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Éric Diacon (Autre)
ISBN : 2213000387
Éditeur : Fayard (14/11/1974)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 76 notes)
Résumé :
L'histoire de Louis XI, c'est l'histoire d'un homme qui sut imposer aux autres ses décisions, qui dut garder sans cesse l'esprit en éveil, plier le temps à ses desseins, être deux fois plus habile et trois plus rapide que ses semblables, et cacher toujours son sens de la comédie derrière les gestes du conformisme.
Adolescent sans ressources, il se rebelle contre le monde : souverain tout puissant, il amène le monde à se rebeller contre lui. Sur sa vie, sur so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  13 juin 2013
Ah, la réputation d'un souverain ! Elle lui colle à la couronne mieux que du chewing-gum à une semelle !
(Au passage, on peut dire merci aux Romantiques et aux historiographes du XIXème siècle et de la IIIème République).
Des rois fainéants mérovingiens vautrés dans leurs peaux de bête, un cuissot de chevreuil coincé en travers des mâchoires, au célèbre "Ils n'ont pas de pain; qu'ils mangent de la brioche !" fantasmé de Marie-Antoinette, tous les ingrédients sont là pour faire une bonne soupe populaire propre à stigmatiser les comportements et à exciter les passions. Or, si on peut se passionner pour un domaine comme L Histoire, on se doit aussi de l'aborder avec raison et objectivité, exactement comme un scientifique le ferait d'une expérience dans son laboratoire. On ne tire des conclusions et des théories que des faits, eux-mêmes étayés par des sources historiques ou archéologiques.
Le travail de recherche de qualité que nous livre Paul Murray Kendall dans cette biographie de "l'Universelle Aragne" tend à réhabiliter un homme, un politicien, un roi d'une intelligence supérieure.
Intelligence qui a dû contrarier voire effrayer un bon nombre d'esprits moins fins qui ont vite fait de taxer ce roi au physique disgracieux des qualificatifs peu propres à lui ériger une belle notoriété dans les siècles suivant son règne : sournois, calculateur, rusé, manipulateur, tyrannique, cruel... En prenant de confortables raccourcis, on en arriverait réellement à croire que celui qui de son vivant était déjà désigné comme une araignée prête à piéger ses ennemis dans une toile savamment tissée fut un "mauvais roi".
Qu'est-ce qu'un "mauvais roi" d'ailleurs ? S'agit-il d'un roi lâche, fuyant le champ de bataille ou simplement d'un intellectuel ayant une approche novatrice et visionnaire des alliances politiques et de la diplomatie, voyant au-delà du combat fratricide, au-delà de son règne, ayant... une vision stratégique de son devoir et une grande ambition pour son royaume ? On entend souvent dire que Louis XI n'était pas un roi belliqueux car il préférait payer rubis sur l'ongle ses ennemis pour désamorcer les conflits plutôt que croiser le fer avec eux et s'adonner ainsi au "sport national" de la chevalerie française. Or, Louis XI fut un roi belliqueux (quel souverain ou grand feudataire ne l'était pas au XVème siècle en Europe ?) mais il le fut différemment de ses prédécesseurs et, sans doute plus "intelligemment". Il n'est pas facile de trouver le courage de réformer un système politique et pourtant, qu'a-t-il fait d'autre que cela ?
La biographie de Paul Murray Kendall est un ouvrage passionnant qui rend parfaitement compte de la complexité de l'échiquier politique d'une période charnière pour l'Europe et la France. La chute du puissant duché de Bourgogne avec la mort devant Nancy en 1477 du duc Charles le Téméraire, la succession d'Aragon, la crise dynastique de la maison de Savoie jouxtant le fief du Dauphiné, la Ligue du Bien Public... et la nécessité de (re)construire la France sur des bases durables et d'en faire un état fort et dominateur après une Guerre de Cent ans qui l'a laissée exsangue sont autant de tâches qui ont largement sollicité l'énergie et la matière grise d'un roi pas si "mauvais" qu'on voudrait le faire croire.
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Sarindar
  05 septembre 2014
Louis XI, c'est d'abord le fils de son père : Charles VII. Tous deux se ressemblent dans l'art de la dissimulation et dans la ruse et la rouerie. Tous deux préfèrent user de diplomatie plutôt que de recourir aux armes, sauf quand ils ne peuvent faire autrement (et cela arrivera souvent, et ils ne se déroberont ni l'un ni l'autre quand il le faudra). Cette comparaison n'a pas été faite - ou en tout cas pas avec l'insistance souhaitable - par Paul Murray Kendall, et c'est dommage.
