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Anne McCaffrey (Traducteur)
EAN : 9782264020543
298 pages
Éditeur : 10-18 (06/01/1999)
3.88/5   16 notes
Résumé :

Résumé : L'histoire des Saint-Charles s'étend sur plus d'un demi-siècle : c'est celle d'une famille anglo-irlandaise, noble mais ruinée, et de son refus de prendre en compte les réalités de la vie, tout particulièrement la nature de l'argent et de sexualité.
La narratrice, Aroon Saint-Charles, est la fille de la maison; mal aimée par sa mère, éperdue d'admiration pour son père,elle ne se marie pas. Elle passera toute sa vie à Temple Alice, où les Sai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Gabrielle_Dubois
  30 août 2019
J'ai commencé ce livre sans savoir de quoi il s'agissait, et très peu engagée à le lire du fait de la couverture : un tableau de Meredith Frampton, Portrait of a young Woman ― laquelle jeune femme a l'air pincé, méprisant, coincé.
Bref, j'ai quand même ouvert ce livre, parce que j'étais en vacances à l'étranger, voir Ellen versus Warriors https://www.gabrielle-dubois.com/2019/08/26/ellen-versus-warriors-par-gabrielle-dubois/ et que c'était le seul des livres que j'avais emportés qu'il me restait à lire ! Je dois dire que les premières pages m'ont rebutée ― aucun d'eux n'est sympathique, empathique ou aimable. Ils sont méprisants, suffisants, bornés, inintéressants et je n'avais qu'une seule envie : refermer la porte de leur maison dans laquelle j'étais entrée pour les laisser entre eux, et ne plus jamais les revoir ! Mais quand on n'a qu'un seul livre à livre et qu'on adore lire…. On continue !
Pourtant, on n'aime pas ces personnages vils, imbus de leur personne, qui ne savent pas où ils vont et ne cherchent pas à le savoir ; des personnages qui ne supportent pas le bonheur des autres parce qu'ils sont incapables de faire le leur, qui espère que les autres soient malheureux pour qu'ils s'engluent à leur mal-être :
« J'eus la satisfaction de savoir qu'elle était moins heureuse et donc que j'avais plus d'importance. »
Puis, au fur et à mesure de la lecture, comme c'est bien fait et bien écrit, on finit par se laisser aller, bien que les personnages restent encrotté dans leur misérabilisme inactif :
« La raison pour laquelle je me plaît au désastre des autres, c'est parce qu'ils suscitent ma compréhension et ma sympathie comme ne le font jamais leurs réussites. »
Le père de l'héroïne se trouve immobilisé au lit, elle s'occupe de lui. Alors on pense : Ah ! Enfin un peu d'altruisme ! Mais elle pense :
« Tous les jours mon coeur était plus calme et réconforté grâce à l'importance que j'avais prise. »
La mère de l'héroïne doit faire des économie, soit, c'est louable. Sauf quand : « son objectif final était la pénitence pour tous. Elle voulait que tout le monde souffrît. »
Et cette pauvre héroïne que sa mère et elle-même trouvent trop grande et trop grosse. Toujours dans ses mesures d'économie, ― après avoir jeté l'argent par les fenêtres toute sa vie et sans jamais avoir eu aucune idée ni de la valeur de l'argent ni du prix de quoi que ce soit ― la mère décide de ne presque plus chauffer la maison. Je vous signale que l'histoire se passe en Irlande, pays que j'adore mais dont les hivers sont comment dire… humides et frais ! 😊 Aroon, la narratrice, tente de se rebiffer contre sa mère, mais : « À la façon dont ma mère me regardait, je devinais qu'elle mourait d'envie d'ajouter : les gros ne sentent pas le froid. »
Oui, la jeune Aroon a eu des parents qui n'auraient jamais dû être des parents. Oui, elle a un physique qui ne correspond pas aux critères de beauté de son temps. Oui, elle n'a pas été aimée.
Mais elle a ce que nous tous avons : le choix !
Alors qu'elle finit par pouvoir faire le bon choix pour elle : prendre sa liberté ; à mon avis, elle fait le mauvais : maintenir cet idéal idiot de bonne conduite qu'il en coûte sa dignité ou son bonheur :
"Nous avons gardé la tête au-dessus du murmure, étouffés en criant de désespoir seulement par l'exercice de la bonne conduite."
Pour moi, ce choix-là est un renoncement à la vie par faiblesse. Et j'ai beaucoup de mal à accepter un tel comportement, je vais vous dire pourquoi :
Une personne qui se refuse à voir la réalité en face et à affronter sa vie ne fait pas que se rendre malheureuse elle-même. Elle met aussi dans la souffrance les personnes autour d'elle. Soit on, par amour, on se sent obligé de l'aider à gérer sa vie, soit la façon qu'elle a de gérer sa vie impacte négativement sur son entourage.
