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Éric Diacon (Autre)
EAN : 9782213000381
584 pages
Éditeur : Fayard (14/11/1974)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 102 notes)
Résumé :
L'histoire de Louis XI, c'est l'histoire d'un homme qui sut imposer aux autres ses décisions, qui dut garder sans cesse l'esprit en éveil, plier le temps à ses desseins, être deux fois plus habile et trois plus rapide que ses semblables, et cacher toujours son sens de la comédie derrière les gestes du conformisme.
Adolescent sans ressources, il se rebelle contre le monde : souverain tout puissant, il amène le monde à se rebeller contre lui. Sur sa vie, sur so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  13 juin 2013
Ah, la réputation d'un souverain ! Elle lui colle à la couronne mieux que du chewing-gum à une semelle !
(Au passage, on peut dire merci aux Romantiques et aux historiographes du XIXème siècle et de la IIIème République).
Des rois fainéants mérovingiens vautrés dans leurs peaux de bête, un cuissot de chevreuil coincé en travers des mâchoires, au célèbre "Ils n'ont pas de pain; qu'ils mangent de la brioche !" fantasmé de Marie-Antoinette, tous les ingrédients sont là pour faire une bonne soupe populaire propre à stigmatiser les comportements et à exciter les passions. Or, si on peut se passionner pour un domaine comme L Histoire, on se doit aussi de l'aborder avec raison et objectivité, exactement comme un scientifique le ferait d'une expérience dans son laboratoire. On ne tire des conclusions et des théories que des faits, eux-mêmes étayés par des sources historiques ou archéologiques.
Le travail de recherche de qualité que nous livre Paul Murray Kendall dans cette biographie de "l'Universelle Aragne" tend à réhabiliter un homme, un politicien, un roi d'une intelligence supérieure.
Intelligence qui a dû contrarier voire effrayer un bon nombre d'esprits moins fins qui ont vite fait de taxer ce roi au physique disgracieux des qualificatifs peu propres à lui ériger une belle notoriété dans les siècles suivant son règne : sournois, calculateur, rusé, manipulateur, tyrannique, cruel... En prenant de confortables raccourcis, on en arriverait réellement à croire que celui qui de son vivant était déjà désigné comme une araignée prête à piéger ses ennemis dans une toile savamment tissée fut un "mauvais roi".
Qu'est-ce qu'un "mauvais roi" d'ailleurs ? S'agit-il d'un roi lâche, fuyant le champ de bataille ou simplement d'un intellectuel ayant une approche novatrice et visionnaire des alliances politiques et de la diplomatie, voyant au-delà du combat fratricide, au-delà de son règne, ayant... une vision stratégique de son devoir et une grande ambition pour son royaume ? On entend souvent dire que Louis XI n'était pas un roi belliqueux car il préférait payer rubis sur l'ongle ses ennemis pour désamorcer les conflits plutôt que croiser le fer avec eux et s'adonner ainsi au "sport national" de la chevalerie française. Or, Louis XI fut un roi belliqueux (quel souverain ou grand feudataire ne l'était pas au XVème siècle en Europe ?) mais il le fut différemment de ses prédécesseurs et, sans doute plus "intelligemment". Il n'est pas facile de trouver le courage de réformer un système politique et pourtant, qu'a-t-il fait d'autre que cela ?
La biographie de Paul Murray Kendall est un ouvrage passionnant qui rend parfaitement compte de la complexité de l'échiquier politique d'une période charnière pour l'Europe et la France. La chute du puissant duché de Bourgogne avec la mort devant Nancy en 1477 du duc Charles le Téméraire, la succession d'Aragon, la crise dynastique de la maison de Savoie jouxtant le fief du Dauphiné, la Ligue du Bien Public... et la nécessité de (re)construire la France sur des bases durables et d'en faire un état fort et dominateur après une Guerre de Cent ans qui l'a laissée exsangue sont autant de tâches qui ont largement sollicité l'énergie et la matière grise d'un roi pas si "mauvais" qu'on voudrait le faire croire.