Car les deux hommes, père et fils, vont s'opposer durement ; la cause de leur affrontement : le fait que Charles VII trahit la foi conjugale, et trompa la mère du futur Louis XI, Marie d'Anjou, dans les bras d'Agnès Sorel, pendant plusieurs années, rendit Louis haineux contre son père ; il n'en pourra plus d'attendre que son père disparaisse, un père qui régna trop longtemps à son goût - un règne de victoire et de reconquête de la France sur les Anglais ; et Louis, de guerre lasse jouera, apprendra son futur métier de roi en gouvernant le Dauphiné ; mais son esprit d'intrigue contre Charles l'amènera à participer à de véritables ligues, dont la plus connue est la Praguerie (Charles n'était pas aimé par de nombreux nobles qui voyaient le pouvoir monarchique se renforcer à leur détriment) ; sa révolte le conduisit à se réfugier chez Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et il y fit la connaissance du fils de ce dernier, le jeune comte de Charolais, qui deviendra plus tard le duc Charles le Téméraire, qui sera le plus farouche ennemi de Louis XI, mais pour l'heure ils sympathisèrent. Paul Murray Kendall décrit tout cela magnifiquement.
Puis vint l'heure de la succession en 1461 : Louis XI eut tout de suite à faire face à une nouvelle rébellion de nobles, duc de Bretagne en tête, révolte à laquelle vint s'ajouter Charles le Téméraire et que l'on appela la Ligue du Bien Public ; la bataille de Montlhéry, livrée en 1465, magistralement décrite par Paul Murray Kendall, laissa Louis XI maître du lieu du combat, parce qu'il sut tenir bon face à ses adversaires.
Il comprit alors ce que son père avait pu ressentir devant ces révoltes nobiliaires contre l'autorité royale pour récupérer des droits qui leur avaient été confisqués, comme si leur temps n'était pas révolu.
Louis XI apprend des épreuves,comme lorsqu'il ira se jeter dans la gueule du loup, le Téméraire, à Péronne, alors que la ville de Liège dont il soutenait la cause secrètement entrait en révolte contre le prince-évêque, partisan du duc de Bourgogne.
Louis XI ne répétera plus cette erreur. Il laissera le Téméraire se perdre dans les fumées de ses rêves devant Neuss, puis en Suisse (Grandson et Morat en 1476), et mourir lamentablement en assiégeant Nancy en 1477.
Avec les Anglais, englués dans la guerre fratricide des Deux Roses entre York et Lancastre, mais toujours menaçants, en tout cas à certains moments, et Louis XI manoeuvrera le comte de Warwick, en se l'attachant, et nous évitera de la sorte et par d'autres moyens un redémarrage du conflit entre France et Angleterre. Il devint ainsi le plus grand diplomate et le plus grand manipulateur de son temps, et ce pour le plus grand bonheur du royaume. Paul Murray Kendall a mis l'accent là-dessus.
Sur le plan économique, le roi favorisa l'essor de plusieurs secteurs et fut particulièrement favorable à ce qui se passait à Lyon autour de la soie et des textiles.
L'image de l'homme ne saurait être complète si l'on ne parlait de son esprit superstitieux, de l'importance qu'il accordait aux "saintes médailles" auxquelles il prêtait des pouvoirs bénéfiques, que la ferveur religieuse décuplait à ses yeux, et enfin de sa grande piété mariale. On sait qu'il fera un lieu de pèlerinage personnel du petit sanctuaire de Notre-Dame de Cléry.
Walter Scott en 1823 avec son Quentin Durward avait donné du roi une image ténébreuse - et de même Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris.
Quelle que soit cette façon de l'imaginer, il n'en reste pas moins l'un de nos plus grands chefs d'État. Et nous devons remercier Paul Murray Kendall d'avoir cherché à nous le montrer tel qu'il fut, et non tel que nous l'avions imaginé à travers la littérature - aussi belle qu'ait pu être celle-ci.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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doyoulikefrogs
  20 juin 2016
Voilà, c'est fait, je l'ai lu. Louis XI. Un sacré pavé qui trônait là dans ma bibliothèque et que je n'avais jamais vraiment ouvert.
