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EAN : 9782849905845
336 pages
Éditeur : Editions des Equateurs (20/02/2019)
3.49/5   111 notes
Résumé :
Quatrième de couverture::
À côté d'une Venise de l'évidence se cache une Venise inconnue, celle des églises jamais ouvertes. Jean-Paul Kauffmann a voulu forcer ces portes solidement cadenassées, un monde impénétrable où des chefs-d'œuvre dorment dans le silence. Qui en détient les clefs ? Ce récit, conduit à la manière d'une enquête policière, raconte les embûches pour se faire ouvrir ces édifices.
L'histoire est partie d'une église d'Ille-et-Vilaine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
3,49

sur 111 notes

umezzu
  01 août 2020
Jean-Paul Kauffmann décrit tout à la fois une ville, Venise, source d'inspiration de la littérature et de l'art, et une quête, sa volonté de visiter les églises fermées de Venise, celles qui durant des siècles ont abrité tant de trésors artistiques et qui faute de fidèles et de moyens financiers pour les entretenir finissent à l'abandon. Son séjour dura quelques mois pendant lesquels, depuis son appartement de base de la Giudecca, il a cherché par de multiples moyens à se faire ouvrir ces lieux consacrés. Grâce à l'entregent d'une guide-conférencière, certaines de ces bâtisses dépendant des hôpitaux ou des instituts de bienfaisance ont pu exceptionnellement lui ouvrir leurs portes. Kauffmann a aussi profité de quelques hasards pour se glisser dans des bâtiments en principe interdits. Mais il a buté surtout sur le Patriarcat de Venise, où le grand Vicaire en charge notamment de l'action culturelle de l'Église, a fait barrage à son désir.
Quels liens entre une jeunesse marquée par la présence catholique dans un bourg breton et cette recherche de restes statuaires ou de chapelles vidées des tableaux qui les ornaient, rapatriés dans le musée diocésain ? Que referment les portes cadenassées des édifices anciennement religieux ? Pourquoi chez un ex-détenu, privé de liberté, cette envie d'aller là où les autres ne vont plus ?
Au passage, l'auteur présente la Sérénissime (un terme qu'il s'est juré de n'employer qu'une unique fois dans le livre - pari tenu) dans tous ses contrastes. Une fière cité aquatique, qui s'est développée avec le commerce maritime (mais aussi par le vol et le pillage), avant qu'elle ne décline et que Napoléon n'apporte le coup de grâce à son indépendance farouche. Napoléon, le fossoyeur déjà de certaines institutions religieuses et églises qui n'étaient en fait plus trop utilisées. La fuite des habitants, de moins en moins nombreux dans une ville où les loyers montent autant que l'acqua alta en hiver, s'en est suivie. Les locations touristiques, type Airbnb, deviennent plus rentables que les loyers perçus pour les habitants à l'année. Les immenses paquebots frôlent au plus prés la place Saint-Marc et remuent la lagune pour déverser quotidiennement des milliers de touristes à l'affût de verres de Murano ou de masques de carnaval made in China. Un tourisme facile à décrier, mais qui reste cependant indispensable au fonctionnement des musées, à l'entretien des églises (payantes hors des offices), ou tout simplement au maintien d'une vie quotidienne dans une ville où tout est plus compliqué. Une ville où le prix des restauration des immeubles peut aller jusqu'à dix fois le prix pratiqué sur le continent.
La démarche de Kauffmann est rendue plus complexe par les particularismes vénitiens. Bureaucratie peu compréhensible, rapports différents avec le patrimoine (pour les Italiens ce legs historique est là, il faut faire avec, pas le mettre sous cloche). Les bâtiments partent en morceaux ? On rafistole, sans cacher forcément la trace de l'intervention. Certaines églises se prêtent à une réutilisation comme incubateur de start-up ? Pourquoi pas. Mais dans les limites de ce que peut accepter le Patriarcat, s'agissant de lieux consacrés, même s'ils ne sont plus utilisés depuis des décennies.
L'ouvrage de Kauffmann tombe à pic en cet été 2020. Pas de vacances en Italie au programme cette année. Pas de cafés serrés au comptoir. Pas de lieux chargés d'histoire romaine ou Renaissance… le soleil est là, mais le plaisir de se trouver dans un ailleurs qui nous parle dans une autre langue (et à toute vitesse) n'est pas pour aujourd'hui. Par procuration, le lecteur prend plaisir à suivre les déambulations de Jean-Paul Kauffmann, son obstination, sa rencontre avec la sprezzatura italienne (ce mélange de nonchalance et de dédain)… le tout est porté par une écriture brillante, une culture littéraire rare (qui me dépasse de beaucoup), et une façon plaisante de présenter les oeuvres d'art. Dans une autre vie Kauffmann aurait pu faire restaurateur du patrimoine ou guide conférencier, il aurait été passionnant à suivre.
