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Critiques sur Beau parleur (36)
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nameless
  24 février 2018
Un roman quasi envoûtant dans lequel j'ai plongé avec délices, dont j'ai apprécié chaque phrase, qui explore avec brio les tréfonds de l'âme humaine et de ses ressorts tourmentés. Bien qu'américain, il y a quelque chose de british dans ce livre, impression encore renforcée par le fait que l'intrigue se déroule dans l'autre Cambridge, celui où se situe l'université d'Harvard.


Jesse Kellerman nous présente Joseph Geist, étudiant en philosophie, aux prises avec une thèse sur le libre-arbitre, sur laquelle il travaille depuis des années sans réussir à y inscrire le mot "fin". N'ayons pas peur des mots : bien que sympathique, Joseph est vélléitaire, victimaire, auto-apitoyé. Spécialiste du libre-arbitre il s'entortille dans ses théories fumeuses, fallacieuses, nébuleuses, pour éviter d'avoir à admettre, que simplement, il n'aime pas trop bosser. Interprétant la philosophie à sa manière et la mettant à sa sauce, il se trouve toujours confronté à un trop grand nombre de choix sur lesquels il digresse interminablement, ce qui lui permet grâce à de splendides pirouettes mentales, de faire le plus approprié à ses désirs de luxe, calme et volupté, sans trop s'épuiser à la tâche. Ses tergiversations contiennent beaucoup d'humour et une bonne dose d'auto-dérision qui les rendent à la lecture savoureuses.


Lourdé de Harvard par sa soi-disant directrice de thèse, éjecté par sa petite amie, le voilà au pied du mur, ayant épuisé toutes les bourses estudiantines, obligé de chercher un travail alimentaire. C'est ainsi qu'il répond à l'annonce d'Alma, qui cherche un partenaire de "conversation". Quelle aubaine pour Joey qui sait si bien parler, si bien réfléchir ! Le gîte, le couvert, de l'argent de poche, contre deux heures de parlotte quotidienne, c'est inespéré. Son intrusion dans la vie d'Alma modifiera définitivement le cours de celle de Joey, irrémédiablement, inexorablement. La progression de l'intrigue est exceptionnelle, au goutte-à-goutte est distillé le suspens, on ne peut en dire davantage.


La première conversation philosophique entre Alma et Joey a pour thème : Vaut-il mieux être heureux ou intelligent ? Ma conclusion "philosophique", une fois l'épilogue atteint, est : Un spécialiste du libre-arbitre peut-il vivre heureux dans un monde totalement privé de liberté ? 

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tousleslivres
  02 octobre 2012
Après avoir beaucoup apprécié les deux premiers romans de Jesse Kellerman : "Les visages" et "Jusqu'à la folie" me voici en possession de ce troisième opus "Beau parleur" grâce aux Éditions Des deux Terres qui m'ont confié un exemplaire (non corrigé) et je les remercie de tout mon coeur, d'une par pour la confiance qu'ils ont placé en moi et d'autre par pour m'avoir fait découvrir (encore une fois) en avant première cette petite merveille !!!

J'ai adoré !!! C'est un mélange de thriller, de roman psychologique (comme je les aime), de réflexion sur la vie, ses joies et ses déboires et c'est aussi un roman très noir qui prend aux tripes. Personnellement ce roman est entré dans ma tête et ce n'est pas demain qu'il en sortira...
Je viens de le finir et je suis médusée par cette lecture.

Les 60 premières pages sont consacrées à la biographie de Joseph Geist. On découvre donc que Joey n'a pas eu une enfance très heureuse, je dirais même très douloureuse. Il avait un père très violent, une mère soumise, un frère qui se tue après une très grosse dispute avec son père. Mais 20 ans sont passés et Joey a toujours du mal à pardonner à ses parents de la mort de son frère et tout ce qui c'est passé avant dans cette famille.

