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ISBN : 2253036889
Éditeur : Le Livre de Poche (21/01/2004)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 111 notes)
Résumé :
Histoire d'une obsession, Le Lac retrace la quête d'une perfection irréalisable, d'une beauté hors de portée. Sans foyer, exclu de toute douceur humaine, seul avec son poids de péchés sur le coeur, Gimpei Momoï ne peut résister à la soif inextinguible qui le pousse, au long des rues, à s'attacher aux pas de belles inconnues, à les admirer de loin tandis qu'elles avancent, magnifiques et inaccessibles - car leur beauté n'est pas de ce monde mais participe d'un rêve.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Junie
  28 juin 2013
Recette pour faire un roman japonais:
Prendre un héros plus très jeune, laid, désabusé, oisif.
Ajouter de fraiches jeunes filles attirantes;
Mettre aussi une geÏsha, des prostituées, un bébé abandonné, un vieux lubrique;
Saupoudrer de pétales de cerisier,
Compléter avec une intrigue inexistante, des souvenirs d'enfance, une fin en queue de poisson;
Ne pas oublier un lac, une maison abandonnée, une cage avec des lucioles,
Une séance très sensuelle dans une maison de bains,
Un amour très pur, des désirs violents, des actions répréhensibles.
Remuer lentement avec un grand Kawabata et laisser mijoter.
Déguster de préférence avec des baguettes, thé à volonté, un verre de saké pour digérer.
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Ambages
  14 janvier 2018
J'ai été encore une fois envoûtée par l'écriture de Kawabata et plus particulièrement ici par la facilité avec laquelle j'ai pu passer dans différentes époques de la vie du principal narrateur d'un paragraphe à un autre. C'est assez bluffant, tout comme l'imbrication des personnages qui arrivent au fil de l'histoire. Une histoire d'obsession qui confine à la folie, très bien rendue dans ce roman. Ces sauts dans son passé ramène Gimpei à chaque fois à un moment crucial de son enfance ou de ses années passées de jeunesse. Adulte, sa folie transparaît par ces sautes de temps au travers de l'écriture qui renvoie souvent à un reflet, que ce soit un miroir ou un lac. Il ne se voit pas quand il regarde dans le miroir à l'instant présent mais revit des scènes, presque toutes liées à des images de jeunes filles qu'il a aimées à sa manière. Adulte il les aime toujours autant et j'ai ressenti des parallèles avec Les belles endormies. Gimpei suit ces jeunes filles parce qu'elles ont dans le regard un éclat qui lui renvoie une image, celle de Yagoï puis de Hisako. Mais son obsession se double de celle qu'il déteste le plus, ses pieds simiesques. Je crois que cette opposition entre la beauté d'une nuque et ces orteils tordus pousse le lecteur à s'interroger plus avant sur ce qui a pu conduire Gimpei dans cette impasse. Comme si le décès de ses parents le ramenait toujours vers le bas, vers la terre alors qu'il souhaitait tellement aller vers le bonheur, transfiguré par cette nuque trop haute pour lui. Et c'était si tentant d'aller chasser les lucioles, j'aurais aimé connaître cette fête.
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denisarnoud
  29 avril 2014
Gimpei Momoï est un homme vieillissant et perturbé. Il est dégoûté par l'aspect de ses pieds, qu'il juge simiesques. Gimpei est très attiré par les jeunes femmes, voire même le adolescentes. Ancien professeur, il a été renvoyé car il avait eu un comportement inacceptable avec l'une de ses élèves.

"Pour Gimpei, le moment parfait incarné dans l'adolescente ne pouvait être qu'éphémère. Et quel secret, quand les autres jeunes filles ont si tôt fait d'ensevelir sous la poussière des manuels scolaires, le subtil parfum du bouton à peine éclos, conférait à celle-là sa beauté, son inégalable perfection ? Quelle lumière, propre à elle seule, lui donnait se rayonnement, cette transparence ?"

Dans ce roman, l'auteur nous fait voyager à travers l'histoire de son personnage principal. Un voyage à travers le temps selon un ordre aléatoire renforçant cette perception que l'on a de la perturbation mentale de Gimpei. Ce personnage qui ne peut résister à l'attirance que provoquent en lui les très jeunes femmes. Cette perversion est représentée métaphoriquement par la vision que Gimpei a de ses pieds. Des pieds difformes, simiesques qui se mettent à suivre quasiment de leur volonté propre les jolies jeunes filles.

