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Lisa Rosenbaum (Traducteur)
EAN : 9782264075611
288 pages
Éditeur : 10-18 (13/08/2020)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Traduit de l’anglais (États-Unis) par LISA ROSENBAUM.

Juin 1957. Un après-midi dans une petite ville du Sud profond des États-Unis , Tucker Caliban, un jeune fermier noir, recouvre de sel son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison, puis quitte la ville. Le jour suivant, toute la population noire déserte la ville à son tour.
Quel sens donner à cet exode spontané ? Quelles conséquences pour la ville soudain vidée d’un tiers de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  21 décembre 2019
1957. Une petite ville imaginaire, au plus profond du Sud américain, connaît soudain l'exode spontané de toute sa population noire, soit un tiers de ses habitants. Médusés, les blancs observent ce départ massif, déclenché semble-t-il par un certain Tucker Caliban, descendant d'un esclave demeuré dans la légende pour son incoercible refus de la soumission. Tandis que les souvenirs des temps anciens reviennent aux mémoires, chacun réagit en fonction de son vécu, de ses sensibilités politiques et raciales, de ses inquiétudes quant à l'avenir, avec violence pour la majorité, avec un certain bonheur pour quelques-uns, qui avaient un jour rêvé d'un monde plus juste et plus égalitaire entre les communautés noire et blanche.

Cette fable, écrite en 1962 par un Afro-américain, a évidemment une grande portée symbolique : alors que rien ni personne, pas même les organisations politiques noires, ne semblent alors capables de faire reculer la ségrégation raciale, cette histoire fait entendre un autre tambour, celui que chacun est libre d'écouter individuellement au fond de lui-même, pour oser sortir des rangs et agir spontanément, à la mesure de ses moyens. A partir d'un terrible constat d'échec collectif, l'auteur construit un formidable et magnifique message d'espoir, convaincu que le changement pourra venir des multiples petites initiatives individuelles, si modestes soit-elles : ce sont elles qui finiront par modifier la société.

Dotée par ailleurs de grandes qualités littéraires, à commencer par une puissance d'évocation toute cinématographique et un indéniable talent de conteur, cette oeuvre engagée appelle chacun à se comporter en homme libre, droit dans ses bottes et fidèle à lui-même, quand, autour, tout n'est qu'aliénation, raciale, ou autre d'ailleurs...

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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nadiouchka
  23 septembre 2019
#RENTREE LITTERAIRE 2019
« Le géant oublié de la littérature américaine » a écrit le « New Yorker » pour William Melvin Kelley et ceci figure sur la couverture du livre : « Un autre tambour  » (« A Different Drummer »), initialement publié en 1962 (aux États-Unis) - traduit par Lisa Rosenbaum – « relu et actualisé , et publié en France par les Éditions Delcourt en 2019.
On trouve le titre dans l'épigraphe avec un extrait de « Walden » de Henry David Thoreau :
« Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend battre un autre tambour.
Qu'il accorde donc ses pas à la musique qu'il entend, quelle qu'en soit la mesure ou l'éloignement. »
Dans la Préface, (qui n'est pas nommée), on lit : « La difficulté, une fois un livre écrit, surtout le premier, c'est que, quand vous atteignez l'âge de vingt-trois ans, vous vous sentez obligé envers tant de personnes que vous ne savez pas à laquelle vous allez la dédier. »
On passe au premier chapitre avec un « Extrait de l'almanach de poche, 1961 : Un État situé dans le centre sud-est de l'extrémité Sud. (…) Capitale : Wilson City – le pays natal de Dewey Willson qui naquit à Sutton, une petite ville. » (Une ville imaginaire).
L'histoire débute avec une légende, celle de « L'Africain », une vraie force de la nature, qui arrive sur un bateau négrier.
Puis on assiste, dans ce roman choral, en juin 1957, à un événement inattendu et incroyable, le départ d'un exode massif et spontané, initié par Tucker Caliban : les Blancs voient avec stupéfaction, les Noirs de la population de Sutton, quitter la ville.
