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LePamplemousse
  27 juin 2014
Attention : gros coup de coeur !
En ouvrant ce livre, vous allez littéralement être plongés en Islande dans les années 1800, vous allez habiter une maison humide et venteuse, vous allez vous réveiller le matin avec du givre sur vos draps, vous allez porter des couches et des couches de vêtements sans jamais pouvoir éloigner le froid de votre corps, vous allez souvent avoir faim, vous serez tout le temps ou presque dehors, dans le vent et le brouillard, vous allez devoir faucher pendant des heures, traire les vaches, tondre les moutons, aller chercher sans cesse des seaux d'eau à la rivière ou réparer des murs en pierre, et lorsque vous serez à l'intérieur, vous allez devoir tisser des kilomètres de cordage ou tricoter sans fin, sans espoir d'une vie différente.

C'est ce que vivent les membres d'une famille et il en est de même pour tous leurs voisins à un détail près : eux doivent accueillir dans leur foyer Agnès, une femme reconnue coupable de meurtre et condamnée à mort. L'île ne possédant pas de prison, c'est au sein de la famille d'un agent de sécurité qu'elle attend la date de son exécution.

Sa venue va bouleverser la vie de cet homme, de sa femme, de leurs deux filles et de leurs domestiques. Ces braves gens n'ont pas le choix, ils savent qu'ils doivent faire leur devoir envers la loi et l'église mais cette présence leur pose un problème de conscience.

J'ai dévoré ces pages, j'ai aimé les descriptions des gestes du quotidien et les paysages.
J'ai été intriguée et passionnée par les réactions de tous concernant la présence d'Agnès, j'ai adoré apprendre à la connaître…et j'ai attendu la fin avec l'espoir d'une fin moins inéluctable que celle annoncée.
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isajulia
  04 juillet 2014
Gros coup de coeur !
Quand A la grâce des hommes m'a été proposé dans le cadre d'une opération Masse Critique privilège, je ne pensait pas faire une si magnifique découverte. Ce roman qui se déroule dans l'Islande du XIXème siècle met en scène Agnes Magnùsdottir, servante de son état et condamnée à mort pour le meurtre de son amant. Ce pays froid et austère est dépourvu de prison. Pour purger sa peine en attendant la mort, la captive est envoyée dans une famille de fermiers qui la rejette dès son arrivée, horrifiés par le crime qu'elle a commis et les bruits qui courent sur son compte. La seule personne qui accepte d'adresser la parole à la meurtrière est le révérend Toti qui a été choisi pour lui montrer le chemin de la rédemption. Se condamnant au silence dans un premier temps, Agnès va révéler peu à peu plusieurs facettes de sa personnalité. Femme intelligente sachant lire et écrire, dotée d'une capacité d'analyse supérieure à la moyenne, c'est au moment où elle va commencer à raconter son histoire que l'entourage qui la pointe du doigt va comprendre que la vérité que l'on croit connaître n'est pas toujours exacte...