Joey n'a pas réussi à finir sa thèse qui a pour sujet le libre arbitre. Il en est à un nombre incroyable de versions toutes plus longues les unes que les autres. Au départ, cette thèse se présentait bien, il avait trouvé un maître de thèse qui avait les mêmes idées que lui, mais il mourut peu après et Joey c'est trouvé dans l'obligation de trouver un autre maître de thèse, il trouve une femme qui ne le comprend pas. Elle le casse et ne l'aide en rien, son travail tourne en rond, il se fait renvoyer de la FAC. En même temps, rien ne va avec sa copine chez qui il squatte depuis deux ans, elle le met à la porte, elle ne le supporte plus. Il est à la rue quand il répond à une petite annonce :

« Interlocuteur souhaité
Pour heures de conversation.
Pas sérieux s'abstenir.
Appelez au 617.XXX.XXXX
Pas de démarchage SVP. »

Il rencontre Alma Spielmann, née en 1922 dans une famille de fabricants d'instruments de musique à Vienne. Mais on apprendra par la suite la vraie teneur du passé de sa famille. Elle passe donc cette annonce, elle recherche quelqu'un pour parler quelques heures tous les jours.
Au fil des jours, il va se nouer une amitié forte, comme un amour platonique.
Une phrase qui résume bien cette amour entre les deux personnages : « le véritable bonheur platonique est la fusion de deux esprits ».
Puis, un jour, le neveu d'Alma, Éric débarque sans prévenir. C'est là que tout va déraper, Joey se persuade qu'Alma peut le remplacer par Éric, qui pourrait perdre l'amour de la vieille dame. Mais on va s'apercevoir qu'Éric n'est qu'un jeune homme perdu qui ne vient voir sa tante que pour lui soutirer de l'argent.

Puis Alma meure... meurtre ou suicide ???
Puis, iIl arrive ce qui n'aurait jamais du arriver : Joey tue et camoufle. Il s'enferme chez lui, enfin, chez Alma, elle lui tout de même laissé sa maison, tout ce qu'il y a dedans et plein d'agent, mais il y a des conditions qu'il arrivera pas à tenir, il va perdre totalement pied et c'est une descente aux enfers effroyable.

J'ai vraiment adoré ce livre, sa lecture est très rapide, les chapitres défilent à une vitesse faramineuse.
J'ai adoré le chapitre entre le 21 et le 22, il est extra, rapide, stressant et remplit de suspens. A chaque chapitre l'auteur, Jesse Kellermann, fait monter la pression.
A chaque page tournée on veut, on doit connaître la suite, ce qui fait de ce livre une vraie perle psychologique !!!
Lien : http://tousleslivres.canalbl..
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Ziliz
  04 octobre 2012
Eternel étudiant en philosophie dont le mémoire piétine, Joseph se fait finalement "remercier" par sa directrice de thèse, et virer par sa petite copine. Après quelques jours de galère à squatter chez des copains, il trouve un job qui lui convient parfaitement : discuter philo avec une octogénaire érudite et fort sympathique.

Il faut attendre très longtemps - la moitié de l'ouvrage - avant d'entrer véritablement dans un thriller ou tout au moins un roman à suspense. On se demande longuement d'où va venir la menace, tout semble si paisible et harmonieux... Mais qu'importe, car le début est très plaisant : le thème du libre-arbitre et les réflexions de Joseph sont passionnantes, ainsi que les échanges entre la vieille femme et le jeune homme, empreints de tendresse.

Une fois le suspense installé, on baigne dans une ambiance hitchockienne, qui rappelle le Horla de Maupassant : la paranoïa croissante de Joseph, sa sensation d'être observé et/ou de s'empêtrer dans ses élucubrations rend le récit délicieusement angoissant.

La fin m'a cependant déçue : après bien des surprises (qui ne tombent jamais dans les effets spectaculaires, ce qui est très bien), on arrive finalement sur un sombre rebondissement somme toute banal. Reste le propos en filigrane, qui fait la force et l'originalité de l'intrigue : le paradoxe entre les mésaventures de Joseph et ses théories sur le libre arbitre...

