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EAN : 9782266286572
176 pages
Éditeur : Pocket (08/11/2018)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 181 notes)
Résumé :
A 30 ans, le narrateur de ce livre apprend par son médecin qu'il est condamné. Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Aussi lorsque le Diable, cet étonnant visiteur en short, lui propose un marché, n'hésite-t-il pas longtemps. Les clauses du contrat ? Effacer, à chaque jour que Dieu fait, une chose de la surface de la Terre lui vaudra vingt-quatre heures de vie supplémentaires... Les téléphones, les montres : jusqu'ici, c'est à qui perd gagne... Mais lo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  18 novembre 2018
De loin dans la librairie, c'est la petite frimousse de chat tout en alerte qui m'a attirée. Il m'a rappelé le mien quand je l'ai vu la première fois, avec cette fourrure floconneuse autour de lui. le titre du roman, lui, fut un choc. Et si les chats disparaissaient du monde... (soit dit en passant, il colle mieux au titre en japonais que celui utilisé pour l'édition grand format Deux milliards de battements de coeur). Impossible! Ça va pas d'imaginer des hypothèses pareilles? Et là j'en appelle aux nombreux amoureux des chats présents sur Babelio.
C'est ainsi que je me suis retrouvée dans l'incapacité de reposer le volume, ma curiosité mise en éveil (comme le petit chat en illustration, elle est toujours en alerte dès qu'il s'agit de livres).
L'histoire débute par une très mauvaise nouvelle puisque le narrateur, trente ans, postier, apprend qu'il souffre d'une tumeur au cerveau de classe 4 et que ses jours sont comptés. Rude coup de masse pour attaquer la journée, c'est certain. de retour chez lui, déboussolé et n'ayant pas encore pleinement réaliser, il découvre la présence, outre Chou son félin noir et blanc, son sosie qui se présente comme le Diable. Comme tout bon Diable qui se respecte, il lui propose un pacte diabolique : un jour de vie en plus contre la disparition irrémédiable de quelque chose sur Terre. Quand on pense à tout ce qu'on entasse comme bazar superflu (non, pas les livres!!!!), ça pourrait paraître jouable. Sauf que c'est le Diable - Aloha pour les intimes -  qui choisit.  Ça commence avec les téléphones. le narrateur se  dit que oui, sa vie est plus précieuse que tous les téléphones du monde, sans parler de l'esclavagisme des smartphones.
Genki Kawamura propose donc une histoire assez classique au départ de pacte diabolique (son diable, lui, est loin du style classique...). le roman au fil des pages se transforme en réflexion sur la vie, son sens ou son absence, sur la question de ce qu'on est prêt à sacrifier pour la conserver. Avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête, le narrateur replonge dans ses souvenirs et découvre des aspects auprès desquels il était totalement passé à côté.
Et si les chats disparaissaient du monde... est un conte philosophique court mais qui remue beaucoup de choses puisqu'il se pose en miroir à nos yeux. Pas besoin de tumeur au cerveau ou autre maladie mortelle pour s'interroger sur des points existentiels. Ce livre est arrivé entre mes mains à un moment où je suis particulièrement sensible à toutes ces questions et le récit est profondément ancré en moi pour m'inciter à réfléchir. D'autres ouvrages ont déjà montré qu'on ne prend conscience de la valeur des choses, des gens ou des instants vécus que lorsqu'il est trop tard. Autant se servir de ce type de récit pour apprendre à mieux apprécier le moment présent et ces éléments parfois presque insignifiants qui forment tous ensemble autant de petits bonheurs dans la vie. Baudelaire nous le rappelait déjà avec ces deux vers extraits de "L'Horloge":
"Les minutes, mortel folâtre, sont des  gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or"
Histoire de ne pas en arriver à la conclusion de ce même poème :
"Meurs, vieux lâche, il est trop tard!".
Alors vivons, lisons et laissons vivre les chats!!! Genki Kawamura dépose au sein de son récit quelques touches humoristiques qui allègent ses propos. L'humour du diable est... à l'image de son idée de l'élégance masculine. J'ai vu qu'une adaptation cinématographique avait été tirée de ce roman, je me demande bien ce que ça peut donner car il s'agit surtout d'introspection et de réflexion.
En tout cas, je ne peux que conseiller la lecture de ce petit livre qui fait mouche et peut s'avérer fort utile.
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Osmanthe
  20 mai 2019
Le narrateur est un facteur d'une trentaine d'années. Dès la première page, le contexte est posé : il vient d'apprendre qu'il est atteint d'une tumeur cérébrale. Il n'a plus que quelques mois tout au plus à vivre. A peine a-t-il le temps d'intégrer la nouvelle en ce dramatique lundi que le Diable se manifeste, pour lui proposer un contrat : gagner un jour de vie supplémentaire s'il accepte qu'une chose soit rayée chaque jour de la surface de la Terre. Il accepte. Ce seront d'abord le mardi les téléphones, le mercredi les films, le jeudi les montres…Ce n'est pas simple dans ce monde moderne matérialiste dans lequel on ne prend plus le temps de vivre dans le présent. Ces disparitions successives et l'approche de la mort font revivre dans l'esprit de notre jeune homme condamné des moments de son passé familial et sentimental, avec son ex-petite amie, sa mère décédée, son père avec qui il a coupé les liens. Il prend peu à peu conscience qu'il n'a pas assez savouré ces beaux moments dans l'instant et n'a finalement pas vraiment vécu ces relations humaines qui font l'essence de la vie. Après tout, les objets, même fort utiles, ne sont que des objets…alors lorsque le Diable voudrait supprimer les chats, lui qui a connu le chat Laitue de ses parents, et qui vit seul avec Chou, son propre chat, c'en est trop !