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Sarindar
  05 septembre 2014
Louis XI, c'est d'abord le fils de son père : Charles VII. Tous deux se ressemblent dans l'art de la dissimulation et dans la ruse et la rouerie. Tous deux préfèrent user de diplomatie plutôt que de recourir aux armes, sauf quand ils ne peuvent faire autrement (et cela arrivera souvent, et ils ne se déroberont ni l'un ni l'autre quand il le faudra). Cette comparaison n'a pas été faite - ou en tout cas pas avec l'insistance souhaitable - par Paul Murray Kendall, et c'est dommage.
Car les deux hommes, père et fils, vont s'opposer durement ; la cause de leur affrontement : le fait que Charles VII trahit la foi conjugale, et trompa la mère du futur Louis XI, Marie d'Anjou, dans les bras d'Agnès Sorel, pendant plusieurs années, rendit Louis haineux contre son père ; il n'en pourra plus d'attendre que son père disparaisse, un père qui régna trop longtemps à son goût - un règne de victoire et de reconquête de la France sur les Anglais ; et Louis, de guerre lasse jouera, apprendra son futur métier de roi en gouvernant le Dauphiné ; mais son esprit d'intrigue contre Charles l'amènera à participer à de véritables ligues, dont la plus connue est la Praguerie (Charles n'était pas aimé par de nombreux nobles qui voyaient le pouvoir monarchique se renforcer à leur détriment) ; sa révolte le conduisit à se réfugier chez Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et il y fit la connaissance du fils de ce dernier, le jeune comte de Charolais, qui deviendra plus tard le duc Charles le Téméraire, qui sera le plus farouche ennemi de Louis XI, mais pour l'heure ils sympathisèrent. Paul Murray Kendall décrit tout cela magnifiquement.
Puis vint l'heure de la succession en 1461 : Louis XI eut tout de suite à faire face à une nouvelle rébellion de nobles, duc de Bretagne en tête, révolte à laquelle vint s'ajouter Charles le Téméraire et que l'on appela la Ligue du Bien Public ; la bataille de Montlhéry, livrée en 1465, magistralement décrite par Paul Murray Kendall, laissa Louis XI maître du lieu du combat, parce qu'il sut tenir bon face à ses adversaires.
Il comprit alors ce que son père avait pu ressentir devant ces révoltes nobiliaires contre l'autorité royale pour récupérer des droits qui leur avaient été confisqués, comme si leur temps n'était pas révolu.
Louis XI apprend des épreuves,comme lorsqu'il ira se jeter dans la gueule du loup, le Téméraire, à Péronne, alors que la ville de Liège dont il soutenait la cause secrètement entrait en révolte contre le prince-évêque, partisan du duc de Bourgogne.
Louis XI ne répétera plus cette erreur. Il laissera le Téméraire se perdre dans les fumées de ses rêves devant Neuss, puis en Suisse (Grandson et Morat en 1476), et mourir lamentablement en assiégeant Nancy en 1477.
Avec les Anglais, englués dans la guerre fratricide des Deux Roses entre York et Lancastre, mais toujours menaçants, en tout cas à certains moments, et Louis XI manoeuvrera le comte de Warwick, en se l'attachant, et nous évitera de la sorte et par d'autres moyens un redémarrage du conflit entre France et Angleterre. Il devint ainsi le plus grand diplomate et le plus grand manipulateur de son temps, et ce pour le plus grand bonheur du royaume. Paul Murray Kendall a mis l'accent là-dessus.
Sur le plan économique, le roi favorisa l'essor de plusieurs secteurs et fut particulièrement favorable à ce qui se passait à Lyon autour de la soie et des textiles.
L'image de l'homme ne saurait être complète si l'on ne parlait de son esprit superstitieux, de l'importance qu'il accordait aux "saintes médailles" auxquelles il prêtait des pouvoirs bénéfiques, que la ferveur religieuse décuplait à ses yeux, et enfin de sa grande piété mariale. On sait qu'il fera un lieu de pèlerinage personnel du petit sanctuaire de Notre-Dame de Cléry.
