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Élisabeth Vonarburg (Traducteur)
ISBN : 2290048593
Éditeur : J'ai Lu (04/01/1999)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 270 notes)
Résumé :
Ils sont cinq, femmes et hommes, tous vivant à Toronto au Canada ; ils sont jeunes, étudiants ou déjà dans la vie active, tous rationnels. Or, les voici projetés dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n'est qu'une ombre bien pâle! Malgré la protection offerte par Mantel d'Argent le magicien, ils sont aussitôt pris dans les premières escarmouches de la guerre qui oppose les forces des Lumières à celles des Ténèbres. Car Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
  12 décembre 2016
Le principe de cet Arbre de l'été est plutôt (archi-)connu : des gens de ce monde emmenés dans un autre "primordial". On sent très rapidement les influences de Tolkien dans l'environnement fantastique de cette histoire : les lios Alfar ressemblent à s'y méprendre aux Elfes, les Dalreï chevauchent la Plaine comme des Rohirrims, et Morgoth n'a pas grand chose à apprendre à Rakoth Maugrim, lui aussi pour un temps enfermé, lui aussi prêt à bientôt déployer sa force pour réduire le monde en esclavage. Si l'influence de Tolkien dans l'oeuvre de Kay est largement connue et reconnue (il a participé à l'édition posthume du Silmarillion), je trouve qu'il y a également un petit parfum de Zelazny qui flotte autour de la tapisserie de Fionovar : le concept d'un premier univers qui en engendre des tas (comme dans Les princes d'Ambre), une intégration de mythologies dans le corps de l'histoire (dans l'Arbre de l'été, j'ai identifié, en plus de la classique histoire d'Arthur, des influences celtiques et scandinaves) ; il y a également quelque chose autour du choix, de la responsabilité vis-à-vis de soi et des autres qu'a tout un chacun, responsabilité proportionnelle au "pouvoir" dont on dispose, qu'on retrouve fréquemment dans l'oeuvre de Zelazny. Si l'on rajoute à ça que l'écriture de G. G. Kay est résolument classique, on pourrait croire que ce premier tome de la trilogie va nous servir un vieux canevas avec des fils tout ressassés et effilochés à force d'avoir été lus et manipulés.
Et bien, pour ma part, je trouverais vraiment dommage de faire l'impasse ! Certes, il y a des choses que l'on connait, que l'on a déjà vues. Moi je dis : tant mieux, ça permet de se glisser confortablement dans cette histoire bien plus complexe qu'elle ne le parait aux premiers chapitres, d'autant qu'il faut se familiariser avec de nombreux personnages ! La tapisserie que nous tisse Kay, mélangeant concepts, personnages, lieux, a sa propre originalité, nous conduisant par des chemins détournés là où l'on ne s'attendait certainement pas à se retrouver ! L'arbre de l'été est un tome de découverte, de mise en place des forces en présence, des personnages et des enjeux. Il nous offre également un aperçu des extrémités auxquelles n'hésitent pas à recourir les "forces du mal". On sent que la guerre se prépare, et ce premier tome s'achève quand elle va commencer. Kay maitrise bien sa trame narrative, sans nous perdre entre les différents fils de l'histoire, qui finiront bien par se croiser. Chaque chapitre est une unité de lieu, les actions sont décrites du point de vue du personnage qui l'effectue, ce qui entretient la tension et une vision multiple des évènements, et laisse surtout la part belle à l'émotion. On peut également apprécier le fait que les personnages "du bien" ne soient pas tous "lisses" et sympathiques : Jennifer parait plutôt froide, Diarmuid énervant, Dave arrogant, Paul antipathique... Quoiqu'il en soit, chacun a sa place dans cette belle trilogie.
Allez, avant de commencer le feu vagabond, je m'en vais retourner écouter "La chanson de Rachel"...
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CasusBelli
  21 mai 2019
C'est une veille sur Babélio qui m'a fait découvrir Guy Gavriel Kay et je ne regrette pas cette rencontre !
J'ai lu ici ou là que le thème de cette trilogie était archi connu (je ne vais parler ici que du tome un).
