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Jacqueline Odin (Traducteur)
EAN : 9782848053721
120 pages
Sabine Wespieser (05/11/2020)
4.1/5   317 notes
Résumé :
En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
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CasusBelli
  09 avril 2021
Il s'agit d'un court roman qui s'inspire en toile de fond de la sordide histoire des "couvents de la Madeleine" en Irlande, un scandale qui éclaboussa l'église catholique d'Irlande dans les années 80.
Un récit intelligent et empreint d'une belle profondeur où nous allons suivre les états d'âme de Bill Furlong, un marchand de bois et charbon, marié et père de cinq filles.
Bill a eu une enfance particulière, pas vraiment malchanceuse mais de celles qui font de vous un être différent, il est des questions qu'il se pose depuis toujours et le regard qu'il porte sur sa vie en cette veille de Noël est assez désenchanté.
Bill a reçu en héritage une certaine idée de ce que devrait être "le bien ou le mal", et la difficulté à vivre dans l'Irlande des années 80 ébranle ses convictions, c'est en effectuant une livraison de charbon au couvent que sa vie va basculer en même temps que ses illusions.
Un texte fort sur la conviction et le refus du mensonge quel qu'en soit le prix, j'ai beaucoup aimé le style, plein de sensibilité, j'ai aimé cette introspection qui amènera Bill à se dresser contre l'injustice et à se mettre en accord avec sa conscience.
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palamede
  29 avril 2021
Le charbonnier est un homme bon. Contrairement à ses voisins ou à sa femme qui n'ignorent pas ce qui se trame derrière les hauts murs tessonnés du couvent, il va avoir le courage d'agir à sa hauteur en ce Noël 1985, quitte à s'attirer les foudres de tous, pour sauver ne serait-ce qu'une âme.
Un récit simple et court, plein de finesse aussi, pour suggérer l'enfer des blanchisseries Magdalen d'Irlande où près de 10000 femmes et filles ont été incarcérées et forcées de travailler. Des foyers de souffrances et de misère pour des mères célibataires et leurs nouveaux-nés, dont le dernier a fermé seulement en 1996, tenus par des religieuses intraitables (beaucoup de pensionnaires et leurs bébés sont morts), financés qu'ils étaient par l'Eglise catholique et l'Etat irlandais. Terrible et édifiant.
Challenge MULTI-DÉFIS 2021
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Zakuro
  24 novembre 2020
J'attendais depuis si longtemps de lire un nouveau texte de l'écrivaine irlandaise Claire Keegan ! C'est merveilleusement fait avec « Ce genre de petites choses » traduit par Jacqueline Odin qui illumine cette fin d'année 2020.
Claire Keegan n'écrit pas, elle peint des couleurs, esquisse des gestes invisibles à l'oeil nu , sonde l'âme avec intensité et profondeur.
Ce récit est le tableau généreux d'une vie simple dont la grande délicatesse cache la puissance des émotions enfouies. Ses mots sont comme la lave en fusion d'un volcan qui force le regard vers la réalité cruelle et sordide des filles-mères contraintes au travail forcé dans les blanchisseries tenues par des religieuses.
La saison et l'espoir nous rapprochent de ce récit sous forme de conte de Noël en estompant les lieux et l'époque.
Le décor qui nous fait entrer à pas feutrés et lents jusqu'au dénouement final m'a enveloppée dans sa douce chaleur. J'étais ailleurs dans un autre endroit beaucoup plus proche et accessible qu'il n'y paraît, le coeur humain grâce à aux mots si cristallins de Claire Keegan.
Son héro est Bill Furlong , un charbonnier que j'imagine en grand colosse supportant sans faillir tout le poids des sacs de charbon sur le dos. Pourtant, quelque chose en lui est prêt à se briser, à mourir même.
Va-t-il rompre l'affreux dicton selon lequel chaque année la rivière Barrow prend 3 vies ?
C'est un cadeau que je vous souhaite ardemment.
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fbalestas
  01 mars 2021
Voilà une histoire racontée de manière vraiment très juste et très sensible et qui m'a transportée.
Bill Furlong est un père de famille comblé dans l'Irlande des années 80. Avec ses 5 filles, une femme sérieuse et une entreprise de livraison de charbon, il s'est hissé à une position sociale que son origine – il n'a jamais connu son père – ne lui garantissait pas.
Tout va bien pour le mieux pour lui.
Alors, quand par hasard, alors qu'il livre du charbon au Monastère, il est confronté à la vision de ces jeunes irlandaises, honteusement utilisées par des travaux de nettoyage sans contrepartie, et en particulier face à cette toute jeune femme enfermée dans la cave à charbon, il va se trouver face à un cas de conscience.
