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Amina Taha Hussein-Okada (Traducteur)
ISBN : 2253932531
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1996)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 171 notes)
Résumé :
Chez Kawabata, les beautés élégiaques, qui se laissent dépouiller, abandonner, prostituer, éviscérer par amour, préparent en silence l’avènement des beautés pernicieuses, ces petits démons qui exécuteront autour du mâle la danse de la mort. Dans Tristesse et beauté, la mort esquisse ses premiers pas pendant que sonnent les cloches de fin d’année dans les monastères de Kyôto. Oki, le romancier vieillissant, cherche à revoir un ancien amour. Elle avait seize ans, lui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Moovanse
  09 septembre 2015
Oscillation entre Tristesse et Beauté
Hésitation entre Amour et Désamour
Ah, j'aurais tant aimé sans équivoque être enthousiaste …
Kawabata signe ici son dernier roman, sans doute inspiré par un épisode de sa propre histoire : feedback ! Ne s'est-il pas lui aussi épris d'une jeune fille de 14 ans, follement aimée, perdue puis cherchée à revoir par la suite ? Amour jamais oublié, amour désolé, idéalisé, spectre juvénile trainé en fond de mémoire et qui ressurgit, ici, en écrit.
C'est en tous cas, la base de ce livre en relation triangulaire : un homme (Oki) troublé entre deux "fleurs", égaré entre passé et présent, tourmenté entre réel et irréel.
Deux "fleurs" : deux femmes, deux univers, deux destinées
- Otoko : lotus blanc de pureté, pivoine rouge de sang et de blessure, peintre de renom, figée dans la passion indélébile de ses 16 ans, Otoko, Otoko la douce, beauté mélancolique et silencieuse. Héroïne malgré elle …. Autant de souvenirs fantômes étalés sur ses toiles tels des spectres affamés, en purification d'elle-même.
- Keiko : gracile orchidée, "diaboliquement belle", séductrice juvénile, vouée corps et âme à Otoko ! Keiko, fleur carnassière ardente, impertinente, vengeresse ambigüe, aux sombres desseins … Fleur d'ange au parfum vénéneux, Keiko, mélange perfide, frissonnante d'amour, larmoyante de jalousie, brillante de destruction, Machiavel en puissance.
Oscillation entre Tristesse et Beauté
Hésitation entre Amour et Désamour …
Bien sur il y a ce léger parfum oriental qui traîne un peu entre les lignes,
ces effluves discrets dans lesquels on aimerait simplement s'envelopper,
Bien sur il y a la Beauté des femmes,
celle que l'on imagine sous les mots de papier, dans la courbe des seins et la cambrure des reins, le poudré du teint, la frange des cils et l'ourlé des yeux, cette grâce incomparable des gestes lents, le raffinement des étoffes de soie et les creux de lumières qui nonchalamment s'y déposent.
Bien sur un brin de volupté, un froissement juste, suggéré mais si peu …
Bien sur quelques escapades, quelques jolis paysages, des couchers de soleil enflammant les collines, des jardins moussus ou savamment fleuris, des reflets d'eau moirés, des quartiers de lune blanchâtre, les monastères du vieux japon, ces espaces empourprés de désir ou embrumés de quiétude ….
Bien sur l'art évoqué, celui de la peinture et de la littérature … qui aurait pu, qui aurait du me séduire et m'enchanter.
Oscillation entre Tristesse et Beauté,
Bégaiement de lecture, je n'ai pourtant pas vraiment réussi à m'enflammer pour ce roman. Automnal, sans Eclat et surtout sans Emotion. Jusqu'aux dialogues, parfois d'une pauvreté affligeante … (pardon pour le Nobel !) .
Un arrière goût de papier presque mâché …
Le Cœur n'a pas frémi, la peau pas frissonné, les doigts n'auront pas eu l'avidité d'user les pages.
Sans doute l'aurais-je souhaité plus cristallin, plus "exotique", plus érotique, plus subtil, plus envoutant, plus touchant.
Plus…
Et pourtant, quelque chose qui reste après lecture, un indéfinissable qui attache à l'écrit.
Surement l'histoire en elle-même, surtout le raffinement et le troublant des personnages.
Ce livre me laisse au fond désORIENTée mais pourtant pas désenchantée.
Il faut être toujours ivre, disait Baudelaire,
de vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !
Je n'ai pas eu L'ivresse, pas vraiment la tristesse,
juste un peu de Beauté.



