AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bunkichi Fujimori (Autre)Armel Guerne (Autre)
ISBN : 2253030732
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1982)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 389 notes)
Résumé :
À trois reprises, Shimamura se retire dans une petite station thermale, au coeur des montagnes, pour y vivre un amour fou en même temps qu'une purification. Chaque image a un sens, l'empire des signes se révèle à la fois net et suggéré. Le spectacle des bois d'érable à l'approche de l'automne désigne à l'homme sa propre fragilité.

"Le rideau des montagnes, à l'arrière-plan, déployait déjà les riches teintes de l'automne sous le soleil couchant, ses r... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  06 novembre 2017
Je me suis engouffrée dans ce froid, dans cette blancheur immaculée, avec hâte, en quête de réconfort, tant ma dernière lecture m'avait bousculée.
J'avoue que je n'ai pas toujours tout saisi des sentiments du héros, j'ai même un peu plané sec avec lui, mais me suis laissée volontiers envoûter par la poésie des mots, la sensualité de Komako, le mystère de Yôko...
Une plume métaphorique, voire fantasmagorique, qui célèbre la nature (purificatrice) de ce Pays de neige comme une allégorie de l'amour. Deux êtres vivent une passion pas ordinaire, faite de séparations, de code d'honneur, de rituels, le tout dans un écrin de pudeur et de délicatesse, même lorsque les geishas sont ivres mortes ! ;-)
Tout le charme de la littérature japonaise, que j'explore doucement, mais sûrement.
(NB : merci à manU pour l'échange de livres !)
Commenter  J’apprécie          9213
TerrainsVagues
  22 juillet 2018
J'étais tranquille, j'étais peinard, en train de terminer « Jours barbares » en plein trip surf (au passage, si les vagues vous fascinent ou du moins ne vous laissent pas indifférent, alors regardez l'excellent documentaire passant en ce moment sur canal, « Laird Hamilton surfeur de l'extrême », une légende de son vivant le gars), en plein trip surf donc, allongé sur le sable avec le bruit des vagues plein les oreilles, captivé, hypnotisé, quand soudain je dis à la bretonne allongée à coté de moi : « c'est quoi ce bruit de fond qui revient à intervalle régulier ? » En fait c'était sa lecture du moment qui lui tirait des soupirs d'ennui page après page. Etant toujours prêt à être solidaire et ne voulant la laisser seule dans le néant, dès qu'elle a eu fermé le bouquin, je m'en suis emparé pour l'accompagner dans la douleur. Pas terrible l'idée, j'irai même jusqu'à dire mauvaise, très mauvaise. Quel con !!!
« Pays de neige ». Déjà le titre laissait présager du pire. J'ai jamais eu la moindre sympathie pour la neige et ma dernière expérience (Fleur de neige) s'était révélée désastreuse.
Bon, j'avoue que je savais où j'allais car les gouts littéraires de la bretonne et les miens ont une sensibilité assez proche dans une majorité de domaines et là, vu sa mine, ça sentait pas bon.
Euh… à part le coté solidarité, je confesse que ce qui m'a motivé aussi c'était de pouvoir écrire deux ou trois conneries dans un billet et comme par hasard cette mauvaise raison, je l'ai payé plein pot.
Au risque de peiner quelques ami(e)s de babel, j'irai bien jusqu'à dire : C'est quoi ce truc inconsistant où il ne se passe strictement rien pendant 189 pages et ou il faut attendre la 190e pour avoir enfin une sensation de bien être, de légèreté, cette foutue page 190 qui est la dernière et la fin du supplice. le truc est d'une lenteur qui ferait passer Doc Gyneco pour un hyper actif sous extasie.
L'histoire, un mec vient tous les ans se faire une pute (la même) au pays de neige, à la montagne quoi, tout en espérant rencontrer une nana du coin (copine, enfin presque, de Komiko la geisha) croisée dans le train lors du voyage qui commence le livre. Bon c'est pas tout à fait écrit comme ça, il y a un soupçon de retenue en plus que dans mon court résumé mais l'idée est là. Il semblerait que ce soit une histoire d'amour. Perso, les oui qui veulent dire non ou oui, les non qui disent oui ou non, les peut être qui ne savent plus sur quel pied danser, ça me fatigue vite en général. Là ça m'a épuisé. Et puis la geisha bourrée (au saké, what else ?) ça me titille pas l'émotion.
Les dialogues sont, comment vous dire, d'une platitude extrême, étoilée au championnat du monde de l'insignifiance.
Allez parce que c'est vous, quelques répliques de Komiko :
« Vous n'avez aucune idée de ce que c'est pour moi… Je reviendrai plus tard, si j'ai le temps de me laver les cheveux » (p137).
« Je l'avais dit et je l'ai fait. Je suis venue, prononça-t-elle avec un intense et perceptible effort de concentration. Et à présent je m'en vais. Je rentre me laver les cheveux » (p.138)
Du Nabila dans Komiko, oui y en a.
Je ne saurai dire si c'est l'histoire qui rend l'écriture sans relief ou si c'est l'écriture qui rend l'histoire chiante. Les deux ? Oui.
Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature euh… je ne suis pas un littéraire mais si faut écrire ça pour être Nobel alors ma grâce naturelle me laisse à penser que je peux encore devenir danseuse étoile, et ça ya trois jours encore je n'y aurais jamais cru.
Une étoile et c'est bien payé.
Champion du monde.
Ps : pour ce qui est de la solidarité livre de… enfin qui ne me convient pas du tout du tout, je suis en indisponibilité de longue durée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4918
andman
  16 mars 2013
Shimamura, rentier entre deux âges, vient régulièrement se ressourcer dans une petite station thermale de montagne perdue au « Pays de neige ». Est-ce par goût des aventures amoureuses sans lendemain, est-ce la fascination des paysages majestueux ? Sans doute un peu des deux car, bien que marié, ce tokyoïte voyage toujours seul…
Cet homme à la sensibilité égocentrique de désoeuvré se fait une joie de retrouver la jeune geisha, Komako, qu'il a fréquentée le printemps précédent.
Dans le train qui parcourt la montagne enneigée de ce début décembre il contemple fasciné le visage de sa voisine de compartiment qui se reflète dans la vitre : Yoko, une superbe femme, accompagne un jeune homme visiblement malade.
Par le plus grand des hasards, il se trouve que la geisha Komako habite chez la mère du jeune malade aperçu dans le train. le jour où Komako lui fait visiter sa chambre, Shimamura ébahi croise Yoko.
Qui sont vraiment ces deux jeunes femmes ? Quels liens les unissent au jeune homme en fin de vie ? Shimamura le oisif, attiré et par Komako et par Yoko, se perd en conjectures dans « son petit univers délicieusement morose ».
L'écriture de ce court roman est de toute beauté, à la hauteur de la magnificence des cimes enneigées.
D'aucuns trouveront peut-être ce roman contemplatif de Kawabata quelque peu figé mais dans cette station thermale qui n'est que ravissement visuel il n'y a pas le feu au lac !
C'est toutefois par un incendie tragique que ce termine ce petit voyage au « Pays de neige ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          521
sandrine57
  17 avril 2017
C'est le début de l'hiver et Shimamura, riche oisif tokyoïte se rend pour la deuxième fois dans une petite station thermale du Pays de neige. Au printemps, il y avait fait la connaissance de Komako, une des geishas qui vivent dans les auberges de montagne. Dans le train qui l'emporte vers les sommets, il ne peut s'empêcher de remarquer la beauté de Yôkô alors même qu'il a entrepris ce voyage pour rejoindre Komako. Sur place, la geisha se donne corps et âme à cet homme pourtant distant, et par ailleurs, marié et père de famille, qu'elle sait n'être que de passage dans sa vie. Pourtant, à l'automne, il revient encore une fois vers elle.
Récit d'une passion qui n'ose dire son nom, Pays de neige est aussi le livre de la lenteur, de la beauté, de la nature, de la poésie. Kawabata nous emmène dans les montagnes japonaises pour un voyage au pays de la sérénité, à une époque désormais révolue quand les riches habitants de la capitale partaient de ressourcer dans les montagnes pour se purifier et se reposer. Là, ils étaient accueillis par des geishas chargées de les divertir et de les dorloter. Shimamura est de ces hommes qui n'ont pour but que de s'entourer de beauté, sans autre souci que de satisfaire leurs désirs. Esthète, il aime l'art, la danse, surtout les ballets européens, il est sensible à la douceur d'un tissage ou d'une peau de femme, la lumière des étoiles, la majesté des cimes enneigées, le charme d'un regard, les notes d'un shamisen. Dans le village d'altitude où il se retire, Komako et Yôkô symbolise, l'une la passion, l'autre le mystère tout en restant insaisissables toutes les deux. Spectateur, Shimamura observe, subit, s'émeut, s'émerveille, se réjouit. La palette des sentiments des deux amants reste dans le non-dit, la subtilité, la pudeur. Par contre, la nature environnante étale ses beautés, de la blancheur immaculée de la neige à la rousseur exubérante des feuilles d'érable, du vert scintillant des rizières à l'éclat argenté de la chaume...
Un roman délicat et sensuel, à goûter comme un cadeau du passé venu d'un Japon idéal et rêvé. Un chef d'oeuvre tout en simplicité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          474
BrunoA
  04 avril 2015
Shimamura, artiste oisif originaire de Tokyo, vient régulièrement se ressourcer au pays de neige.
Il y retrouve Komako, une jeune Geisha avec laquelle il entretient des rapports parfois compliqués.
Merveilleux roman de Kawabata qui nous emmène dans un univers de sérénité et de beauté.
Un beau voyage
Commenter  J’apprécie          453
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   19 septembre 2010
En train, à la tombée de la nuit, Shimamura observe le visage d'une femme (Yôko) qui se reflète dans la vitre.

