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ISBN : 2830915712
Éditeur : Labor et Fides (04/03/2015)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Qui donc a décrété que la religion était une voie austère ? Qui a dit que la sagesse et la sainteté excluaient nécessairement le rire, la danse, les bons mots, l'exubérance ? A travers ses propos d'insoumise sur sa quête du divin, Jacqueline Kelen renverse gentiment les tables pour révéler l'essentiel. Dans une époque morose ou tragiquement soumise aux modes, elle présente des figures toniques, irrévérencieuses ou joyeuses permettant de s'abstraire des bonheurs et v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
eowin
  14 février 2016
Un livre qui fait réfléchir!
Dans ce long entretien, Jacqueline Kelen témoigne de son enfance, de ses goûts littéraire, de sa spiritualité, de son chemin de vie en somme. Un livre, qu'il me faudra relire, car la dame est cultivée et nous le fait partager, d'une manière positive car portant à la curiosité soit pour les auteurs ou les thèmes traités.
Ce qui en ressort un goût pour l'étude, la recherche, la solitude, une religiosité à la fois vive et apaisée et des prises de position sur l'esprit et la nature humaine empreintes d'absolu.
Un beau texte!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LaumnessLaumness   14 septembre 2018
– Peut-on conjuguer à la fois fierté et humilité ? C’est un exercice de haute voltige !
– C’est l’équilibre souverain. En lisant L’Échelle sainte de Jean Climaque, j’avais recopié cette phrase magnifique qui commence ainsi : « Sois comme un Roi dans ton cœur… » Ce n’est pas un conseil, mais un ordre pressant, un impératif qui s’adresse à chacun, tel le « viens et suis-moi » de Jésus. L’ermite du Sinaï ne dit pas : « sois un roi », ce qui pousserait à l’orgueil et à la satisfaction, mais il prend l’image du roi pour évoquer la puissance, l’éclat, la liberté aussi de qui gouverne ses passions et règne sur sa vie intérieure. Cette royauté ne s’exerce pas au vu et au su de tous, elle ne porte pas à la vaine gloire et ne réclame nul privilège. Elle s’établit dans le secret, dans le cœur caché que ne perçoivent pas les hommes, mais dans lequel plonge le regard de Dieu. C’est pourquoi Jean Climaque écrit : « Sois comme un Roi dans ton cœur, siégeant sur le trône élevé de l’humilité. » Ce trône est, comme le roi, invisible et le paradoxe n’est qu’apparent : on s’élève par l’humilité. Dans sa Règle, saint Benoît, au Ve siècle, énonce que le moine doit « gravir les degrés de l’humilité » et, se référant à l’échelle de Jacob, il ne décrit pas moins de douze degrés de l’humilité.
Conjuguer la fierté et l’humilité, c’est le roi qui n’oublie pas qu’il est un homme, nécessairement imparfait et faillible, mais ne se démet pas pour autant de ses fonctions de roi, ne renonce pas à la vocation transcendante de l’être humain. Ainsi, l’humilité et la fierté sont indissociables dans une démarche spirituelle, elles se soutiennent et se tempèrent l’une l’autre. S’il s’humilie sans arrêt, le chrétien risque de sombrer dans le dégoût et le désespoir ; mais à ne considérer que sa grandeur, il risque de s’enorgueillir et de se croire arrivé en haut de l’échelle. On rappelle souvent l’étymologie du terme humilité qui vient du latin humus, le sol ; mais cela n’entraîne pas qu’on doive se tenir plus bas que terre. J’y lis davantage la fertilité de l’humus, capable de nourrir les petites pousses spirituelles. Pour ma part, je préfère les termes de modestie, de discrétion, d’effacement, et j’attribue à une attitude véritablement humble aussi bien le silence gardé sur les mérites personnels et les progrès spirituels accomplis que sur les grâces et les lumières reçues du Ciel. Loin d’être ignorant ou accablé, l’homme humble mesure avec lucidité tout le chemin qui reste à parcourir et il s’y emploie avec patience et détermination.
