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ISBN : 2848051183
Éditeur : Sabine Wespieser (04/10/2012)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Enracinées pour l’essentiel dans la terre d’Irlande, les nouvelles de ce recueil confirment l’éblouissant talent de Claire Keegan qui, sous la surface lisse de situations ordinaires, excelle à déceler le trouble et la dissonance.
Dans La Mort lente et douloureuse, un écrivain se venge de l’incursion d’un importun. Le Cadeau d’adieu met en scène la dernière matinée d’une jeune fille dans la maison de son père avant son départ pour l’Amérique. Pourquoi le prêtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
  19 novembre 2012
Je ne vais beaucoup développer cet article, car j'ai parlé de Claire Keegan, de son style et de ses oeuvres lors de son interview il y a quelque temps.
Moi qui ne suis pas très habituée à lire des nouvelles – trop courtes, chute mal contrôlée, histoire amputée ? – je reste pourtant admirative face à la maîtrise de Claire Keegan au fil de ses textes. Les 8 récits qui composent ce recueil sont magnifiques, et nous emmènent temporairement suivre la vie de quelques personnages.
Un des thèmes communs me semble être pourtant le lien familial – filial, marital ou autre – très présent et souvent problématique (Claire Keegan m'avait répondu sur ce point en me disant que c'est ainsi qu'elle se représente la famille) : » .. mais il est très rare que deux personnes veuillent la même chose à un moment précis de l'existence. Quelquefois c'est l'aspect de plus dur de la condition humaine.«
Mais globalement, elles sont très différentes. Seules les dates d'écriture ont déterminé leur place dans ce recueil, je ne vais donc pas insister sur leurs liens mutuels.
De même, elles se passent – sauf une – en Irlande, pays qui reste sans arrêt présent, par petites touches : quelques mots de gaélique, un paysage, des traditions. En effet, la nature est présente, mais rarement d'une manière bucolique : il faut la dompter, la travailler. La précarité, la fragilité face aux contingences naturelles sont très fortes.
Comme toujours, il est difficile de déterminer leur époque, mais à cette question, l'auteur m'avait répondu que ça n'avait pas d'importance, seule l'histoire, la gestuelle des personnages, comptent. Cependant, ce sont des sociétés très traditionnelles, en particulier pour la place des femmes; et très paysannes. Dans les femmes, seule La Fille du Forestier sort de ce schéma traditionnel, et c'est ma nouvelle préférée. Les traditions, l'esprit de village, les superstitions sont encore très fortes, et sont souvent décisives pour les histoires individuelles.
Au-delà de ces histoires, j'ai retrouvé le style net, presque elliptique de Claire Keegan. Elle ne nous donne jamais les clés de ses oeuvres. Ses nouvelles sont extrêmement travaillées, mais le lecteur ne doit pas être passif non plus : c'est lui qui va compléter l'oeuvre, et décider de ce qu'il veut en faire. On peut trouver cela frustrant, mais à la limite je préfère ça que certains auteurs qui nous servent une philosophie toute faite, convenue, qui ne nous demande aucun effort de décryptage.
Je vous invite donc à découvrir cet auteur, et en particulier Les Trois Lumières (si vous êtes rébarbatifs aux nouvelles). C'est un court roman, dans la droite ligne des autres, mais d'une puissance et d'une richesse énormes.
Lien : https://missbouquinaix.wordp..
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pyrouette
  18 octobre 2015
Je suis toujours étonnée par la légèreté et la justesse des mots de Claire Keegan. Elle suggère mais n'impose rien, et c'est au lecteur de faire son opinion ou de continuer l'histoire.
Les nouvelles commencent par un décor champêtre, un peu comme dans un conte de fée avant que l'horreur arrive. Et c'est exactement ce que j'ai ressenti, j'étais dans les champs, je me sentais bien, je voyais les gens vivre dans leur ferme, occupés à leurs tâches quotidiennes et d'un mot, d'une ligne ce n'est plus le même décor, la même vision. Dans ces histoires les hommes ne sont pas très courageux, je les trouve même vils. Les femmes s'en sortent, en sacrifiant parfois des enfants ce qui n'est pas forcément mieux. Dans ces huis-clos ruraux il y a beaucoup de non-dits, c'est oppressant parfois, comme dans un mauvais rêve. Une certaine image de la famille, à travers les champs bleus, qui donne à réfléchir.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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trust_me
  03 novembre 2012
Difficile de résister au charme de Claire Keegan. Son roman Les trois lumières m'avait ébloui l'an passé. C'est donc avec une certaine impatience que j'attendais de la retrouver à l'occasion de cette rentrée littéraire avec un recueil de nouvelles intitulé A travers les champs bleus. Ses thèmes de prédilections sont toujours aussi présents. Il est donc question d'Irlande (sauf dans un texte se déroulant au Texas), de désir, de solitude, de monde rural et d'océan. Il y est aussi beaucoup question de renoncement, comme dans la nouvelle donnant son titre au recueil où un prêtre célébrant un mariage renonce à avouer son amour à la mariée. Renoncement encore dans La nuit des sorbiers, où un homme fruste voit partir femme et enfant sans chercher à les suivre. Renoncement également pour cette mère de famille mal mariée qui ne pourra se résoudre à quitter le foyer. Renoncement, une fois de plus, pour le frère d'une étudiante s'apprêtant à partir pour les Etats-Unis. Il dit lui aussi vouloir tourner le dos à la ferme et vivre autre chose mais au fond de lui, il sait qu'il n'en fera rien.