Voilà une lecture qui m'a carrément rétamée, à tel point que l'inspiration pour en écrire la chronique s'est envolée, ayant du mal dans un premier temps à mettre des mots sur les sentiments qui m'ont habitée au fil des pages tant ils étaient puissants. Hannah Kent nous a dépeint une fresque vivante et vibrante de l'Islande pourtant ce n'est pas l'action qui prime dans l'intrigue mais suivre le quotidien de cette femme, dernière condamnée à mort dans son pays, est bouleversant, j'en ai pleuré! Lire un tel récit fait office de piqûre de rappel sur l'injustice qui règne et a toujours régné quand une personne veut aller au-delà de sa condition initiale, les accusateurs ne cherchent jamais à savoir les faits réels et condamnent des pauvres âmes à mourir pour l'exemple. Je pense que c'est ce qui m'a chamboulée c'est de savoir qu'Agnes a certes été la dernière femme à connaître une telle sentence dans son pays mais de nos jours, combien y a-t-il d'Agnès qui connaissent le même sort à travers le monde? Mickbu, dans son excellente critique nous a interpellés sur ce sujet et je rejoins parfaitement son avis. C'est cette vision du roman qui a contribué à me le faire adorer, j'avais beau avoir le coeur retourné au fur et à mesure que j'avançais dans la lecture, il fallait que je sache jusqu'où la connerie des hommes pouvait aller et une fois de plus, j'ai eu la certitude qu'elle n'avait pas de limite et allait jusqu'à enlever des vies gratuitement simplement parce que la différence d'état d'esprit fait peur et n'a pas sa place dans la société.
Dès sa réception, j'ai dévoré le livre en trois jours, on ne peut pas rester insensible devant un tel récit et quasiment un mois et demi après l'avoir fini, le souvenir de cette lecture est encore bien présent comme si je l'avais achevé hier. L'auteure nous a pondu un véritable bijou, cruel, réaliste alors je vous conseille vraiment de le lire, chacun y trouvera un petit quelque chose dedans qui le touchera.
A lire!
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celdadou
  04 novembre 2017
Cette oeuvre littéraire extrêmement bien rédigée , nous fait vraiment ressentir les émotions des personnages , les paysages ... ce fut pour moi un coup de coeur . A la grâce des hommes est inspiré d'un fait réel en Islande dans les années 1800.
Hannah Kent s'est vraiment bien renseignée et documentée pour écrire un tel ouvrage si poignant .
Agnès jeune fille est accusée à mort pour l'assassinat de son employeur et amant.
Voilà le début de l'histoire ...mais au fur et a mesure des pages ... on va découvrir peu à peu la vie d'Agnès .
Agnès est une jeune qui travaille dans les fermes Islandaises et qui vit modestement hébergée chez les fermiers .Les conditions de travail ainsi que la vie sont rudes .Le climat , la neige ,le vent ne laisse pas de place aux faibles.
Agnès rencontrera Nathan , un homme égoïste , odieux .Par ses belles paroles, lui fera découvrir l'amour ..il lui propose de l'emmener dans sa ferme ou elle sera la gouvernante .....
Malheureusement , Agnès naïve , jeune et amoureuse croirais paroles de cette homme.

Dans les années 1800 en Islande , il n'y a pas de centres pénitentiaires et Agnes qui est condamnée à la peine capitale est hébergée en attendant la date de l'exécution chez une famille d'accueil.
Elle est sous la responsabilité d'un homme de Dieu qui à en charge la préparation d'Agnes au jugement dernier.
Agnès arrive donc dans cette famille ou elle est accueillie avec réticence et ou elle est considérée comme la criminelle.
Au fur et mesure des visites du pasteur , Agnes va se confier et raconter son histoire ....
La famille l'acceptera et aura de l'empathie pour Agnes qui est une jeune fille intelligente ...elle aidera même une voisine à accoucher alors que son bébé se présentait en siège ....Elle a sauver la vie de cette famille.

Je vous recommande ce livre ...je ne connaissais pas l'Islande , ni ses paysages ...
Je vous recommande ce livre car parfois la vie est injuste et ce livre remet les idées en place...surtout quand il est si bien écrit .
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Nastie92
  06 octobre 2019
Un des aspects que j'aime dans la lecture, c'est la possibilité qu'elle nous procure de voyager, dans l'espace et dans le temps.
Avec ce roman, question voyage, j'ai été servie !
Hannah Kent nous emmène dans l'Islande du début du dix-neuvième siècle.
La vie des fermiers y est rude.
J'ai adoré partager le quotidien de ces gens modestes, courageux et attachants.
J'ai vécu dans leurs maisons complètement dépourvues de confort ; il y fait froid et humide, on n'y est pas à l'abri du vent ("J'ai vécu à demi gelée pendant si longtemps que l'hiver semble avoir élu domicile dans ma moelle épinière.").
J'ai dormi avec la maisonnée dans la pièce principale, cette pièce dans laquelle on vit et on dort tous ensemble, sans intimité possible.
J'ai travaillé dur, en toute saison et par tout temps. Je me suis occupée des bêtes et j'ai disputé à une terre aride une maigre subsistance.
J'ai vécu une autre vie, elle était difficile, mais qu'est-ce que j'ai aimé ça !
Mais ce n'est pas tout. Loin de là.
Hannah Kent ne s'est pas contentée de nous immerger dans cette Islande du passé.
Elle a écrit un roman historique dans lequel elle nous raconte la vie d'Agnes Magnúsdóttir, la dernière condamnée à mort islandaise.
En ces temps-là, l'Islande ne possède pas de prison, et c'est dans une famille qu'Agnes va attendre son exécution.
Imagine-t-on couloir de la mort plus cruel ?
Car si la méfiance est au départ de mise des deux côtés, la cohabitation forcée va nécessairement créer des liens entre la "prisonnière" et ses "geôliers".
La vérité n'est pas celle que l'on croit ("Comme la fine pellicule de glace sur l'eau d'un étang, la vérité est trop fragile pour mériter notre confiance."), et va se dévoiler petit à petit au cours d'une histoire haletante, digne des grands polars.
Pour son premier roman, Hannah Kent fait preuve d'un immense talent. Elle s'est inspirée d'une histoire vraie pour construire un récit puissant et très bien rédigé, dans lequel l'émotion monte au fil des pages.
Un très beau livre dans lequel la vie des hommes et la nature sont intimement liées.
Une grande réussite.
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Sando
  26 mai 2014
L'histoire se déroule en Islande, au début du XIXème siècle. Agnès Magnusdottir est accusée de complicité pour le double meurtre de Natan Ketilsson, son amant, et celui de Pétur Jonsson. Jugée coupable, la jeune femme, ainsi que ses deux acolytes, est alors condamnée à la peine de mort. Mais en attendant que la sentence soit exécutée, Agnès se retrouve placée dans une ferme, isolée dans la campagne islandaise, à Kornsa. Son arrivée comme domestique chez Jon Jonsson, le policier du canton, et sa femme Margrét est vue d'un mauvais oeil par les gens du coin, qui voient en elle une menace pour leurs enfants et leur tranquillité. Mise à l'écart par la famille, elle va néanmoins trouver une oreille attentive en la personne du sous-révérend Thorvardur Jonsson. Chargé d'aider cette brebis galeuse à retrouver le chemin vers dieu, cet homme bienveillant va tout faire pour comprendre ce qui s'est réellement passé et accompagner de son mieux la jeune femme dans les derniers mois qui lui restent à vivre, afin qu'elle parte l'esprit apaisé…