Sur le fond, très loin, défilait le paysage du soir qui servait, en quelque sort, de tain mouvant à ce miroir; les figures humaines qu'il réfléchissait, plus claires, s'y découpaient un peu comme les images en surimpression dans un film. Il n'y avait aucun lien, bien sûr, entre les images mouvantes de l'arrière-plan et celles, plus nettes , des deux personnages; et pourtant tout se maintenait en une unité fantastique, tant l'immatérielle transparence des figures semblait correspondre et se confondre au flou ténébreux du paysage qu'enveloppait la nuit, pour composer un seul et même univers, une sorte de monde surnaturel et symbolique qui n'était plus d'ici. Un monde d'une beauté ineffable et dont Shimamura se sentait pénétré jusqu'au coeur, bouleversé même, quand d'aventure quelque lumière là-bas, au loin dans la montagne, scintillait tout à coup au beau milieu du visage de la jeune femme, atteignant à un comble inexprimable de cette inexprimable beauté.

Dans le ciel nocturne, au-dessus des montagnes, le crépuscule avait laissé quelques touches de pourpre attardée et l'on pouvait encore distinguer, très loin, sur l'horizon, la découpure des pics isolés. Mais ici, plus près, c'était le défilé constant du même paysage campagnard, complètement éteint maintenant et privé de toute couleur. Rien pour y retenir l'oeil. Il défilait comme un flot de monotonie,d'autant plus neutre et d'autant plus estompé, d'autant plus vaguement émouvant qu'il courait pour ainsi dire sous les traits de la jeune femme, derrière ce beau visage émouvant qui semblait le rejeter tout autour dans la même grisaille. L'image même de ce visage, il est vrai, semblait si peu matérielle qu'elle devait être transparente elle aussi. Cherchant à savoir si elle l'était vraiment, Shimamura crut un mouvement voir le paysage au travers, mais les images passaient si vite qu'il lui fut impossible de contrôler cette impression.

L'éclairage dans le wagon, manquait d'intensité, et ce que voyait en reflet Shimamura était loin d'avoir le relief et la netteté d'une image dans un vrai miroir . Aussi en vint-il facilement à oublier qu'il contemplait une image reflétée dans une glace, pris peu à peu par le sentiment que ce visage féminin, il le voyait dehors, flottant et comme porté sur le torrent ininterrompu du paysage monstrueux et enténébré.

