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ISBN : 2228907707
Éditeur : Payot et Rivages (02/05/2012)

Note moyenne : 3.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Dans les années 1860 aux États-Unis, les pionniers partent en foule coloniser l'Ouest. N'ayant pas voulu se joindre à l'un des grands convois protégés, Fanny Kelly, dix-neuf ans, se dirige vers les Rocheuses avec son époux, leur petite fille adoptive et quelques autres voyageurs. Le 12 juillet 1864 dans l'actuel Wyoming, ils sont attaqués par les Sioux Oglalas qui pillent, tuent puis se retirent en emmenant la mère et l'enfant. Ignorant tout du sort de son mari et s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  07 mai 2013
Il s'agit d'un livre de la littérature westernienne féminine qui oppose au mythe viril du Far West un pendant modeste fait de travail, d'entraide et de vie au jour le jour.
Nous sommes loin de l'héroïsme et pourtant la valeur de témoignage de ce livre est très forte.
Fanny Kelly est une jeune femme qui quitte son Canada natal (Ontario) pour rejoindre sa famille. Elle rejoint le flot des pionniers qui quittent leurs terres natales pour gagner l'Ouest américain,
Elle va être enlevée par des Sioux.
Le territoire à l'Ouest du Mississipi était à l'époque (1864) celui des Sioux Tetons: les Blackfeet, les Oglalas, les Hunkpapas, les Sans-Arcs et les Brulés.
Ces tribus ont été combattues sans relâche par les Blancs et en sont maintenant réduites à signer l'abandon de leurs terres aux colons.
L'héroïne va emprunter la célèbre route des pionniers, celle de la Platte River, qui mène vers l'Oregon, et qui a été empruntée par plus de 500 000 personnes entre 1861 et 1866. On note par ailleurs que seulement 400 cas de morts ont été répertoriés ce qui montre que les contacts entre les migrants et les Amérindiens ont été essentiellement pacifiques.
Toutefois la captivité de la jeune femme va être difficile: dés le départ elle sait que son retour parmi les siens sera difficile, les femmes ayant été enlevées faisant l'objet d'ostracisme en raison des "soupçons " qui pèsent sur elles: ont -elles été victimes d'abus sexuels ?
Fanny sera la propriété d'un vieux chef Oglala du nom de Brings Plenty.
Elle va devoir s'adapter aux coutumes des Indiens: travail dur des femmes qui sont traitées comme des bêtes de somme, statut particulier de femme captive.
Le récit est passionnant car il nous montre la vie quotidienne des Indiens au 19ème siècle. Nous y voyons un peuple attachant, attaché à ses terres mais parfois aux usages déroutants: ainsi les femmes Sioux accouchent seules et présentent le bébé au papa au bout de 25 jours.
Les enfants blancs enlevés sont monnaie courante. Ils adoptent les usages des Sioux et s'intègrent parfaitement à leur nouveau peuple.
Certes le langage employé est souvent très "politiquement incorrect " mais le livre reflète les préjugés de l'époque.
La jeune Fanny a d'ailleurs une mentalité très en avance sur son temps car elle est une des premières à reconnaître et déplorer les torts faits par les Blancs aux Indiens. Les atrocités commises par les deux camps sont évoquées de manière très authentique.
Un témoignage palpitant qui donne un nouveau regard sur cette période de l'Histoire.
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Commenter  J’apprécie          250
Jmlyr
  12 mars 2017
On se croirait presque avec le carnet de May Dodd des "Mille femmes blanches" de Jim Fergus, sauf que là, la femme blanche est bien réelle, et son journal aussi, à la différence que ce n'est pas chez les Cheyennes qu'elle a passé 5 mois en captivité, mais chez les Sioux.
Son témoignages est dur, mais son verbe en reste juste vis à vis des "sauvages " comme elle les appelle, fidèle à l'esprit colon de cette époque ; elle décrit ce qu'elle a vécu et enduré depuis sa capture jusqu'à sa libération. Elle a recollé quelques morceaux grâce aux récits qu'on lui a fait lors de son retour à "la vie civilisée ". Traumatisme.
Témoignage mêlé de foi, cette foi dans laquelle elle a puisé la force de survivre à tant de d'horreurs et d'ignominie.
Elle n'en reconnait pas moins les qualités de ceux qui le méritent .
Commenter  J’apprécie          200
Mariloup
  26 avril 2019
Je me répète assez souvent en ce moment au fil de mes dernières chroniques vu que mes lectures sont plus ou moins centrées sur le même thème, mais je suis vraiment fascinée par la culture amérindienne en général! J'essaie vraiment de lire différentes choses (fictions ou non) et j'ai parfois des avis différents vis-à-vis des différentes tribus indiennes découvertes. Et c'est avec ce livre, pour la première fois, que j'ai eu un rapport quasi négatif avec le peuple indien mis en avant, à savoir les Sioux!
