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EAN : 9782253069355
160 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/11/2016)
3.73/5   120 notes
Résumé :
Première neige sur le mont Fuji est une anthologie de six nouvelles inédites réunies par la traductrice et spécialiste de Kawabata Cécile Sakai, qui les a choisies pour montrer toute la palette des qualités littéraires de l'auteur. Quatre d'entre elles sont tirées d un recueil de textes compilés par l'auteur lui-même.

Ce recueil inédit sera publié à l occasion d'une grande exposition sur l'œuvre de Kawabata présentée à la Maison de la Culture du Japo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
3,73

sur 120 notes
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sandrine57
  21 janvier 2021
Première neige sur le mont Fuji est un recueil de six nouvelles compilées aléatoirement par la traductrice Cécile Sakai.
On y retrouve l'écriture délicate et poétique de Kawabata et son art de l'ellipse. Tout n'est pas dit, les sentiments sont à peine effleurés et certains comportements des personnages peuvent laisser le lecteur occidental, peu versé dans la psyché japonaise, perplexe. S'ajoute à cela une petite touche fantastique qui, encore une fois, pour qui ne connaît pas les légendes nippones, est assez déconcertante.
La première nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage est la plus émouvante. Elle raconte les retrouvailles de deux amants séparés par la guerre. le temps d'une nuit dans une station thermale au pied du mont Fuji, ils s'apportent un certain réconfort, eux qui ont été blessés par les aléas de la vie, de la mort et de la guerre.
La mort est d'ailleurs très présente dans le recueil, ainsi que l'empreinte que laissent les disparus chez les vivants. Là, on touche aux traditions et croyances japonaises et Kawabata nous laisse sur le bord du chemin.
Bref, ces nouvelles sont étonnantes mais souvent incompréhensibles. Restent la beauté de l'écriture de Kawabata et l'immersion dans les paysages japonais, toujours joliment décrits par l'auteur.
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ATOS
  21 novembre 2014
Sentiment étrange à lecture de ces six nouvelles d'Yasunraki Kawabata. Sentiment d'inachevé.
Sentiment étrange mais totalement explicable du fait de mon inculture japonaise. L'inachevé est une notion dont l'accès relève ,pour nous occidentaux, d'un exercice, d'une auto discipline.
L'inachevé, l'incomplet, l'imparfait,... nous n'assimilons pas cette notion.
Nous remplissons, nous clôturons, nous cadrons, nous remplissons à ras bord et le plus souvent jusqu'au ras le bol, nous encerclons, nous terminons, bien ou mal il nous faut écrire le mot fin.
La culture japonaise a totalement maîtrise cette notion d'inachevé. On peut le voir dans le respect du geste lors de la restauration par exemple d'un objet abîmé, détérioré.
On le répare mais on met un point d'honneur à rendre visible, à rendre lisible le passé de l'objet.
La beauté est dans ce qui est et non dans ce que nous voulons qu'il soit.
C'est comme si il ne fallait jamais fermer la porte.
Nous occidentaux, nous grimons, masquons, effaçons toute trace. Comme si rien ne s'était passé.
La culture japonaise c'est tout le contraire. Impermanence, imperfection, inachevé font totalement partie de la notion du beau.
L'arbre en fleurs, l'arbre vert , l'art rouille, l'arbre nu. Mais tout est processus. Impossible de comprendre la beauté de la fleur si on ne sait pas saisir celle de la neige. Il faut accepter l'ensemble, le tout, accepter la branche brisée si on accepte le passage du cerf. Accepter ce que raconte cette branche pour entendre tout ce que le cerf a à lui répondre.
Peut être est ce que la culture japonaise porte elle en elle l'acceptation. La forme la plus sereine d'une certaine compréhension.
En tout cas c'est une lecture du monde où chaque chose qui se referme s'ouvre automatiquement sur un nouvel espace. Comme une immense mécanique spatiale où rien ne s'arrête jamais. Ne s'achève jamais mais change, évolue continuellement.
La Chine serait Souffle, le Japon serait mouvement.
Vu sous cet angle, la lecture devient intelligible pour moi. Si j'accepte cette notion, ces nouvelles trouvent leur rythme, si j'accepte que la roue tourne, tout s'accorde. Je n'abandonne rien, je ne laisse rien, je ne quitte rien, j'avance et je découvre. le fait lui même porte son avenir. Ce qui est , est parce qu'il fut, et parce qu'il fut, il sera.
L'horloge du monde que personne ne peut arrêter.
Je ne sais si cette technique d'analyse est la bonne, mais je sais que c'est en ayant cette notion à l'esprit que j'ai pu entendre tomber, pour la première fois, la neige sur le Mont Fuji.