Encore de bons moments de lecture grâce à Jesse Kellerman, dont le chef-d'oeuvre reste pour moi Les visages. Ce livre m'a donné envie de découvrir le (vieux) roman Harold et Maude (Colin Higgins)...
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jeandubus
  25 janvier 2014
beau parleur.
Un sans-faute pour ce roman brillant qui nous permet d'accompagner un jeune homme, Joseph, issu d'une famille ordinaire (au sens où le père est alcoolique et bat son frère à toute occasion devant une mère honteuse et sotte, et cela jusqu'au pire) vers l'université de Harvard où il peine un peu a atteindre le niveau requis en philosophie.
Sa « soit disant » directrice de thèse comme elle se présente à lui, semble le harceler, mais la vérité est que Joseph n'y arrive pas. Il se perd dans les digressions ce qui agace son entourage et notamment sa fiancée qui le met à la porte.
Bien qu'il ait de vrais talents dialectiques Joseph n'aime pas travailler, ni à l'université ni pour gagner sa vie. L'offre d'Alma, une vieille femme cultivée et fortunée, de devenir son interlocuteur deux heures par jour a tout pour le séduire. N'en disons pas plus.

On ne manque pas un mot de ce récit bien construit, de la lente et géniale progression qui amène Jesse Kellerman à modifier radicalement la syntaxe cent pages avant la fin pour mieux capturer le lecteur.( on court littéralement après lui)

On sort ravi de ce tunnel. On sait qu'on s'est nous aussi laissés séduire par ce beau parleur qu'est Joey et qu'à tout moment on voudrait lui pardonner.

On n'en a pas le droit et pourtant même son ami prêtre catholique n'est pas très loin de céder.
Bonne lecture
PS.
Le pitch de la 4° de couverture est totalement erroné.
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liliba
  02 novembre 2012


Interlocuteur souhaité pour heures de conversation.

Pas sérieux s'abstenir.

Appeler au xxxxxxxx

Pas de démarcheurs SVP.



Une petite annonce à laquelle il ne me déplairait pas du tout de répondre, puisqu'elle attiserait tout d'abord ma curiosité. Et puis, être payé pour faire la conversation, quel rêve, cela ne semble pas bien compliqué, et si c'est tout ce qu'on demande…

Ce sont à peu près les réflexions que se fait Joseph Geist quand il tombe sur cette annonce dans le journal d'Harvard. Pour lui, une aubaine ! Parler, ça, il fait faire, et même très bien, trop parfois, puisque Joseph est un « beau parleur ». Parler en effet, philosopher aussi puisque c'est la discipline qu'il a choisie pour ses études, ça le connait. Et ça l'empêche de regarder de trop près son parcours, de s'y pencher et l'analyser. Car Joseph est dans une mauvaise passe. Sa thèse commencée des années lumière plus tôt n'avance pas d'un iota, on dirait même qu'elle recule. Certainement la faute de sa directrice de thèse qui le déteste et fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues, et vient notamment de lui couper tout subsides et de le virer de l'université…

Sa vie privée est au même point mort. Sa petite amie Yasmina vient de le ficher à la porte sans sommation et il doit squatter chez son copain Drew, partant comme un malheureux avec ses maigres possessions : un pauvre sac contenant ses affaires et serre-livre en bronze ramené d'un voyage à Berlin que détestait son amie : un buste représentant la moitié gauche de la tête de Nietzche auquel il tient farouchement et dont il ne veut pour rien au monde se séparer.