Ce livre m'a laissé un sentiment mitigé. Pour les côtés faibles, un manque complet de crédibilité à l'attaque : non pas sur le sujet lui-même, j'ai évidemment accepté le contexte, sorte de conte philosophico-fantastique, mais sur l'absence de réelle émotion du jeune homme, face à une nouvelle pareille. On lui apprend qu'il va mourir, c'est à peu près comme s'il avait oublié sa liste de courses. Et dans la foulée, l'irruption du Diable en short et chemise hawaïenne est assez étrange…Les dialogues sont raccords, bien trop décontractés, et d'ailleurs d'une assez grande pauvreté stylistique. Bref, une entame assez catastrophique. J'ajoute que pour chaque objet disparu, qui génère un chapitre dédié, j'ai eu du mal à voir dans les souvenirs du jeune homme un rapport avec la disparition de cet objet. Enfin, l'auteur n'évite pas certains clichés, certaines expressions cuites et recuites qu'on pourrait entendre à un comptoir de bistrot, par sa vieille grand-mère (vous savez, les fameux remèdes de grand-mère, oui, ceux qui ne marchent jamais !), ou lire dans les mauvais livres de recettes de bien-être qui inondent nos hypermarchés...
Pourtant, ce livre, qui par la suite souffre encore d'exagérations (il n'a pas versé une larme à l'annonce de son diagnostic, mais ensuite pour un oui pour un non, ce sont des torrents et des rivières qui se mettent à couler sur ses joues), gagne en qualité littéraire, surtout à l'évocation des souvenirs familiaux, où l'émotion affleure davantage. L'auteur tisse peu à peu une réflexion assez intéressante sur le sens de la vie, de nos vies. Que vaut la disparition d'objets du quotidien, même fort utiles, face à la saveur des relations humaines, surtout lorsque les moments passés avec les proches ne reviendront jamais ? C'est peut-être une critique du matérialisme, de cette course folle et permanente qui rabote toujours plus le temps à passer avec soi-même et avec eux. Ressaisissons-nous, la vie est trop courte pour la gaspiller en futilités matérielles !
Notre héros, lui, l'aura bien compris, et tentera de rattraper ses erreurs et le temps perdu, avant l'échéance fatale. Au diable le Diable !
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Cielvariable
  18 février 2019
Quelle belle lecture! Je suis charmée par ce roman pris par hasard sur les rayons de ma bibliothèque municipale pour la seule raison qu'il y avait un chat sur la page couverture! Sans attente, sans avoir jamais lu de roman asiatique auparavant, sans même avoir lu la quatrième de couverture une deuxième fois (je l'avais fait rapidement à la bibliothèque, mais comme j'ai emprunté une dizaine de livres à la fois, je ne me souvenais pas de celui-ci). C'est peut-être pour cela que j'ai été aussi comblée par ma lecture : personne ne m'avait jamais parlé de ce petit bijou que j'avais entre les mains.
Dès le départ, l'histoire a de quoi plaire par son originalité : un jeune homme trentenaire qui apprend qu'il est condamné par un cancer du cerveau de stade avancé. Arrivant chez lui, il perd connaissance et se réveille devant une mine de chat inquiet et un étrange inconnu ayant la même apparence que lui-même, mais au look déjanté. Il apprendra vite que c'est le Diable en personne venu lui apprendre qu'il mourra le lendemain. Étrangement, ce Diable est bien différent des représentations occidentales (manipulateur, menteur, malveillant); bien sûr il est là pour proposer un arrangement au héros de l'histoire, bien sûr il y a toujours une contrepartie aux offres du Diable… mais ici, outre le fait qu'il soit particulièrement sympathique pour un être venu de l'Enfer, sa présence ne sera que bénéfique au narrateur qui aura l'occasion de réfléchir à sa vie avant de la perdre.
