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Amina Taha Hussein-Okada (Traducteur)
EAN : 9782253932536
190 pages
Le Livre de Poche (01/01/1996)
4.04/5   228 notes
Résumé :
Chez Kawabata, les beautés élégiaques, qui se laissent dépouiller, abandonner, prostituer, éviscérer par amour, préparent en silence l’avènement des beautés pernicieuses, ces petits démons qui exécuteront autour du mâle la danse de la mort. Dans Tristesse et beauté, la mort esquisse ses premiers pas pendant que sonnent les cloches de fin d’année dans les monastères de Kyôto. Oki, le romancier vieillissant, cherche à revoir un ancien amour. Elle avait seize ans, lui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Moovanse
  09 septembre 2015
Oscillation entre Tristesse et Beauté
Hésitation entre Amour et Désamour
Ah, j'aurais tant aimé sans équivoque être enthousiaste …
Kawabata signe ici son dernier roman, sans doute inspiré par un épisode de sa propre histoire : feedback ! Ne s'est-il pas lui aussi épris d'une jeune fille de 14 ans, follement aimée, perdue puis cherchée à revoir par la suite ? Amour jamais oublié, amour désolé, idéalisé, spectre juvénile trainé en fond de mémoire et qui ressurgit, ici, en écrit.
C'est en tous cas, la base de ce livre en relation triangulaire : un homme (Oki) troublé entre deux "fleurs", égaré entre passé et présent, tourmenté entre réel et irréel.
Deux "fleurs" : deux femmes, deux univers, deux destinées
- Otoko : lotus blanc de pureté, pivoine rouge de sang et de blessure, peintre de renom, figée dans la passion indélébile de ses 16 ans, Otoko, Otoko la douce, beauté mélancolique et silencieuse. Héroïne malgré elle …. Autant de souvenirs fantômes étalés sur ses toiles tels des spectres affamés, en purification d'elle-même.
- Keiko : gracile orchidée, "diaboliquement belle", séductrice juvénile, vouée corps et âme à Otoko ! Keiko, fleur carnassière ardente, impertinente, vengeresse ambigüe, aux sombres desseins … Fleur d'ange au parfum vénéneux, Keiko, mélange perfide, frissonnante d'amour, larmoyante de jalousie, brillante de destruction, Machiavel en puissance.
Oscillation entre Tristesse et Beauté
Hésitation entre Amour et Désamour …
Bien sur il y a ce léger parfum oriental qui traîne un peu entre les lignes,
ces effluves discrets dans lesquels on aimerait simplement s'envelopper,
Bien sur il y a la Beauté des femmes,
celle que l'on imagine sous les mots de papier, dans la courbe des seins et la cambrure des reins, le poudré du teint, la frange des cils et l'ourlé des yeux, cette grâce incomparable des gestes lents, le raffinement des étoffes de soie et les creux de lumières qui nonchalamment s'y déposent.
Bien sur un brin de volupté, un froissement juste, suggéré mais si peu …
Bien sur quelques escapades, quelques jolis paysages, des couchers de soleil enflammant les collines, des jardins moussus ou savamment fleuris, des reflets d'eau moirés, des quartiers de lune blanchâtre, les monastères du vieux japon, ces espaces empourprés de désir ou embrumés de quiétude ….
Bien sur l'art évoqué, celui de la peinture et de la littérature … qui aurait pu, qui aurait du me séduire et m'enchanter.
Oscillation entre Tristesse et Beauté,
Bégaiement de lecture, je n'ai pourtant pas vraiment réussi à m'enflammer pour ce roman. Automnal, sans Eclat et surtout sans Emotion. Jusqu'aux dialogues, parfois d'une pauvreté affligeante … (pardon pour le Nobel !) .
Un arrière goût de papier presque mâché …
Le Cœur n'a pas frémi, la peau pas frissonné, les doigts n'auront pas eu l'avidité d'user les pages.
Sans doute l'aurais-je souhaité plus cristallin, plus "exotique", plus érotique, plus subtil, plus envoutant, plus touchant.
Plus…
Et pourtant, quelque chose qui reste après lecture, un indéfinissable qui attache à l'écrit.
Surement l'histoire en elle-même, surtout le raffinement et le troublant des personnages.
Ce livre me laisse au fond désORIENTée mais pourtant pas désenchantée.
Il faut être toujours ivre, disait Baudelaire,
de vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !
Je n'ai pas eu L'ivresse, pas vraiment la tristesse,
juste un peu de Beauté.



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Meps
  22 septembre 2021
Je commence à prendre une drôle d'habitude, celle de découvrir certains Nobels par des livres qui ne sont pas forcément leurs plus connus. Après l'expérience Saramago qui fut plutôt une réussite, voici ma première rencontre avec Yasunari Kawabata.