Donc, non, définitivement, non, je n'ai pas aimé les personnages de Molly Keane, dont la jeune Aroon. Je n'ai du plaisir qu'à lire des histoires, vraies ou de fiction, sur des personnages qui s'élèvent et m'élèvent avec eux.
Alors, pourquoi ai-je finalement et malgré tout aimé ce livre ? La faute en revient au grand écrivain Molly Keane : son écriture est une merveille de subtilités distillées, de réflexions en apparence anodines mais qui en disent si long. Ah ! Si seulement l'éditeur français avait gardé le titre original Good Behaviour ! On aurait tout de suite su à quoi s'en tenir !
Et quand je vous dirai que c'est très facile à lire, vous n'aurez plus aucune excuse pour ne pas lire ce livre !©
Lien : https://www.gabrielle-dubois..
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Carolivra
  28 juillet 2014
Je connaissais déjà Molly Keane à travers son magnifique roman Et La vague les emporta. J'aime son style, ses intrigues, ses personnages. Elle critique la bonne société anglaise et irlandaise du début du 20ème siècle avec beaucoup d'objectivité et de cruauté. Dans son roman Les St. Charles, elle ne déroge pas à la règle.
Elle situe son roman en Irlande, dans une famille noble, les St. Charles. La famille occupe une vaste maison où les domestiques s'activent toute la journée. le père est major dans l'armée. Il passe son temps à cheval pour chasser, pour parier. La mère est quand à elle toujours occupée par son jardin ou ses horribles peintures. Il y a enfin les deux enfants: Hubert et Aroon, la fille de la maison.
Aroon est la narratrice du roman. Elle apparaît comme une jeune femme peu sûre d'elle, renfermée, timide. En outre, elle est ronde, reproche à demi-voilé répété inlassablement par sa mère qui la condamne d'office à rester vieille fille. Comment s'affirmer dans cette famille avec un père plus préoccupé par ses chevaux que par sa femme et un fils beau, intelligent, ambitieux?
A travers ce roman, Molly Keane peint le quotidien d'une famille noble mais complètement désargentée et au bord de la ruine. Seule Aroon semble prendre conscience de la décrépitude qui guette sa famille. Ses parents font comme si de rien n'était: bals, dépenses fastueuses, gages des domestiques, rien n'arrête leur train de vie. Sa mère passe son temps à cacher les factures dans un tiroir pour ne pas voir la réalité des choses. La guerre de 14-18 va alors tout changer. le père d'Aroon est mobilisé et reviendra avec une jambe amputée. le faste de la famille semble alors s'écrouler.
J'aime particulièrement la façon dont Molly Keane dépeint l'envers du décor. Sous le vernis des bonnes manières, il y a la tromperie, le mépris, le déni. Et que dire des sentiments qui doivent être tus en toute circonstance? Dans la famille d'Aroon, il est malvenu de montrer son chagrin et ses larmes. Quand Aroon apprend le décès de son frère, les seuls mots de son père qui lit le télégramme seront: "je crois qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle". Aucun mot, aucune geste ne viendra réconforter Aroon. Seules les apparences comptent. Et que dire de cette mère volatile, à côté de la plaque qui méprise profondément sa fille, qui se réjouit de l'infidélité de son mari et qui préfère parler à ses plantes?
Aroon va alors se construire une vie, s'inventer des amours et un avenir. Sa candeur, ses espoirs m'ont profondément émue car au fond, le lecteur sait parfaitement qu'elle se leurre et qu'elle finira seule, comme ses parents l'ont décidé. C'est un personnage fragile qui va se révéler au fil des pages. Si son innocence et sa méconnaissance des choses de la vie peuvent faire sourire, elle n'apparaît pas moins comme une femme qui va gagner son indépendance et sa liberté.
A travers ce roman, Molly Keane dépeint le destin d'une famille sur le déclin: magnifique, magistral.
Lien : http://carolivre.wordpress.c..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LadyDoubleHLadyDoubleH   25 novembre 2018
– Madame est bien mieux où elle est. Elle était fatiguée de vous ; fatiguée à mourir. C’est bien qu’elle soit morte. Vous nous tuez tous, et c’est dommage que vous ne soyez pas étendue à sa place, déja toute raide pour la tombe. On n’entendrait plsu parler de vous, Dieu vous maudisse !
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Gabrielle_DuboisGabrielle_Dubois   30 août 2019
La raison pour laquelle je me plaît au désastre des autres, c’est parce qu’ils suscitent ma compréhension et ma sympathie comme ne le font jamais leurs réussites.
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Gabrielle_DuboisGabrielle_Dubois   30 août 2019
J’eus la satisfaction de savoir qu’elle était moins heureuse et donc que j’avais plus d’importance.
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