Walter Scott en 1823 avec son Quentin Durward avait donné du roi une image ténébreuse - et de même Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris.
Quelle que soit cette façon de l'imaginer, il n'en reste pas moins l'un de nos plus grands chefs d'État. Et nous devons remercier Paul Murray Kendall d'avoir cherché à nous le montrer tel qu'il fut, et non tel que nous l'avions imaginé à travers la littérature - aussi belle qu'ait pu être celle-ci.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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doyoulikefrogs
  20 juin 2016
Voilà, c'est fait, je l'ai lu. Louis XI. Un sacré pavé qui trônait là dans ma bibliothèque et que je n'avais jamais vraiment ouvert.
Pour tout vous dire, il trônait là depuis bien quatre ans...
3 jours de lecture, 3 jours de plaisir avec l'envie de ne jamais fermer le livre. Je me disais d'ailleurs, avec toutes les notes en fin de livre, le bouquin sera vite terminé, pas la peine de lire les notes ! Eh bien, mal m'en a pris de penser ainsi, même les notes de fin d'ouvrage sont PASSIONNANTES ! C'est là que je me dis que j'ai hâte de commencer mon travail d'historienne, un jour peut-être...
Louis XI, soit la meilleure des biographies de figures royales que j'ai jamais lues. Pas trop guerrière, la biographie, pas trop technique, pas trop "historico-historicienne", pas trop "théorie du complot", pas trop religieux, pas trop paillarde, pas trop érudite, voilà le genre de biographie que j'aimerais lire tous les jours. Quelques fautes d'orthographe repérées, mais je pense bien corrigées depuis! Croustillante d'anecdotes historiques, de détails passionnants, de stratagèmes, de rencontres diplomatiques, cette biographie est magnifiquement bien écrite.
Louis XI m'est devenu très sympathique et plus complexe qu'on le décrit. Il fallait bien que je comprenne un peu la vie du grand Seigneur qui vécut à Loches et à Tours, par chez moi...
A lire absolument!
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karmax211
  18 juin 2020
S'appeler Peronne et s'apprêter à dire du bien de Louis XI pourrait relever de la gageure.
Et pourtant…
Ce livre m'avait été offert il y a de très nombreuses années. Ce n'était pas un livre "choisi", mais un cadeau et vous savez ce qu'il en est des cadeaux ou des surprises ( ce sont pour moi deux mots proches de la synonymie)… !
J'ai profité du confinement (qui pour moi se poursuit) pour exhumer quelques bouquins que j'avais laissés dormir dans ma bibliothèque, et fort heureusement l'ouvrage de Paul Murray Kendall ne croupissait pas dans une oubliette ; il attendait seulement son heure.
J'étais averti des pièges de l'Histoire dans lesquels nous font plonger beaucoup d'historiens (souvent de bonne foi), et j'avais en mémoire mes manuels scolaires du début des années 60 où " L'universelle araigne" apparaissait sur des images à côté de pauvres bougres déshumanisés, en position quasi foetale, vêtus de quelques haillons et… encagés…
Ou bien encore faisant face à son frère, pardon... cousin ennemi, Charles le Téméraire… le retenant prisonnier à... Péronne.
Intelligent, rusé, machiavélique, cruel… tel était l'héritage d'une scolarité qui avait réduit ce monarque à des clichés, à une caricature.
Il faut dire que, mettant leurs pas dans ceux des historiens, des grands noms de la littérature… Victor Hugo, Walter Scott et d'autres, avaient contribué à donner un écho insistant à ces clichés, sans oublier, plus tard, le cinéma.
Puis arriva Paul Murray Kendall et le long et très fouillé travail de recherche, dont témoigne ce livre accessible à tous, passionnant, bien documenté et expliqué… pour réhabiliter celui qui à six ans croisa la route de Jeanne d'Arc, réussit grâce à une intelligence hors du commun, un sans aigu de "la chose politique", à entrouvrir les portes de la Renaissance à un Royaume de France moyenâgeux, ravagé par la Guerre de Cent Ans, en proie à des luttes intestines incessantes entre les "Seigneurs"... bref de passer de la féodalité à l'État.