Faut-il, comme sa femme et des voisins le lui conseillent, fermer les yeux et maintenir le secret pour ne pas se mettre à dos les puissantes religieuses du Monastère ?
Il y a pourtant cette toute jeune fille, enfermée dans la cave à charbons où il livre, qui semble si frêle, si mal traitée, et sans espoir.
C'est Noël qui s'approche, et Furlong doit livrer une dernière fois le matin de Noël.
Que va-t-il faire ?
« Etait-ce possible de continuer durant toutes les années, les décennies, durant une vie entière, sans avoir une seule fois le courage de s'opposer aux usages établis et pourtant se qualifier de chrétien, et se regarder en face dans le miroir ? » Tout est dit.
Claire Keegan excelle à décrire une atmosphère très irlandaise, tout en dépeignant un scandale qui n'a été définitivement étouffé que récemment. Cette histoire est dédiée aux femmes et aux enfants qui ont subi la claustration dans les blanchisseries de Magdalen en Irlande, une histoire vraie, ensuite portée à l'écran dans le film « The Magdalene Sisters ».
Dans cette longue nouvelle, ou ce court récit, elle a trouvé le ton parfaitement juste pour décrire un héros ordinaire, un homme du quotidien, qui va suivre son instinct plutôt que ce que lui dicte la prudence et qui rend ainsi un discret mais puissant hommage à celle qui l'a élevée comme son propre fils. Un superbe hommage posthume qui m'a complètement séduite.
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fanfanouche24
  27 novembre 2020
C'est la première fois que je lis cette auteure irlandaise…avec ce texte qui m'a attirée par le sujet tiré d'une histoire vraie , effroyable touchant l'Eglise catholique, en Irlande…Scandale dont j'avais eu connaissance en 2002, par le film bouleversant , irlando-britannique, de Peter Mullan (2002) , The
« Magdalene Sisters »….
Claire Keegan transpose cette histoire vraie terrifiante et choquante dans cette fiction… Un portrait tout en douceur et en authenticité de Bill Furlong ; un marchand de bois et de charbon, d'origine des plus modestes, qui a tracé seul sa route, monté son –entreprise, fondé une famille, cinq filles qu'il aime… d'autant plus méritant que sa naissance sans père n'avait pas débuté sous les meilleurs hospices , que sa mère, enceinte à 15 ans aurait pu être , elle aussi, mise au ban de la société, être enfermée dans genre d'institution « faussement caritative » des Magdalene Sisters, être maltraitée, et séparée de son enfant!
Heureusement, sa patronne, sans enfant, reporta son affection sur Bill…le protégera ainsi que la mère, et lui apportera une éducation…
Quand on fait sa connaissance au début de l'histoire, Bill a 40 ans, une petite entreprise, une famille unie ; pour tout cela, il travaille énormément…il est très conscient de la fragilité des choses, d'autant qu'il observe autour de lui, que les chômeurs, la pauvreté augmentent dans cette période de crise économique des années 1980…Il réfléchit à son existence, et il est comme en manque de quelque chose, tout en ne sachant pas vraiment l'exprimer, le cerner !
« Les choses ne changeraient-elles jamais, n'évolueraient-elles jamais vers un lendemain différent, ou nouveau ? Récemment, il s'était mis à se demander ce qui comptait, en dehors des filles. Il aurait bientôt quarante ans, mais n'avait pas l'impression d'arriver à quoi que ce soit ou de faire le moindre progrès et ne pouvait s'empêcher de se questionner parfois sur l'utilité des jours. » (p. 40)
Un jour , il doit se rendre au couvent des Soeurs du Bon Pasteur, pour une livraison de bois et charbon. Ce jour-là, « sa bulle protectrice » va exploser !!...
A cette occasion, il se trompe de porte et il tombe sur les pensionnaires, horriblement habillées, pieds nus, s'escrimant à nettoyer et cirer les parquets ! Troublé , la conscience remuée, il en parle à son épouse, Eileen, qui lui répond que ces affaires ne les concernent pas… ce qui augmente la perplexité, et comme une colère sourde monte dans le coeur de Bill… qui se souvient de sa propre enfance d'enfant naturel, sans père officiel, qui aurait pu être aussi misérable sans leur bienfaitrice, Miss Wilson… !
Il revisite sa vie… et la révolte, le malaise augmentent, d'autant plus lorsqu'il se trouve face à une très jeune femme, grelottante, recroquevillée au fond de la réserve à charbon du couvent…Tout le monde, ailleurs, prépare Noël… son « chez-lui » est confortable, chaleureux, ses filles et son épouse préparent, elles aussi, les festivités.. ; et dans tout cela , notre « héros ordinaire » n'écoutera que son coeur , tout en sachant qu'il va s'engouffrer dans les pires ennuis ; ces religieuses ayant toute la bonne société des notables pour elles, une sorte de pouvoir, et d'immunité au sein de la communauté...
