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ISBN : 2072790557
Éditeur : Gallimard (16/08/2018)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lau2201
  16 août 2018
Paula Karst est le personnage principal de ce roman, suivie de Jonas puis de Kate, qui ont fait leurs études avec elle. Au début du roman (située chronologiquement vers le milieu de l'histoire), ils se retrouvent pour la première fois pour évoquer leurs parcours respectifs.
Dans la première partie, on suit leur rencontre dans une école de peinture de Bruxelles (j'ai vérifié, elle existe), où ils apprennent à dessiner et peindre des imitations de bois, de marbre, de panneaux décoratifs, de trompe l'oeil et de décors de théâtre. La deuxième partie est consacrée aux premières années de travail de Paula, et la dernière à un chantier très particulier et très exigeant qui va en quelque sorte la révéler à elle-même, tout en la reliant à la longue chaîne des peintres décorateurs.
Il s'agit donc d'un roman d'apprentissage au sens premier, tout à fait actuel quand il décrit la manière dont les jeunes d'aujourd'hui abordent leurs études, leurs premiers pas dans la vie active, leurs relations interpersonnelles. C'est un milieu très particulier, cosmopolite et nomade, dont je ne soupçonnais pas vraiment l'existence. Les personnages et les situations semblent vrais, et Maylis de Kerangal, avec son sens de l'observation très fin, fait mouche lorsqu'elle décrit les sentiments, les sensations, les relations, notamment celles de Paula avec ses parents (que j'ai particulièrement appréciées).
La langue de Maylis de Kerangal est ample mais toujours précise, avec parfois de longues énumérations de bois, de marbres, de teintes, des phrases souvent longues mais parfaitement maîtrisées. Et quand l'accumulation de détails devient soûlante, elle passe à des phrases plus courtes, dans un équilibre parfait. Seul problème pour moi, mais il est de taille, je n'ai pas ressenti d'émotions à la lecture de ce roman. Alors que Réparer les vivants était une question de vie ou de mort, il n'y a ici aucune urgence, aucun enjeu qui pourrait nous impliquer.
En bref, un très beau livre, mais sans affect, comme le serait un trompe l'oeil particulièrement réussi.
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jg69
  19 août 2018
Maylis de Kérangal relate le parcours initiatique de Paula, peintre de décor. La jeune fille suit une formation à l'âge de vingt ans dans un institut de peinture de Bruxelles spécialisé dans la peinture des bois et des marbres où, durant six mois, elle apprend les techniques du Trompe l'oeil, l'art de l'illusion. Elle y rencontre Jonas, son colocataire et Kate. Ce sont des mois d'une vie d'ascète en vase clos, coupés du reste du monde, durant lesquels la peinture envahit tout, l'espace et les esprits, des mois de doutes où ils apprennent à copier, imiter et reproduire jusqu'à épuisement toutes les nuances du marbre, toutes les essences de bois, des mois de souffrance dans leur corps tellement le travail est physique.
Nous suivons ensuite Paula de ses premiers chantiers modestes en Italie aux décors de cinéma des ateliers de Cinecitta à Rome jusqu'au chantier de Lascaux IV où elle va devoir se mettre à la place des peintres de la préhistoire et travailler dans les mêmes conditions qu'eux. Elle va avoir les origines du monde à portée de main...
Mais est-on un vrai artiste, un vrai peintre quand on accomplit ce qui peut s'apparenter à un travail de faussaire? Est-on dans la création quand on reproduit?
Je craignais d'aborder ce nouveau roman de Maylis de Kérangal par crainte d'être déçue par rapport à son fabuleux Réparer les vivants et finalement j'en suis ressortie éblouie.
