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Critique de nameless


nameless
  24 février 2018
Un roman quasi envoûtant dans lequel j'ai plongé avec délices, dont j'ai apprécié chaque phrase, qui explore avec brio les tréfonds de l'âme humaine et de ses ressorts tourmentés. Bien qu'américain, il y a quelque chose de british dans ce livre, impression encore renforcée par le fait que l'intrigue se déroule dans l'autre Cambridge, celui où se situe l'université d'Harvard.


Jesse Kellerman nous présente Joseph Geist, étudiant en philosophie, aux prises avec une thèse sur le libre-arbitre, sur laquelle il travaille depuis des années sans réussir à y inscrire le mot "fin". N'ayons pas peur des mots : bien que sympathique, Joseph est vélléitaire, victimaire, auto-apitoyé. Spécialiste du libre-arbitre il s'entortille dans ses théories fumeuses, fallacieuses, nébuleuses, pour éviter d'avoir à admettre, que simplement, il n'aime pas trop bosser. Interprétant la philosophie à sa manière et la mettant à sa sauce, il se trouve toujours confronté à un trop grand nombre de choix sur lesquels il digresse interminablement, ce qui lui permet grâce à de splendides pirouettes mentales, de faire le plus approprié à ses désirs de luxe, calme et volupté, sans trop s'épuiser à la tâche. Ses tergiversations contiennent beaucoup d'humour et une bonne dose d'auto-dérision qui les rendent à la lecture savoureuses.


Lourdé de Harvard par sa soi-disant directrice de thèse, éjecté par sa petite amie, le voilà au pied du mur, ayant épuisé toutes les bourses estudiantines, obligé de chercher un travail alimentaire. C'est ainsi qu'il répond à l'annonce d'Alma, qui cherche un partenaire de "conversation". Quelle aubaine pour Joey qui sait si bien parler, si bien réfléchir ! Le gîte, le couvert, de l'argent de poche, contre deux heures de parlotte quotidienne, c'est inespéré. Son intrusion dans la vie d'Alma modifiera définitivement le cours de celle de Joey, irrémédiablement, inexorablement. La progression de l'intrigue est exceptionnelle, au goutte-à-goutte est distillé le suspens, on ne peut en dire davantage.


La première conversation philosophique entre Alma et Joey a pour thème : Vaut-il mieux être heureux ou intelligent ? Ma conclusion "philosophique", une fois l'épilogue atteint, est : Un spécialiste du libre-arbitre peut-il vivre heureux dans un monde totalement privé de liberté ? 

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