Leur devise : « Par l'honneur et par les armes, nous osons défendre nos droits. » (p.5)
Ce problème de ségrégation raciale est très ancien et nombreux sont les romans (ou films) qui l'ont évoqué. Certains diraient : un livre de plus ? Eh bien pour ma part, je ne trouve pas que ce soit un livre de trop car ceux qu'on appelle des Noirs (certains osent même encore, dire « Négros »), auraient dû avoir les mêmes droits que les Blancs – mais c'était une question de « couleur de peau » et malheureusement, cela continue encore. Il a fallu que de nombreux auteurs écrivent des ouvrages sur ce sujet (je pense immédiatement à Toni Morrisson – Kathryn Stockett – Harper Lee – Richard Wright – sans oublier, surtout pas, l'inoubliable « La Case de l'Oncle Tom » de Harriet Beecher-Stowe et bien d'autres)...📚📚
William Melvin Kelley a écrit de son roman : « Personne ne prétend que cette cette histoire est entièrement vraie. Ça a dû commencer comme ça, mais quelqu'un, ou des tas de gens, ont dû penser qu'ils pouvaient améliorer la vérité, et ils l'ont fait. Et c'est une bien meilleure histoire parce qu'elle est faite à moitié de mensonges. Il n'y a pas de bonnes histoires sans quelques mensonges. »
Je me suis donc laissée entraîner avec cette multitude de personnages qui emportaient tout ce qu'ils pouvaient ou bien leurs quelques maigres possessions, en quête d'un lieu plus hospitalier (avec en fond sonore, un roulement de tambour rythmant tristement leur sort).
Tucker Caliban, descendant donc du fameux « Africain », avait commencé par se faire livrer des tonnes de sel pour en recouvrir son champ (le détruisant ainsi) – puis il a abattu son cheval, sa vache – il incendia sa maison et quitta sa ville. C'est ainsi que le reste de la population noire de Sutton déserta aussi.
Comment peut-on expliquer cet exode massif et spontané ? La ville étant ainsi privée d'au moins un tiers de sa population, quelles vont en être les conséquences ? Cette histoire est racontée par les Blancs éberlués, ceux qui restent « chez eux ».
Et la question qui se pose est : « Comment en est-on arrivé là ? ». Quel a été le « déclencheur » ?
Évidemment l'auteur pose ainsi la « question raciale » ce qui, à son époque, était plutôt inédit. Et pourtant …
C'est un livre très fort - engagé bien sûr – un ouvrage sur le racisme des années 1960 en Amérique.
Je pèse mes mots en disant que ce roman est exceptionnel car on ne peut pas l'oublier de sitôt.
Quant aux éloges, ils sont nombreux et unanimes. Par exemple : « Une oeuvre d'une profonde originalité. (…) Un puissant mélange de mythologie, de commérages, d'histoire, d'idées politiques et de drame familial. » (The Wall Street Journal) - « Ce roman féroce et brillant est écrit avec autant de compassion que de rage. Un mythe qui colle à la réalité. » (The Guardian). Mais je ne cite que ceux-ci et on en trouve d'autres sur le rabat de la couverture.
Nota (important) : Lire la biographie de William Melvin Kelley écrite par Jessica Kelley – à la fin de l'ouvrage).
Ce livre #UnAutreTambour a été lu grâce à une Masse Critique Babelio que je remercie, comme je remercie aussi les #EditionsDelcourt qui ont procédé à l'envoi.👍
Une bien agréable lecture hors des sentiers battus et qui m'a fait connaître un tel écrivain que #WilliamMelvinKelley : bref, un chef-d'oeuvre.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
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viou1108
  26 septembre 2019
Prenez un Etat imaginaire des Etats-Unis, coincé là tout en bas entre Alabama et Mississippi. Voilà, vous situez géographiquement.
Prenez un événement tout aussi imaginaire qui se déroule dans ce même Etat en 1957, à savoir le soudain départ de toute la population noire vers le nord, pour toujours. Vous situez maintenant l'époque et le contexte racial.