Cette biographie très réussie nous plonge dans ce milieu du XVe siècle qui nous paraît si éloigné mais dans lequel nous nous immergeons au bout de très peu de pages grâce au travail de recherche de son auteur évoqué précédemment, mais aussi grâce à une qualité de conteur (qui ne retire rien à la rigueur dudit travail)… et le "miracle" se produit. Nous approchons enfin cet être mystérieux qui nous devient familier et sympathique.
Physique ingrat, de taille moyenne, des jambes courtes, de constitution robuste.. sa présence, son magnétisme, son charme et son intelligence tissent une toile romanesque (et historique) dans laquelle vous vous laisserez prendre et surprendre avec délectation.
Louis XI a été un passionné de chasse toute sa vie, un travailleur acharné, sillonnant inlassablement son Royaume à cheval, logeant le plus souvent dans ce qu'il y avait de plus modeste, se restaurant dans des auberges ou chez des gens "simples", un homme qui avait horreur du paraître, qui haïssait la guerre mais qui fut contraint de la faire… un homme qui souffrit sa vie durant de crises hémorroïdaires douloureuses, qui souffrit de troubles hépatiques, qui surmonta plusieurs AVC… avant que le dernier ne l'emporte. Un homme paradoxal, ambigu, complexe, attachant.
"Il eut l'audace de préférer la ruse à la force et il eut la grâce de mettre en pratique un sens de l'humour qui fit de lui un étranger dans son époque. Quoiqu'il ait transformé un grand royaume et laissé à la postérité une brillante leçon de politique, peut-être n'est-il pas plus important par ce qu'il fit que parce qu'il fut : une des personnalités les plus extraordinaires de tous les temps."
À lire absolument !
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tourniereric2002
  19 février 2013
Complètement d'accord avec l'analyse qu'en font gill, Birhacheim et macaurele.

"L'universelle araignée" comme l'a si bien nommé Paul-Murray Kendall. Un homme à l'esprit visionnaire, largement en avance sur son temps, qui vainquit bien plus puissant, bien plus riche que lui mais qui surtout, sauva la France de l'anéantissement. Ses successeurs lui doivent tout. le premier esprit moderne. Sa fin fût moins "glorieuse" mais son génie, son sens de l'Etat, (qui restertont longtemps orphelins de ce grand roi…) furent tels, qu'il restera à jamais, celui qui sauva et redonna foi en la France.
A LIRE :
http://francehistoire.free.fr/moyen/louis11.html
http://www.lexpress.fr/informations/louis-xi-des-siecles-de-legendes_645611.html


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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   11 octobre 2012
Une part importante de cette biographie se trouve basée sur des documents diplomatiques italiens, et surtout milanais, qui pour la plupart n'ont pas été publiés et dont pratiquement aucune n'a été utilisé par les biographes de Louis XI.
(...)
Ayant travaillé quelque treize ans à cette biographie, j'ai contracté tant de dettes envers les savants, les collègues, les amis, le personnel des archives et des bibliothèques des États-Unis, d'Angleterre, de France et d'Italie, qui m'ont prêté leur concours, que je ne vois d'autre solution que celle, bien imparfaite, de leur adresser en bloc mes remerciements pour l'aide toujours précieuse et bien souvent sans prix qu'ils m'ont apportée.

568 - [p. III et V de la Préface]
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dezecintedezecinte   01 novembre 2019
Alors que cinq siècles seulement nous séparent aujourd'hui de la France dont hérita Louis XI lorsqu'il devint roi, le 22 juillet 1461, six siècles et demi déjà séparaient celle-ci de l'époque de Charlemagne. Cependant, ce dernier se fût certainement trouvé plus à l'aise dans la France de Louis XI que nous, qui en sommes pourtant moins éloignés dans le temps.
L'accélération générale de l'évolution, le stupéfiant paradoxe que constituent la coexistence d'une société ordonnée, supérieurement organisée, avec une violence concertée d'une intensité et d'une efficacité sans précédent sont autant de nouveautés et d'aspects propres à notre temps qui nous rendent tout à fait étrangère l'époque plus simple de Louis XI.
