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ISBN : 2221075730
Éditeur : Robert Laffont (10/10/1994)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 4 notes)
Résumé :
A une époque où l'identité masculine paraît vacillante, noyée dans l'uniformisation générale, réduite à des faits biologiques ou à des concepts psychanalytiques, Jacqueline Kelen ose s'interroger sur l'éternel masculin.

Un éternel masculin nourri de mythes héroiques, de chevaliers et de troubadours, d'enchanteurs et d'esthètes, d'hommes sauvages, d'hommes de coeur et de courage, de séducteurs défiant Dieu, de "ravis", de fous et de rois magnifiques.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Jacopo
  20 juillet 2018
Messieurs, voici le livre qui éclaire l'image de l'éternel masculin. Celle du passé qui aide à comprendre peut-être notre présent et éclairer notre futur. Ce livre ma beaucoup aidé pour la réalisation de ma collection de tableaux « Où sont les héros? » interrogation visuelle sur les aspects sur les images du héros à travers l'histoire. Il fait réfléchir sur la quête du héros, celui de prendre sa place et tout faire ce qu'il se doit pour réussir, et ce, avec ce qu'il est et avec ce qu'il a. Peu-t-on encore aujourd'hui oser faire cela?
Nous sommes tellement blasé de l'état de ce monde que nous avons plus le courage de faire ce qu'il se doit. Et c'est là qu'apparait le héros qui rallume la lumière et éclaire notre voie.Le livre de Jacqueline Kelen nous guide à travers l'histoire des différents héros à travers l'éternel masculin avec sa façon lumineuse et stimulante.Un livre qui fait du bien à lire, comme je les aime.
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Une_aurore
  20 novembre 2019
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie   19 décembre 2010
Le guerrier n'est pas une figure violente mais un exemple de fougue et de courage. Il ne tremble pas devant le danger, il ne cherche pas à rester indemne. Il affronte, et il paie de sa personne. Rien de commun avec le personnage du soldat qui est un instrument, n'a pas de responsabilité propre et en principe a pour tâche de tuer. Ce qui caractérise le guerrier à travers toutes les civilisations traditionnelles - des Grecs antiques aux samourais, en passant par les Vikings et les chevaliers aztèques -, c'est non la soif de verser le sang et de détruire mais le désir de mesurer ses forces, d'accomplir des exploits, de défier la mort. Ainsi, à leur première rencontre, Gilgamesh et Enkidu s'affrontent à mains nues. Ayant chacun expérimenté la vaillance de l'autre et sa vigueur physique, ils arrêtent la lutte et scellent leur amitié. De la même façon, au chant VII de L'Illiade, les champions ennemis Hector et Ajax se livrent un combat singulier qui dure des heures jusqu'à l'arrivée de la nuit. Les adversaires font preuve de qualités égales dans le maniement des armes, l'audace et l'ardeur. Le soir tombe, incitant à la trêve. Hector et Ajax se saluent, ils échangent des cadeaux précieux puis retournent joyeux dans leurs camps respectifs. "Tous deux se sont battus pour la querelle qui dévore les coeurs et se sont séparés après avoir formé un amical accord." En observant le comportment des samourais, on remarque qu'ils sont entièrement dévoués à leur seigneur mais n'ont aucun goût pour le massacre. S'ils tuent, c'est par devoir, non par plaisir. Beaucoup de samourais deviennent ensuite moines bouddhistes et dans leur retraite ils prient pour l'expiation des morts qu'ils ont causées... Enfin, dernier exemple puisé chez les nordiques guerriers de la mer, qui ne doivent pas s'acharner sur le vaincu. Ainsi énonce le code Viking, d'après La Saga de Frithjof du Suédois Tegnér : "Le vaisseau d'un autre Viking est en vue. Lutte et bataille ! Il fait chaud sous les boucliers. Si tu recules d'un pas, tu es chassé loin de nous. C'est la loi. Es-tu vainqueur, c'est assez ! Celui qui demande la paix n'a point de glaive ; il n'est ton ennemi. La prière est la fille de Walhalla. Ecoutez la pâle prière. Il est lâche celui qui dit non."

On le voit, chez le guerrier le combat est toujours loyal. Le soldat, le fanatique, le tueur ne sont pas des figures dévoyées du guerrier mais des figures opposées : ils représentent la force brutale, la violence aveugle, la domination par les armes là où le guerrier incarne la maîtrise de soi et la force d'âme.
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LaumnessLaumness   11 septembre 2018
Il est, le Roi, le plus malheureux et le plus heureux des hommes. Le plus affligé et le plus protégé par le Ciel. Des coups violents s’abattent sur lui et plus que d’autres la grâce l’inonde. Il chante, il désespère. Il vit dans le brasier et la fontaine. Il est fait pour les terribles deuils et les rencontres exceptionnelles. Il navigue d’un extrême à l’autre et jamais, jamais ne se fige dans un état. Mais d’un extrême à l’autre il passe toujours par le lieu du cœur – ce lieu mystérieux d’où tout jaillit et où tout se transforme.