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Fantine
  16 avril 2019

Je ressort de ma lecture avec un sentiment mi-figue mi-raisin. Peut être que j'en attendais trop après avoir lu les critiques dithyrambiques sur le net, et/ou la presse.
J. P. Kauffmann mène une quête laborieuse, et, minutieuse afin de se faire ouvrir les églises fermées et désacralisées. On sent qu'il connaît à la perfection Venise, qu'il livre à ses lecteurs avec moult détails.
Tout au long de ma lecture, j'ai eu l'impression que J. P. Kauffmann menait une sorte de psychothérapie lui permettant ainsi d'extérioriser ses années d'enfermement au Liban, entre 1985, et, 1988. Mais, peut on se remettre un jour d'une telle épreuve ?
Il y a de très belles descriptions ainsi que de nombreuses anecdotes sur les lieux, les églises rencontrées au fil des pas, des déambulations de l'auteur dans Venise. Lors de sa quête concernant les églises désacralisées, on sent que J P. Kauffman cherche à comprendre le pourquoi du comment ainsi que le but de ces fermetures définitives.
Pour la petite anecdote, il a même retrouvé la trace d'une église - église de Santa Anna - qui a complètement disparu, et, dont l'unique mention se trouve dans le roman de Donna Leon intitulé Une question d'honneur. La description qu'il fait de l'intérieur de ladite église, après avoir passé la tête par la porte entrebâillée est terrible, et, surtout désespérée.
Malgré un ton suffisant, prétentieux, et, hautain - selon mon ressenti -cet ouvrage est écrit dans un français maitrisé à la perfection. Par moment, j'ai également l'impression que J. P. Kauffmann semblait prendre de haut ses lecteurs - par le biais de sa notoriété, et, son statut d'ancien otage, tout en jouant sur cet état de fait - en se faisant ouvrir des endroits, des lieux que le commun des mortels ne risque pas d'avoir accès.
Cela m'a quelque peu gêné par moment, au cours de ma lecture, et, cela même si le but de cette "balade" dans Venise est originale ainsi que sortant des sentiers battus. Il est vrai que l'on se prend au jeu vu l'on cherche en compagnie de J. P. Kauffman la trace de ces églises fermées à tout jamais.
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PatriceG
  19 février 2021
Jean Paul Kaufmann est un type que je suis depuis en gros sa captivité au Liban, cela fait plus d'une trentaine d'années maintenant. On comptait ses jours de captivité à la télé, sa femme Joëlle qui montait au créneau, faisait tout ce qui est en son possible pour obtenir la libération de son mari.
Mais je dois dire que ce qui m'impressionne chez cet homme, c'est sa force morale à toute épreuve. Mais l'homme face à des outrances intenables ne peut résister à tout, à moins d'être un surhomme.. alors j'ai longtemps pensé que le cauchemar qu'il avait vécu pendant 3 ans au Liban, lui avait fait perdre la tête, qu'il ne s'était pas remis de cette épreuve terrible où son compagnon de captivité a eu moins de chance que lui, puisqu'il en est mort, mais je pense qu'on a tout dit là-dessus pendant des années ..
Oui j'aime la force de ce type quand après un certain temps eh ben tout simplement il se reconstruisait pas à pas à l'ombre de ce dont où l'actualité l'avait porté, faisant la une des journaux. Il n'a compté que sur ses forces aussi pour renaître de ses cendres. Et quand les journalistes l'excédaient, par leurs intrusions multiples dans sa vie privée, toujours à le rabattre vers son dur passé d'otage au Liban - alors que combien d'autres dans la même situation, les auraient petitement rançonnés ou aussi minablement encore leur auraient demandé une faveur- il s'est mis à les éconduire sèchement et leur dire que si l'on voulait s'intéresser à lui, c'était à l'homme nouveau qui était en train de naître sous leur yeux et que pour cela, il fallait lui ficher la paix. Car derrière le Kaufmann que le grand public avait connu, il y avait désormais un autre Kaufmann, celui qui resurgit de son adolescence en Bretagne, son amour pour les belles lettres, Stendhal, Balzac qui va le tirer de son ennui profond qui va suivre, de pensionnaire dans un collège religieux du Maine-et-Loire .. Celui qui va faire une carrière de journaliste grand reporter où il peut en tant qu'esthète se rapprocher de sa vocation véritable, celle d'artiste écrivain, par le truchement de la plume.