En effet, le voyage entre des mondes parallèles a déjà été exploité, j'ajouterai à ce constat que "La Tapisserie de Fionavar" a de plus un fort parfum de Seigneur des anneaux, Maugrim ressemblant assez à Sauron, ce premier tome a des airs de "Compagnie de l'anneau" assez prononcé avec la constitution du "groupe des gentils" (Loren/Gandalf, je m'arrête là...).
En fait peu importe, un ami m'a un jour donné une définition de la créativité qui ressemblait à peu de choses près à :
"tu pioches ici, tu prends là et encore un peu par là puis tu secoues bien, ce n'est pas compliqué" ;)
Guy Gavriel Kay a un vrai talent de conteur, c'est incontestable, son style est fluide et élégant et il nous présente de nombreux personnages auxquels on n'a aucune peine à s'attacher, c'est souvent beau car ces personnages qui sont souvent torturés nous offrent des moments de réflexions sur des thèmes assez variés.
Au niveau du rythme du récit on entre dans l'histoire sans préambule, ça fait un peu penser aux princes d'Ambre de Roger Zelazny (en plus du changement de mondes), il se passe très vite beaucoup de choses.
Ce récit, c'est l'éternelle confrontation du bien contre le mal et ça aussi ce n'est pas nouveau, mais sous la plume de ce conteur fabuleux ça redevient une fois de plus passionnant, je n'ai pas vu les pages défiler.
Est-il utile de dire que nous aurons des elfes et des orcs ? et tout un tas de créatures magiques ? les noms diffèrent mais on les reconnait sans peine. Une forêt magique ça vous rappelle sûrement quelque chose ?
A l'arrivée l'auteur a réinventé une histoire que nous croyons à juste titre connaître, oui mais voilà, c'est peut-être mieux que ce qui a précédé, c'est mon sentiment :)
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Luniver
  03 janvier 2013
Sur le campus de Toronto, l'ambiance est à la fête : un célèbre conférencier est de visite. Ce dernier, pas très enthousiaste à l'idée de passer la soirée à rencontrer un nombre interminable d'honorables professeurs, organise sa fuite avec la complicité de cinq étudiants.
Il leur révèle alors que leur rencontre n'est pas fortuite : étant en réalité mage d'un royaume de Fionavar, le premier de tous les univers, il a besoin de cinq personnes venant d'ailleurs, pour servir de « trophées » à la prochaine fête du roi. Après quelques hésitations vite balayées, les cinq étudiants donnent leur accord pour le voyage.
Leur séjour n'aura rien d'une partie de plaisir : Fionavar est en plein bouleversement. Des créatures des ténèbres refont des apparitions audacieuses après plusieurs décennies de paix, tandis qu'un sinistre Dieu enfermé dans une montagne est sur le point de se libérer.
Les chemins de nos cinq étudiants se séparent rapidement, et chacun devra trouver sa place dans ce nouvel univers : Kevin, beau, intelligent, et admiré de tous, sera intégré à une compagnie de soldats du prince héritier ; Paul, dépressif depuis la disparition de sa fiancée, suivra Kévin un moment, puis s'en détachera pour enfin affronter seul ses vieux démons ; Dave, qui a tellement confiance en ses compagnons qu'il tente au dernier moment de quitter le cercle qui l'emmène en Fionavar, ce qui le catapulte dans une région montagneuse, éloigné de tous, devra réapprendre le sens de l'amitié ; Kim deviendra l'apprentie de la dernière prophétesse de Fionavar ; et Jennifer sera le personnage insignifiant du groupe, et ne justifiera sa présence dans ce premier volume qu'en se faisant enlever afin que les autres puissent pleurer sur son sort.
Le monde de Fionavar est assez complexe : si le camp du Mal est clairement défini, celui du Bien est éclaté en une série de petites factions, qui s'opposent fréquemment. Nos héros ne défendent d'ailleurs pas toujours les mêmes intérêts. Les personnages sont nombreux : la famille princière de chaque royaume, les soldats, les Dieux et leurs prêtres, … tout ce beau monde cherche à tirer la couverture de son côté.
Ce premier volume est finalement une longue introduction (il faut le temps de présenter tous les nombreux protagonistes) d'une série qui s'annonce prometteuse.
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bilodoh
  03 octobre 2015
Une fantasy complexe et bien tissée, où selon la métaphore de l'auteur, chacun apporte son fil à la Grande Tapisserie de l'histoire.