Le Roi est la somme de tous les mythes masculins parcourus en ces pages, leur sens aussi et leur accomplissement. Il harmonise en lui les figures de l’enfant, du conquérant, du troubadour, du méditant… Assumant toute la condition humaine et toute la destinée angélique, le Roi représente le Dieu en soi. Pour devenir immortel que faire d’autre que s’identifier au Soleil ou à la Divinité ? Ce n’est pas un blasphème, c’est une évidence. Ainsi parlait-on encore au XVIIe siècle de l’Imitation de Jésus-Christ. Tâcher de ressembler à ce qu’il y a de plus accompli est bien la seule façon de devenir vertueux. « Sois un Dieu toi-même », enseignaient les pythagoriciens. Noble programme, plus exigeant que de s’avouer misérable, pauvre pécheur. « La première manière qu’ont les hommes d’imiter le culte divin est de se vénérer eux-mêmes comme des dieux », écrivait Marsile Ficin. Plus tard Angelus Silesius reprendre le message : « Tu ne viendras pas au ciel que tu ne sois toi-même, avant, un ciel vivant. »

Aujourd'hui la perfection fait peur. On préfère se dire malportant et on fait appel à toutes les absolutions des thérapeutes, à toutes les excuses fournies par les démagogues et les travailleurs sociaux pour se soustraire à ce devoir d’homme : devenir grand, noble, vertueux. Ce n’est pas la religion qui est en cause : bon nombre de grands hommes des siècles passés – artistes, savants, souverains – pratiquaient les vertus chrétiennes, qui les firent magnanimes. C’est une pensée tournée constamment vers le besoin élémentaire. Si l’homme moderne tremble à la seule idée de la perfection, c’est qu’on lui a ratatiné l’âme et supprimé tout désir ; la marée noire de la psychiatrie et de la psychanalyse a englouti l’aventure intérieure, confondant de façon diabolique le spirituel avec l’inconscient.

Quels sont les modèles que propose aux jeunes une société engluée dans l’utilitaire et le déterminisme ? Aucun, ou bien ces pâles idoles du sport et du « show-business » ou ces « battants » qui prônent la réussite matérielle. Ces ombres éphémères et souvent grotesques, liées au court terme, ne remplaceront jamais les mythes dont le contenu intemporel s’adresse à la partie la plus fine et la plus durable de notre être. Fréquenter la beauté, se vouloir soleil comme Pharaon, imiter Jésus-Christ comme le suggérait François de Sales : on n’a rien trouvé de mieux jusqu’ici pour développer sa sensibilité et accroître ses vertus. Si les parents, les professeurs font défaut à cette éducation, il reste l’immense ressource des livres, des œuvres d’art, il reste le silence intérieur et la réflexion solitaire.

Du code courtois à la morale de la grandeur d’âme, de la conduite héroïque et l’idéal chevaleresque court une seule vertu : l’exigence. Et contrairement à ce que grognent les médiocres, les démissionnaires, l’exigence est un plaisir. Un plaisir d’une rare qualité.
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LaumnessLaumness   10 septembre 2018
Le très ancien affrontement entre esprit courtois et esprit bourgeois se traduit aujourd'hui par l’immense fossé qui sépare les hommes d’élan chevaleresque et les hommes mus par le calcul politique. Les premiers suivent un idéal, les second ont de l’ambition. Alors que la plupart, dressant une liste de vœux, supputent ce qu’ils attendent de la vie, les hommes d’honneur, eux, se posent la question : qu’est-ce que la vie attend de moi ?

À l’élan chevaleresque correspondent l’enthousiasme, un cœur confiant et loyal, l’implication personnelle, le courage et l’altruisme ainsi que la notion de service et la générosité. Noblesse oblige. C’est dire que plus on a reçu de dons ou de talents, plus on a de puissance et d’intelligence, et plus on se sent des devoirs envers les autres. À l’opposé, la démarche politique, fruit de calculs et d’intérêts personnels, vise le pouvoir et au lieu de servir elle devient un cumul de privilèges : plus haut est-on placé dans la hiérarchie politique, plus on a de droits et de subsides.

L’honneur est une vertu individualiste, une qualité d’exigence et de dépassement qui n’a pas besoin de l’approbation d’autrui. Il repose sur le respect et l’estime de soi, hors de toute implication communautaire. De l’honneur, lié à l’individu conscient, on est passé aux honneurs, décorations extérieures et signes publics, comme de l’esprit chevaleresque on est passé à l’affairement politique et syndicaliste.