Joseph n'a plus d'amis, ou si peu, et ne veut pas s'abaisser à un travail alimentaire et a, on peut le dire, une très haute estime de lui-même. Autant de raisons qui font qu'il est ravi de faire la conversation avec Alma Spielmann, un job qui n'en n'est pas vraiment un. Cette vieille dame s'avère être absolument charmante, bien élevée et érudite. Comble de bonheur, elle est aussi férue de philosophie et a même écrit une thèse il y a des années ! Il semble donc que ces deux-là étaient faits pour se rencontrer et c'est avec plaisir que le jeune homme plus si jeune que ça accepte au bout de quelques temps son offre de venir habiter chez elle – en tout bien, tout honneur. Dommage qu'il y ait ce neveu étrange et désagréable que Joseph déteste au premier regard, qui vient régulièrement rendre visite à sa tante puis lui soutirer de quoi vivre, fumer, boire et continuer une vie oisive et très certainement dissolue. Dommage également que Joseph soit obligé de croiser chaque semaine la femme de ménage toujours aussi désagréable qui semble prendre un malin plaisir à faire vrombir l'aspirateur dans ses oreilles…

Malgré le confort de la vieille maison, le froid mis à part, et la délicatesse de la vieille dame, Joseph n'arrive toujours pas à se remettre au travail sur sa thèse qui stagne, stagne… La philosophie qui le passionne semble ne pas beaucoup l'aider dans son quotidien, où il passe plutôt son temps à végéter et se plaindre, plutôt que de prendre sa vie à bras le corps. Certes, il est inquiet de la santé déclinante d'Alma, il aimerait aussi que Yasmina tente un rapprochement, mais le libre arbitre étudié dans les livres, et sujet de sa thèse, reste complètement abstrait et c'est un homme balloté de-ci de-là qu'on découvre, sans ambitions concrètes, bouffi de rêves et illusions, un type pas très sympathique ni agréable, mais dont le lecteur suit cependant avec passion les déboires et aventures.

Là est à mon avis un des grands talents de l'auteur qui arrive à nous passionner alors que, avouons-le, il ne se passe quasiment rien dans la première partie du livre, qui m'a semblé plutôt longue quand on revient sur tout le passé de Joseph, son enfance et ses relations avec sa famille, ses parents et son frère. C'est pourtant là qu'on comprend, on s'en rendra compte après, le pourquoi de son caractère. On aurait envie de lui botter les fesses, de le bousculer, mais on ne lâche pas, parce qu'on sent qu'une tension monte insidieusement dans la grande maison d'Alma, et qu'à la fin, il va bien se passer quelque chose, et que ce quelque chose ne pourra pas être vraiment rose… Ce roman n'est à mon sens pas un thriller au sens où on l'entend généralement, mais plus un roman psychologique, et en tout cas, pas du tout le page-turner annoncé. Ne vous fiez donc pas à l'exergue du Daily Mail en 4ème de couv : "Une menace latente à chaque page, comme dans les meilleurs Hitchcock !", car elle est fausse, au moins pour toute la première partie du livre. J'ai personnellement beaucoup apprécié les digressions philosophiques, qui m'ont ramenée à une époque ou j'étais passionnée par cette matière. le roman permet également une intéressante réflexion sur le libre-arbitre, on l'a vu, et sur la liberté.

Le grand avantage de Joseph Geist est sa capacité à l'autodérision, sans quoi il serait vraiment insupportable. Il est relativement conscient de ses faiblesses et défauts, bien qu'il ne fasse rien pour y remédier, sauf dans ce fameux chapitre où tout bascule. Car oui, il y a bien un chapitre où tout bascule, et où le roman devient (enfin) un thriller. D'ailleurs la narration le marque bien, puisqu'on passe du « je » narratif au « vous », une distanciation dont le héros (anti-héros ?) a probablement besoin pour raconter l'irracontable.