Une lecture simple, émouvante, pleine de retenue et de pudeur !...Un seul regret : l'extrême brièveté de ce texte… Je suis restée quelque peu sur une impression d'esquisse…de narration « suggérée »…que j'aurais souhaitée plus « étoffée », plus développée dans le temps… !

******Voir lien suivant :
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Magdalene_Sisters
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
FabienneGFabienneG   17 janvier 2022
Comme il se sentait presque grand et léger à marcher avec cette fille près de lui et une noie fraîche, nouvelle, inouïe dans le coeur. Etait-ce possible que le meilleur aspect de lui-même soit en train de resplendir, et d'émerger ? Une part de lui-même, quel que soit le nom que l'on puisse lui donner, s'emballait, il le savait. Il était indéniable qu'il le paierait, mais jamais dans toute son humble vie il n'avait connu un bonheur semblable à celui-ci, pas même lorsqu'il avait reçu dans ses bras ses filles nouvelles-nées et avait entendu leurs pleurs.
Le pire était encore à venir, il le savait. Déjà il devinait l'océan de problèmes l'attendant derrière la prochaine porte, mais le pire qui aurait pu se produire était aussi déjà derrière lui : la chose non faite, qui aurait pu l'être - avec quoi il aurait dû vivre jusqu'à la fin de ses jours.
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fbalestasfbalestas   01 mars 2021
Comme ils approchaient du centre de la ville et des lumières de Noël, une part de lui envisagea de reculer et de passer par le chemin le plus long pour rentrer, mais il fit face à la situation et persista dans l’itinéraire qu’il aurait pris ordinairement.
Un changement, semblait-il, survenait chez la fille et bientôt elle dut s’arrêter, et vomit dans la rue.
« Bravo, l’encouragea Furlong. Elimine tout ça. Evacue au moins ça de toi ».
Sur la Grand-Place, elle s’arrêta pour se reposer près de la crèche illuminée et se tint dans une espèce d’hébétude, regardant à l’intérieur. Furlong regarda aussi : la robe voilette de Joseph, la Vierge agenouillée, les moutons. Quelqu’un, depuis la dernière fois, avait placé la statuette de l’Enfant Jésus dans la mangeoire – mais c’est l’âne qui captiva l’attention de la fille, et elle tendit le bras pour lui caresser l’oreille et en chasser la neige.
« S’il n’est pas adorable » dit-elle
- Nous n’avons plus beaucoup de chemin à faire, lui assura Furlong. Nous sommes quasiment à la maison. «
Alors qu’ils continuaient d’avancer et rencontraient d’autres gens connus ou inconnus de Furlong, il en vint à se demanda à quoi bon être en vie si l’on ne s’entraidait pas. Etait-ce possible de continuer durant toutes les années, les décennies, durant une vie entière, sans avoir une seule fois le courage de s’opposer aux usages établis et pourtant se qualifier de chrétien, et se regarder en face dans le miroir ?
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croquignolcroquignol   17 juin 2021
Bientôt, il se ressaisit et conclut que rien ne se reproduisait jamais ; à chacun étaient donnés des jours et des occasions qui ne se présenteraient pas une seconde fois. Et n’était-ce pas doux d’être là où l’on était et, par exception, de laisser l’atmosphère vous ramener dans le passé, malgré le bouleversement, au lieu de toujours examiner la mécanique des journées et les difficultés futures, qui n’apparaîtraient peut-être jamais.
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ZilizZiliz   13 janvier 2021
Où était son père maintenant ? Parfois, il se surprenait à examiner des hommes plus âgés, à essayer de trouver une ressemblance physique, où à guetter un indice dans les choses que les gens disaient. Assurément quelqu'un de la région savait qui était son père - tout le monde avait un père - et il paraissait improbable que personne n'ait jamais dit un mot à ce sujet en sa présence, car les gens ne manquaient pas, il le savait, de révéler ce qu'ils étaient et ce qu'ils avaient dans la conversation.
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palamedepalamede   29 avril 2021
Était-ce possible de continuer durant toutes les années, les décennies, durant une vie entière, sans avoir une seule fois le courage de s’opposer aux usages établis et pourtant se qualifier de chrétien, et se regarder en face dans le miroir ?
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Vidéo de Claire Keegan
A l'occasion de l'Escale du Livre 2021, Claire Keegan vous présente son ouvrage "Ce genre de petites choses" aux éditions Sabine Wespieser. Entretien avec Julia de Chaumont.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2462987/claire-keegan-ce-genre-de-petites-choses
Note de musique : © mollat
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