En juin 1870 paraît un décret officiel qui attribue la Légion d’honneur au peintre Courbet. Dès le lendemain Courbet envoie une lettre au ministre des Beaux-Arts pour dire qu’il refuse cette décoration : « L’honneur n’est ni dans un titre ni dans un ruban, il est dans les actes et dans le mobile des actes. Le respect de soi-même et de ses idées en constitue la majeure part. Je m’honore en restant fidèle aux principes de toute ma vie ; et si je les désertais, je quitterais l’honneur pour en prendre le signe. » Et cette superbe missive se termine ainsi : « J’ai cinquante ans et j’ai toujours vécu en homme libre ; laissez-moi terminer mon existence libre ; quand je serai mort il faudra qu’on dise de moi : celui-là n’a jamais appartenu à aucune école, à aucune Église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n’est le régime de la liberté. »

Suivant le fier exemple de Courbet, on pourrait dire que l’honneur aujourd'hui est de garder la tête haute en refusant aussi bien toute humiliation que toute récupération et tout assistanat plus ou moins déguisé. C’est refuser que notre bien-être, notre culture, nos loisirs, notre façon de penser soient « gérés » par le politique, par tel parti ou tel groupe. C’est refuser de se laisser corrompre ou même flatter par les entreprises de tout genre qui distribuent des assurances, une manne financière ou des « honneurs ». Je pense ici à mon ami Éric, âgé de trente-cinq, qui est sculpteur. Il est allé un jour prendre un rendez-vous à la mairie de son arrondissement pour connaître les logements disponibles dans son quartier, et à peine avait-il ouvert la bouche que l’assistante sociale lui déclarait que, étant donné sa situation précaire, il « avait droit » au RMI. Réaction immédiate d’Éric, offusqué : le refus. Par fierté. Parce qu’il n’est ni impotent ni âgé ni fainéant. Parce qu’il est un artiste, non un parasite. Et le chevalier est reparti, la tête haute, laissant éberluée la pauvre assistante qui ne cherche qu’à assister…

L’honneur n’a pas pour sens de plaire à l’autre mais de ne pas se dégrader à ses propres yeux. Comme il n’apparaît pas comme une vertu démocratique, il est souvent renié ou moqué de nos jours. L’honneur s’adresse en effet au mérite, à la dignité de l’être humain. On n’honore pas un homme parce qu’il est un exemplaire parmi d’autres de l’espèce humaine mais parce qu’au lieu d’être vil, médiocre, cruel, pervers, il montre courage, liberté et vertu. La grande confusion de la démocratie est de croire que l’égalité entraîne la solidarité. Or l’aide, la fraternité, l’amitié sincère sont le fait, l’apanage même, d’individus souverainement libres, indépendants et maîtres d’eux, qui n’ont pas pour souci premier et obsédant l’égalité de tous. Ce n’est pas un hasard si la noble vertu qu’est l’amitié fut pratiquée par les héros antiques, par les chevaliers médiévaux, par les philosophes et les artistes véritables : l’amitié célèbre toujours la parfaite solitude de l’autre, elle est pure générosité et d’essence aristocratique.
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claireogieclaireogie   19 décembre 2010
A partir du moment - cela a commencé au XVIIIe siècle - où l'on a dénié au guerrier la culture, le goût du chant et de la poésie, on a fait de lui un homme violent, un soldat destiné à tuer ; et en séparant l'ardeur guerrière de la sensibilité, on a fait de l'artiste un être raffiné, certes, mais quelque peu efféminé, sans vigueur. Désormais les catégories sont là, antagonistes : le militaire brutal ou grossier mais actif et le poète élégant, tendre, mais exempt de courage. Et pourtant, à fréquenter les mythes et les glorieuses figures de l'histoire, on se rend bien compte qu'une même énergie, une même splendeur aussi, circule de la prouesse à la poésie et à l'amour, dont le centre se trouve dans le coeur-courage. Avec fougue et ferveur, le héros s'adonne au combat et à l'amour, aux armes et aux lettres ; la musique, la femme, le compagnon d'armes exaltent son énergie.
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claireogieclaireogie   19 décembre 2010
Ceux qui frémissent en entendant le mot de "guerrier" ne sont pas de doux agneaux mais des gens qui ont perdu contact avec leur virtù, qui ont peur de s'impliquer et qui délèguent à d'autres la parole ou le geste courageux. Non seulement ils ont peur d'aller au combat mais ils retiennent quiconque de faire acte de vaillance ou de responsabilité. Ce ne sont certes pas des criminels, c'est la masse sombre et indécise des pleutres et des prudents, tous ceux qui crient au héros : "C'est dangereux, n'y va pas !" C'est Sancho essayant de modérer Don Quichotte ; c'est la possessive tendresse maternelle qui cache sous ses jupes le fils chéri, car il pourrait avoir mal ; c'est la femme qui par besoin de sécurité coupe les ailes de l'homme nomade ;
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Videos de Jacqueline Kelen (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Kelen
Le chemin de sainteté passe par la rencontre avec le Démon. Ermites, moines et moniales, mystiques hommes et femmes, tous ont eu à subir ses tentations et ses assauts. C?est leur histoire, leur combat et, souvent, leur victoire que raconte ce livre.
http://bit.ly/2e1RAb9
À une époque qui ne croit plus guère en Dieu ni au Malin, et qui rejette tout phénomène surnaturel, voici un essai érudit et passionnant, qui rappelle la réalité de Satan.
Écrivain, productrice à France Culture pendant vingt ans, Jacqueline Kelen a publié une trentaine de livres consacrés aux grands mythes, aux figures mystiques et à la vie intérieure.
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