« A la grâce des hommes » reprend l'histoire vraie d'Agnès Magnusdottir, la dernière femme à avoir été condamnée à mort en Islande, en 1930. Hannah Kent nous livre un portrait contrasté de cette femme aux multiples facettes. Abandonnée à ses huit ans par sa mère, Agnès a dû se construire seule, parcourant l'Islande de fermes en fermes et proposant ses services en échange du gîte et du couvert. Malgré sa basse extraction, la jeune fille fait preuve d'une grande intelligence et d'une volonté redoutable. Son érudition et son désir de réussir afin de s'extraire de sa classe sociale, lui vaudront d'être diabolisée et jugée manipulatrice par ceux qui l'ont connue. le portrait d'une femme froide, calculatrice et insondable se mêle donc à celui d'une femme blessée, vulnérable, évoluant dans un monde violent et impitoyable, dominé par les hommes. Agnès a beau être coupable, on s'y attache dès lors qu'elle nous livre ses failles.


Un roman à l'ambiance sombre, glaciale, qui dépeint une Islande hostile et rude pour ceux qui y vivent. Un climat qui endurcit les hommes, qui ne connaissent que trop le froid et la faim. Je me suis complètement laissée prendre par cette atmosphère oppressante et cette plongée dans les moeurs islandaises. Même si l'issue est connue d'avance, j'ai trouvé le sujet intéressant et bien traité. Les personnages sont bien représentés et les différentes voix des narrateurs qui se font entendre rendent le récit vivant et l'éclairent d'un regard chaque fois différent. Un roman habilement construit donc, qui offre une lecture agréable et particulièrement prenante.


Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette découverte réalisée dans le cadre de l'opération Masse Critique !
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Shan_Ze
  19 septembre 2017
Islande, 1829. Agnès Magnusdottir est condamnée à mort pour avoir tué son amant Nathan Ketilsson. Avant son exécution, elle est logée par la famille de l'agent de sécurité de Kornsa, Jon Jonsson. Sa femme et ses deux jeunes filles craignent la prisonnière avec qui elles vont devoir travailler. Totti, un jeune révérend, vient voir Agnès pour l'aider à se préparer à sa mort prochaine.
Pour écrire A la grâce des hommes, Hannah Kent s'est inspirée d'une histoire vraie. Agnès Magnusdottir a vraiment existé. C'est une histoire émouvante même si l'histoire se met doucement en place. Agnès effraie au début, par son allure, par son attitude. Et puis, petit à petit, elle arrive à convaincre son entourage de sa bonne nature. Les conversations entre le révérend Totti et Agnès sont captivantes, le passé de la prisonnière est dévoilé : abandonnée par sa mère, travailleuse depuis son plus jeune âge, elle peine à gagner sa vie. J'ai été un peu frustrée que la vérité sur le meurtre de son amant soit dévoilée qu'à la fin, comme dans un policier. On découvre aussi l'Islande du début du XIXe siècle : des paysans besognant les terres, un temps froid très présent et un pays très religieux où Agnès Magnusdottir sera la dernière condamnée à mort.
Un roman très touchant d'Hannah Kent.
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Ellane92
  22 mai 2017
Je ne connais pas grand-chose de l'Islande, excepté que c'est, comme son nom l'indique, une ile, qu'elle est couverte de glace et peu peuplée (ça c'est à cause de la coupe du monde...). Avec ce premier roman d'Hannah Kent, je sais à présent qu'au XIXème siècle, on y vivait de ce que l'on produisait, que même les "nantis" qui n'étaient pas que fermiers avaient du mal à joindre les deux bouts, ou tout simplement à isoler avec du bois les murs de leur maison, que tout le monde, maitres, employés, invités, dormait dans la même pièce, le badstofa, et que c'est en 1830 qu'a eu lieu la dernière application de la peine de mort pour une femme. Cette femme s'appelait Agnes Magnusdottir, et avait tué, à l'aide d'un homme et d'une autre femme, deux hommes, dont l'un était à la fois son employeur et son amant.
A la grâce des hommes raconte les derniers jours d'Agnes à Kornsa, dans une ferme obligée de l'accueillir jusqu'à ce que soit fixée la date de son exécution. Elle y sera servante, et devra tenter de se repentir de ses pêchés afin de se remettre dans les petits papiers du Créateur qu'elle ne tardera pas à rejoindre.

Il y a beaucoup de choses que j'ai aimé dans ce roman. La reconstitution de la vie du XIXème siècle en Islande, très bien réussie, est sans doute ce que j'y ai préféré. Qu'il s'agisse des activités, des modes de vie, de la nourriture, des habits, on se sent complètement immergé dans cette société. J'ai beaucoup aimé également les portraits d'Agnes et de Margret en particuliers. Deux femmes fortes et intelligentes dans un monde gouverné par des hommes, chacune sachant sa fin proche. Il faut dire que les hommes de cette histoire ne sont spécialement présentés sous leur meilleur jour, sauf peut-être le gentil et naïf sous-révérend Toti. L'alternance de la vie à Kornsa et des évènements qui y ont conduit Agnes, des poèmes et autres correspondances, rythment gentillement le récit, et il y a même un semblant de suspense quant à ce qui s'est réellement passé à Illugastadir, le lieu du double meurtre.
Dans "La note de l'auteur" en fin d'ouvrage, Hannah Kent explique que les ouvrages se rapportant au double meurtre d'Illugastadir "tendent à donner d'Agnes l'image d'une sorcière inhumaine, attisant les pulsions meurtrières". Son intention était "d'offrir aux lecteurs un portrait plus contrasté de cette femme". Et c'est un peu là que se trouve ma légère déception vis-à-vis de cette lecture : il y a un parti pris trop visible d'innocenter, ou en tout cas, de défendre le "cas Agnes Magnusdottir", au point d'affadir un peu, de mon point de vue, la modernité du personnage.
Mieux vaut en tout cas ne pas être à la merci des hommes, et ne pas s'en remettre à leur grâce !
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Aela
  18 mai 2014
J'ai découvert cet auteur dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.
J'ai apprécié le thème original, inspiré de faits réels.
L'héroïne du livre, Agnes Magnusdottir, a été la dernière personne exécutée en Islande, en 1828.
Elle a été accusée avec deux autres personnes d'un crime commis sur la personne d'un certain Natan Ketilsson, personnage assez complexe, mi-sorcier, mi-guérisseur.
Le récit nous entraîne donc dans une Islande bien différente de celle que nous imaginons facilement. Ici la nature grandiose est peu évoquée, en revanche nous vivons le quotidien des gens du peuple, population paysanne soumise à une vie rude et austère, et soumise aux caprices de la Nature.
Agnes est un personnage à part, rejetée très vite par les communautés rurales. Elle a un parcours difficile: elle a été abandonnée par sa mère, ses parents n'étaient pas mariés, et elle a été ballotée de famille en famille, devant survivre comme elle pouvait sans aucune aide et aucun lien familial.
Le pasteur Toti est chargé pendant plusieurs mois de préparer religieusement Agnes à sa fin prochaine.
Celle-ci doit habiter chez l'adjoint du commissaire de police et la famille de cet adjoint est terrifiée à l'idée de devoir accueillir une criminelle.
Le récit est captivant surtout dans la première partie, ensuite le rythme se ralentit un peu trop je trouve.
L'atmosphère est bien rendue et on pénètre l'intimité et le quotidien de ces personnages rudes et attachants.
L'auteur rend les moindres détails avec une minutie extrême: ainsi le compte rendu du commissaire indiquant au gouverneur qu'il va falloir commander une hache à Copenhague pour l'exécution.
Un beau roman historique, plein d'authenticité, attachant même si le rythme ne suit pas toujours.
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bidule62
  12 novembre 2019
Très beau moment de lecture. Moment que je dois à Nastie92 (un grand merci !) dont le commentaire m'avait donné envie de me plonger dans ce texte, dans cette Islande du début du 19e siècle, auprès de ces fermiers qui vont loger une jeune meurtrière jusqu'à son exécution.
Un roman que j'avais du mal à lâcher (l'atmosphère y est tellement bien rendue !) mais que j'ai néanmoins laissé traîner, car justement j'appréciais de retourner dans ces vallées pauvres, soumises aux aléas du temps. Je n'avais pas envie d'aller trop vite, le dénouement étant malheureusement connu.
Un beau roman, basé sur des faits réels, une description de l'Islande du 19e très documentée, des personnages bien campés et très attachants, une atmosphère envoûtante.... En un mot j'ai savouré et me suis régalée !
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Eric75
  15 juin 2014
1828, vallée de Vatnsdalur, au nord de l'Islande. Agnes Magnúsdóttir, une jeune femme condamnée à mort pour l'assassinat de son employeur et amant, est confiée à une famille de paysans en attendant la date de son exécution. L'affaire est inspirée d'un fait divers réel, minutieusement étudié par Hannah Kent, qui s'est rendue sur place et a pu examiner les archives locales et s'imprégner de l'atmosphère des lieux. Hannah Kent connaît donc bien son dossier, du caractère supposé des divers protagonistes mêlés au drame au protocole des exécutions capitales par décapitation à la hache, en passant par l'ambiance humide et l'odeur des badstofas, pièces communes chauffées à la briquette de bouse séchée où s'entassaient les habitants pour manger et dormir, si quelqu'un peut maintenant ouvrir une fenêtre, là, je suis pour. Inutile d'en dire plus sur l'histoire, déjà abondamment commentée avec moult détails dans une quarantaine de critiques sur Babelio.