Il s'en est rapproché si bien de sa vocation qu'il est aujourd'hui un écrivain reconnu, consacré par de nombreux prix littéraires.
A lire Venise à double tour, La Chambre noire de Longwood, La Lutte avec l'ange, La Maison du retour ..
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jpryf
  08 mars 2019
Un ami m'a signalé la parution de ce livre sachant mon amour pour Venise. Je l'en remercie car j'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai lu aussitôt. Un élément m'a poussé à le commander rapidement. J'ai lu , en effet, dans la présentation de cet ouvrage que Jean Paul Kauffman avait passé plusieurs mois à Venise et précisément dans le quartier de la Giudecca où je séjourne moi-même lorsque je vais à Venise.
Sur ce plan je n'ai pas été déçu et l'auteur donne des nombreuses indications sur son séjour et, tous les lieux, restaurants, cafés et commerces dont il parle je les ai fréquenté très souvent. Il montre bien aussi ce qui fait le charme de la Giudecca ,à la fois loin et toute proche de Venise, son calme, ses habitants véritables et anciens vénitiens et la vue que la Giudecca donne sur Venise qui, pour moi, est la plus belle et Jean Paul Kauffman le dit aussi.Il évoque ces promenades le soir dans le quartier et dans ce petit endroit qu'est la Giudecca je retrouve mes propres pérégrinations! Il écrit ce à quoi je souscrit entièrement : "De jour comme de nuit, le panorama depuis la Giudecca est sans égal.Je n'en connais pas de plus beau ni de plus glorieux."
Il a souvent sur cette ville des notations pertinentes et par exemple (p.57-58): " Ce que j'ai toujours apprécié dans cette ville, c'est qu'elle ne dissimule ni ses plaies, ni ses fissures, ni ses crevasses, ni ses affaissements. Ce qui est rompu, entrouvert ou lézardé est exhibé."
Il y a aussi l'évocation d'un certain nombre d'écrivains amoureux de Venise et notamment de Sartre qui aimait beaucoup cette ville et qui a même écrit-ce que j'ignorai-un livre "La Reine Albemarle"
Sur le fond le projet de l'auteur m'a, au début, paru très singulier puisqu'il était décidé a visiter toutes les Eglises de Venise qui sont fermées depuis souvent des dizaines d'années. Je me disais et il fait,lui-même la réflexion que l'on a bien assez avec les Eglises ouvertes que l'on a du mal a connaître toutes ainsi que les oeuvres qu'elles renferment. Mais je dois dire que je me suis laissé prendre a cette sorte de suspens dans lequel il nous plonge: arrivera t-il ou non a se faire ouvrir ces Eglises fermées comme des forteresses? Ces églises fermées dépendent de plusieurs institutions: le Patriarcat de Venise, l'Hôpital, les Services culturelles et les recherches ne sont pas simples et lorsque l'auteur obtient, enfin, un rendez-vous avec le Grand Vicaire il doit jouer serré avec ce personnage important pour son projet et qui est en lui-même une énigme!
C'est aussi ,pour lui, une manière de répondre à la question qu'il pose et se pose tous ceux qui veulent écrire sur Venise:"Comment écrire sur cette ville sur laquelle tant et tant a été dit?" Et bien l'auteur a trouvé un angle singulier, original que cette recherche inlassable des Eglises fermées dans une ville qui en compte tant.
L'auteur nous explique les premières émotions religieuses de sa jeunesse qui, sans doute, sont l'explication de cette quête peu ordinaire.
Beaucoup de critiques picturales et l'on voit bien que l'auteur est un amateur très éclairé, des pages intéressantes sur la cuisine à Venise pour déplorer comme je le fais moi-même que, dans l'ensemble ,on mange assez mal dans les restaurants de Venise,sur les méfaits du tourisme de masse bien connus mais difficiles a régler
Ce livre plaira aux amateurs d'art et notamment de peinture. le projet initial me paraît toujours après lecture assez artificiel mais je répète qu'on se laisse prendre a cette recherche et qu'au fil des pages on en apprend beaucoup sur Venise.
Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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JMLire17
  22 novembre 2020
Un merveilleux voyage dans la Venise secrète! A mille lieux de la Venise des énormes paquebots de croisières qui déversent leur flot de touristes sur la place Saint Marc. A plusieurs reprises depuis les années 60, l'auteur s'est rendu à Venise, mais pendant ce long séjour, avec Joëlle, son épouse, ce sont les églises fermées celles qui ne sont pas accessibles au public, qu'il a voulu découvrir, convaincu qu'elles contiennent des trésors. On peut penser qu'il y a un rapport entre sa séquestration lors de la prise d'otages dont il fût victime et cette obsession de découvrir des lieux fermés, isolés. Pour le lecteur, cette quête est un formidable voyage, non seulement dans la " Sérénissime ", mais également dans l'érudition et la culture de l'auteur. Tout au long de son texte il fait référence à d'autres éminents écrivains qui ont écrit sur Venise, tel que Jean Paul Sartre, Paul Morand, Jacques Lacan, le célèbre psychanalyste, ainsi que Hugo Pratt, le père de Corto Maltese, qui vécut à Venise. Aidé par Alma, une guide française, il obtient une audience auprès du Grand Vicaire de Venise, car c'est le Patriarcat qui a autorité sur la plupart des églises fermées. Sans photos, il décrit magnifiquement les lieux qu'il découvre, tant les édifices en eux même, que les sculptures, et surtout la peinture de ces grandes toiles à thème religieux des peintres très connus comme Tintoret, Véronèse, Titien, Tiepolo, puis d'autres moins célèbres tel que Palma le jeune. Il fait découvrir Jacopo de' Barbari qui a peint en 1500 un plan (disons en 3D) de Venise, dont les architectes contemporains se demandent encore comme il a pu faire pour obtenir une telle précision. Dans l'église San Lorenzo, il décrit les travaux des archéologues à la recherche de la sépulture de Marco Polo. Dans une autre c'est le fantôme de Casanova qui surgit. La rencontre avec Claudia, la restauratrice de tableaux, nous offre des pages sublimes. Les descriptions de la pierre d'Istrie et de son rôle dans la beauté de Venise sont également magnifiques. L'incursion dans le jardin d'Eden, interdit d'accès, est un ravissement. La richesse des informations dont Jean Paul Kauffmann agrémente son texte est époustouflante. La simplicité qu'il utilise pour décrire ses déplacements en vaporetto (ligne 4.2), les dîners sur la terrasse de l'appartement avec la vue sur la lagune, ses rencontres autour d'un bon plat authentique, avec un ami français qui cultive un vin rare près de Venise, est plaisante. Il réussit à nous faire partager son impatience lorsqu'il attend, en compagnie de l'architecte du patrimoine vénitien, l'ouverture de l'église San Nicolo dei Mendicoli. Deux cartes au début et à la fin du livre nous permettent de situer les lieux, les églises, qu'il décrit, notamment celle qui sont fermées, où ayant reçu une autre affectation. En avançant dans la lecture on finit par douter qu'il atteigne son but, mais l'épilogue nous révèle tout ce qu'il a réussi à visiter.
Jamais la grande masse des touristes qui arpentent Venise, téléphone portable en main, ne verra ce que J.P. Kauffmann nous a montré dans ce formidable récit, plus encore en période de pandémie.
le petit plus, c'est que Internet nous permet de visualiser beaucoup de ce qu'il a décrit.
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critiques presse (3)
Liberation   13 juin 2019
Que les mots, l’écriture ne parviennent jamais à saisir parfaitement le sujet du récit, qu’ils s’en approchent sans rendre compte exactement de l’objet. Dans sa poursuite des églises fermées, c’est peut-être aussi cela que le lecteur pourra percevoir entre les lignes.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   09 avril 2019
Dans Venise à double tour, l’écrivain et journaliste Jean-Paul Kauffmann déambule à travers la ville en quête d’un mystérieux tableau qui le hante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   07 mars 2019
Découverte d'une autre Venise, à travers ses églises abandonnées et ses chemins de traverse. Éblouissant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   03 juin 2019
La personne que je vais rencontrer est une guide française. Elle vit à Venise depuis des années. Elle m’a été recommandée par des amis. Elle a fait des études d’histoire, et la ville, m’a-t-on dit, n’a pas de secret pour elle. Seul hic, elle est très demandée. Acceptera-t-elle de m’aider ?
J’arrive toujours avant l’heure pour voir apparaître la personne que je ne connais pas, mais elle m’a devancé. En m’asseyant je surprends un regard avisé, légèrement défiant. Des amoureux de Venise, elle en a vu défiler de toutes sortes. Inutile de lui faire des boniments. D’une voix douce, elle annonce la couleur :
– C’est très bien que des églises restent fermées. Au moins, elles sont protégées. Elles ont droit au secret. Pourquoi voulez-vous les faire ouvrir ?
J’essaie de lui expliquer ma démarche sans trop entrer dans les détails. J’insiste sur la frustration qu’on éprouve face à ces trésors qui se dérobent.