Astrid Shriqui Garain
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Unhomosapiens
  05 mars 2019
Beaucoup de difficultés pour entrer dans ces récits. Sentiment de déjà vu, d'incomplétude. Si j'ai bien compris, il s'agit de textes éparpillés retrouvés et assemblés de manière aléatoire par la traductrice. On retrouve bien sûr le monde de Kawabata, ses interrogations existentielles à travers les situations de ses personnages. le quotidien, les sentiments sont analysés de manière quasiment chirurgicale. Mais je n'ai pas accroché.
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Osmanthe
  16 décembre 2016
Ce recueil de nouvelles non original puisque composé il y a quelques années seulement par la traductrice française de Kawabata, Cécile Sakai, est un condensé de l'art du récit court de ce géant de la littérature. Qui mieux que Kawabata sait exprimer l'âme japonaise ?
Dans ces récits, on est frappé par la concision, l'absence d'action ou presque. Des personnages souvent vieillissants réfléchissent, se souviennent, dialoguent pudiquement et sobrement avec des êtres chers sur des petites choses de la vie, ressentent le temps qui passe, contemplent la nature...Parfois, les fantômes du passé, une femme autrefois aimée, l'horreur de la guerre et la perte d'un enfant, le parfum maternel remontent à la surface pour susciter un moment de rêverie....A moins que ce ne soit l'inamovible et majestueux Mont Fuji, ou la fragilité d'une feuille de Ginkgo une fois l'automne venu ?
On sent une nostalgie devant un monde ancien qui s'éteint peu à peu, mais pas de larmes ici, le temps s'écoule, il faut respecter cet ordonnancement naturel et universel des choses.
Ces nouvelles si simples dans leur contenu semblent pourtant dire toute la vie, et la mort aussi. C'est sans doute pour cela qu'elles font forte impression malgré l'absence d'intrigue et de chute, une apparence inachevée.
On peut ne pas accrocher pour ces raisons, mais c'est aussi une belle porte d'entrée pour appréhender un peu mieux la mentalité nippone.
Mention spéciale au premier texte, le plus consistant en taille et en émotion sans doute, qui a d'ailleurs donné son nom au recueil, Première neige sur le Mont Fuji.
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nounours36
  03 janvier 2015
Six nouvelles de ce maître de la littérature nous sont offertes dans ce recueil. Nouvelles écrites entre 1952 et 1960 entre 'le grondement de la montagne' et 'les belles endormies'. Kawabata à 53 ans lorsqu'il écrit la première de ces nouvelles. La première est éponyme au recueil.
"Sept ou huit ans auparavant, Utako et Jirô s'étaient aimés, puis elle avait épousé un autre homme, dont elle venait récemment de divorcer. Aujourd'hui, elle partait avec Jirô pour un voyage à Hakone. Un voyage lourd d'arrière-pensées."
L'histoire d'un amour de jeunesse, de souvenirs, de leur séparation à cause de la guerre. Lors de cette rencontre proposée par Jirô, Ils essaient de se redécouvrir, Utako semble prête à revivre ses premièrs amours. Jirô quant à lui est plutôt tourné vers son passé, et celle qu'il redécouvre fait renaitre des sentiments indicibles. "Un instant, Jirô découvrit l'éclat de sa chair, puis détourna les yeux. Il fut frappé par la beauté de cette blancheur. Utako s'immergea dans l'eau jusqu'au cou, et resta ainsi immobile.
Regardant du même côté, Jirô observait les fleurs blanches de lespédèze qui ployaient dessus le rocher le plus proche de la fenêtre de la salle de bain. "
La première neige sur le mont Fuji préfigure la blancheur du corps de la femme et des fleurs, blancheur est il alors synonyme de pureté, "Ce ne sont pas des nuages, c'est bien de la neige" , est ce une réalité, un mirage du aux nuages ?
Nous faisons également face à la maladie et la vieillesse (la mort) dans la nouvelle 'En silence' ou l'écrivain ne peut plus écrire, ni parler. Il se retrouve confronté à une solitude pesante entouré de sa fille.
Nous retrouvons les thèmes de prédilection des autres oeuvres de Kawabata dans cette courte nouvelle. Dans ce couple qui se retrouve, une atmosphère de sensualité se dégage : Il rappelle les belles endormies par son atmosphère. Cette sensualité naissante est aussi présente dans "la jeune fille et son odeur", ou les souvenirs refluent à l'odeur corporelle. ce qui lui donne une saveur identique à celle de la fameuse madeleine de Proust.
Six nouvelles de toute beauté, grâce à un style dépouillé, en quelques mots tout est dit. tout est ressenti, les phrases éveillent nos sens avec délicatesse de façon indicible.
