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Critique de Arakasi


Arakasi
  15 novembre 2017
Fionavar, coeur de tous les mondes. Là, marchent encore les dieux et leurs créatures célestes. Là, se côtoient humains, lios alphar, nains et géants depuis des temps immémoriaux. Là, a eu lieu la plus grande confrontation de tous les temps quand Rakoth Maugrim, une divinité malveillante, a tenté de briser sous sa poigne les peuples de la Lumière. Gloire en soit rendue aux héros de jadis, le Malin a été combattu, vaincu et enfermé sous le mont Rangat ! Depuis, des siècles se sont écoulés… La vigilance des peuples gardiens s'est doucement érodée sous le poids des ans et, en cette cinquantième année du règne d'Ailell, le royaume du Brennin est à la fête. Pour commémorer l'événement, le mage Loren Mantel d'Argent reçoit pour mission de ramener à la cour un groupe d'étrangers d'un monde lointain mais bien connu de nos amis lecteurs, la Terre. Il reviendra en compagnie de cinq jeunes étudiants de Toronto : Kim, Jennifer, Paul, Kevin et Dave. L'excursion devait être brève et divertissante, mais prendra rapidement une tournure tragique. Car, loin au Nord, Rakoth Maugrim est sur le point de briser ses chaînes et d'entraîner Fionavar dans un ultime conflit meurtrier. de cette guerre dépendra, non seulement le futur de Fionavar, mais aussi celui de tous les mondes connus et inconnus – la Terre y compris.

Bon, avouons-le tout de suite, « La Tapisserie de Fionavar » est une oeuvre de fanboy. Pas besoin de savoir que Guy Gavriel Kay a abondamment travaillé sur les notes de Tolkien dans sa jeunesse pour sentir l'influence du chef d'oeuvre du maître de la fantasy. On trouve entre « le Seigneur des anneaux » et « Fionavar » nombre de points communs : une entité maléfique avec sous ses ordres une armée de monstres hideux, des elfes, des nains, un peuple de cavaliers et une grande guerre entre le Bien et le Mal. Sur le fond et à la première vue, tout cela n'est donc pas original pour un sou. Des idées pourtant, Gavriel Kay, n'en manque pas… On pourrait même dire qu'il en a un peu trop et tient absolument en sus à toutes les caser dans sa narration. Les habitués de ses oeuvres postérieures seront étonnés du rythme effréné qui caractérise « Fionavar », les événement se succédant à une vitesse folle et un peu étourdissante. Certes, on ne s'ennuie pas une seconde, mais l'auteur aurait surement gagné à lever le pied de temps en temps, histoire de nous laisser un peu respirer et apprécier son récit à notre rythme.

Et pourtant, et pourtant… Peu originale, trop rapide, un poil boursouflée,« Fionavar » n'en reste pas moins une oeuvre de fantasy de qualité – quoique la moins marquante de ce très talentueux auteur. Si le fond ne brille pas par son audace, la forme par contre est remarquable. Stylistiquement, le livre se hisse sans effort très au dessus de la moyenne : poétique, élégante, subtile, la plume de Kay est un enchantement de tous les instants. Aussi brillante dans les moments épiques que dans le badinage humoristique, elle contribue énormément à l'immersion du lecteur et sublime des passages qui, sans elle, seraient restés anodins. Niveau protagonistes, ceux-ci sont très, voire trop, nombreux (vous qui galériez dans la « Mosaïque de Sarance », attendez-vous à être complétement perdus dans « Fionavar ») mais Kay excelle à les caractériser en quelques paragraphes. Loin d'être monolithiques, ils sont nuancés, humains et, pour la plupart, très attachants. Mon coeur bat spontanément pour les deux princes du Brennin, le « prince sombre » Ailéron et le « prince doré » Diarmuid, tous les deux admirablement campés et qui auraient mérité chacun un roman à leur propre gloire.

Avec ses défauts et ses faiblesses, « Fionavar » n'en reste pas moins chère à mon coeur, car c'est la première oeuvre de Kay que j'ai découverte, auteur qui, malgré quelques petites déceptions sur ses derniers romans, n'a jamais démérité à mes yeux depuis. Cette relecture a été beaucoup plus plaisante que je ne m'y attendais et je ne vais pas la bouder sous prétexte que ses romans postérieurs furent encore meilleurs !


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