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zaphod
  16 octobre 2014
[Chronique déconseillée aux déprimés, ainsi que la lecture de Kawabata en général.]

On ne peut pas dire que Kawabata soit un grand rigolo.
Plus je lis ses livres, moins ça m'étonne qu'il se soit suicidé.
Plus je lis ses livres, plus je me dit que le suicide n'est pas une si mauvaise idée.
Donc, j'essaie de ne pas lire trop de Kawabata, par mesure de préservation de ma personne.
Je me demande si Kawabata a ri ne fut-ce qu'une fois dans sa vie. En tout cas, je n'ai jamais ri ni même souri en lisant ses livres.
L'humour, c'est un peu ce qui vient à notre secours quand tous les autres traitements nous ont désertés.

Parfois, le monde a l'air de s'éloigner -je ne trouve pas de meilleur mot.
Les contours et les couleurs des objets et même des gens s'estompent. Les sons s'atténuent. L'univers devient plus froid.
C'est très léger, mais très effrayant quand on en prend conscience.
Du coup, l'imaginaire en profite pour prendre plus de réalité. Et les souvenirs aussi, car ils font partie de l'imaginaire (un souvenir peut-il être vrai?).
Les souvenirs sont comme des fantômes issus du passé qui essaient de nous agripper, de nous retenir, de nous entraîner avec eux.
Il y a toujours bien un chemin pas pris, une fille entrevue, un rendez-vous manqué, une histoire à moitié imaginée qui reviennent nous narguer, qui essaient de nous entraîner vers une autre dimension que la banale réalité.

Le destin nous fait des cadeaux pour mieux nous les reprendre, pour ne nous laisser que remords et regrets, et se venger de nous.
Parfois, on aimerait suivre ces apparitions, effacer une partie de notre vie, retourner en arrière. Echanger quelques désillusions contre quelques illusions encore intactes. Car quelles illusions nous reste-t'il, et comment peut on avoir la force de vivre sans illusions?
Il y a ce terrible jour charnière dans la vie d'un homme. Avant ce jour, toute la beauté potentielle était encore devant nous. Après ce jour, on se rend compte que toutes les illusions perdues sont derrière, et qu'il ne reste rien devant.

Ça semblerait si facile de partir. Ne plus lutter, laisser le monde s'éloigner plus encore. Croire aux fantômes, puis les voir, puis en devenir un soi-même.

Mais sur le seuil, il faut s'arrêter, veiller à ne pas faire un pas de plus.
Avec de la chance, on a terminé juste à temps le livre de Kawabata.
Il faut maintenant arriver à rire, c'est l'antidote.

Ça va encore pour cette fois. Les fantômes se dissipent, la réalité reprend consistance. Mais il me reste d'autres Kawabata à lire.
Lire Kawabata, c'est ouvrir les yeux sur le monde qui s'éloigne de nous, inexorable, impitoyable, et nous laisse seul dans le néant.
Une lecture dangereuse, mais la beauté, c'est cruel, et ça ne se gagne pas sans risque.

Il me faut rire d'urgence.
C'est deux patates qui traversent la rue. La seconde se fait écraser par une voiture. La première se retourne et s'exclame "Oh, purée!".
Raté. J'ai pas ri. C'est dur aussi, quand on ne connaît qu'une seule mauvaise blague et qu'on se la raconte à soi-même.