Il s'agit d'une adaptation d'une histoire vraie qui date du XIXème siècle, c'est l'histoire de Fanny Kelly et donc une autobiographie. le fait que ce soit une autobiographie fait que c'est beaucoup plus impactant qu'une fiction totale ou une fiction avec quelques faits réels.
On a donc un point de vue à la première personne, ce que je préfère généralement dans les romans afin d'être au plus proche du personnage. C'est Fanny qui nous conte son histoire, on sait donc ce qu'elle vit, ce qu'elle voit, ce qu'elle ressent. On découvre tout de l'intérieur et j'ai aimé cet aspect-là, j'ai d'ailleurs vu cela comme un journal de bord. Fanny va à l'essentiel. Il n'y a pas de descriptions poussées ou à rallonge. C'est donc plus incisif et basé sur la mémoire, SA mémoire et sur ce que son mari lui a raconté d'un point de vue extérieur après sa libération. Il n'y a quasiment pas de dialogues mais ce n'est pas pour autant que c'est une histoire lourde avec un rythme lent. C'est fluide et écrit en termes simples.
Force est de constater que pendant sa capture/détention, Fanny n'a pas détesté le peuple qui l'a retenu prisonnière. Elle ne les a pas aimé non plus, ce n'est pas à ce point-là mais a réussi à regarder au-delà, à ne pas s'attarder sur tout ce qu'ils ont fait et à voir les choses positives même si c'était bien peu. Elle a eu pas mal de réflexions comme quoi d'autres femmes auraient préféré mourir, abandonné la lutte plutôt que de suivre leurs ravisseurs étrangers dans l'inconnu. Et j'aurais sûrement fait partie de ces femmes-là! Mais je ne suis pas Fanny. Fanny est courageuse, elle a été forte, je l'admire vraiment d'avoir tout fait pour survivre, d'avoir tenu aussi longtemps. Évidemment, plus d'une fois, elle a failli abandonner mais elle a toujours gardé un infime espoir qu'on la sauverait. Elle a appris à les connaître: leur mode de vie, les us et coutumes, les traditions; a été témoin de leur "agonie": les guerres entre Blancs et Indiens, les affrontements entre tribus. Mais elle va aussi voir le pire chez ce peuple Sioux, toutes les atrocités qu'ils ont pu faire, qu'elle n'oubliera jamais. Elle a souffert des mensonges à gogo, de l'absence de sa fille adoptive et de son mari, de la soif, de la faim, de la fatigue, de la solitude. On l'obligeait à porter des choses lourdes, elle était fort angoissée tout le temps, a vécu une vie à la dure (loin de tout confort), a souffert de nombreuses menaces faites à son encontre pour qu'elle obéisse et ne tente pas de s'échapper. Elle a vu aussi les bons côtés de ce peuple (bien que très rares): de la bienveillance de la part de certaines femmes notamment, de la compassion parfois, les fêtes, apprendre aux enfants à lire et écrire l'anglais, pas d'abus sexuels (même si elle était prisonnière, personne ne l'a touché ou forcé à épouser quelqu'un).

J'ai appris tellement de choses sur les Indiens des Plaines et notamment les Sioux, ici. D'ailleurs, Fanny consacre quelques chapitres en plus où il n'y a que des informations pures et dures sur ses tortionnaires. Je ne sais pas si c'est le point de vue de Fanny qui m'a influencé sur mon avis à propos du peuple Sioux, sûrement vu que tout ce qu'elle a vécu m'a révolté mais voilà, je ne vois pas ce peuple d'un bon oeil. Certaines pratiques m'ont choqué/révolté: les enlèvements, les conditions de vie, les mutilations, le scalp, les meurtres d'enfants notamment, leur façon d'être et d'agir. Alors oui, j'ai une grande fascination pour les Amérindiens en général, je ne cautionne pas du tout ce qui leur est arrivé au fil du temps car je trouve cela affreux et révoltant, je sais que certaines tribus étaient plus pacifiques que d'autres mais là, je ne peux pas cautionner. Je crois même que ce sont tous leurs mensonges à la chaîne qui m'ont le plus retourné, c'était constamment! Je ne savais plus sur quel pied danser avec eux, ils pouvaient changer du tout ou tout en un claquement de doigts et je les trouvais très cruels en ça!
En bref, ce fut une très bonne lecture! Cette histoire va longuement me marquer, je pense! Même si je l'ai lu il y a quelques mois, elle est toujours bien présente dans mon esprit! Je pense que c'est le genre d'histoire vraie qu'il est important de lire, ne serait-ce que pour connaître cette femme, qui est loin d'avoir été la seule à vivre cela et afin de perpétuer sa mémoire!