J'ai adoré retrouver son écriture puissante que je trouve carrément hypnotique. le vocabulaire est très riche, les phrases font parfois une page entière ce qui ne m'a pas du tout gênée bien au contraire, moi qui en général n'aime pas les phrases qui n'en finissent pas. Elle a réussi à me captiver avec un sujet qui à priori ne m'attirait pas spécialement. Il se dégage de ce roman une immense impression de pureté, j'ai aimé l'atmosphère d'effervescence des mois de formation, j'ai aimé la période où Paula est à Cinecitta et surtout celle où elle travaille sur la grotte factice de Lascaux qui doit restituer à l'identique la caverne originale, grotte où on a situé la naissance de l'art, j'ai aimé relire l'histoire de la grotte de Lascaux, sa découverte et sa fermeture.
C'est l'histoire de vies marquées par la passion de l'art mais c'est aussi une belle histoire d'amitié et d'amour. Très bel hommage à l'art, au travail de l'artisan... de la grande littérature.
Nul doute que ce roman apparaitra dans plusieurs sélections de prix littéraires à la rentrée.
Ce roman est sélectionné pour le Prix littéraire du Monde.

Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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MaxencedeBeaujonc
  10 août 2018
Le parcours initiatique de Paula en tant que peintre décorateur depuis l'école, en passant par ses débuts professionnels jusqu'au chantier de Lascaux IV.
Ce parcours lent, laborieux, élaboré comme par un orfèvre par le vocabulaire d'une richesse impressionnante de Maylis de Kerangal, se déploie sous nos yeux au rythme des couleurs, des matières et des figures, mais au rythme aussi de la main qui fait, de ce qui lentement pénètre le corps de Paula, le Faire de l'artisan.
Le roman prend un sens éclatant tout près de son terme, alors que Paula fait face aux parois de Lascaux IV. Maylis de Kerangal nous dit l'Homme face au monde, face à celui qu'il façonne, de la matière jusqu'aux yeux.
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Pesty
  08 août 2018
Maylis de Kerangal nous invite à poser notre regard sur ce que la main de l'homme peut produire. Ce qu'il sait faire de ses dix doigts est ce qui lui donne son statut d'homme. La beauté existe-t--elle si il n'y a personne pour la regarder ? Par cette histoire d'amour elle nous enjoint à regarder, à aimer et à faire.
Comme à chacun de ses romans, son écriture est pour moi hypnotique. Sa richesse m'exalte, m'émeut et me transporte. Il y a quelque chose qui me réconforte dans son projet littéraire, une forme de réconciliation de l'homme er du monde, une proposition à trouver sa place.
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troisouquatrelivres
  19 août 2018
C'est avec un immense plaisir que je retrouve la plume de l'auteur de Réparer les vivants : une écriture fleuve, un amour du détail et de la précision chirurgicale. La recherche du bon mot, du bon adjectif pour aller au coeur des choses, décrire le plus précisément possible pour rendre compte des sentiments dans toutes leurs complexité.
Un monde à portée de main, c'est tout cela et plus encore. Paula, elle aussi, recherche le bon pigment, la bonne palette de couleur. Artiste trompe l'oeil, c'est son histoire que Maylis de Kerangal nous raconte. Un parcours semé d'embûches, fait de travail acharné qui la mènera de l'école jusqu'aux grottes de Lascaux.
Et c'est une véritable fresque qui se déploie sous nos yeux de lecteurs ébahis, au rythme d'une écriture qui nous pénètre jusqu'au corps. Car oui, l'auteur arrive à créer une oeuvre physique, qui prend tout son sens lorsqu'on pénètre dans la grotte avec l'héroïne : un monde fait de matières, tout en reliefs et en richesse. L'écriture se fait réellement la messagère de la beauté du monde, tentant d'aller jusqu'à son essence même.
Un superbe roman encore, le talent de Maylis de Kerangal ne se dément pas !

Lien : https://troisouquatrelivres...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
PiatkaPiatka   24 juin 2018
Paula s'avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c'est le grain de la peinture qu'elle éprouve. Elle s'approche tout près, regarde : c'est bien une image. Etonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l'illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu'elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu'un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture.
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Vidéo de Maylis de Kerangal
Maylis de Kerangal - Un monde à portée de main
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