Est-ce que j'ai parlé du livre?
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Herve-Lionel
  23 janvier 2018
La Feuille Volante n° 1209
Tristesse et beautéYasunari Kawabata – Albin Michel.
Traduit du japonais par Amina Okada.
Oky est un écrivain célèbre, dans la maturité, qui prend seul le train pour Kyoto en cette fin d'année dans l'espoir incertain, après plus de vingt années de séparation, de retrouver Otoko qui fut il y a bien longtemps sa très jeune maîtresse. Il était à l'époque déjà marié et père de famille, mais l'enfant qu'il avait eu avec Otoko était mort-né et la jeune fille avait tenté de se suicider. Cet épisode avait donné un roman autobiographique à succès pour Oky et avait fait de lui un écrivain reconnu. Elle est maintenant une artiste peintre reconnue, demeurée célibataire et vit avec Keiko, son élève, une jeune fille d'une étonnante beauté et qui voue à son professeur une grande dévotion. Elle considère que Oki est le seul responsable de la destruction de la vie d'Otoko et envisage une vengeance d'autant plus étrange que personne ne lui a rien demandé, que la jalousie qui semble en être le moteur est quelque peu étonnante et que, à l'évidence, Otoko est encore amoureuse d'Oky. Cette punition est d'autant plus subtile qu'elle ressemble au style abstrait de Keiko qui donne à voir dans ses peintures autre chose que la réalité perçue par le commun des mortels.
Un quatrième personnage, Fumiko, l'épouse d'Oki, a mal vécu le succès littéraire de son mari puisque qu'il est inspiré par un adultère de ce dernier mais a pourtant profité de l'aisance financière qu'il lui a apportée lui a apporté, mais on sent bien qu'elle n'a pas oublié la trahison de son mari. Comment aurait-elle pu l'oublier d'ailleurs ? Quant au pardon toujours possible, cela n'a toujours été pour moi qu'un invitation à recommencer, une dangereuse position dans le contexte de l'espèce humaine, volontiers inconstante, et à la quelle nous appartenons tous.
Le livre refermé, j'ai un peu de mal a me forger un avis sur ce roman au dénuement prévisible, sans doute à cause de la pudeur avec laquelle chaque personnage est décrit et ce malgré l'indéniable dimension érotique de certains passages. C'est sans doute là un trait de la culture nippone qui m'est étranger. En tout cas, j'ai perçu quelque chose d'universel, une forme de vertige, comme ce qu'on ressent quand on prend conscience du temps qui passe, qu'on se remémore les choses importantes ou au contraire minuscules qui se sont produites dans notre vie et la façon dont nous les avons abordées. Alors reviennent avec une netteté étonnante notre naïveté, notre complicité inconsciente, notre incompréhension, notre précipitation dans le vécu de ces événements qui maintenant appartiennent au passé et qu'on regrette. C'est très humain mais m'est revenue cette impossibilité de remonter le temps dont nous subissons la course inexorable. La méditation sur la mort qui s'ensuit est incontournable, sur l'éphémère des choses humaines, sur la beauté comme sur l'amour.
Nous savons qu'un écrivain puise dans sa vie et ses souvenir l'essence même se son oeuvre. Tout au long de ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que l'ensemble de l'oeuvre de Kawabata est baignée par les personnages féminins qui doivent sans doute leur présence à l'émotion que ressentit l'auteur, encore tout jeune garçon, quand, lors du passage d'un cirque ambulant, il croisa une danseuse d'un grande beauté. Plus tard, quand il était étudiant, il tomba sous le charme d'une jeune serveuse qu'il voulut épouser mais avec qui il rompit cependant. Je n'ai pas pu oublier non plus que Kawabata a choisi de se suicider.
J'ai abordé l'ouvre de Kawabata à propos du roman « Les belles endormies » (La Feuille Volante n °1203) qui m'avait bien plu. Je ne suis pas aussi enthousiaste avec celui-ci.
© Hervé GAUTIER – Janvier 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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Dridjo
  06 septembre 2014
Il y a des lectures qui vous laissent perplexe. Des lectures qui chamboulent votre perception de vos propres sentiments. Voilà plusieurs jours que je suis sorti de la lecture de ce "Tristesse et beauté", ma deuxième lecture de Yasunari Kawabata, et je pourrais faire un copier/coller de mon ressenti sur "Les belles endormies" (http://www.loumeto.com/spip.php?article421).