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leinavaleski
  06 mars 2016
Je lis rarement les préfaces ou les introductions et j'aurais dû m'en tenir à cette habitude car celle de ce livre m'a énervée sur un point particulier. La personne vante l'honnêteté de Fanny (l'héroïne de l'histoire) en citant un passage avec Sitting Bull. Sauf que ce passage n'est pas dans le livre, c'est une autre version de l'histoire mais qui n'est pas dans ce récit là. Ce qui signifie que la personne qui a écrit à quel ce récit était génial ne l'a pas lu... Elle vante aussi l'ouverture d'esprit de Fanny, opinion avec laquelle je ne suis pas d'accord mais j'y reviendrai après. Tout ça pour dire que si j'ai beaucoup aimé le témoignage de Fanny, la préface m'a laissé un goût amer car j'ai eu la sensation que celle qui l'avait écrite parlait avec emphase d'un texte qu'elle n'avait pas lu et je trouve le procédé plutôt limite.
Maintenant, passons au récit de Fanny. Selon moi, le fait qu'elle sache apprécier la nature ne la rend pas ouverte d'esprit. Elle considère que les rites indiens sont barbares et font d'eux des sauvages qu'il faudrait civiliser. C'est parfois énervant de la voir juger cette culture comme si elle détenait, elle, la vérité absolue. Toutefois, on lui pardonne assez bien sa vision car elle reflète celle de son époque, celle du "colon blanc". Fanny, dans ses critiques, n'est pas méchante ou méprisante, juste aveuglée par ce qu'elle croit être bien et elle est honnête dans ses descriptions. C'est le cas, quand, par exemple, elle parle des missions censées civiliser les Indiens. le fait qu'elle soit intimement persuadée que c'est la chose à faire, sans mépris pour ce qu'elle considère comme de la barbarie, rend son avis compréhensible. Elle pense vraiment que les blancs peuvent aider les Indiens mais elle ne réalise pas qu'ils n'ont pas besoin de cette aide. On ne peut pas lui en vouloir d'avoir l'avis de son époque.
Et c'est ce qui rend Fanny supportable dans ses critiques, elle présente honnêtement ce qu'elle pense. Quand elle parle des femmes indiennes, elle les décrit comme soumises aux hommes car ceux ci sont violent avec elles. Sauf qu'ils le sont car leurs femmes n'hésitent pas à s'opposer à eux, alors que Fanny est bien traitée (par son homme comme par les Indiens) parce qu'elle obéit. D'elle ou des Indiennes, je ne dirais pas que ce sont ces dernières qui sont vues inférieures par leurs maris...
Comme je l'ai dit, Fanny est très honnête. Même si son jugement est affecté par les opinions de son époque et qu'elle éprouve de la haine pour ses geôliers, elle parle autant des mauvais traitements que des bons, nuançant le tableau de sa captivité. Elle prend aussi le temps de décrire les rituels et les événements auxquels elle assiste, en véritable témoin de toute une époque. Fanny n'est pas captive longtemps (même si pour elle, c'est une éternité) mais elle assiste à de nombreux événements (batailles, déménagements, fêtes, famines, conseils,...) qu'elle décrit aussi précisèrent que possible, nous donnant une vision très concrète de la vie menée par les Indiens mais aussi par les soldats qui les affrontent.
Ce témoignage a aussi une résonance actuelle car il montre qu'on peut être persuadé d'agir au nom du progrès et de la civilisation auprès de peuples qui ont simplement des coutumes et une manière de vivre différentes des nôtres. Cela pousse à s'interroger sur les interventions de certains pays "civilisés" qui veulent apprendre à d'autres à "bien vivre". C'est donc une lecture enrichissante au niveau culturel et historique, mais qui fait aussi réfléchir.
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hannah851
  12 février 2015
Avec ce récit autobiographique, Fanny Kelly nous livre le témoignage unique et authentique sans affabulation de ces cinq interminables mois de captivité auprès de la tribu des Sioux Oglalas. Elle nous entraîne ainsi dans la période de colonisation de l'ouest américain, au milieu du XIXème siècle, où la rencontre entre les pionniers blancs et les tribus indiens ne se fait pas sans heurts.
En juillet 1864, le petit convoi auquel appartient Fanny, son époux et sa fille adoptive est attaquée par les Oglalas alors qu'ils campent sur leur territoire dans le Wyoming. Amenée en captivité, elle devient la propriété du chef de la tribu, Ottawa. Ce dernier lui donne les mêmes devoirs que ses squaws et elle se retrouve à à réaliser les basses besognes. de par son statut de prisonnière, elle est également victime de mauvais traitements, fait l'objet de constantes suspicions et d'une surveillance accrue. Sa santé physique et psychologique résiste tant bien que mal à la dureté de la vie indienne malgré quelques hauts et bas. En effet, elle n'était pas préparée à vivre une vie d'itinérance ponctuée de périodes de disette et de grand froid. Sa captivité aurait été peut-être moins difficile si l'armée américaine n'avait pas été à sa recherche obligeant la tribu à se déplacer sans cesse de campement en campement et à partir faire des raids contre les bataillons de soldats.