Observez alors le départ des "nègres" à travers le regard abasourdi des Blancs. Un exode sans crier gare, apparemment déclenché par les agissements insensés de Tucker Caliban, un jeune fermier noir qui, en quelques heures, épand du sel sur son champ, abat son cheval et sa vache, met le feu à sa maison et quitte les lieux sans mot dire, avec sa femme enceinte. Sous la véranda de l'épicerie locale, les Blancs assistent à ce départ massif, spontané et silencieux, et se perdent en conjectures. D'autres voix s'élèvent alors du passé pour poser les jalons d'une explication. Ce sont principalement celles de la famille (blanche) Willson, dont un membre a autrefois acheté l'Africain, ancêtre de Tucker, à un négrier. Jusqu'à ce jour de 1957, les Willson ont été liés aux Caliban. Après l'abolition de l'esclavage, ces derniers ont continué à travailler pour leurs anciens maîtres, jusqu'à ce que Tucker s'en détache définitivement en leur achetant un lopin de terre pour le cultiver pour son propre compte. On observe, sur quatre générations, un long processus d'émancipation, en suivant en parallèle les Willson de plus en plus progressistes au fil du temps, et les Caliban, passant de l'esclavage à la liberté, au fil de ce même temps. Mais cette liberté gagnée ne suffira pas à éviter le départ de Tucker, ni les regrets de Dewey Willson, qui aurait pu aider à faire progresser les esprits si seulement il y avait mis un peu plus d'engagement et de courage. Mais au final l'un reste sur place et l'autre avance, mettant en oeuvre sa propre conception de la liberté, hors de la politique et des mouvements pour les droits civiques.
Je dois avouer que ce roman m'a laissée perplexe. Remarqué à sa publication en 1962 pour l'originalité de son sujet (le point de vue des Blancs décrit par un Noir, en pleine ségrégation raciale), par la jeunesse de son auteur (un premier roman, en plus), propose-t-il une solution radicale au racisme, le départ des Noirs vers des régions plus libérales ? Pour moi, la raison de cet exode impulsif reste confuse. Plus clair est le message qui passe à travers les mots de Thoreau, en exergue : écouter et suivre la musique de notre propre tambour intérieur même (et surtout) si elle est différente de celle des autres.
En partenariat avec les Editions Delcourt grâce au Picabo River Book Club.
#PicaboRiverBookClub
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JIEMDE
  09 septembre 2019
Il y a des thèmes sur lesquels on pourrait croire avoir tout vu, ou plutôt, tout lu. La ségrégation aux États-Unis en est un, à en juger par les oeuvres de (liste non exhaustive…) William Faulkner, Harper Lee, Paul Beatty, Carson McCullers, Toni Morrison, Joël Norst, Richard Powers ou encore Greg Iles.
Paru en 1962 aux États-Unis, mais aujourd'hui seulement en version française, Un autre tambour de William Melvin Kelley -traduit par Lisa Rosenbaum- trouve cependant toute sa place dans cette histoire (toujours en cours…) de la lutte pour l'égalité raciale en Amérique. L'originalité du récit, l'angle choisi pour le relater mais aussi la force de l'écriture de Kelley en font un grand livre, étonnamment mâture pour un jeune auteur de 24 ans.
Un autre tambour est une fable ou un conte, qui voit l'ensemble de la population noire de Sutton, une petite ville imaginaire du « deep south » des États-Unis, quitter en masse la ville ; du jour au lendemain ; dans un même et incompréhensible élan ; sous les yeux médusés et incrédules des spectateurs blancs. « Get up, stand up… » aurait dit Bob, mais à Sutton, celui qui s'est levé, c'est Tucker Caliban, probablement et paradoxalement le noir qui semblait le plus « intégré » à la population blanche de Sutton.
Cette fable, Kelley prend le parti de nous la raconter via le prisme de cette population blanche, d'abord comme au spectacle, puis frappée d'incompréhension pour un phénomène qui la dépasse. À cette incompréhension, il oppose la longue maturation de cette volonté de libération de la population noire. À travers le récit de la vie locale sur trois générations et les témoignages de ses habitants, cette maturation prend sens pour le lecteur qui en saisit peu à peu les origines et la cohérence.
Un autre tambour, c'est aussi un roman engagé, comparant la destinée de David Willson, qui aurait pu changer les choses et le cours de sa vie par la même occasion, à celle de Tucker Caliban, qui a mis en oeuvre les conditions du changement. L'histoire du résigné et de ses regrets, face à celui qui ose suivre la petite musique que lui seul entend, porteuse d'espoirs et de fierté. Ensemble, tout aurait pourtant été plus simple, plus rapide, plus prometteur…
« Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend battre un autre tambour. » À l'invitation de Thoreau, William Melvin Kelley nous appelle avec force à suivre la petite musique différente des autres tambours. Un livre marquant et bigrement réussi !