Ici, l'auteur japonais nous conte l'histoire de Oki, plus que quinquagénaire devenu riche et célèbre après la publication d'un roman autobiographique qui parlait d'un amour aussi furtif que violemment passionnel. Il avait 30 ans, elle 17. Il était marié. Elle est tombée enceinte. Vingt ans plus tard, Oki va retrouver Otoko à Kyoto où elle est devenue une peintre célèbre. Il veut écouter les cloches du nouvel an avec elle. Il y a dans son esprit un désir inconscient de "revenez-y" qui ne trouvera jamais son assouvissement.
L'obstacle s'appelle Keiko. Une jeune fille décrite par l'auteur comme étant magnifique et peignant des tableaux d'où émerge une grande tristesse. Keiko est d'une dévotion totale à sa maitresse. Une dévotion clinique. Et c'est du choc de ses deux amour-passions que va émerger un drame que l'on ne voit pas venir tout au long de la lecture.
« le parfum que respirait Oki était celui qui se dégageait naturellement de la peau d'une femme qu'étreignait son amant. Toutes les femmes exhalaient ce parfum, et même les toutes jeunes filles. Il avait non seulement un effet stimulant sur un homme, mais encore le rassurait et le comblait. Ne trahissait-il pas en quelque sorte le désir de la femme ? "
Sans lui livrer ouvertement le fond de sa pensée, Oki avait néanmoins posé sa tête sur la poitrine de Keiko pour lui faire comprendre qu'il aimait l'odeur qui se dégageait de son corps. Il avait doucement fermé les yeux et était resté là, enveloppé dans le parfum de la jeune fille »
Je l'ai dit, cette lecture m'a laissé un sentiment que je n'arrive à décrire. L'histoire, sans aucun doute, m'a marqué. Je m'en rappelle encore, plusieurs semaines après, les moindres nuances dramatiques, l'atmosphère de calme et de de beauté qui est soutenu par des digressions – parfois un peu lourde pour le néophyte que je suis – sur la peinture ou l'art japonais en général. L'histoire, sans aucun doute est aussi particulière que celle narrée dans "Les belles endormies", sans cependant le côté un peu glauque que j'avais ressenti dans l'autre roman.
De plus, au-delà du trio Oki-Otoko-Keiko, il y a la vie – aussi tragique – de la femme de Oki ; celle qui a dû vivre dans une aisance financière qu'elle devait à l'infidélité de son mari et dans la certitude qu'une autre était l'ultime amour de celui qui partage sa vie. Il y a le fils de Oki, étudiant dans les meilleures institutions par la grâce d'un livre symbole de la vie bafouée de sa mère.
« Un jour qu'elle écrivait une lettre, Otoko ouvrit le dictionnaire et son regard tomba sur le caractère chinois signifiant « penser ». Tandis qu'elle lisait des yeux les autres sens de ce caractère, qui peut vouloir dire également « penser beaucoup à quelqu'un », « ne pouvoir oublier » ou encore « être triste », son coeur se serra. Il ne lui était même plus possible de consulter un dictionnaire ; là encore, elle retrouvait Oki. D'innombrables mots la faisaient penser à lui. Pour Otoko, rattacher tout ce qu'elle voyait et tout ce qu'elle entendait à Oki n'était rien de moins que vivre. Si elle avait encore quelque conscience de son corps, c'était bien parce que Oki l'avait étreint et l'avait aimé »
Chacun de ses personnages sont décrits avec une profondeur et, en même temps, une pudeur énorme. Il n'est ici pas question d'intrigue, pas question de suspens car l'histoire, on l'a connait dès le début, il ne s'agit pas ici de découvrir quoi que ce soit, ni de faire des effets de manches, des clifhanger chers aux anglo-saxons. Non, ici il s'agit juste de la narration de vies impactées, brisées (?) par l'intrusion de la passion sur deux générations. Mais attention, ne lâchez surtout pas – de toute façon vous ne le pourrez pas – la lecture car la fin de ce "Tristesse est beauté" est … épique !
Après tout cela vous me direz "donc tu as adoré!?".
Ben, je ne sais pas.
Je pense que c'est un grand livre. Que l'auteur à une plume incroyablement apaisante et belle. Mais les digressions sur l'art nippon et autres considérations artistiques m'ont beaucoup gêné car je n'ai pas réussi à être touché. D'autant que les références m'étaient totalement étrangères et que l'art abstrait et moi, ça fait trois et demi.
Cependant, si un grand livre se juge par sa capacité à marquer le lecteur, je dirai que oui, la lecture m'a marqué et l'univers de Yasunari Kawabata me ramène à ma réflexion sur "Les belles endormies": "Magnifique" serait exagéré tout en étant presque vrai. Et, une fois encore, l'auteur m'a emmené vers un nouvel horizon littéraire et, rien que pour les nouveaux paysages littéraires, le voyage vaut la peine.