C'est en 1968 que le Japonais obtint le Nobel, quatre ans avant son décès, l'Académie avait su pour une fois être "à l'heure", elle qui avait loupé certains auteurs à cause de leur décès "précoce" (comme Valéry ou Proust). Kawabata est reconnu par tous comme un auteur majeur du XXème siècle et le prix vient consacrer pour la première fois un auteur japonais. Son style est très épuré, recherchant à traduire le plus simplement possible les sensations.
Tristesse et Beauté est le dernier roman de l'auteur. On ne peut que songer au côté fortement autobiographique de l'oeuvre puisqu'un des personnages principaux est écrivain et que la relation décrite avec Otoko ressemble fortement à celle que l'auteur a pu connaitre étant étudiant avec la très jeune Hatsuyo, qui servira d'inspiration à l'auteur pour nombre de ses personnages féminins selon les spécialistes.
C'est une sorte de quatuor amoureux que crée ici l'auteur, entre Oki (le double de l'auteur) son fils Taichiro, Otoko donc et son élève Keiko. Les histoires se mélangent, entre les souvenirs des deux personnages principaux et les nouvelles relations liées dans le présent. L'auteur retranscrit bien les hésitations, les espoirs des anciens amants et le climat devient de plus en plus malsain, notamment autour du personnage de Keiko. On verrait très bien cette histoire adaptée au cinéma sous forme de thriller psychologique. Sous la banalité de certains dialogues ou de certaines scènes vient poindre l'étrange et le dérangeant, que l'on sent devoir se dénouer tragiquement.
Les réflexions parallèles menées autour de l'art (écriture pour Oki, peinture pour Otoko et Keiko) sont le plus souvent intéressantes même si parfois obscures. le cadre traditionnel japonais des jardins de pierre ou des artistes de kabuki est parfois totalement adéquat, et sonne parfois faux, comme juxtaposé au récit. Il en est de même des nombreuses références littéraires, artistiques ou historiques, peut-être aussi parce qu'elles m'ont moins parlé qu'à un lecteur japonais. Ces parties "culturelles" semblent parfois des ajouts juxtaposés au récit, tant elles forment des blocs totalement séparés de l'intrigue principale.
Il reste de tout ça un talent réel dans le style, avec une froideur apparente toute orientale qui cache le feu sous la cendre. Au vu de certaines critiques, je ne peux quasiment qu'aller vers le mieux avec cet auteur en me dirigeant vers les oeuvres plus renommées... et comme la lecture des Nobels n'est clairement pas une épreuve pour moi, comme vous avez du vous en rendre compte, cela augure de beaux moments de découverte.
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Cath_perrin
  24 août 2021
La veille du jour de l'an, Oki va à Kyoto écouter les cloches des monastères. Il espère les écouter en compagnie d'Okoto qu'il a aimée alors qu'elle avait seize ans. Il ne l'a pas revue depuis vingt ans.
La rencontre a lieu. Très vite, Keiko, la compagne d'Okoto annonce qu'elle veut venger cette dernière.
L'écriture est totalement détachée des personnages, ce qui les rend difficiles à comprendre, énigmatiques. L'histoire se déroule très lentement et laisse au lecteur le temps de savourer le style, les lieux et les méditations.
Une lecture marquante, mais qui demande un effort au lecteur.

Lien : https://dequoilire.com/trist..
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Levant
  04 janvier 2021
Oki Toshio, romancier japonais à succès, père de famille, a vécu une histoire d'amour adultère avec Otoko, une adolescente de quinze ans sa cadette. L'enfant né de cette union est mort dans les premiers jours de sa vie. La mère d'Otoko a décidé d'éloigner sa fille de cet amour impossible.
Vingt-quatre ans plus tard, Oki apprend qu'Otoko est devenue une artiste peintre reconnue. Il décide de la revoir. Restée célibataire Otoko vit avec Keiko, une jeune fille qu'elle a prise comme élève. Elles entretiennent une histoire sentimentale ambigüe.
Keiko apprend le passé douloureux de celle qui est devenue son maître dans l'art de la peinture. Jalouse, elle craint, à la réapparition de Oki, de se voir dépossédée de l'exclusivité de l'attention de sa professeure. Elle s'investit alors à la mission de venger rétrospectivement le chagrin que cette dernière a pu endurer à la perte de son amant et de leur enfant.