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PrettyYoungCat
  18 novembre 2020
Quelle finesse d'analyse, quel style maitrisé, quelle acuité, quel talent Monsieur William Melvin Kelley !
Un autre tambour est son premier livre, écrit à seulement 24 ans, et il y a de quoi rester béat d'admiration devant tant de maturité sur la compréhension de la nature humaine. Sans manichéisme et tout en subtilité il nous fait voir au travers du regard de ses personnages - des Blancs - pourquoi Tucker, un jeune fermier noir, anéantit tout : ses bêtes, ses champs et sa maison pour quitter Sutton, petite ville du Sud profond où sévit toujours en 1957 une ségrégation raciale nauséabonde et ancrée comme étant dans l'ordre des choses. Tucker bouleversera cet "ordre" et sèmera avec lui le départ de tous les Noirs et les questions de tous les Blancs qui pensent pouvoir très bien se passer d'eux...
J'ai pris énormément de plaisir à lire Un autre tambour qui est un kaléidoscope d'une histoire polyphonique.
Une histoire qui est aussi l'Histoire de la question raciale des Etats-Unis où liberté et dignité n'étaient pas accordées à ceux qui pourtant ont érigé ce pays. Un pays qui n'a jamais accordé de place à ses propres citoyens noirs, considérés non comme des étrangers, mais pis, déconsidérés jusqu'à n'être que des Nègres. Et comme le disait James Baldwin "Si je ne suis pas un nègre, ici, et que vous l'avez inventé, alors vous devez trouver pourquoi. Et l'avenir du pays dépend de cela, de si oui ou non le pays est capable de se poser cette question."
Et ce livre fait précisément écho à cette question.
Question tristement actuelle. Encore.
"Le géant oublié de la littérature américaine" peut-on lire sur la couverture. Et pour une fois il ne s'agit pas d'un vain effet d'annonce.
William Melvin Kelley est un grand écrivain à découvrir, assurément.
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critiques presse (1)
Actualitte   27 janvier 2020
Un autre tambour de William Melvin Kelle nous permet d’entendre un autre son dans la lutte contre la ségrégation, contre les relents psychologiques et les réflexes idéologiques de l’esclavage ancrés dans les mentalités sclérosées.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
doublepagedoublepage   10 mai 2021
Tous avait lu la déclaration du gouverneur : " il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Nous n'avons jamais eu besoin d'eux, nous n'avons jamais voulu d'eux et nous nous en passerons fort bien. Le Sud s'en passera fort bien. Quoique notre population s'en trouve diminuée d'un tiers, tout ira très bien. Il nous reste quantité d'hommes de valeur."
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CannetilleCannetille   21 décembre 2019
On a une seule chance dans la vie, c’est quand on peut faire quelque chose et qu’on a envie de la faire. Quand c’est pas le cas, ça sert à rien d’essayer. Pourquoi on le ferait si on n’a pas envie ? Et quand on a envie, et qu’on peut pas, ça revient à se cogner la tête contre une voiture qui roule à 150 à l’heure. Vaut mieux renoncer quand on a pas ces deux choses-là. Mais quand on les a et qu’on en profite pas, on n’a plus qu’à tirer un trait sur tout ce qu’on voulait faire ; on a laissé passer sa chance, pour toujours. »
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nadiouchkanadiouchka   27 septembre 2019
N’ayez crainte, monsieur Wilson, je le connais comme je les connais tous. Comme tous ces garçons qui sont maintenant des hommes, tous ceux d’entre nous qui ont grandi pendant la Dépression, nous nous sommes fait les dents à la guerre civile espagnole et avons flirté avec Dame Communisme. P.155
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nadiouchkanadiouchka   23 septembre 2019
On a une seule chance dans la vie, c’est quand on peut faire quelque chose et qu’on a envie de la faire. Quand c’est pas le cas, ça sert à rien d’essayer. (…) On a laissé passer sa chance, pour toujours.
P.226
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   13 novembre 2020
Il était toujours tôt, les champs, les buissons et les hautes herbes portaient encore les cheveux d'ange du brouillard,
qui monte comme la vapeur du café de papa.
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