Ce court roman en est donc un avant tout de réflexion (tout en douceur et en humour) sur l'importance des choses en ce monde. Pour chaque 24 heures de vie supplémentaires accordées au narrateur par le Diable, ce dernier fait disparaître un élément du monde (à son choix, pas à celui du narrateur), mais en lui nommant avant et en lui laissant le temps de réflexion nécessaire pour évaluer le coût de cette perte pour l'Homme et une dernière chance également d'utiliser cet élément. Toutefois, comme le découvre bien rapidement le héros de cette histoire, ce n'est que lorsqu'on perd une chose que l'on découvre véritablement la place et l'importance qu'elle avait. le quatrième jour, le Diable proposera une journée de vie de plus en échange de la disparition des chats (c'est sur la quatrième de couverture, je ne dévoile donc pas un « punch »), cela fera beaucoup réagir et réfléchir le narrateur… tout comme les lecteurs amoureux des chats (dont je fais partie!). le narrateur prendra-t-il la décision de supprimer nos amis à quatre pattes de la surface de la planète?
Ce roman se lit d'un trait (153 pages), nous fait sourire, voire rigoler un peu, nous fait pleurer aussi en fin de parcours (surtout si nous avons vécu un deuil… humain ou animal), nous amène inévitablement à nous poser des questions, sans nous brusquer, comme si nous étions à la place du narrateur, à une ou plusieurs journées de notre propre disparition : comment donner un sens à sa vie? Quoi faire quand on sait que le temps est compté? Roman dépaysant (pas par son exotisme japonais – on se rend peu compte que le roman se déroule ailleurs) par la manière dont il est raconté, par le chemin qu'il nous fait traverser avant d'arriver à la conclusion de l'histoire (peut-être est-ce la culture japonaise qui transparaît dans l'écriture du récit?).
Je recommande fortement ce roman aux lecteurs désireux de parcourir une fiction qui sort de l'ordinaire, aux amoureux des chats qui y trouveront plus que leur compte, aux amateurs de belles histoires qui apportent un sentiment de plénitude, aux lecteurs qui sont en quête d'un récit habile, intelligent, bien ficelé.
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gonewiththegreen
  02 février 2019
Notre narrateur vient d'apprendre qu'il va mourir , dans une semaine ou quelques mois. Irrémédiable. Pourtant , le diable va se présenter à lui et lui offrir un échappatoire, car la mort doit survenir le lendemain : Pour une jour de vie gagné, il doit supprimer un objet de la surface de la terre.
Et l'on va commencer avec les téléphones portables .
Quelle bonne idée !L'alternative entre prolonger sa vie de 24 heures et priver l'humanité d'un objet . Et puis, une fois le choix fait, une belle analyse de ce qu'on perd et ce qu'on gagne , rien n'est binaire . Tout cela partait très bien , malgré un style assez banal, toute proportion gardée.