Dans une ambiance toujours très équivoque, les personnages oscillent entre relation physique et spirituelle. Esthétique de l'art à la japonaise entre le figuratif et l'abstrait. Les mentalités progressent sur le chemin de la perdition consciente, mues par leurs pulsions sensuelles. de la contemplation à la vengeance les armes s'affutent. La jeune Keiko échafaude son plan, faisant preuve d'un machiavélisme juvénile mais déterminé.
Un roman assez troublant, bien nommé, entre Tristesse et beauté.
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kikobaus
  19 juin 2011
Incomparable Kawabata ! Tristesse et beauté oscille fragilement entre introspection et onirisme. le récit, puissant et irréel, nostalgique et extasié, semble flotter dans ce Japon idéalisé évoqué avec la délicatesse d'un chat.
La nature, omniprésente, n'est pas un décor, mais l'inextricable berceau qui fait osciller l'âme, accroche les souvenirs autant que les sentiments.
Sûrement le plus beau livre de l'auteur.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 mars 2017
« J'ai lu quelque part que le modèle de Rodin pour Le Baiser est toujours en vie et doit avoir près de quatre-vingts ans. C'est quelque chose de difficilement inimaginable si l'on repense à la sculpture, n'est-ce pas?
- Tu crois? Tu dis cela parce que tu es jeune! Penses-tu qu'il te faille mourir en pleine jeunesse simplement parce que tu as servi de modèle, jeune fille, à un chef-d'oeuvre? Nous aurions tort de trop demander à nos modèles! »
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Livresse_des_MotsLivresse_des_Mots   01 avril 2013
Un jour qu'elle écrivait une lettre, Otoko ouvrit le dictionnaire et son regard tomba sur le caractère chinois signifiant « penser ». Tandis qu'elle lisait des yeux les autres sens de ce caractère, qui peut vouloir dire également « penser beaucoup à quelqu'un », « ne pouvoir oublier » ou encore « être triste », son cœur se serra. Il ne lui était même plus possible de consulter un dictionnaire ; là encore, elle retrouvait Oki. D'innombrables mots la faisaient penser à lui. Pour Otoko, rattacher tout ce qu'elle voyait et tout ce qu'elle entendait à Oki n'était rien de moins que vivre. Si elle avait encore quelque conscience de son corps, c'était bien parce que Oki l'avait étreint et l'avait aimé
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marko59marko59   14 juillet 2020
Le jeune Nakamura Tsune avait fait de la femme qu'il aimait des portraits puissants et sensuels. Il utilisait beaucoup de rouge et on disait de lui qu'il peignait dans le style de Renoir. Son oeuvre la plus célèbre et la mieux connue, le Portrait d'Erashenko, exprimait presque religieusement, mais au moyen de tons chauds et harmonieux, toute la noblesse et toute la mélancolie du poète aveugle. Toutefois, sa dernière oeuvre, le Portrait de la vieille mère de l'artiste, avait été exécutée avec une très grande sobriété et le peintre n'avait employé que des couleurs sombres et froides. On y voyait une vieille femme hâve et décharnée, assise de profil sur une chaise et, derrière elle, en guise de fond, un mur à moitié lambrissé. Dans ce mur, à la hauteur de son visage, une niche avait été excavée où l'on avait posé un pichet et, derrière la tête de la vieille femme, un thermomètre était accroché. Otoko ignorait s'il n'avait pas été ajouté par l'artiste pour les besoins de sa composition, mais ce thermomètre, ainsi que le chapelet qui pendait des mains de la vieille femme délicatement posées sur ses genoux, l'avaient vivement impressionnée. Ils symbolisaient en quelque sorte les sentiments de l'artiste qui allait précéder sa vieille mère dans la mort. Tel était peut-être le sens de ce portrait.
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pasiondelalecturapasiondelalectura   16 juillet 2013
Le temps avait passé. Cependant, ne s'écoulait-il pas différemment pour chacun, en empruntant des voies diverses? Pareil à un fleuve, le temps pour l'homme parfois s'écoulait rapidement, parfois selon un rythme plus lent. Il lui arrivait aussi de ne plus s'écouler du tout et de rester là à stagner. Si le temps cosmique s'écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun. Le temps s'écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre.
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Cath_perrinCath_perrin   24 août 2021
Si le temps cosmique s’écoule à la même vitesse pour tous les hommes, le temps humain, lui, varie selon chacun. Le temps s’écoule pareillement pour tous les êtres humains, mais chaque homme se meut en lui selon un rythme qui lui est propre.
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Videos de Yasunari Kawabata (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasunari Kawabata
Extrait du livre audio "Les Belles Endormies" de Yasunari Kawabata lu par Dominique Sanda. Parution CD et numérique le 10 août 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/les-belles-endormies-9791035404031/
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