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EAN : 9782021188240
528 pages
Seuil (20/08/2015)
3.8/5   10 notes
Résumé :
La sainte religion de la culture triomphe dans la Cité. Les autorités ont construit, sur les quais de la Maleine, une résidence où les artistes travaillent sans soucis matériels. Mike Bromberg invente des moustiques-papillons, Amin Carmichael installe des routes qui ne mènent nulle part, Lucinda Hernández a conçu une machine à mauvais temps. Il y en a bien d’autres, déjà prestigieux ou prometteurs : ils répandent la bonne parole, accomplissent des miracles, élèvent ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
bdelhausse
  11 novembre 2015
Les Désoeuvrés... comme titre pour un livre traitant de l'art, de la création, des oeuvres... c'est déjà fort. Peut-être un peu évident, mais bon! c'est déjà un bon titre, en ce qui me concerne.
Les collectionneurs sont les désoeuvrés du récit. Mais aussi les artistes qui finissent par perdre leur âme en faisant la chasse à la notoriété. C'est comme cela que j'ai perçu le livre. Il y a un chassé-croisé permanent entre agents, mécènes, acheteurs, clients, oisifs, artistes, les vrais et les faux...
Cet ouvrage est conçu, construit, architecturé, ciselé, tant dans l'écriture que dans la structure. On croise un peu tout le temps les mêmes artistes, qu'ils soient au centre du chapitre ou interviennent comme des personnages secondaires. Des faire-valoir. Et tout cela crée une trame, une toile d'araignée où le lecteur se fige.
L'auteur nous livre une galerie de portraits, pour une galerie d'art... Très fort encore.
Si j'ai manqué d'enthousiasme à plusieurs reprises, c'est pour l'absence de tension. On est parfois en dehors du récit. On est simple observateur. On regarde les artistes comme s'ils étaient des fourmis dans un bocal... le bocal c'est cet espace de création, très tendance, l'endroit où il faut être, mais ouiiiiiiiii ! ma chère... comment vous ne savez pas, mais il en est... Si, si, si... il en est... !
Cela sent le parisianocentrisme... le fait de se regarder le nombril quand on estime que Paris est le centre du monde, que dis-je ! de l'univers.
Mais c'est voulu par l'auteur. C'est cynique, désabusé, caustique et vitriolé... en tout cas, c'est comme cela que je l'ai lu. Il est bluffant d'imaginer que tout est imaginé, les oeuvres, les artistes, les tendances, les courants, etc. Il y a là un foisonnement intellectuel tout à fait incroyable. Reste que la langue est précise, stricte, à la limite du désagréable parfois... Componctueuse... pour utiliser un joli mot du livre... A lire en prenant des notes...
Merci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cette lecture fascinante (dans le cadre du Masse Critique de Septembre 2015).
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aureliececile
  03 octobre 2015
L'idée de départ du premier roman d'Aram Kebabdjian est formidable : Imaginer un monde entre réalité et fiction où la culture serait devenue, suite à une révolution, le pilier de la société et les artistes des véritables rois.
L'action du livre se déroule au sein de la Cité radieuse des artistes modernes, lieu de vie et de création où se côtoient artistes, galeristes, collectionneurs, critiques d'art et visiteurs...
Chaque chapitre est consacré à une création et à son auteur et s'ouvre par un titre qui prend la forme d'un cartel précisant les différentes caractéristiques de l'oeuvre : le nom de l'artiste, son titre, son médium, ses dimensions, son lieu d'exposition... En mêlant les récits, Aram Kebabdjian parvient avec beaucoup d'ironie et de justesse à écrire une véritable satire du monde de l'art contemporain dont il souligne l'hypocrisie et l'absurdité. le personnage tourmenté de la plasticienne Dolorès Klotz nous guide au sein de cet univers et nous montre toutes les difficultés auxquelles les artistes sont confrontés pour créer et vivre de leur art.
L'une des forces de ce premier roman est l'incroyable galerie de personnages que l'auteur brosse mais aussi l'inventivité dont il fait preuve pour donner à chacun une oeuvre propre. Certes, les oeuvres détaillées évoquent parfois celles d'artistes existants tels que Damien Hirst, Sophie Calle mais il parvient toujours à pousser plus loin encore son imagination.