Ce fut alors qu'une lumière lointaine vint resplendir au milieu du visage. Dans le jeu des reflets, au fond du miroir, l'image ne s'imposait pas avec une consistance suffisante pour éclipser l'éclat de la lumière, mais elle n'était pas non plus incertaine au point de disparaître sous elle. Et Shumamura suivit la lumière qui cheminait lentement sur le visage, sans le troubler. Un froid scintillement perdu dans la distance. Et lorsque son éclat menu vint s'allumer dans la pupille même de la jeune femme, lorsque se superposèrent et se confondirent l'éclat du regard et celui de la lumière piquée dans le lointain, ce fut comme un miracle de beauté s'épanouissant dans l'étrange, avec cet oeil illuminé qui paraissait voguer sur l'océan du noir et les vagues rapides des montagnes."



La Voie Lactée

« Oh ! la Voie lactée… elle est splendide » s’exclama Komako, courant toujours devant lui, les yeux levés vers le ciel.

La Voie lactée… En la regardant lui aussi, Shimamura eu l’impression d’y nager, tant sa phosphorescence lui parut proche, comme si elle l’eût aspiré jusque-là. Le poète Bashô en voyage, était-ce sous l’impression de cette immensité resplendissante, éblouissante, qu’il l’avait décrite comme une arche de paix sur la mer déchaînée ? Car c’était juste au-dessus de lui qu’elle inclinait sa voûte, enserrant la terre nocturne de son étreinte pure, indéchiffrable, sans émoi. Image pure et proche d’une volupté terrible, sous laquelle Shimamura, un bref instant, se représenta sa propre silhouette découpée en une ombre aussi multiple qu’il y avait d’étoiles, aussi innombrablement multipliées qu’il y avait là-haut de particules d’argent dans la lumière laiteuse et jusque dans le reflet miroitant des nuages, dont chaque gouttelette infime et rayonnante de lumière se confondait avec son infinité, tant le ciel était clair, d’une limpidité et d’une transparence inimaginables. Cette écharpe sans fin, ce voile infiniment subtil, subtilement tissé dans l’infini, Shimamura ne pouvait en détacher son regard. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
clarinetteclarinette   05 juillet 2008
Et ce fut l’air de Kanginchô qu'elle se mit à jouer. Instantanément Shimamura se sentit comme électrisé, parcouru par un long frisson qui lui mit la chair de poule jusque sur le plein des joues, pensa-t-il. Il lui sembla que les premières notes creusaient un creux dans ses entrailles, y ménageaient un vide où venait retentir, pur et clair, le son du samisen. C'était plus que de l'étonnement chez lui : une stupéfaction qui l'avait presque renversé, assommé comme un coup bien ajusté. Emporté dans un sentiment qui confinait à la pure vénération, submergé, noyé presque sous une mer de regrets, attendri, perdant pied, incapable de résister, il n'avait plus qu'à se laisser aller à cette force qui l'emportait, à se livrer sans défense, avec joie, au bon plaisir de Komako. Elle pouvait faire de lui ce qu'elle voulait. [...] Komako avait plongé son regard dans le ciel pur au dessus de la neige. "La résonnance est tout autre par un temps pareil". La richesse de la sonorité, sa puissance harmonique étaient bien, en effet, comme elle l'avait laissé entendre. Et quelle différence, aussi, par le cadre, dans cette solitude intime, loin des embarras de la ville, loin des artifices de la scène, sans les murs du théâtre, le public, au coeur de cette claire matinée d'hiver, dans cette transparence de cristal où le cristal de la musique semblait élancer son chant vibrant et pur jusque sur les pointes neigeuses des montagnes, au loin, là-bas, à l'horizon !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
frandjfrandj   15 septembre 2014
« Oh ! la Voie lactée… elle est splendide » s'exclama Komako, courant toujours devant lui, les yeux levés vers le ciel.
La Voie lactée… En la regardant lui aussi, Shimamura eu l'impression d'y nager, tant sa phosphorescence lui parut proche, comme si elle l'eût aspiré jusque-là. le poète Bashô en voyage, était-ce sous l'impression de cette immensité resplendissante, éblouissante, qu'il l'avait décrite comme une arche de paix sur la mer déchaînée ? Car c'était juste au-dessus de lui qu'elle inclinait sa voûte, enserrant la terre nocturne de son étreinte pure, indéchiffrable, sans émoi. Image pure et proche d'une volupté terrible, sous laquelle Shimamura, un bref instant, se représenta sa propre silhouette découpée en une ombre aussi multiple qu'il y avait d'étoiles, aussi innombrablement multipliées qu'il y avait là-haut de particules d'argent dans la lumière laiteuse et jusque dans le reflet miroitant des nuages, dont chaque gouttelette infime et rayonnante de lumière se confondait avec son infinité, tant le ciel était clair, d'une limpidité et d'une transparence inimaginables. Cette écharpe sans fin, ce voile infiniment subtil, subtilement tissé dans l'infini, Shimamura ne pouvait en détacher son regard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          162
enkidu_enkidu_   03 octobre 2017
Il retrouva sa liberté de pensée avec la fin du chant. « Elle m’aime. Cette femme est amoureuse de moi. » Mais cette idée le gêna.