Après une rencontre étrange, des étudiants universitaires de Toronto se trouvent transportés à Fionavar, un monde parallèle, un monde de rois et de guerriers, de mages et de prophétesses, de dieux et de déesses en perpétuel combat.

Nos jeunes Canadiens y rencontrent une pléthore de personnages, mais aussi des êtres aux noms étranges comme des « lios alfar » du Daniloth, des « urgachs » et des « andains ».

Comme dans un conte de fées, il faut se laisser porter par la magie de la prose sans se poser de questions et confier la trame nos rêves au Grand Tisserand du monde.

Un texte de qualité, mais sans grande difficulté de lecture, un roman qui pourrait être classé « littérature jeunesse ».

Le pavé se termine, la grande bataille contre le mal n'a pas vraiment commencé, rendez-vous au tome deux…
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InstinctPolaire
  04 juin 2012
(...)
Toronto – Fionavar : entre ses deux univers, une traversée qui en appellera d'autres. Qui sont ces personnes prêtes à accepter un tel voyage ? Kevin Laine est bel homme,son assurance, son intelligence et ses multiples talents font l'unanimité auprès de tous. Paul Schafer est quant à lui plus sombre, marqué par un drame personnel. Dave Martinyuk est le suivant de cette bande d'amis , bien trop grand, bien trop réservé. Kimberly Ford est une étudiante en médecine attentive à leur petit groupe. Jennifer Lowel en est le rayon de soleil.
Qu'est-ce-que Fionavar ? C'est le premier de tous les univers auquel tous les autres ne sont que de lointains échos. Un lieu où s'incarnent Dieux, Déesses et Puissances Primordiales d'aucun panthéon en particulier et de tous en général. Un lieu où les forêts sont consciences et une terre est toujours et à jamais un champs de bataille. Au pied d'une montagne qui autrefois a emprisonné un Dieu dévastateur. Une terre où même les jeux d'enfants semblent marqués par le Destin... Et oeuvrant en tout ceci, le Tisserand filant la Trame sur le Métier.
Mais alors qu'ils acceptent de se rendre aux festivités de l'anniversaire d'un Roi, les cinq voyageurs introduisent leur fil dans cette trame où les événements sont appelés à se précipiter. A Kimberly, de grands pouvoirs sont octroyés : devenir la rêveuse du rêve, la Prophétesse d'un monarque. Mais le pouvoir a toujours un prix. Guérisseuse dans son univers, elle apportera souffrance à ceux qu'elle aime en celui-ci.. Elle qui toujours s'interrogera sur le bien-fondé de ses actes. A Jennifer, une bien sombre destinée : marquée par le plus beau des actes, un enfantement et par la découverte de sa nature profonde au sein des univers. A Dave, la découverte de l'amitié et de l'appartenance à quelque chose de plus grand : séparé des autres, il s'apprête à rencontrer les Dalreï, les cavaliers de la plaine. Il se verra remettre un précieux mais terrible cadeau et par trois fois, il côtoiera la Déesse Ceinwèn. A Paul, Fionavar octroiera un sacrifice : dans l'Arbre de l'Été il goûtera à toutes les formes de mort mais reviendra enrichi des vérités sur lui-même, lui qui sera nommé le Deux-fois-né. A Kévin enfin, le désir ardent de vouloir apporter sa contribution au combat qui s'annonce : se doute-t-il qu'il est sur la route vers Dana, Déesse-Mère depuis toujours ? Destin tragique et étincelant.
Un Dieu vengeur délivré de sa prison de pierre. Un terrible forteresse, bastion de toute sa puissance qui s'éveille à nouveau. Cette histoire ne semble-t-elle pas déjà contée ? Il ne peut qu'en être ainsi car dans le premier des univers se livre peut-être pour la dernière fois l'éternel combat de la Lumière et des Ténèbres. Une amère justification à de terribles actions commises par des hommes et des femmes vertueux. Dans ce lieu où doit se jouer comme en toute époque la tragédie du Guerrier, de la Dame et du Chevalier servant . Ceux que nous connaissons sous le nom d'Arthur, Guenièvre et Lancelot.
La chose qui m'avait marqué lors de ma première lecture ce cette trilogie, ce n'était ni la complexité des personnages, ni les péripéties qu'ils rencontrent. Mais de voir surgir avec autant de clarté les thématiques développées : les drames du Destin, les affres du pouvoir.
Que réserve le Destin à ceux qu'une puissante force semble traverser comme le constatent Lorèn Mantel d'Argent et Matt Sorën – le Mage et sa Source - ? Sans trop en dévoiler, je tente de montrer que rien ne semble écrit mais que rien ne semble s'opposer aux volontés du Tisserand à son Métier. Et avec eux, le sort de tous ceux qu'ils seront amenés à croiser. Mais à la toute fin de cette construction semblera être démentie. Parfois, un simple fil, une existence si ténue soit-elle échappe à la Trame. Et en elle se trouve tout les espoirs et toutes les craintes.
De même que faire de dons accordés ? Il semble admis en Fionavar – et dans tous les univers... - que tout bienfait s'accompagne de contreparties. Les Mages ne peuvent peuvent accomplir leurs prodiges qu'en puisant dans la force vitale de leur Source, une personne à qui ils sont liés. Il semble que les sacrifices librement consentis n'aboutissent qu'à l'octroi de talents aléatoires et que le fait de connaître l'avenir ne serve qu'a montrer les souffrances que l'on causera à autrui.
A la relecture, deux autres motifs me sont apparus : les tourments de la nécessité et la grande qualité d'écriture de l'auteur et de sa traduction.
S'engage ici, dans cet univers si important pour la Trame des autres, la lutte des Ténèbres et de la Lumière. Et tous de s'interroger sur la responsabilité de leurs actes et des limites de leur actions : éveiller la terrible Chasse Sauvage au risque que son insatiable soif de combat ne la fasse se retourner contre ses invocateurs ? La nécessité doit-elle nécessairement l'emporter sur les que ce combat est sensé défendre ? Et dépasser " un point où la quête de la Lumière commence à servir les Ténèbres " ?
Pris dans les méandres de l'intrigue, ces thématiques se sont imposées à moi comme rarement dans un récit imaginaire. Je pense que c'est en cela que réside le talent de KAY. En cela et en sa manière de les présenter. Comme rarement dans ces chroniques, je me suis trouvé dans la nécessité de faire des emprunts à l'auteur pour évoquer son oeuvre. A mon corps défendant, mais parfois paraphraser n'est pas une solution de facilité, mais une forme de reddition respectueuse.
(...)
Que le Tisserand tienne bien votre fil...