Un seul regret, le style alambiqué de l'auteur et l'emploi de termes complexes (idiosyncrasie, prolégomènes, ipséité...) freine la lecture en la rendant par moments assez ardue. L'auteur aurait gagné à plus de simplicité dans son écriture. Reste que « Les désoeuvrés » est un livre original et rien que pour cette raison il mérite d'être lu.
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Azor
  15 novembre 2015
Les désœuvrés, premier roman d'Aram Kebabdjian est un livre tant étonnant que complexe. L'auteur a en effet bâti son oeuvre autour du thème de l'art contemporain. Il situe l'action dans un univers où l'art, après la mort de l'industrie (pour des raisons qui nous sont d'ailleurs inconnues) aurait pris la place principale dans la société. Le roman est étonnant car chaque chapitre correspond à une oeuvre d'art et en porte le nom ainsi que celui de son auteur. Tout est pure fiction et il faut bien reconnaître qu'Aram Kebabdjian ne manque pas d'imagination quant à l'invention (en écriture du moins) de ces si nombreuses et diverses œuvres. Tous les domaines de l'art sont abordés de la peinture à la photographie en passant par l'architecture, la littérature ou encore le bioart et autres disciplines parfois un peu surprenantes.
Le roman s'articule autour d'un lieu, la Cram, la Cité radieuse des artistes modernes, tant convoitée par les artistes, qui tous souhaitent pouvoir s'y installer, malheureusement les places sont attribuées selon le mérite, le talent, et surtout selon la notoriété de l'artiste, ce qui est source de jalousie et tension entre les artistes. Autour de ce lieu gravite toute une galerie de personnages que ce soient les artistes eux-mêmes ou les galeristes, marchands d'art et autres collectionneurs. Un personnage se détache cependant du lot, Dolorès Klotz, adepte de l'art minimaliste, dont la vie, le caractère, la fragilité, la sensibilité et la tristesse souvent, sont largement dépeints par l'auteur.
Il y a dans ce roman un côté satirique, les spectateurs, dans ce monde où l'art est devenu roi, sont bien souvent tournés en ridicule, comparés maintes fois à un troupeau, ils vont là où il faut aller, applaudissent et admirent ce qu'il faut applaudir et admirer mais semblent cependant dénués de tout sens critique. Certaines œuvres prêtent également à sourire, on peut sentir dans leur description une légère pointe d'ironie qui nous pousse à nous interroger sur la notion d'art en elle-même.
Cependant et malgré la qualité de l'écriture d'Aram Kebabdjian, si riche et poétique ainsi que son inventivité certaine, on se perd un peu dans ce roman peut-être trop riche tant au niveau des œuvres que des personnages trop nombreux, aux relations sans doute trop complexes. Mon sentiment est mitigé après la lecture de ce roman, peut-être une deuxième lecture serait-elle nécessaire.
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chartel
  04 octobre 2015
Les désoeuvrés du titre fait immédiatement référence aux collectionneurs richissimes qui cherchent à passer le temps en achetant les oeuvres des artistes les mieux cotés pour faire bonne figure auprès de leurs semblables. Aram Kebabdjian parvient à décrire un monde totalement soumis à celui de l'argent. C'est parce que des gens très riches achètent comme des moutons que quelques artistes roulent en Porsche et bouffent du caviar tous les matins alors que d'autres, les plus nombreux, regardent ce cirque avec amertume et envie depuis leur sombre mansarde. Pour réussir, le jeune artiste doit avant tout se créer un réseau, il doit savoir parler de ce qu'il fait et doit passer du temps à rédiger des dossiers de demande de subvention pour enfin créer une oeuvre qui touchera non pas le plus grand nombre, mais les plus gros acheteurs et les plus grands galeristes, ceux qui assureront alors la popularité de l'artiste. Une scène passionnante montre un groupe d'élèves visitant un centre d'art contemporain. Ce qu'ils voient n'a aucune valeur, du pipi de chien, de la crotte, du foutage de gueule! Pourtant, les grands collectionneurs sont prêts à y jeter des millions... La réussite de ce roman sans intrigue tient dans cette mise en question permanente de la valeur d'une oeuvre.
Faisant souvent référence à Proust et à "La recherche du temps perdu" pour peindre ce petit monde de l'art, Aram Kebabdjian s'amuse à montrer l'immuabilité des situations et des comportements. de nombreux personnages de son roman peuvent ainsi rappeler ceux de la Recherche comme la Verdurin et Odette de Crécy.