Et puis, je me suis un peu perdu.Les jours ont défilé , les objets disparus et la philosophie sous-jacente explicitée mais il y a eu des flash back qui ont cassé le rythme, voire la magie du récit. La mère , le père, où est l'essentiel, à quoi se résume l'existence et la trace qu'on laisse , beaucoup de questions qui ont été abordées par un biais loufoque et que l'auteur envisage de traiter sérieusement au bout de quelques pages.
Pour autant, le personnage du Diable est assez fantastique : Il est gauche, lourd, bien cynique comme il faut et surtout il est habillé en "Higgins" tout au long du livre. Vous vous souvenez d'Higgins , le majordome de Magnum à Hawaï : Chemise à fleurs et bermuda ! Stylé !
Voilà, un peu de déception compensée par une idée originale , un diable déroutant et quelques réflexions bien senties.
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Nuageuse
  17 juillet 2019
Un roman qui nous fait réfléchir sur notre rapport aux choses et sur la vie.
Le narrateur, âgé de 30 ans, apprend qu'il est condamné et voit ce même jour arriver le diable en short et chemise hawaïenne. le pacte proposé par le Diable est le suivant : effacer quelque chose que ce dernier aura décidé contre un jour de vie supplémentaire. Notre malade accepte jusqu'au jour...
Nous suivons le cheminement du narrateur : son introspection, ses souvenirs qui remontent à la surface. Puis Chou, son chat, se mettra à lui parler quelques heures avant de redevenir un chat normal.
Ce court roman nous fait prendre conscience qu'il faut profiter de la vie et des êtres qui nous sont chers avant qu'il ne soit trop tard. Dire les choses est important afin que la relation avec nos proches ne se délite pas.
Un livre qui m'a émue par son écriture sans fioritures.
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Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   17 novembre 2018
L'amour finit toujours. Les gens ont beau le savoir, ils continuent de tomber amoureux.
Quand on y réfléchit, la vie, c'est pareil. On vit tout en sachant qu'un jour, on ne sera plus. Et tout comme l'amour, c'est son impermanence qui la fait briller avec tant d'éclat.
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OsmantheOsmanthe   19 mai 2019
Avais-je réalisé quoi que ce soit de bien, en trente ans ? Avais-je passé du temps avec ceux que j'aimais, leur avais-je exprimé tout ce que je ressentais ?
Je n'avais pas beaucoup appelé maman, je me croyais déjà trop occupé à répondre à mes e-mails. J'avais fait passer le superflu avant l'essentiel.
Il n'est pas difficile de passer à côté de sa vie : il n'y a qu'à se préoccuper uniquement des futilités qui envahissent notre quotidien et nous accaparent tout entiers. Le pire, c'est qu'on n'a même plus conscience de perdre son temps. On a la sensation de ne faire que des choses importantes. Dire qu'il aurait suffi de s'extraire quelques minutes de la ronde infinie des "choses à faire" pour y voir plus clair...
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CielvariableCielvariable   13 février 2019
Comment occuper son temps lorsque l’on est mourant ? L’exercice présentait un côté dérisoire qui m’a attristé. J’étais incapable de rassembler mes idées. Finalement, malgré le Diable qui se penchait sur mon épaule pour donner son avis, et le chat qui passait et repassait sur mon ouvrage (comme la plupart des chats du monde, le mien considère que la paperasse n’a aucun intérêt), j’ai réussi à sélectionner dix choses :