Lien : http://emaginaire.canalblog...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   31 décembre 2012
En attaquant avec les autres le refrain paillard d'une chanson entonnée par Coll, Kevin ne pouvait se rappeler avoir été plus heureux ; après l'incident de la rivière, la compagnie semblait les avoir complètement acceptés, Paul et lui, et parce qu'ils respectaient ces hommes, c'était important pour lui. Erron était en train de devenir un ami, ainsi que Carde qui chantait à tue-tête à sa gauche. Paul, à sa droite, ne chantait pas, mais il ne semblait pas malheureux, et de toute façon il avait une voix épouvantable.
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CasusBelliCasusBelli   24 mai 2019
Sauf que tout était différent, bien entendu. « Comment distinguer le danseur de la danse ? » avait-elle lu quelque part. Ou la rêveuse du rêve, se reprit-elle, en se sentant un peu perdue. Car la réponse était des plus simples.
C’était impossible.

La phrase qui m'a émerveillé ! c'est beau non ?
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bilodohbilodoh   02 octobre 2015
Les légendes sont les échos, à peine compris désormais, des matins où l’être humain ne marchait pas seul, où d’autres créatures, amies et ennemies, vivaient dans les forêts et dans les collines.

(France Loisirs, p. 40)
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meygisanmeygisan   15 septembre 2017
Quand ses yeux s'ajustèrent à l'obscurité, il le regretta. Le Svart Alfar avait presque été décapité; les coups de griffes avaient réduit sa tête en lambeaux. L'un des bras avait été arraché, l'épaule ne restant attachée au corps que par un morceau de cartilage, et de profondes griffures lacéraient le torse de la créature à la peau vert sombre, dépourvue de poils. Même dans l'ombre, Kevin pouvait voir le sang épais qui maculait le sol desséché. Tout en respirant avec précaution, presque dégrisé par le choc, il refoula une nausée. Pendant un long moment, personne ne dit mot: la violence que trahissait cette créature démembrée imposait son propre silence.
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LuniverLuniver   27 décembre 2012
À l'extérieur du dôme, la créature se rapprocha de la vitre et s'installa pour attendre. Elle avait de fortes chances de pouvoir tuer plus tard dans la nuit ; cette perspective lui permettait d'attendre plus patiemment et lui procurait à l'avance une certaine satisfaction, car elle avait été créée dans ce but, et la plupart des créatures aiment faire ce que leur dicte leur nature.
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