Ce récit autobiographique se révèle être par sa construction un véritable roman d'aventures avec des rebondissements où l'auteur n'hésite pas à parler de ses espoirs et de ses peurs que sa condition de captive lui fait ressentir. Si les pratiques guerrières et rituelles des Oglalas la répugnent et l'effrayent, il n'en va pas de même de leur quotidien et notamment des activités des femmes dans le campement qu'elle décrit abondamment et qui attire sa curiosité. Elle nous livre ainsi les derniers moments de liberté de ces tribus des Plaines qui vivent encore selon les usages de leurs ancêtres. Les rituels de la danse du scalp et de la danse du soleil malgré l'horreur qu'elle lui procure sont décrits avec force de détails mais sans exagération contrairement aux témoignages d'autres de ses contemporains comme le peintre George Catlin.
Pendant et après sa captivité, Fanny Kelly ne hait pas les Indiens et s'offusque du mauvais traitement et de la discrimination dont sont victimes les enfants métis et les enfants blancs enlevés par des tribus indiennes lors de leur retour parmi les siens. Bienveillante à leur égard, elle l'est aussi envers la nature qu'elle apprend à respecter probablement grâce aux contacts avec les indiens Oglalas. Au fil des pages, l'importance de la beauté des paysages grandit pour l'auteur qui s'abandonne à leur contemplation et y puise la force de survivre.
Ce récit révèle aussi la personnalité forte et battante de cette pionnière qui trouve la force de se relever de cette épreuve. Elle reconstruit sa vie et n'hésite pas à partir à Washington pour y rencontrer le président Grant et faire valoir ses droits à un dédommagement pour l'outrage qu'elle a subi. Elle donne aussi une véracité historique à son récit en le faisant reconnaître par le gouvernement américain et les représentants de la tribu sioux présents en délégation. Femme intelligente et indépendante, Fanny Kelly apparaît comme une femme moderne en cette fin du XIXème siècle où le mouvement féministe s'amplifie.

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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   16 août 2019
Les Indiens croient que Dieu, ou le Grand Esprit, a créé l’univers et toutes les choses qui existent. Ils croient que le Soleil est un vaste corps de chaleur qui tourne autour de la Terre. Certains y voient une boule de feu. Ils ne saisissent pas que c’est la Terre qui accomplit sa révolution autour de lui. Ils pensent que réellement l’astre du jour se lève et peut se coucher, que nos théories actuelles sont une invention de l’homme blanc et que ce dernier n’est pas sincère quand il prétend que notre planète se déplace autour du Soleil.
P.182
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nadiouchkanadiouchka   11 août 2019
La population d’Ellsworth s’étant rapidement accrue, on leva des troupes pour assurer sa protection. Nous vivions donc dans une alarme permanente jusqu’à ce qu’enfin, une nuit, l’on nous fit savoir que les Peaux Rouges approchaient. (…) Si les Indiens furent repoussés, ils continuèrent à nous tenailler et à menacer la ville, à telle enseigne qu’il devint nécessaire de réclamer le soutien de l’armée.
P.230
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nadiouchkanadiouchka   09 août 2019
La fin de l'année 1864 demeura pour les Sioux Hunkpapas l'hiver où la femme blanche fut délivrée. Par un matin glacé, le chef Sitting Bull avait déclaré aux Sioux Oglalas et Blackfeet, qui retenaient Fanny Kelly, et aux Yankees qui voulaient l'acheter : Mes amis, cette femme ne suit pas le même chemin que nous. Vous pouvez lire sur son visage le désir de retourner parmi les siens.
P.7
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JmlyrJmlyr   10 mars 2017
Dès le début de ma détention, on m'avait privée de toutes les commodités qui auraient pu me rendre l'existence supportable. On ne me dressait pas de tente, pas plus qu'on ne m'offrait de m'étendre sur une couverture ou une courtepointe. Le sol dur chichement semé d'herbe était ma couche ; l'appréhension et la nostalgie me privaient du repos que ma vie harassante exigeait. On ne me proposait pas de nourriture non plus et , les premiers temps, je n'osai en réclamer. Je devais en partie ma retenue à un manque total d'appétit. Une faiblesse extrême et une inextenguible soif constituaient les seuls signes de ce jeûne prolongé.
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JmlyrJmlyr   10 mars 2017
Nulle langue, nulle plume ne sauraient dépeindre ces terribles jours durant lesquels, privée de toute espérance et cernée d'Indiens ivres, je fus constamment en si grand danger.
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