1. Sauter en parachute.
2. Escalader le mont Everest.
3. Tracer sur l’Autobahn en Ferrari.
4. Assister au plus somptueux des festins chinois.
5. Monter dans un robot Gundam.
6. Voir Venise et mourir.
7. Sortir avec Nausicaä.
8. Au coin de la rue, bousculer par inadvertance une jolie fille qui porte un gobelet de café et vivre l’histoire d’amour qui en découle.
9. Sous une pluie diluvienne, s’abriter et rencontrer par hasard la fille dont j’étais amoureux au lycée.
10. Trouver l’amour…
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CielvariableCielvariable   13 février 2019
Je n’ai pas réussi à rassembler dix de ces «choses à faire avant de mourir».

C’est dans un film. L’héroïne, au moment de mourir, dresse une liste des dix choses qu’elle aimerait faire avant de quitter cette planète. Quelle idée saugrenue…

Enfin, disons que ce n’est pas d’un intérêt flagrant.

Comment je le sais ?

Parce que… je suis moi-même passé par là. Cette fameuse liste, je l’ai écrite. Je sais, c’est ridicule.



C’était il y a sept jours.

Bien qu’indisposé par un rhume qui n’en finissait pas de s’aggraver, j’avais continué de distribuer le courrier, comme d’habitude. J’avais de la fièvre, et le côté droit de mon crâne commençait à m’élancer. Tu sais que j’ai horreur des médecins ; j’ai donc préféré m’en remettre aux médicaments en vente libre et ai laissé traîner l’affaire deux semaines durant. Puis j’ai consulté.

Ce n’était pas un rhume.

Mais un cancer du cerveau de stade 4.

Il me restait six mois à vivre au mieux, mais je pouvais tout aussi bien y passer d’ici la fin de la semaine. Tel était le diagnostic du docteur, pour le moins sinistre. Il me parla de chimiothérapie et de soins palliatifs… Plusieurs choix semblaient s’offrir à moi. Mais je n’écoutais plus.

Un souvenir auditif venait de ressusciter du fond de ma mémoire. Quand j’étais petit, on allait à la piscine durant les vacances d’été. Une fois, j’ai sauté dans le grand bassin. Plouf ! Glou, glou, glou. Je coulais.

« Il faut toujours s’échauffer ! »

La voix de maman. Je l’entendais mal du fond de l’eau.
+ Lire la suite
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CielvariableCielvariable   18 février 2019
Je n’ai pas réussi à rassembler dix de ces «choses à faire avant de mourir».

C’est dans un film. L’héroïne, au moment de mourir, dresse une liste des dix choses qu’elle aimerait faire avant de quitter cette planète. Quelle idée saugrenue…

Enfin, disons que ce n’est pas d’un intérêt flagrant.

Comment je le sais ?

Parce que… je suis moi-même passé par là. Cette fameuse liste, je l’ai écrite. Je sais, c’est ridicule.



C’était il y a sept jours.

Bien qu’indisposé par un rhume qui n’en finissait pas de s’aggraver, j’avais continué de distribuer le courrier, comme d’habitude. J’avais de la fièvre, et le côté droit de mon crâne commençait à m’élancer. Tu sais que j’ai horreur des médecins ; j’ai donc préféré m’en remettre aux médicaments en vente libre et ai laissé traîner l’affaire deux semaines durant. Puis j’ai consulté.

Ce n’était pas un rhume.

Mais un cancer du cerveau de stade 4.

Il me restait six mois à vivre au mieux, mais je pouvais tout aussi bien y passer d’ici la fin de la semaine. Tel était le diagnostic du docteur, pour le moins sinistre. Il me parla de chimiothérapie et de soins palliatifs… Plusieurs choix semblaient s’offrir à moi. Mais je n’écoutais plus.

Un souvenir auditif venait de ressusciter du fond de ma mémoire. Quand j’étais petit, on allait à la piscine durant les vacances d’été. Une fois, j’ai sauté dans le grand bassin. Plouf ! Glou, glou, glou. Je coulais.

« Il faut toujours s’échauffer ! »

La voix de maman. Je l’entendais mal du fond de l’eau.
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