Ce roman déroule une trame de récit sans surprise et au dénouement connu d'avance, étant donné qu'il raconte la dernière exécution capitale islandaise. On aurait donc aimé trouver un peu plus de rebondissements dans la mise en scène, susceptibles au moins de conserver intact jusqu'au bout l'intérêt du lecteur. Un faux suspense est distillé avec le récit intérieur de la condamnée, insérant dans la trame principale les épisodes de sa vie en flashback conduisant à la scène de crime. On assiste sinon à la renaissance d'Agnes, bête sauvage écumante de rage tout juste sortie du cachot, retrouvant peu à peu son humanité en participant aux travaux de la ferme. On aurait aimé de la part d'un tel personnage un peu plus de mordant et de combativité pour faire valoir son point de vue, adopter une stratégie de défense plus convaincante et sortir de cette résignation passive qui la condamne.

Je reste par ailleurs sceptique devant la pertinence du principe littéraire consistant à mêler aussi intimement réalité historique (contrainte par les faits) et développement romanesque comportant ici une part importante d'extrapolations, d'interprétations et de partis-pris de l'auteur. Nul ne sait si la véritable Agnes Magnúsdóttir correspond bien au personnage sensible et érudit décrit dans le roman qui cadre d'ailleurs assez mal avec les faits brutaux qui lui sont reprochés, officialisés dans les documents de l'époque.

On retiendra au final deux ou trois leçons de cette lecture : la dure vie des paysans islandais en ce début du XIXe siècle, utilisant des outils de production directement issus du moyen-âge, harassés par le travail ingrat de la terre où chaque bras compte (y compris ceux d'une condamnée à mort provisoirement condamnée aux travaux d'intérêt généraux, c'est toujours ça de pris), l'importance de la religion et de ses représentants dans le maintien de la cohésion sociale, le pouvoir dépêchant sur place un sous-révérend pour verser l'opium du peuple dans le dernier verre de la condamnée, et, malgré tout, la modernité de l'Islande, dont la dernière exécution capitale date de 1830 (1977 en France) et qui a officiellement aboli la peine de mort en 1928 (1981 en France).
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