Pour tout vous dire, il trônait là depuis bien quatre ans...
3 jours de lecture, 3 jours de plaisir avec l'envie de ne jamais fermer le livre. Je me disais d'ailleurs, avec toutes les notes en fin de livre, le bouquin sera vite terminé, pas la peine de lire les notes ! Eh bien, mal m'en a pris de penser ainsi, même les notes de fin d'ouvrage sont PASSIONNANTES ! C'est là que je me dis que j'ai hâte de commencer mon travail d'historienne, un jour peut-être...
Louis XI, soit la meilleure des biographies de figures royales que j'ai jamais lues. Pas trop guerrière, la biographie, pas trop technique, pas trop "historico-historicienne", pas trop "théorie du complot", pas trop religieux, pas trop paillarde, pas trop érudite, voilà le genre de biographie que j'aimerais lire tous les jours. Quelques fautes d'orthographe repérées, mais je pense bien corrigées depuis! Croustillante d'anecdotes historiques, de détails passionnants, de stratagèmes, de rencontres diplomatiques, cette biographie est magnifiquement bien écrite.
Louis XI m'est devenu très sympathique et plus complexe qu'on le décrit. Il fallait bien que je comprenne un peu la vie du grand Seigneur qui vécut à Loches et à Tours, par chez moi...
A lire absolument!
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tourniereric2002
  19 février 2013
Complètement d'accord avec l'analyse qu'en font gill, Birhacheim et macaurele.

"L'universelle araignée" comme l'a si bien nommé Paul-Murray Kendall. Un homme à l'esprit visionnaire, largement en avance sur son temps, qui vainquit bien plus puissant, bien plus riche que lui mais qui surtout, sauva la France de l'anéantissement. Ses successeurs lui doivent tout. le premier esprit moderne. Sa fin fût moins "glorieuse" mais son génie, son sens de l'Etat, (qui restertont longtemps orphelins de ce grand roi…) furent tels, qu'il restera à jamais, celui qui sauva et redonna foi en la France.
A LIRE :
http://francehistoire.free.fr/moyen/louis11.html
http://www.lexpress.fr/informations/louis-xi-des-siecles-de-legendes_645611.html


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gill
  02 mai 2012
Paul Murray Kendall a consacré 13 ans de sa vie pour nous offrir une analyse psychologique du monarque qui inventa l'état moderne.
A la lueur d'une documentation riche et puisée à des sources nouvelles, il éclaire, dans cette biographie qui est un modèle de rigueur et de talent, d'un jour nouveau la personnalité de Louis XI.
Ce livre est passionnant à maints égards, il est traduit de l'américain dans un style expressif et se révèle être digne de notre patrimoine historique.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   11 octobre 2012
Une part importante de cette biographie se trouve basée sur des documents diplomatiques italiens, et surtout milanais, qui pour la plupart n'ont pas été publiés et dont pratiquement aucune n'a été utilisé par les biographes de Louis XI.
(...)
Ayant travaillé quelque treize ans à cette biographie, j'ai contracté tant de dettes envers les savants, les collègues, les amis, le personnel des archives et des bibliothèques des États-Unis, d'Angleterre, de France et d'Italie, qui m'ont prêté leur concours, que je ne vois d'autre solution que celle, bien imparfaite, de leur adresser en bloc mes remerciements pour l'aide toujours précieuse et bien souvent sans prix qu'ils m'ont apportée.

568 - [p. III et V de la Préface]
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gillgill   03 mai 2012
Ayant travaillé quelque treize ans à cette biographie, j'ai contracté tant de dettes envers les savants, les collègues, les amis, le personnel des archives et des bibliothèques des États-Unis, d'Angleterre, de France et d'Italie, qui m'ont prêté leur concours, que je ne vois d'autre solution que celle, bien imparfaite, de leur adresser en bloc mes remerciements pour l'aide toujours précieuse et bien souvent sans prix qu'ils m'ont apportée.
Ce livre a pu être écrit grâce à l'appui de la fondation Guggenheim, dont par deux fois j'ai été le boursier, de 1957 à 1958 et de 1961 à 1962, de l'American Philosophical Society, qui m'a accordé une subvention en 1959, et de l'Ohio University, qui m'a offert une chaire de professeur en 1966...
(extrait de la préface de l'auteur insérée en début de l'édition de poche parue en 1980)
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