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leolechat
  02 octobre 2012
Sommes-nous libres de choisir et de décider de nos actes ou au contraire, ne somme-nous que de simples pantins entièrement conditionnés ?
La souveraineté de la volonté est-elle un leurre ou une réalité ?
La notion de libre-arbitre est un concept sur lequel ont débattu de nombreux philosophes, d'Aristote à Nietzsche, et c'est autour de cette notion que Jesse Kellerman a construit son nouveau roman "Beau parleur", faisant de son personnage central un étudiant en philosophie passionné par les théories existentialistes.

L'auteur a choisi de situer l'intrigue à l'université d'Harvard, à Cambridge, où il a lui-même poursuivi ses études de philosophie. Joseph Geist, le narrateur, est un étudiant pauvre dont les maigres possessions se résument en quelques ouvrages universitaires, un ordinateur portable, sa thèse inachevée sur le libre-arbitre et un serre-livres représentant une ébauche imparfaite et grossière de la tête de Nietzsche, dénichée sur un marché aux puces.
Par une froide soirée d'hiver, sa petite amie le jette dehors sans ménagement. Hébergé provisoirement par un ami, Joseph comprend qu'il va devoir très vite trouver une solution afin de mettre fin à cette situation inconfortable. En quête d'un emploi, il parcourt les petites annonces quand une curieuse offre retient son attention : "Interlocuteur souhaité pour heures de conversation..."
Le dépositaire de l'annonce s'avère être une piquante octogénaire à la conversation érudite. Autrichienne de naissance, cette célibataire éprise de liberté a étudié la philosophie avec les plus grands et parcouru le vaste monde avant de faire de Cambridge son port d'attache. Ils s'entendent immédiatement et Joseph est engagé sur-le-champ, la vieille dame lui proposant même l'hospitalité dans sa splendide demeure. Joseph qui a connu une enfance difficile savoure le confort que lui procure sa nouvelle vie et se prend très vite d'affection pour Alma qui devient pour lui la parente de substitution dont il a toujours rêvé. La vieille dame, de son côté, trouve en lui l'interlocuteur idéal avec qui débattre autour des sujets qui l'ont toujours passionnée. Seule ombre au tableau, une névralgie du trijumeau qui provoque épisodiquement chez Alma de violentes céphalées l'obligeant à s'aliter.
Leur belle complicité va malheureusement se retrouver contrariée par le retour d'Éric, le neveu d'Alma, un jeune homme paumé, uniquement intéressé par la fortune considérable de cette dernière. Celui-ci voit d'un très mauvais oeil les liens qui se sont tissés entre Alma et Joseph. Il craint d'être dépossédé de l'héritage tant convoité par celui qu'il considère comme un intrus. Il va dès lors, tout tenter pour faire main basse sur la fortune de la vieille dame, allant jusqu'à proposer une alliance à Joseph afin de mettre en oeuvre un plan machiavélique.
Jusqu'où Éric est-il prêt à aller pour assouvir sa cupidité ? L'affection que Joseph voue à la vieille dame sera-t-elle plus forte que l'appât du gain ?


Déjà sous le charme de la plume de l'auteur avec son premier roman "Les visages", je suis littéralement conquise par ce dernier. A l'instar des maîtres du thriller psychologique que sont Ruth Rendell, Henning Mankell ou Elisabeth George (je pense à "Anatomie d'un crime", notamment), l'auteur nous livre une intrigue retorse, glaçante et diablement bien maîtrisée.
Dans la première partie du roman, le narrateur nous livre peu d'éléments sur sa personnalité, il nous relate surtout son enfance meurtrie et sa lutte acharnée pour réussir à se démarquer d'un environnement dont il se sent étranger. C'est dans la seconde partie que tout s'accélère, on voit alors émerger la personnalité complexe du narrateur qui se dévoile avec de plus en plus de facilité, jusqu'à se livrer sans restriction à son lecteur. le récit est rédigé principalement à la première personne, à l'exception de certains passages de la dernière partie du roman où la narration se fait à la deuxième personne. Joseph nous prend alors à témoin, cherchant à nous embarquer dans le fil des évènements qui s'enchaînent de manière dramatique, rendant la tension psychologique encore plus palpable.
Véritable plongée au coeur de la psyché humaine, "Beau parleur" représente pour moi la plus belle surprise de cette rentrée littéraire 2012 !