J’aimerais parler aussi du repentir, un sentiment qui n’a plus guère cours à une époque où chacun se trouve des excuses à tout propos. Se repentir, au sens chrétien, ce n’est pas seulement regretter l’erreur qu’on a commise, le mal qu’on a fait, et s’en confesser, c’est se rendre compte que l’on a ainsi trahi ou terni son Image céleste, qu’on a laissé s’abîmer en soi la Gloire de Dieu. C’est pourquoi le repentir induit la réparation et le retour au Seigneur. Il est dynamique et non pas désolant : il prend appui sur la terre ferme de l’humilité afin de se redresser et de retrouver la fierté spirituelle. Se repentir, ce n’est pas se morfondre, c’est remonter la pente, et la remonter jusqu’à Dieu.
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LaumnessLaumness   14 septembre 2018
– Vous faites une nette différence entre écrire et devenir écrivain.
– Oui, tout le monde écrit aujourd'hui, c'est-à-dire veut se raconter, « s’exprimer » selon l’injonction du temps. Or, l’écriture comme art n’est pas un exutoire ni un document, mais une création singulière et une re-création de la réalité, avec la langue appropriée. Quant à se dire écrivain, il faut attendre que beaucoup d’encre passe sous les ponts : il faut un style, un univers très reconnaissable, une approche originale, c'est-à-dire qui n’appartient qu’à soi et bien sûr, quelque chose à dire de plus vaste que sa petite personne. Ainsi, quelqu'un peut être l’auteur de nombreux livres à succès sans être du tout un écrivain, sans mériter ce beau qualificatif. Comme tout véritable artiste, un écrivain touche à l’universel et s’inscrit dans l’intemporel, loin de se réduire à l’actualité. Et il œuvre toute sa vie durant. Tel l’alchimiste qui se partage entre l’oratoire et le laboratoire, il réfléchit, écoute, fait silence, médite longuement avant d’agir sur la matière qu’est la langue, avant de travailler les mots, le rythme, les sonorités. C’est une passion puissante qui réclame une longue patience ; c’est une tâche ardue qui parfois est visitée de la grâce et reçoit l’inspiration.
– Avez-vous une discipline particulière au travail ?
– Oui, lorsque j’entre en écriture, comme on dit entrer en religion, je ne me permets aucun arrêt, aucune récréation. Chaque jour que Dieu fait, ou que Thot accorde, je m’assieds à mon bureau, sept ou huit heures d’affilée, quel que soit mon état, sans m’accorder la moindre excuse. Le soir, parfois, j’ai rédigé trois ou quatre pages que j’estime achevées, bien travaillées, parfois seulement la moitié d’une. Et je sais que, le lendemain, je serai fidèle au poste, jusqu’à ce que j’aie terminé le livre.
– Avez-vous, comme l’on dit, l’angoisse de la page blanche ?
– Non. Non pas que je suis sûre de moi, mais parce qu’écrire dépend à la fois de moi, d’un travail assidu, et ne dépend pas de moi. J’ai une sorte de confiance, ou plutôt de sereine assurance qui ressemble à la foi : je sais que j’y parviendrai parce que je serai soutenue. J’y parviendrai au mieux grâce à une ascèse rigoureuse, à mes ressources personnelles, mais aussi grâce à ceux qui dans l’invisible veillent sur mon travail et parfois me soufflent à l’oreille… Je n’écris pas pour moi, pour me dresser une statue, ni pour devenir célèbre. J’écris parce que je le dois : afin de faire fructifier ce qui m’a été donné, et par là remercier. J’essaie de révéler ce que Albert Béguin nomme « l’infini derrière les choses ». La page blanche ne me fait pas peur, elle m’invite plutôt à une extrême délicatesse : l’art d’écrire ne consiste pas à « noircir » des pages, mais à y déposer des signes, des lueurs, telles les traces que les oiseaux laissent sur la neige.
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Videos de Jacqueline Kelen (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Kelen
Le chemin de sainteté passe par la rencontre avec le Démon. Ermites, moines et moniales, mystiques hommes et femmes, tous ont eu à subir ses tentations et ses assauts. C?est leur histoire, leur combat et, souvent, leur victoire que raconte ce livre.
http://bit.ly/2e1RAb9
À une époque qui ne croit plus guère en Dieu ni au Malin, et qui rejette tout phénomène surnaturel, voici un essai érudit et passionnant, qui rappelle la réalité de Satan.
Écrivain, productrice à France Culture pendant vingt ans, Jacqueline Kelen a publié une trentaine de livres consacrés aux grands mythes, aux figures mystiques et à la vie intérieure.
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