le lac est un roman perturbant, autant par les thèmes abordés que par sa forme. Un premier contact très particulier avec cet auteur, prix Nobel de littérature. J'ai été séduit par la construction du roman, beaucoup moins par l'ambiance générale et le style de l'auteur, malgré quelques très beaux passages. Peut-être n'ai-je pas choisi le meilleur texte pour un premier contact avec l'oeuvre de Kawabata. Ne voulant pas rester sur cette première impression, je renouvellerai l'expérience avec une autre oeuvre.
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le_Bison
  28 janvier 2012
« le Lac », écrit en 1955, raconte la vie et surtout la déchéance de Gimpei, un professeur à l'esprit plutôt perturbé et aux pieds difformes. Ses pieds simiesques sont au centre du récit de Kawabata, fait courageux de la part d'un auteur d'amener le lecteur à regarder ses propres pieds à la recherche de difformité et de la moindre trace de mycose. Presque dégoutant s'il n'y avait pas la vue, la page suivante, de belles et jeunes (très jeunes) filles dont Gimpei s'éprend facilement. Avis aux vicieux dégoutants qui lisent ce genre de blog, si la vue d'un champignon plantaire ne vous rebute pas, il reste la beauté corporelle d'une jeune naïade, à peine adolescente pour s'extasier. Et j'en connais que ça va intéresser, croyez-moi !
Certains diront que le roman est dérangeant car il peut entrouvrir une porte vers des moeurs immoraux, en la magnifiant et l'excusant, avec ce professeur, légèrement pervers, surement tordu, qui suit les jeunes filles dans la rue. Sans raison particulière, simplement parce qu'elle a jeté un regard vers lui, a lancé une oeillade en sa direction ou fait mine d'une irrévérencieuse indifférence. En s'amourachant d'une de ses collégiennes, l'infâme Gimpei va petit à petit s'étioler jusqu'à franchir la limite qui causera sa perte. A rechercher la beauté sublime, à suivre les jeunes inconnues, son esprit va se perdre dans les fantasmes et ne plus distinguer la réalité. D'ailleurs où se situe la réalité du fantasme ou de l'imagination. Difficile à déterminer pour le lecteur qui navigue en aveugle (le lecteur qui ferme les yeux pour ne plus voir ces abominables pieds) dans l'esprit du pauvre Gimpei. Pauvre ou infâme ? Perdu ou pervers ? Là-encore, il est difficile de se positionner et de prendre parti. Gimpei garde en lui l'obsession de la beauté et de la jeunesse et s'en va vieillir comme un vieux solitaire aux pieds difformes et repoussants. J'ose imaginer son épreuve si le besoin, par exemple dans un bain public ou un salon de massage, l'oblige à dénuder de ses pieds ses vieilles chaussettes sales et puantes.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Livresse_des_Mots
  11 avril 2013
Un troisième Kawabata terminé. Ma lecture de « le Lac » a été plus mitigée que les précédentes. J'ai eu davantage de difficultés à me laisser porter par le récit et entraîner par la plume poétique de Kawabata. le problème majeur est que je ne me suis pas attachée au personnage principal, et je dirais même qu'il m'a beaucoup insupportée, ce qui a rendu ma lecture quelque peu laborieuse et a faussé mon appréciation générale du roman – que je trouve très bon si je reste objective. En effet il est très fascinant, suscite beaucoup de réflexion et fait naître des interrogations intéressantes.
Ce roman met en scène Gimpei, un homme qui a un penchant un peu particulier pour les femmes. Cela commence avec sa cousine Yagoï, avec laquelle il entretient une relation très ambiguë pendant leur jeunesse. Ça se poursuit plus tard avec une de ses jeunes élèves avec laquelle il a une liaison passionnée. Il aime les belles et toutes jeunes femmes, il est obsédé par elles, jusqu'à les suivre dans la rue, voire jusque chez elles, et il n'hésite pas à les espionner, se créant ainsi beaucoup d'ennuis. Vieillissant et solitaire, mais idéaliste, il est perpétuellement en quête de beauté et de jeunesse.