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LorenaMagda
  12 novembre 2015
J'ai eu un peu de mal à achever ce livre. L'écriture de l'auteur est remarquable et le récit est très maîtrisé. Aram Kebadjian nous montre le monde des artistes et des galéristes, sans fard ni compassion, et avec une certaine ironie teintée d'aigreur. Ce petit monde, qui semble fonctionner dans un entre-soi presque toxique, n'est guère reluisant sous la plume de l'auteur. Chaque personnage tente de tirer son épingle du jeu, au sein de soirées d'inauguration d'exposition où le jeu de dupes bat son plein. On croise et recroise certains des héros du livre, parfois au cœur d'un chapitre, parfois en personnage secondaire, mais on ne perd jamais le fil. Cet ouvrage révèle une grande connaissance du milieu artistique, un amour et une fascination certaine pour la création mais aussi une forme de désenchantement face à des comportements et des motivations plutôt basses. Le principal obstacle à la lecture est, d'une part, la longueur du livre (512 pages) qui m'a parfois découragé. Ensuite, je ne me suis pas sentie "emportée" par le récit. Il manque un peu de rythme, de tension, j'avais l'impression de décrocher rapidement du sujet alors que je suis habituellement une lectrice tenace. J'ai souvent arrêté ma lecture, puis repris, puis arrêté à nouveau... Il reste que la matière littéraire est très impressionnante, que l'écriture d'Aram Kebadjian est époustouflante de structure. A lire donc, même si cela prend un peu de temps! Merci à Masse Critique de Septembre 2015 de m'avoir fait découvrir cet auteur!
Lien : https://lorenaisreadingabook..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
AzorAzor   13 novembre 2015
Autour de Dolorès, les bataillons de spectateurs avançaient au pas de course. Pressés d'en découdre, ils approchaient des cartouches, et lisaient en lettres d'or les grands noms. Immobiles quelques instants, ils saisissaient les appareils qui pendaient depuis leur nuque, comme le joug ployant l'échine des bêtes, et dressaient l'oeil sur leur viseur. Pour ce gros bétail, les tableaux venaient au monde pour être transformés en photographie. On savait d'avance ce qu'il fallait avoir vu,c'était écrit, c'était prévu depuis des mois, depuis des années et pour l'éternité. Sous peine d'avoir raté son déplacement, il était impératif de rapporter une image de Jean Critto, une autre de Jonas, de Berg, de Markus Broch et de Violaine Bourguiba. Certains traînaient des pieds, d'autres mangeaient ou buvaient du sucre. Où étaient-ils ? Où allaient-ils ? Que partageaient-ils ? Un peuple d'enfants dociles, qui mâchonnait sans y penser la révolte qu'on fixait aux murs de l'institution, et qu'il était pourtant convenu d'appeler "le peuple de la culture".
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chartelchartel   04 octobre 2015
Mais un homme arriva très brun, presque aussi grand qu'elles, la chemise ouverte sur sa toison noire, il avait la mâchoire carnassière, le teint hâlé et semblait tout droit sorti de son yacht. Les deux blondes se mirent à glousser comme des bêtes de basse-cour. On commanda de l'alcool fort pour célébrer la rencontre. La fête pouvait commencer.
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rkhettaouirkhettaoui   31 octobre 2015
Et, à considérer les choses en toute objectivité, la réalité était bien pire encore : comme si le simple fait de vouloir s’en prémunir provoquait la faute, Dolorès constatait que les petites bévues qu’elle n’arrivait pas à contenir brillaient d’autant mieux qu’elles étaient mises en valeur par le fond uniformément irrépréhensible de sa conduite.
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rkhettaouirkhettaoui   31 octobre 2015
Comme ces pies qui picorent ce qui brille pour l’accrocher à leur nid, le collectionneur accole ses images les unes aux autres, sans tisser de relation profonde. Éternel enfant, il associe ce qui se ressemble, mais n’avance vers rien d’essentiel.
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rkhettaouirkhettaoui   31 octobre 2015
On ne peut pas continuellement se refuser ce que l’on désire. Autant se tuer tout de suite. Vous vivez en vase clos. Il vous faut retrouver le chemin de la société et faire en sorte que vos désirs fructifient.
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Videos de Aram Kebabdjian (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aram Kebabdjian
Aram Kebabdjian vous présente son ouvrage "L'hymne à la joie" aux éditions Faubourg. Rentrée littéraire automne 2021.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2541741/aram-kebabdjian-l-hymne-a-la-joie
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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