Lien : http://leslecturesdisabello...
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CelineChapuis
  27 octobre 2014
Pas spécialement fan du style polar, j'ai pourtant tout de suite accroché.
J'avais déjà lu "Les visages" que j'avais aussi beaucoup aimé.
J'aime beaucoup la manière dont Jesse Kellelerman écrit, je ne saurais dire pourquoi, il a un petit je-ne-sais-quoi...
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petitepom
  25 janvier 2017
j'ai un avis assez mitigé avec ce thriller, l'histoire est bien mais l'écriture est trop descriptif, trop de longueur, j'avoue avoir sauté des paragraphe pour aller à l'essentiel.
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LuMM
  17 avril 2016
Déception pour ce roman de l'auteur du génial "les visages". le début est réussi, on est vite embarqué et pourtant à mi-chemin, j'ai eu l'impression que l'auteur ne savait plus où aller.La deuxième partie est longue, longue, longue... Dommage.
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rickiss
  07 août 2015
Après avoir dévoré (et être restée un peu mitigée) "Les visages" de Jesse Kellerman, j'ai enchaîné avec "Beau parleur".

Une des premières choses qui m'a sauté aux yeux (surtout en lisant entretemps le résumé de "Jusqu'à la folie", que je comptais lire juste après "Beau parleur") est que la trame de départ, de construction même, de ses romans semble être toujours la même pour Jesse Kellerman : il choisit un héros, assez banal (du moins au début de l'histoire), spécialisé dans un domaine (art, philosophie, médecine...), et le place dans une situation qui va peu à peu l'obséder, le torturer psychologiquement au point de le changer profondément. C'est bien sûr plus ou moins le schéma type de bon nombre de romans, mais chez Kellerman, c'est très (trop ?) net. Presque trop scolaire. Ca n'enlève rien à la qualité de ses récits par ailleurs, et c'est peut-être le problème d'avoir enchaîné sans répit la lecture de ses différents romans, mais c'est toutefois un point qui m'a interpellée et un peu dérangée.

Mais passons, là n'est pas l'essentiel de la critique de cet ouvrage.

Car en plus, très sincèrement, j'ai adoré ! Plus encore que "Les visages" (pourtant pas mal dans son genre, quoique inachevé à mes yeux), "Beau parleur" m'a séduite par son cadre (la demeure, les ambiances...), par le récit de ce jeune homme qui choisit de converser avec cette vieille dame. Peu commun, intriguant, on est quasiment dans un huis-clos, et moi qui adore cela, j'ai été délicieusement servie !

Bien sûr, on sent venir le drame de ce récit, le noeud du problème. Mais ça n'empêche pas le lecteur de suivre avec empathie chaque émotion du héros. Et chapeau bas pour le style de Kellerman quand son récit passe soudainement de la première à la troisième personne sur une scène cruciale : le choix est pertinent, efficace, et marque les esprits.

J'ai été vraiment emballée par ce récit, qui garde en haleine, joue avec le bon dosage sur nos nerfs... mais une fois de plus, quelle déception que cette fin ! J'en attendais plus de subtilité, et surtout une meilleure trouvaille (purement psychologique) : là, on a l'impression que Kellerman a choisi la facilité, et je trouve cela très dommage, d'autant qu'il tenait un véritable ressor narratif, puissant et oppressant, avec la culpabilité que ressent son héros (il aurait dû jouer là-dessus jusqu'au bout).

Ce roman est donc dans l'ensemble un excellent récit, qui peut plaire pour son ambiance et la profondeur psychologique de son héros, ainsi que pour son récit bien ficelé... mais qui peut décevoir pour sa fin malheureusement pas aussi aboutie que le reste de l'ouvrage.
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