– C’est le fantasme actuel, la « Venise insolite et cachée », désapprouve-t-elle. Il faut à tout prix aujourd’hui voir ce que les autres ne voient pas. Sans doute le plaisir de la comparaison… Savoir qu’autrui ne puisse tirer agrément de ce qu’on a le privilège de connaître. Se dissocier de la multitude ! Ou la vanité de se croire plus malin que les autres. Surtout, ne pas passer pour un touriste. J’ai sans arrêt des demandes sur les « adresses secrètes » de Venise. Mais les secrets doivent être respectés !
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SepoSepo   22 février 2019
Dans le "sentir catholique", Venise donne l'impression paradoxale de remporter le match sur Rome par le mariage parfaitement accompli de l'art et de la foi, par son approche sensuelle de la peinture religieuse. S'il y a une ville qui a pratiqué somptueusement le culte des images prescrit par le concile de Trente, c'est bien Venise. Elle n'a cessé pourtant de battre en brèche l'autorité papale. La transfiguration esthétique à laquelle est parvenue cette ville relève de l'importance accordée aux sensations, aux couleurs, aux textures, à tout ce qui procède du toucher , des sons, de la vue, de l'odorat. L'essence du catholicisme ne réside-t-elle pas dans cette ardeur à ressentir, à mettre le corps à contribution - quitte aussi à le mater ?Cette vivacité de la matière, l'enveloppe charnelle dans sa plénitude semble parfois, surtout en Italie, l'emporter sur le dogme et la croyance. Pénétrer dans les églises vénitiennes , n'est-ce pas s'introduire dans la substance même du catholicisme, dans sa part la plus vivante et la plus voluptueuse ?p.54/55
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RincoRinco   25 septembre 2020
Je lui demande qu'elle est la principale qualité du restaurateur. Elle hésite, réfléchit :
- Intervenir de manière stricte et limité . Ne pas porter atteinte à l'oeuvre.
Elle se concentre un peu plus et déclare fermement :
- Toucher le moins possible au tableau.
- Au fond, vous venez de définir le tact.
- Le tact ! s'étonne-t-elle.
Sur le coup, elle ne comprend pas. L'italien ne fait pas de différence entre le tact et le toucher.Il tatto, c'est le toucher auquel s'ajoute une nuance de grâce et de délicatesse. J e lui explique la signification particulière de l'expression "l'air de ne pas y toucher". Cela pourrait s'appliquer à elle et à son métier. Tout en retenue mais rien ne lui échappe.
- De loin la restauration doit faire illusion. De près on doit voir les retouches.
- L'intervention ne doit pas abuser le spectateur en se faisant passer pour une oeuvre originale.
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SepoSepo   21 février 2019
D'emblée c'est ce que j'ai aimé dans l'Italie, son intimité avec le passé, presque une cordialité, se manifestant avec bienveillance et une simplicité qui jure avec la façon théorique, cérébrale et souvent tourmentée dont nous, français, considérons le patrimoine. Nous l'intériorisons trop. les italiens eux, ne sont pas obsédés par le sentiment de perte - parfois d'ailleurs on peut le leur reprocher -, ils vivent une liaison étroite avec leurs monuments. Ils sont de plain-pied avec cet avoir-été des vieilles pierres; ils marchent sur les anciens tombeaux sans trop se poser de questions.p.79
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RincoRinco   26 septembre 2020
Parfois émergeaient par surprise des films sortant de l'ordinaire. Pendant plusieurs jours ils me laissaient dans un état de surchauffe émotionnelle.
Le Fanfaron de Dino Risi est de ceux-là. Son titre italien, Il sorpasso est bien meilleur que sa version française... L'histoire commençait un ferragosto (15 août) dans une Rome déserte. Gassman y faisait la connaissance de Jean-Louis Trintignant, un jeune étudiant en droit, introverti, potassant ses cours, et l'entraînait dans une équipée à travers la campagne romaine et la Toscane...
Ce que j'en avais retenu, c'est l'extraordinaire atmosphère de liberté et d'imprévu que semblait procurer le Bel Paese. Un parfum de grandes vacances. J'avais trouvé plaisants la faconde et le sans-gêne de Gassman qui contrastaient avec le comportement réservé de Trintignant. La représentation de l'époque, l'Italie du miracle économique, m'était indifférente. Je ne considérais que le rythme endiablé de ce road-movie qui allait mal finir. Je m'étais dit en moi-même : quel est donc ce pays où l'on sent exister à ce point? Il s'en dégageait une telle ardeur de vivre, une telle joie. La joie : un ajustement total avec ce qui est.
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