J'ai trouvé ce héros vraiment agaçant, antipathique, malsain et pervers, je n'ai pas aimé du tout le rapport qu'il entretient avec les femmes, ces inconnues qu'il n'hésite pas à suivre, à épier, à aborder, sans raison apparentes, si ce n'est leur extrême beauté et leur jeunesse. Qu'il les aime, qu'il les admire, qu'il soit fasciné par elle, passe encore, mais que ça en devienne une véritable obsession, qu'il se mette à les suivre n'importe où et à les accoster, j'ai trouvé cela intrusif et dérangeant ! Je me suis identifiée à ces femmes, parfois paniquées par son comportement, et j'ai ressenti ce qu'elles pouvaient éprouver, j'ai eu de la compassion. Alors que pour cet homme, sans doute simplement timide et maladroit avec les femmes, aucune empathie !
Je pense que sur ce roman, les points de vue masculins et féminins doivent être sensiblement différents. Moi j'ai réagi en me mettant à la place de ces femmes, j'ai donc trouvé le héros un peu pathétique et névrosé. Mais je me demande si un homme ne s'identifierait pas, et ne verrait pas en lui un rêveur, un homme timide et gauche. Parce qu'il n'est pas méchant et ne fait rien de réellement choquant non plus, il n'agresse pas ces femmes, il reste plutôt respectueux malgré son comportement louche. Je pense même que ce personnage pourrait apparaître comme touchant, car il est aussi très complexé par ses pieds hideux et simiesques. Cette caractéristique revient de manière récurrente dans le roman, et met en lumière le coté fragile du héros et son incontestable manque de confiance en lui.
En revanche, j'ai trouvé les femmes de ce roman attachantes et admirables, pour certaines d'entre elles. Et le talent de Kawabata a tout de même réussi à me faire apprécier ce roman. C'est sans compter la fin magistrale et ironique qu'il nous a concocté !
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
flolunaireflolunaire   26 octobre 2014
Par intermittences, depuis quelque temps, lui revenait une vision d'éclairs au-dessus du lac. Toute la surface s'embrasait fugitivement, pour ne laisser subsister, sur la berge, que le chatoiement des lucioles. Leur présence n'appartenait peut-être qu'à l'hallucination.
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IansougourmerIansougourmer   01 juillet 2013
Un secret que l'on garde est plein de douceur, plein de gaité. Arrive t-il à transpirer, il devient un démon assoiffé de vengeance.
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andmanandman   27 janvier 2013
Il y a quelque chose de morbide dans cette idée d'une amie pour qui l'on a aucun secret. Ce n'est qu'une façon puérile de déguiser sa propre faiblesse. La totale absence de secret peut se concevoir pour de purs esprits, ou des êtres diaboliques.
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AmorinaAmorina   01 janvier 2014
Ça parait bizarre et c'est la vérité, pourtant. Peut-être cela ne t'est-il jamais arrivé. Tu croises un être. Lui va dans un sens, et toi dans l'autre. Et alors tu te dis : "Comme c'est dommage !". Ça m'arrive souvent, à moi. Je pense en moi-même : "Quelle grâce…! Comme elle est jolie…! Existe-t-il un seul être au monde dont se dégage une telle séduction…?". Dans la rue, au théâtre, sur les marches de l'escalier après un concert. Puis celle qu'on a vue s'éloigne, et je sais que je ne la reverrai jamais. On ne peut pourtant pas héler des inconnus, leur adresser la parole. Est-ce donc ça, la vie ? Quand ces choses-là m'arrivent, je me sens d'une tristesse mortelle, j'ai le vertige, je ne sais même plus ce que je fais. Je voudrais la suivre, elle, la femme, jusqu'au bout du monde. Mais cela non plus ce n'est pas possible. La suivre ainsi, cela voudrait dire qu'il faudrait la tuer.
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le_Bisonle_Bison   28 janvier 2012
Pour Gimpei, le moment parfait incarné dans l’adolescente ne pouvait être qu’éphémère. Et quel secret, quand les autres jeunes filles ont si tôt fait d’ensevelir, sous la poussière des manuels scolaires, le subtil parfum du bouton à peine éclos, conférait à celle-là sa beauté, son inégalable perfection ? Quelle lumière, propre à elle seule, lui donnait ce rayonnement, cette transparence ?
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Vidéo de Yasunari Kawabata
"Le grondement de la montagne" de Yasunari Kawabata.
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