Les hommes du temps de Louis savaient ce qui était juste, même s'ils ne s'appliquaient pas toujours à suivre la justice ; ils connaissaient l'existence d'une source de miséricorde, quoique eux-mêmes ne fussent pas toujours miséricordieux ; ils savaient que peine et châtiment sont les justes tributs du mal, même si ce n'est pas toujours en ce monde qu'il faut payer le prix de ses errements ; ils n'avaient pas le moindre doute quant à l'existence de Dieu.
La masse n'avait qu'une intelligence primitive de l'homme, de la fonction et de la force des institutions, mais sans doute appréciait-elle plus vivement que nous l'aspect tragi-comique, le caractère absurde et merveilleux de l'existence humaine. Les amusements étaient rares mais intensément savourés ; l'ennui était inexistant, ou du moins méconnu ; la précarité de la vie était admise ; largement répandues, la souffrance et la pauvreté n'étaient pas déshonorantes. L'inhumanité de l'homme face à son prochain ne constituait pas une insulte au progrès ; elle attestait tout bonnement la réalité de la chute et de l'expulsion du Paradis terrestre. La foi, l'habitude et la résignation venaient adoucir la dure existence de l'homme.
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gillgill   03 mai 2012
Ayant travaillé quelque treize ans à cette biographie, j'ai contracté tant de dettes envers les savants, les collègues, les amis, le personnel des archives et des bibliothèques des États-Unis, d'Angleterre, de France et d'Italie, qui m'ont prêté leur concours, que je ne vois d'autre solution que celle, bien imparfaite, de leur adresser en bloc mes remerciements pour l'aide toujours précieuse et bien souvent sans prix qu'ils m'ont apportée.
Ce livre a pu être écrit grâce à l'appui de la fondation Guggenheim, dont par deux fois j'ai été le boursier, de 1957 à 1958 et de 1961 à 1962, de l'American Philosophical Society, qui m'a accordé une subvention en 1959, et de l'Ohio University, qui m'a offert une chaire de professeur en 1966...
(extrait de la préface de l'auteur insérée en début de l'édition de poche parue en 1980)
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dezecintedezecinte   29 octobre 2019
Le samedi 19 novembre 1468, des hérauts royaux publièrent sur les places de la capitale la paix qu'avaient signée le roi et le duc de Bourgogne. Le même jour, il fut proclamé que personne ne devait dire quoi que ce fût "à l'opprobre dudit seigneur, fût de bouche, par écrit, signes, peintures, rondeaux, ballades, virelais, libelles diffamatoires, chansons de geste ni autrement". Le 19 toujours, des commissaires royaux s'occupèrent de rassembler tout ce que Paris comptait de "pies, geais, chouettes étant en cage ou autrement" et de les apporter au roi, qui fit enregistrer les noms de leurs propriétaires et consigner par écrit les paroles qu'on leur avait appris à prononcer (dans le genre : "Larron! Paillard! Fils de putain! Va dehors, va! Perrette, donne-moi à boire!"). Peut-être Louis espérait-il découvrir une pie qui fût capable de dire : "Bourguignon, fils de putain!"
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dezecintedezecinte   28 octobre 2019
A la grande surprise de ses auditeurs, qui s'attendaient à entendre le chancelier, ce fut Louis qui prit la parole. Avec conviction, il s'efforça de leur inculquer sa vision d'une France unie et prospère où chacun aurait la même chance de succès. Il désirait, expliqua-t-il "trois choses principales pour le bien du royaume tout entier" : que chacun puisse commercer sans entrave, selon son bon plaisir ; que la justice soit réformée de façon à éliminer atermoiements et corruption ; que la France enfin soit soumise à une loi unique et ne connaisse plus désormais qu'un seul poids, une seule mesure et une seule monnaie. Il admettait que "son royaume était si grand qu'on ne pourrait y parvenir qu'au prix de grandes difficultés". C'était la dernière fois que ses sujets et lui auraient l'occasion de se voir.
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