Komako avait plongé son regard dans le ciel pur au-dessus de la neige. « La résonance est tout autre par un temps pareil. » La richesse de la sonorité, sa puissance harmonique étaient bien, en effet, comme elle l’avait laissé entendre. Et quelle différence, aussi, par le cadre, dans cette solitude intime, loin des embarras de la ville, loin des artifices de la scène, sans les murs du théâtre, le public, au cœur de cette claire matinée d’hiver, dans cette transparence de cristal où le cristal de la musique semblait élancer son chant vibrant et pur jusque sur les pointes neigeuses des montagnes, au loin, là-bas, à l’horizon !

Livrée à elle-même, travaillant seule sa musique dans ce coin perdu de ses montagnes, Komako n’était-elle pas pénétrée, enrichie dans son être par les ressources magiques, les puissances secrètes et les vertus de cette nature, avec laquelle elle communiait peut-être à son insu ? La nature grandiose et sauvage de la haute vallée. Ne la trouvait-elle pas dans sa solitude même, la force triomphale de sa farouche volonté, qui lui permettait de dompter jusqu’à ses propres peines ? Car même en tenant compte des rudiments qu’elle avait pu acquérir à la base, partir de la seule partition écrite pour parvenir à l’exécution de cette musique difficile, l’avoir travaillée ainsi et pouvoir enfin la jouer de mémoire, cela représentait incontestablement un triomphe immense de la volonté.

Peine perdue que cette façon de vivre. Énergie gâchée. Effort vain. Shimamura le pensait, non sans entendre au fond de soi le long appel muet qui réclamait sa sympathie du fond de cette désolation. (p. 89)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Livresse_des_MotsLivresse_des_Mots   06 avril 2013
La nuit se tenait immobile, figée, sans le moindre soupçon de brise, et le paysage se revêtait d'une austère sévérité. On avait l'impression qu'un grondement sourd, dans le sol, répondait au crissement du gel qui resserrait la neige partout, sur l'étendue. Il n'y avait pas de lune. Les étoiles, par contre, apparaissaient presque trop nombreuses pour qu'on crût à leur réalité, si scintillantes et si proches qu'on croyait les voir tomber et se précipiter dans le vide. Le ciel se retranchait derrière elles, toujours plus profond et plus lointain, là-bas, vers les sources enténébrées de la nuit. Les sommets de la haute chaîne, confondus en une seule ligne de crêtes, dressaient contre le ciel étoilé leur masse imposante, y découpant un horizon inquiétant, énorme et noir. Sur l'ensemble du paysage, toutefois, régnait une seule harmonie faite de pure sérénité et de tranquillité grandiose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Videos de Yasunari Kawabata (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasunari Kawabata
"Le grondement de la montagne" de Yasunari Kawabata.
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
365 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre
.. ..