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Münevver Andaç (Traducteur)
EAN : 9782070746040
144 pages
Éditeur : Gallimard (05/05/1998)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Ainsi parle la légende : chaque année, quand le printemps s'éveille sur l'Ararat où a échoué l'Arche de Noé, les bergers viennent dès l'aube au bord du lac de Kup et jouent de la flûte, pour célébrer le Mont. Au coucher du soleil, un mystérieux oiseau blanc vient par trois fois toucher l'eau de son aile, et disparaît dans le ciel. Alors les bergers se retirent.


Et voici le roman, tel qu'il aurait fondé la légende : un matin, un cheval blanc ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Apoapo
  11 février 2016
Yachar Kemal a été l'un des tout premiers auteurs turcs traduits en France (dès les années 1970) - ce à quoi on doit d'ailleurs la translittération de son prénom, que personne ne ferait plus aujourd'hui...
De ce fait, on a pris ses romans, nouvelles, récits, reportages (il a été aussi chroniqueur au quotidien de gauche Cumhurriyet) pour des descriptions réalistes de (l'ensemble de) la Turquie rurale. En fait, il s'agit d'un auteur régionaliste - de grand talent, là n'est pas la question - qui parle de l'est anatolien, des Kurdes plus que des Turcs, des spécificités d'une aire géographique bien précise, à ne surtout pas généraliser. Sinon, c'est comme si on prenait à l'étranger Pagnol ou Daudet de Les lettres de mon moulin pour les portraitistes de la France tout entière...
Dans ce roman-ci le doute ne risque presque pas de poindre. Il a les traits du récit d'une épopée de rhapsode, agrémentée de la répétition à plusieurs reprises de l'image d'incipit qui situe l'histoire : auprès d'un lac sur le flanc du Mont Ararat, le fameux mont de l'Arche - qui n'a rien à faire ici.
Il est question d'un amour contrarié, d'un conflit entre l'honneur chevaleresque des traditions et la crainte que la puissance politique ne soit bafouée et ridiculisée, entre des beys kurdes fidèles à leur code de conduite atavique et un pacha qui a renié ses origines montagnardes pour s'inféoder à l'Ottoman, du pouvoir politique à qui s'oppose la potestas religieuse qui semble s'enraciner jusques dans des profondeurs préislamiques mazdéennes. Il est question de dynamique de contestation des masses et de la force trans-historique des joueurs de flûte qui évoquent et invoquent la colère de la Montagne, ainsi que du rôle mémorial des bardes, qui iront chanter des amours millénaires.
La traduction de Madame Andaç, avec son ton parfois suranné et sa prédilection pour le passé simple, est du coup absolument parfaite et délicieuse pour ce texte. [Bon, un tout petit sourire quand même en voyant les bergers dans leurs houppelandes jouer du hautbois... m'enfin, on ne va pas non plus leur faire jouer de la cornemuse celtique !]
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5Arabella
  06 août 2016
Un cheval qui choisit son propriétaire, un cruel pacha, une belle et bonne jeune fille, un amour infini, voilà quelques uns des ingrédients de cette belle et intemporelle légende. le tout dans un style poétique et aérien.
J'ai apprécié cette jolie lecture, parfaite pour l'été, lorsqu'on recherche quelque chose de léger et de frais, pour rêver un peu. Je referais sans doute un autre voyage en compagnie de Yachar Kemal.
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mimipinson
  14 mars 2015
Voilà un auteur dont j'avais entendu parler sans avoir eu le temps de le lire. Je profite, si l'on peut parler ainsi, de son décès pour découvrir un petit ouvrage au titre bien prometteur…
Je ne sais trop comment il faut interpréter ce roman ; s'il faut en tirer une quelconque morale, pour autant qu'il en existe une. Je ne sais trop s'il faut le lire au premier ou au second degré. Je ne sais pas s'il faut y voir un ou plusieurs messages cachés. Bien entendu, j'ai quelques connaissances sur l'importance biblique de l'endroit en question, ainsi que ce qu'il représente pour les Kurdes.
Il n'empêche, à la lecture de ce roman, il m'a semblé que l'essentiel m'échappait, et qu'à défaut de détenir la clé pour entrer dans cet univers magique, j'ai dû me contenter de rester au pied de la montagne.
Certes l'écriture est belle, et la narration est bien menée. La lecture est agréable, mais sans grand emballement. C'est souvent l'ennui qui m'a envahi. L'ouvrage est court. Et c'est heureux.
L'univers dans lequel nous emporte l'auteur n'est pas le mien, trop symbolique. C'est dommage ; Tout cela ne m'incite guère à aller plus loin avec un auteur dont le renom n'est pourtant plus faire.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Marpesse
  04 mai 2018
Un joli conte.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
florencemarionflorencemarion   07 mars 2021
Et chaque année, quand le printemps s'éveille sur l'Ararat, des bergers grands et robustes, aux beaux yeux noirs mélancoliques et aux longs doigts fins, s'en viennent avec leurs flûtes au lac de Kup. Ils étalent leurs houppelandes au pied des rochers rouges, sur la terre couleur de cuivre, sur le printemps millénaire, ils s'installent en formant un cercle sur les rives du lac. Un peu avant l'aube, sous les masses d'étoiles qui palpitent au-dessus de la montagne, ils saisissent leurs flûtes et célèbrent par leur jeu la grande colère de l'Ararat. Cela dure du point du jour au coucher du soleil. Et alors, à l'instant même où le soleil disparait à l'horizon, un oiseau minuscule, blanc comme neige, surgit au-dessus du lac. Un oiseau long et pointu qui ressemble à l'hirondelle. Il vole en tournant très vite au-dessus de l'eau, il trace sans cesse de vastes cercles blancs, dont l'ombre retombe sur le bleu intense du lac. Les joueurs de flûte cessent de jouer à l'instant où disparait le soleil. Ils remettent leurs flûtes dans leurs ceintures et se redressent. L'oiseau blanc, qui vole à toute vitesse au-dessus du lac, s'élance, rapide comme l'éclair, il plonge une aile dans l'eau, s'élève à nouveau. Par trois fois, il se jette ainsi vers l'eau, puis s'envole à tire-d'aile et disparait dans le ciel. L'oiseau blanc une fois disparu, les bergers s'éloignent l'un après l'autre et se perdent silencieusement dans l'obscurité.
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