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critiques presse (2)
Telerama   15 octobre 2014
Tranchant de bout en bout, le texte parle de la perte, de ce qui s'échappe des êtres vivants : les feuilles des gingkos qui ne tombent que sur la moitié des arbres, le lait qui s'écoule d'un sein maternel, les rognures d'ongles qu'un garçon coupe avec dégoût.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   29 septembre 2014
Tout au long de Première neige sur le mont Fuji, Yasunari Kawabata dit les sentiments qui survivent, au temps, au silence et à l’égoïsme.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   30 novembre 2016
Jiro désirait retrouver l'image de l'ancienne Utako. Il souffrait de l'observer, tombée dans l'abattement où il la voyait maintenant. Lui-même avait le regard fatigué de chercher la jeune fille d'avant dans la femme d'aujourd'hui, tout en évitant de voir ce qu'elle était réellement devenue. Et comme il ne voulait pas qu'elle sente sa lassitude observée, il semblait embarrassé, ne sachant où porter son regard.
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OsmantheOsmanthe   18 décembre 2016
Avec ou sans leur feuillage, les ginkgos s'imposaient par leurs formes magistrales. Les arbres dénudés étaient tous tournés vers le ciel, y compris les nombreuses petites branches qui semblaient vouloir ainsi enlacer leurs troncs, avec dignité. De leur côté, les feuillages jaunes, à leur apogée, pesant de toute leur épaisseur, reposaient dans une tristesse apaisée en aspirant les rayons du soleil matinal.

Extrait de "Une rangée d'arbres".
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nounours36nounours36   03 janvier 2015
« Un instant, Jirô découvrit l’éclat de sa chair, puis détourna les yeux. Il fut frappé par la beauté de cette blancheur. Utako s’immergea dans l’eau jusqu’au cou, et resta ainsi immobile.
Regardant du même côté, Jirô observait les fleurs blanches de lespédèze qui ployaient dessus le rocher le plus proche de la fenêtre de la salle de bain. «
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NuageuseNuageuse   07 décembre 2018
Il n'est pas facile de fréquenter un vieillard sourd, mais que dire d'un vieillard muet, qui entend malgré tout ! Car s'il comprend ce qu'on lui dit, on ne sait pas ce qu'il pourrait dire : le malaise est plus profond qu'avec des personnes qui n'entendent plus rien.
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leonceleonce   19 décembre 2018
Quand Mitsura ouvrait la portière, à l'instant même où Amico s'engouffrait dans la voiture, son odeur elle aussi se glissait à l'intérieur. Et l'odeur remplissait l'habitacle . La jeune fille était une élève de dix-sept ans qui ne portait ni maquillage ni parfum : cette odeur était la sienne, tout simplement, celle de son corps, et non de ses cheveux. Une odeur fragile, mais en toute saison Amiko embaumait la voiture. Jamais Mitsura n'avait connu cela avec une autre femme.
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Videos de Yasunari Kawabata (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasunari Kawabata
En débat, deux spectacles adaptés de romans :
"Les Frères Karamazov" de Sylvain Creuzevault au Théâtre de l'Odéon "Les Frères Karamazov" est un monstre. Comme pour "Les Démons" (mis en scène aux Ateliers Berthier à l'automne 2018), et après "Le Grand Inquisiteur" (créé à l'Odéon 6e à l'automne 2020), Sylvain Creuzevault taille dans ses 1300 pages les éléments d'une lecture inspirée de Heiner Müller et Jean Genet, selon qui l'ultime roman de Dostoïevski est avant tout “une farce, une bouffonnerie énorme et mesquine”. Cet humour farcesque, déjà perceptible dans "Les Démons", devient ici littéralement ravageur.
"Sleeping" de Serge Nicolaï au Théâtre Monfort Éclairer la vie en regardant la mort. "Sleeping" est un spectacle onirique qui résonne avec l'époque. Associant masques, jeu théâtral, vidéo et musique, Serge Nicolaï s'inspire du roman "Les Belles Endormies" de l'écrivain japonais Yasunari Kawabata. Évocation poétique d'un vieil homme, Eguchi, au crépuscule de sa vie. Toutes les femmes qui ont jalonné sa vie, sa mère, sa fille, son amante, lui apparaissent au seuil de la mort, belles, provocatrices, sensuelles, délicates. Des messagères tant fascinantes que répugnantes de l'entre-monde. Des icônes féminines qui reflètent l'âme d'Eguchi et confrontent sans relâche son être le plus intime à ces questions : Comment as-tu aimé ? Comment as-tu vécu ? Une merveilleuse ode à la vie.
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