Dans ces nouvelles, les hommes sont des lâches, des salauds mal-dégrossis qui préfèreront toujours leurs terres à leur famille. Certains s'abîment dans le travail, d'autres s'abrutissent d'alcool. Beaucoup se perdent dans le désir de femmes qu'ils ne méritent pas. Ces dernières s'en tirent mieux. Elles ont du cran, sont déterminées et gardent un coté indomptable. Elles continuent de croire que tout reste possible malgré les écueils qui se dressent devant elles.
Je suis toujours aussi émerveillé par la prose de Claire Keegan. Elle sait retranscrire à merveille la pluie, le vent et les tourbières, la violence des liens archaïques qui unissent les êtres. Sa prose est simple, limpide, précise. Pas un poil de gras, pas un mot de trop.
Je sais bien que la nouvelle n'est pas un genre très prisé par chez nous. Mais si vous n'aviez qu'un seul recueil à lire cette année, je vous conseille de vous laisser tenter par cette étourdissante balade à travers les champs bleus.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Palmyre
  19 août 2015
J'avais adoré lire "Les trois lumières" de Claire Keegan, et j'avais donc hâte de retrouver cette auteure.
Ici, il s'agit d'un recueil de nouvelles dont les histoires sont ancrés sur les terres irlandaises. A la lecture de ce livre, j'ai eu l'agréable sensation de me retrouver un soir de veillée, assise près d'une cheminée pour écouter une conteuse.
Les relations familiales, amoureuses y sont abordés avec parfois soit une ambiance pesante ou soit un peu surréaliste où le monde des légendes n'est jamais bien loin.
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AudreyT
  07 novembre 2015
Petit recueil de nouvelles qui nous dévoilent avec beaucoup de finesse, les blessures, les amours impossibles et les relations aux choses et au monde de différents personnages.
Claire Keegan nous a habitué maintenant à son écriture fine, douce et tout en pudeur. Elle est vraiment plaisante à lire !
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critiques presse (2)
Telerama   05 décembre 2012
[Claire Keegan est] dans l'ombre [de ses personnages], écoute leur souffle, pour décrire en peu de mots d'une justesse imparable les douleurs de l'absence, la solitude absolue et l'hypocrisie sexuelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   23 octobre 2012
Les nouvelles de Claire Keegan sont telluriques. […] Chacun de ses textes vont droit au but. Contant une histoire forte, ils sont conçus comme de petits romans aboutis - accomplis serait-on tenté de dire, pour traduire la touche sacrée, mystique de sa prose.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   09 janvier 2016
Il était déjà trois heures du matin lorsqu’elle a traversé le pont d’Achill. Là, enfin, se dressait le village : la coopérative de pêche, la quincaillerie et l’épicerie, la chapelle en pierre rougeâtre, chacune des constructions fermée et silencieuse sous la lueur des lampadaires. Elle a continué son trajet sur une bande de route sombre où, de chaque côté, les grandes haies de rhododendrons revenus à l’état sauvage avaient fané. Elle n’a pas vu un seul être humain, une seule fenêtre allumée, juste quelques moutons à pattes noires endormis et, plus tard, un renard immobile, craintif, dans la lumière des phares. La route est devenue raide, puis, au détour d’un virage, s’est élargie, déserte. La femme devinait l’océan, les tourbières ; espace immense, découvert. Dugort n’était pas clairement indiqué, mais elle s’est sentie confiante en prenant vers le nord la route inhabitée qui conduisait à la maison Böll.
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DidiliDidili   27 avril 2015
Dans son rêve, il y a avait un grenier au plancher tapissé d'herbe. L'herbe devenait plus haute qu'une maison, les tiges penchaient vers l'ouest malgré l'absence de vent. Couchée sur le dos, Margaret ne portait qu'un pantalon d'homme et lorsqu'elle descendait sa main, au lieu d'un pénis, elle trouvait un gros lézard qui faisait partie de son anatomie et dont la queue musclée se balançait. Une femme qui lui ressemblait arrivait d'un autre siècle, drapée dans un tissu noué. Apercevant le lézard, elle ne reculait pas, mais l'accueillait en elle et , à son réveil, Margaret s'est palpée pour vérifier qu'elle ne se transformait pas en homme.
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emmyneemmyne   04 octobre 2012
... mais il est très rare que deux personnes veuillent la même chose à un moment précis de l'existence. Quelquefois c'est l'aspect de plus dur de la condition humaine.
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MissGMissG   30 novembre 2012
Un homme perd sa fille au profit d'un homme plus jeune. Une femme voit son précieux fils s'unir à une femme qui ne le vaut pas. C'est quelque chose qu'ils croient en partie. Il y a les frais, la sentimentalité, le point de non-retour. Chaque fois que des promesses sont faites en public, les gens pleurent.
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PalmyrePalmyre   16 août 2015
Lorsqu'il atteint la laiterie, il prend Hunter's Lane. Ici, les monts Blackstairs dominent le paysage, plongent les champs dans une ombre bleue curieuse.
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Videos de Claire Keegan (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claire Keegan
Claire Keegan - À travers les champs bleus .Claire Keegan vous présente son ouvrage "À travers les champs bleus" aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire automne 2012.http://www.mollat.com/livres/claire-keegan-travers-les-champs-bleus-9782848051185.htmlNotes de Musique : Vincent Warnier - Bach Toccatas et fugues en re? mineur
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