de rêveries d'un promeneur solitaire, sac au dos, mi-vagabond, mi-gentleman, que Kauffmann nous livre dans un éblouissant récit littéraire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   04 mars 2013
Remonter la Marne, c’est remonter le temps, retrouver la Première Guerre mondiale [...] Les livres, la littérature, sont à portée de main. [...] Ce n’est pas tant la Marne qui nous plaît, que le regard du promeneur. Il sait toujours repérer une ligne harmonieuse dans le paysage le plus cahotique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   25 février 2013
A rebours de la rivière, dont notre phénoménologue bachelardien décrit les parfums comme personne [...] , à rebours du temps (il s'élève vers la Haute-Marne, mais descend jusqu'à la Renaissance) et à rebours de la langue d'aujourd'hui (il conjugue le verbe rouir et célèbre la rambleur), Jean-Paul Kauffmann signe son meilleur autoportrait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
MissbouquinMissbouquin   06 octobre 2014
"Remonter la Marne, ce n’est pas revenir en arrière et pleurer le passé, mais au contraire se perdre, chuter pour mieux renaître.

Aller dans le sens inverse du courant est un choix qui d’emblée s’est imposé à moi; je n’ai pas songé un seul instant à partir de la source. Le fleuve qui s’écoule est tellement associé à la direction du temps- à l’instar de la flèche qui indique un sens irréversible-que je me demande si cette idée d’aller à contre-courant ne traduit pas un désir inconscient de revenir en arrière, au début. Une anabase, un retour, une expédition vers l’intérieur, remontée aventureuse vers la patrie perdue que vécurent les Dix Mille au temps de Xénophon.Tout, dans ce voyage, invite à la réversibilité.La rivière descend inexorablement vers sa disparition, j’avance vers son commencement. Hölderlin note que "la rivière n’oublie jamais sa source car, en s’écoulant, elle est la source d’elle-même."
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andrasandras   30 avril 2018
Je ne refuse pas de voir les disgrâces de la France marnaise, ni même de les raconter, mais à quoi bon s'attarder sur cette partie si voyante et trop souvent décrite ? Une certaine dose d'insensibilité et même d'indifférence est nécessaire. Marcel Duchamp à qui l'on demandait : « Pourquoi êtes-vous pour l'indifférence ? » avait répondu : « Parce que je hais la haine. » La haine anime ceux qui se plaisent à décrire la France comme une entreprise en liquidation. Ils se délectent de cette veillée funèbre, de l'attente de la catastrophe. Dans cet élan destructeur se mélangent la rancoeur, le reniement de soi, le plaisir trouble qu'engendre le refus de connaître et de comprendre. Dommage que l'équanimité, qualité d'une âme détachée, à l'humeur égale, ait pratiquement disparu du vocabulaire.
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andrasandras   30 avril 2018
L'écoulement... L'étudiant en dynamique fluviale [dont JPK vient de faire la rencontre] dscend la Marne, moi je la remonte. Aller dans le sens nverse du courant est un choix qui d'emblée s'est imposé à moi ; je n'ai pas songé un seul instant à partir de la source. Le fleuve qui s'écoule est tellement associé à la direction du temps – à l'instar de la flèche qui indique un sens irréversible – que je me demande si cette idée d'aller à contre-courant ne traduit pas le désir inconscient de revenir en arrière, au début. Une anabase, un retour, une expédition vers l'intérieur, remontée aventureuse vers la patrie perdue que vécurent les Dix Mille au temps de Xénophon. Tout, dans ce voyage, invite à la réversibilité. La rivière descend inexorablement vers sa disparition, j'avance vers son commencement. Hölderlin note que « la rivière n'oublie jamais la source car, en s'écoulant, elle est la source elle-même ». Quand on regarde attentivement le fil de l'eau, on s'aperçoit que, sur les bords, des tourbillons, des remous, ds contre-courants refusent obstinément de suivre le mouvement et remontent le fleuve.
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madameduberrymadameduberry   24 mai 2014
Aller dans le sens inverse du courant est un choix qui d'emblée s'est imposé à moi; je n'ai pas songé un seul instant à partir de la source. Le fleuve qui s'écoule est tellement associé à la direction du temps- à l'instar de la flèche qui indique un sens irréversible-que je me demande si cette idée d'aller à contre-courant ne traduit pas un désir inconscient de revenir en arrière, au début. Une anabase, un retour, une expédition vers l'intérieur, remontée aventureuse vers la patrie perdue que vécurent les Dix Mille au temps de Xénophon.Tout, dans ce voyage, invite à la réversibilité.La rivière descend inexorablement vers sa disparition, j'avance vers son commencement. Hölderlin note que "la rivière n'oublie jamais sa source car, en s'écoulant, elle est la source d'elle-même."
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AifelleAifelle   13 juin 2013
"Le monde actuel a beau être quadrillé, il existe beaucoup de trous, de failles. Ce pays possède la grâce. Il a le chic pour ménager une multitude d'interstices, d'infimes espaces permettant de se soustraire à la maussaderie générale. Ce retrait, cette stratégie d'évitement face à l'affliction des temps sont à la portée de tous. Il suffit de ne pas se conformer au jugement des autres, à la prétendue expertise de ceux qui savent. Depuis mon départ, j'ai rencontré des hommes et des femmes qui pratiquent une sorte de dissidence. Ils ne sont pas pris dans le jeu et vivent en retrait. Ils ont appris à esquiver, à résister, et savent respirer ou humer un autre air, conjurer les esprits malfaisants. Ces conjurateurs tournent le dos aux maléfices actuels tels que la lassitude, la déploration, le ressentiment, l'imprécation. Sans être exclus, ils refusent de faire partie du flux".
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