Lien : http://www.loumeto.com
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kikobaus
  19 juin 2011
Incomparable Kawabata ! Tristesse et beauté oscille fragilement entre introspection et onirisme. le récit, puissant et irréel, nostalgique et extasié, semble flotter dans ce Japon idéalisé évoqué avec la délicatesse d'un chat.
La nature, omniprésente, n'est pas un décor, mais l'inextricable berceau qui fait osciller l'âme, accroche les souvenirs autant que les sentiments.
Sûrement le plus beau livre de l'auteur.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 mars 2017
« J'ai lu quelque part que le modèle de Rodin pour Le Baiser est toujours en vie et doit avoir près de quatre-vingts ans. C'est quelque chose de difficilement inimaginable si l'on repense à la sculpture, n'est-ce pas?
- Tu crois? Tu dis cela parce que tu es jeune! Penses-tu qu'il te faille mourir en pleine jeunesse simplement parce que tu as servi de modèle, jeune fille, à un chef-d'oeuvre? Nous aurions tort de trop demander à nos modèles! »
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Livresse_des_MotsLivresse_des_Mots   01 avril 2013
Un jour qu'elle écrivait une lettre, Otoko ouvrit le dictionnaire et son regard tomba sur le caractère chinois signifiant « penser ». Tandis qu'elle lisait des yeux les autres sens de ce caractère, qui peut vouloir dire également « penser beaucoup à quelqu'un », « ne pouvoir oublier » ou encore « être triste », son cœur se serra. Il ne lui était même plus possible de consulter un dictionnaire ; là encore, elle retrouvait Oki. D'innombrables mots la faisaient penser à lui. Pour Otoko, rattacher tout ce qu'elle voyait et tout ce qu'elle entendait à Oki n'était rien de moins que vivre. Si elle avait encore quelque conscience de son corps, c'était bien parce que Oki l'avait étreint et l'avait aimé
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pasiondelalecturapasiondelalectura   16 juillet 2013
Le temps avait passé. Cependant, ne s'écoulait-il pas différemment pour chacun, en empruntant des voies diverses? Pareil à un fleuve, le temps pour l'homme parfois s'écoulait rapidement, parfois selon un rythme plus lent. Il lui arrivait aussi de ne plus s'écouler du tout et de rester là à stagner. Si le temps cosmique s'écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun. Le temps s'écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre.
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zaphodzaphod   14 octobre 2014
Some Japanese women have fair skin glowing with femininity, perhaps even finer and more lustrous than the faintly pink gleaming skin of young girls in the West. And the nipples of some Japanese girls are an incomparably delicate shade of pink. Keiko’s complexion was not quite so fair, but the pink of her nipple seemed freshly washed and moist. It was like a flower bud against her creamy breast. It had no ugly little wrinkles or granular texture, and was just the right modest size to suckle on lovingly.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   24 février 2015
- L'homme est le remède qui donne vie aux femmes. Toutes les femmes devraient prendre ce remède -là!
- Même si c'est un poison...?
- Même dans ce cas. Il t'est arrivé, Otoko, de prendre du poison sans le savoir et, aujourd'hui encore, tu n'en as pas conscience. Cependant, il existe un antidote. Parfois, un second poison est nécessaire pour venir à bout du premier. Même si le remède est amer, ferme les yeux et avale-le d'un coup. Il se peut aussi qu'il te donne la nausée ou encore qu'il refuse de descendre dans ta gorge...
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Videos de Yasunari Kawabata (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasunari Kawabata
"Le grondement de la montagne" de Yasunari Kawabata.
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